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I.S.B.N.sans
148 pages

p. 90 à 97
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Partie 2 : Configurations et relations familiales

n° 124 2005/4

2005 Informations sociales Partie 2 : Configurations et relations familiales

En avoir ou pas (des enfants)

Les Russes face à la planification familiale

Pascale Melani Maître de conférences de langue et littérature russes à l’Université Michel-de-Montaigne Bordeaux-III, membre du Centre d’études et de recherches sur les civilisations slaves (CERCS), elle a dirigé le colloque “Famille et société dans l’espace est-européen et la CEI” à l’Université de Bordeaux-III les 13 et 14 mai 2004.
Négligée sous le régime soviétique, la politique de planification familiale a été inaugurée en Russie dans les années 1990. Elle se heurte aujourd’hui aux convictions natalistes de nombreux acteurs sociaux. Si l’attitude de l’opinion face à l’avortement évolue, la contraception reste peu répandue et souffre d’un défaut d’information. Plus que les difficultés économiques, la chute de la natalité semble refléter une crise d’adaptation à un nouveau modèle social.
Treize ans après la fin de l’URSS, quelle est l’attitude des femmes russes face à la conception et à la contraception ? Comment et pourquoi décide-t-on dans la Russie actuelle de mettre au monde ou de ne pas mettre au monde un enfant ? Entre projet familial, difficultés économiques et modèle social.
La politique officielle de l’État soviétique a promu la famille nombreuse, mais, passée une période assez longue d’interdiction, l’avortement a été à nouveau légalisé après la mort de Staline (décret du præsidium du Soviet suprême de l’URSS du 23 novembre 1955). En URSS, la contraception n’était pas expressément condamnée, mais elle n’était pas encouragée non plus, loin s’en faut, pour des raisons à la fois démographiques et morales. Jusqu’au milieu des années 1980, le ministère de la Santé a pratiqué la rétention d’informations sur la contraception, refusant d’informer les jeunes sur les questions de sexualité et alimentant des rumeurs alarmistes au sujet de “la pilule qui donne le cancer [1]. Les préservatifs étaient introuvables et la pharmacologie soviétique ne s’est jamais sérieusement penchée sur la question des contraceptifs oraux, faute de volonté politique, alors que les importations de provenance occidentale ne concernaient qu’une élite très minoritaire. De ce fait, c’est l’IVG qui a été utilisée de façon quasi systématique comme méthode de contrôle des naissances, tolérée comme un mal nécessaire, quand elle n’était pas encouragée dans les faits (en particulier chez les jeunes femmes non mariées, comme en témoigne le récit de la féministe Maria Arbatova, Mon nom est femme [2]).
L’autre spécificité de l’URSS résidait dans l’intégration massive des femmes à la production, l’État se substituant aux parents dans le domaine de l’éducation des enfants à travers tout un système de crèches, de jardins d’enfants, de sections sportives et artistiques, de camps de pionniers, etc. En dépit de cela, les tâches domestiques et les responsabilités éducatives pesaient très lourdement sur la vie quotidienne des femmes [3].
Comme dans tous les pays du monde, les mères de familles nombreuses se trouvaient pénalisées par rapport aux femmes sans enfant et aux hommes, pénalisation qui s’exprimait à l’époque peut-être moins en termes strictement financiers qu’en termes d’accès aux loisirs et d’évolution de carrière.
 
Le premier “planning familial”
 
