Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
136 pages

p. 71 à 72
doi: en cours

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Partie 2 : Les enjeux de la décentralisation

n° 121 2005/1

2005 Informations sociales Partie 2 : Les enjeux de la décentralisation

... en contrepoint - Équité et offre de santé

Caroline Helfter
Enjeu majeur pour la diffusion des progrès sanitaires, les rapports entre démographie médicale et besoins locaux posent la question de la répartition géographique des professionnels de santé. Alors même que la population vieillit et que la demande va donc s’accroître, il y aura moins de médecins – généralistes et spécialistes – en 2020 qu’il n’y en avait en 1995, explique Bruno Aublet-Cuvelier, chercheur au département d’information médicale du CHU de Clermont-Ferrand [1]. Ce qui fait craindre une “désertification médicale” en dehors des villes centres, c’est-à-dire un temps d’accès aux soins très inéquitable sur les différents points du territoire.
La situation est d’ores et déjà préoccupante dans certaines régions. Le nombre total de médecins n’a, pourtant, jamais été aussi élevé, soulignent Anne-Carole Bensadon, de la direction générale de la santé, et Guy Nicolas, conseiller scientifique à la direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins. Au 1er janvier 2000, 197 224 praticiens étaient recensés, dont 194 000 pour la France métropolitaine, soit une densité de 331 médecins pour 100 000 habitants – contre 130 en 1970. Mais cette moyenne cache de profondes disparités régionales. La direction générale de la santé propose cinq catégories pour rendre compte de cette inégale répartition. La première catégorie ne comporte qu’une seule région : la Picardie, qui a une densité de 241 médecins pour 100 000 habitants. Onze autres régions dont les densités médicales sont comprises entre 250 et 299 constituent la deuxième catégorie. Il s’agit des régions Centre, Champagne-Ardenne, Haute-Normandie, Pays de la Loire, Bourgogne, Nord - Pas-de-Calais, Poitou-Charentes, Franche-Comté, Auvergne, Lorraine et Bretagne. Les régions de la troisième catégorie – soit Rhône-Alpes, Limousin, Corse, Alsace et Aquitaine – sont celles dont les densités médicales vont de 322 à 345 praticiens pour 100 000 habitants. Seules deux régions appartiennent à la quatrième catégorie, avec une densité allant de 350 à 399 : Midi-Pyrénées (360) et Languedoc-Roussillon (364). La cinquième et dernière catégorie (densité médicale supérieure à 400) comprend la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (414) et l’Île-de-France (425).
L’installation des médecins fait donc apparaître deux France. Une France du Sud, avec des densités médicales supérieures à la moyenne, et une France du Nord où, à l’exception de l’Alsace et de l’Île-de-France, les régions sont moins bien dotées en praticiens. Ce constat global, néanmoins, doit être nuancé. Pour respecter le principe d’équité en termes d’accès aux soins et aux professionnels de santé, il faut affiner l’analyse en appréciant la densité médicale par spécialité et par zone géographique de prise en charge, précisent Anne-Carole Bensadon et Guy Nicolas.
 
NOTES
 
[1]In Santé et territoires, une nouvelle donne, ouvrage collectif dirigé par Emmanuel Vigneron, Éditions de l’Aube/DATAR, 2003, 240 p., 18 euros.
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