Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 79 à 80
doi: en cours

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Partie 2 : Configurations et relations familiales – ••• en contrepoint

n° 124 2005/4

2005 Informations sociales Partie 2 : Configurations et relations familiales – ••• en contrepoint

Prestations sociales et gestion des ressources humaines

Caroline Helfter
Dans les pays de l’ancien bloc communiste, le passage à l’économie de marché s’est accompagné d’une crise profonde, marquée par une montée rapide du chômage. Dans le même temps, le système de protection sociale a subi des transformations radicales, et de nouveaux acteurs (églises, ONG) sont apparus dans le champ social. De leur côté, souligne Agnes Dimonyi, professeur de sociologie à l’Université de Budapest [1], “des piliers de la protection sociale de l’État socialiste, comme les anciennes entreprises publiques […] ont aussi subi de profonds changements”. Publics ou privés, ces nouveaux employeurs étaient supposés devoir suivre, avant tout, la logique du profit. Pourtant, après quinze ans de transition, les employeurs continuent de jouer un rôle social majeur, explique l’auteur, prenant l’exemple de la Hongrie.
Dans un premier temps, bien sûr, les difficultés économiques ont contraint nombre d’entreprises à vendre leurs infrastructures culturelles et sociales (crèches, centres de loisirs, services médicaux, bibliothèques, etc.), et à se désengager du financement des allocations (pour les cantines, le transport, le logement…) qu’elles versaient jusqu’alors à leurs salariés, à partir de fonds sociaux indépendants de leurs profits. Cependant, avec la stabilisation de la situation, Agnès Dimonyi note qu’à partir du milieu des années 1990, “les nouveaux acteurs du marché ont progressivement pris conscience de l’importance des investissements humains et sociaux”. C’est pourquoi, outre les prestations statutaires auxquelles elles sont tenues – cotisations au système public de retraite et d’assurance maladie, subventions aux repas –, les grandes entreprises offrent un certain nombre d’avantages sociaux à leur personnel pour le mobiliser et le fidéliser : indemnités de transport, attribution et entretien des vêtements de travail, financement de la formation continue des salariés, système de retraite et d’assurance maladie complémentaire, mais aussi, pour les cadres dirigeants et les salariés les plus qualifiés, voiture de fonction, abonnement à un téléphone portable, aides au logement, services médicaux spéciaux…
Les grosses firmes se rendent également attractives sur le marché du travail, en jouant un rôle culturel important dans leur région : ainsi, le groupe métallurgique Dunaferr ou le complexe chimique TVK possèdent des installations sportives et contribuent au financement du budget culturel des municipalités où ils sont implantés. Quant à la compagnie de télécommunications Matav ou au groupe pétrochimique Mol – la plus grande entreprise de Hongrie –, ils sponsorisent institutions et événements culturels.
 
NOTES
 
[1]Cf. “Le rôle social des entreprises hongroises”, Le courrier des pays de l’Est, mensuel publié par La Documentation française, n° 1040, novembre-décembre 2003.
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Cf. “Le rôle social des entreprises hongroises”, Le courrie...
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