 
La disparition de l’URSS s’est soldée par une véritable révolution dans le domaine de la planification familiale et de l’accès de la population aux produits contraceptifs. Tandis que le monopole du ministère de la Santé sur la santé procréatrice disparaissait, on a vu apparaître sur le sol russe des organisations non gouvernementales, telles que l’Association russe de planification familiale ou RAPS, fondée en 1991 et membre depuis 1993 de la Fédération internationale de planification familiale (IPPF). Ces associations, qui bénéficient du soutien financier d’institutions internationales comme l’ONU et de fonds étrangers privés comme le fonds United States Agency for International Development (USAID), se sont employées à diffuser auprès de la population l’information relative à la contraception, à former des spécialistes et à organiser des centres de planification familiale. Parallèlement à cela, l’introduction de l’économie de marché a permis la commercialisation sur le sol russe des contraceptifs oraux et des préservatifs masculins.
Durant les années 1994-1997 a fonctionné le programme fédéral “Planning familial” (Planirovanie sem’i), qui avait un statut présidentiel, relayé par des programmes analogues au niveau de certaines régions. Mis en Å“uvre avec l’aide de spécialistes (gynécologues obstétriciens, pédiatres et psychologues familiaux) formés aux dernières techniques occidentales, ce programme a constitué la première tentative de l’histoire russe pour appréhender de façon globale les problèmes sanitaires, sociaux et moraux liés à la sexualité et à la procréation. Le but ouvertement recherché était, bien sûr, de réduire le nombre d’avortements et de protéger la santé publique, et les méthodes employées étaient résolument modernes et démocratiques, fondées sur l’information du public et la diffusion effective de moyens permettant de prévenir les grossesses non désirées et les maladies sexuellement transmissibles.
Cette action a eu des résultats très nettement positifs. En premier lieu, le nombre des avortements a connu une baisse de 24,3 % en valeur absolue, encore plus spectaculaire dans certaines classes d’âge (41,2 % chez les jeunes filles de moins de 14 ans, 28 % chez les femmes d’âge fertile). Ensuite, le programme de planification familiale s’est soldé par des succès notables dans la lutte contre la stérilité : par exemple, 200 naissances supplémentaires ont été obtenues grâce à lui en Mordovie. Enfin, des économies budgétaires ont pu être réalisées, car le coût matériel des avortements est loin d’être négligeable : environ 5 % des dépenses de santé suivant certaines estimations [4].
Cependant, en 1993, le pays découvre brutalement la réalité de la crise démographique : le nombre de naissances est désormais inférieur à celui des décès, comme si les familles avaient réagi au traumatisme de la fin de l’URSS en refusant de procréer. Ce déficit de l’accroissement naturel n’est pas compensé par l’immigration en provenance des anciennes Républiques soviétiques ; il se traduit par une baisse globale du nombre d’habitants, qui passe de 148,7 millions en 1992 à 145,2 millions en 2002, soit un solde négatif de 3,5 millions. Accusé de contribuer à la baisse de la natalité, le programme de planification familiale voit alors ses aides financières supprimées.
 
Un front démographique à tenir
 
 
Commence alors une ère nouvelle, caractérisée par la prépondérance des idées natalistes dans le débat politique. Désormais, la préoccupation principale des responsables russes semble être le redressement de la situation “sur le front démographique”, et l’idée d’une politique étatique de planification familiale est provisoirement abandonnée. Dans son message annuel aux parlementaires de 2003, le président Poutine a déclaré que le problème de la dénatalité et de la décroissance démographique représentait l’une des menaces les plus sérieuses planant sur le pays [5]. Actuellement, les femmes russes ont en moyenne 1,25 enfant et les mesures prises par le gouvernement pour tenter de relancer la natalité (réforme des allocations familiales en 1994, doublement des aides fédérales en 2002) se sont avérées insuffisantes. Quant aux propositions avancées par les partis politiques (aide à l’acquisition d’un logement pour les familles nombreuses, augmentation des primes à la naissance et des allocations familiales, impôt sur les personnes sans enfant…), elles ont toutes été rejetées par la Douma pour diverses raisons (financement insuffisant, opposition idéologique). Des acteurs politiques et sociaux réclament le plus sérieusement du monde la légalisation de la polygamie, considérée comme le seul moyen de compenser le déficit chronique d’hommes dans la population russe [6]. À la droite du spectre politique s’affirme un courant réactionnaire de plus en plus actif qui prône le retour de la femme au foyer et l’interdiction des avortements “pour raisons sociales”.
Le taux d’IVG des femmes russes reste l’un des plus élevés du monde (à égalité avec celui des Roumaines) : 139 avortements provoqués pour 100 naissances [7]. À la suite d’un calcul mathématique aussi simpliste que répandu, ces avortements sont rendus responsables de la dénatalité russe, et le droit à l’IVG, pourtant garanti au titre de la loi de 1993 (“Fondements de la législation de la Fédération de Russie sur la protection de la santé des citoyens”, adoptés par le Soviet suprême le 22 juillet 1993), est de plus en plus contesté, pour des raisons morales bien sûr, sous l’influence de l’Église orthodoxe, mais aussi et surtout natalistes. À l’heure actuelle, l’IVG est autorisée sur simple demande de la patiente jusqu’à la douzième semaine de grossesse et permise pour des raisons thérapeutiques et sociales jusqu’à la vingt-deuxième semaine, mais deux arrêtés gouvernementaux récents (n° 567 du 8 mai 1996 et n° 485 du 11 août 2003) ont considérablement réduit la liste des “raisons sociales” justifiant un avortement tardif. Officiellement pour préserver la santé des femmes ; en réalité sous la pression des organisations pro-natalistes qui militent en faveur de l’abolition totale de l’avortement “pour raisons sociales [8].
Loin de clarifier les choses, le débat politique alimente la confusion et passe obstinément sous silence certains aspects du problème. Comme le rappelle Anatoli Vichnievski, de l’Académie des sciences de Russie, ce ne sont pas les avortements qui sont responsables de la dénatalité russe : avec un taux de natalité encore plus faible, l’Allemagne connaît un taux d’avortement dix fois inférieur [9]. La dénatalité est un processus qui s’inscrit dans le long terme et qui est commun à tous les pays industrialisés ; en Russie, elle a commencé dès l’époque soviétique et s’est brutalement accélérée au début des années 1990 ; depuis 2001, en revanche, la natalité a plutôt tendance à remonter. En outre, le déficit des naissances résulte également d’un déficit de la population masculine : depuis des décennies, la Russie se caractérise par une surmortalité de ses jeunes hommes liée à l’alcoolisme, à une mauvaise hygiène de vie, à la violence et aux conflits armés (en Afghanistan et actuellement en Tchétchénie). La mortalité infantile et les décès en couches y sont également plus élevés que la moyenne européenne. Enfin, faute d’une politique sanitaire suffisamment cohérente et efficace, les maladies sexuellement transmissibles sont en recrudescence sur tout le territoire, l’épidémie de sida est galopante et, selon certaines sources, la stérilité consécutive aux avortements répétés et aux maladies concernerait 20 % des couples [10].
 
Manque d’informations et résistance
 
 
Certaines voix s’élèvent actuellement pour réclamer la réactualisation du programme fédéral de planification familiale tel qu’il avait fonctionné dans les années 1994-1997. Récemment, le vice-ministre de la Santé, Mme Olga Chaparova, a déclaré vouloir soutenir la contraception, qui reste peu employée en Russie. Une étude remontant aux années 1990 a montré que si 80 % des femmes utilisaient une contraception avant leur premier accouchement, les méthodes employées demeuraient dans une large majorité de cas (plus de 70 %) les méthodes traditionnelles (retrait, méthode Ogino) à l’efficacité aléatoire, et que les moyens de contraception modernes (pilule, stérilet) ne concernaient qu’une minorité de femmes (ils n’étaient utilisés que dans 10,6 % et 13 % des cas) [11]. Encore aujourd’hui, seuls 21 % des couples russes réguliers utilisent les contraceptifs hormonaux (contre 70 % en Occident), réticence qui s’explique à la fois par des raisons économiques (ils sont vendus au prix du marché et restent inaccessibles à une large frange de la population) et culturelles : en vertu d’un préjugé tenace, ils sont jugés inefficaces et dangereux par les jeunes Russes qui leur préfèrent les préservatifs [12]. L’information concernant les questions contraceptives reste notoirement insuffisante. À Moscou, il est clair que les grossesses non désirées découlent tout autant sinon davantage de la sous-information des adolescentes que de facteurs strictement économiques [13]. L’implantation dans les écoles des programmes d’éducation sexuelle, accusés de pervertir la jeunesse, a été arrêtée par les organes exécutifs des régions sous la pression d’une partie de l’opinion publique. L’affiliation des mouvements de planification familiale à des instances internationales a été jugée par certains comme une immixtion insupportable des étrangers dans les affaires publiques russes [14]. À cela s’ajoutent les résistances du corps médical (des gynécologues en particulier), dont la formation n’est pas toujours suffisante. L’étude citée plus haut révèle que 84,7 % des patientes ont une opinion négative de leur gynécologue (dont 25,3 % très négative). Elle confirme le défaut de formation de l’ensemble de la profession et la survivance de préjugés tenaces face aux contraceptifs hormonaux. Ces derniers sont davantage prescrits par les gynécologues jeunes et plus qualifiés, tandis que les praticiens plus expérimentés recommandent plutôt l’emploi du stérilet (dans 86 % des cas) ou du préservatif (dans 43 % des cas, surtout lorsque la patiente est jeune). Aujourd’hui, il n’existe toujours pas d’étude globale concernant les pratiques contraceptives de la population russe. Cependant, une certaine évolution est perceptible du point de vue des mentalités : de plus en plus de femmes, surtout les plus jeunes, considèrent que l’avortement ne constitue pas un mode de contrôle des naissances satisfaisant et qu’il peut avoir des conséquences irréversibles sur la santé et sur la fertilité.
Pour en savoir plus…
Dix ans après la chute du Mur, les chercheurs du Centre d’études et de recherches sur les civilisations slaves mesurent l’impact des bouleversements politiques et économiques sur la vie et sur l’institution de la famille. Ce thème a donné lieu à un colloque international “Famille et société dans l’espace est-européen et la CEI”, qui s’est tenu à l’Université de Bordeaux en mai 2004. La parution des actes vient d’avoir lieu en février 2005 (numéro hors-série de Slavica occitania, commandes à adresser à Roger Comtet, Département de slavistique, Université de Toulouse-Le Mirail, 5, allée Antonio-Machado, 31058 Toulouse cedex).
 
Désir d’enfant et niveau de vie des familles
 
 
En dépit des circonstances difficiles, les Russes, et surtout les femmes, continuent de montrer leur attachement aux valeurs familiales : 63 % des personnes interrogées considèrent que la famille est plus importante que la carrière professionnelle, tandis que 72 % des femmes estiment que les enfants donnent un sens à la vie [15]. Les Russes sont loin de rejeter l’idée de famille nombreuse ; plus de 40 % d’entre eux souhaitent avoir au moins trois enfants. Mais il en va autrement dans la réalité : seuls 16 % d’entre eux réalisent leur rêve [16]. Une très large majorité de personnes (83 %) expliquent ce décalage par le niveau de vie insuffisant de la population. Il existe indéniablement un lien entre la présence d’enfants et le niveau de vie des familles qui décroît au fur et à mesure que le nombre de personnes au foyer augmente. Toutefois, on note aussi que la natalité est considérablement plus faible dans cet îlot de prospérité économique qu’est Moscou que dans la république de Touva ou au Daghestan, qui comptent parmi les régions les plus pauvres du pays. Plus que les difficultés matérielles stricto sensu, la limitation des naissances semble traduire une crise d’adaptation des familles aux nouvelles conditions de vie dans la Russie capitaliste : alors que le marché du travail met les individus en concurrence et requiert d’eux une adaptation permanente aux nouvelles conditions économiques, l’État se décharge de plus en plus de la responsabilité de l’éducation et de l’encadrement périscolaire sur les particuliers et sur le secteur privé. À tort ou à raison, la présence d’enfants au foyer est souvent ressentie comme un handicap dans la lutte pour la survie économique. Ce sentiment d’insécurité ou d’inconfort influe sur le choix des femmes, qui limitent volontairement leur descendance ou diffèrent une naissance dans l’attente de jours meilleurs ou de circonstances plus favorables : une large majorité d’entre elles considèrent en effet qu’un enfant et une carrière professionnelle sont incompatibles.
La récession démographique qui sévit en Russie depuis 1992 est un phénomène complexe qui s’explique à la fois par des raisons structurelles et conjoncturelles. Les comparaisons internationales, l’évolution sur le long terme ainsi que la remontée des naissances depuis 2001 incitent d’ailleurs à se garder de tout catastrophisme excessif. On peut en revanche déplorer le retard accumulé en matière de planification familiale : tandis que l’opinion publique manifeste une prise de conscience du caractère néfaste des avortements répétés, ces derniers, bien que de moins en moins nombreux, continuent de rythmer la vie de nombreuses femmes et les moyens de contraception modernes peinent à s’implanter, faute d’une action volontariste du gouvernement. On note également un décalage important entre le désir d’enfant des couples russes et la réalité : cette limitation de la descendance, pour autant qu’on puisse en juger, révèle davantage une crise d’adaptation à une nouvelle donne économique et sociale qu’une remise en cause du modèle familial en tant que tel. â– 
 
NOTES
 
[1]I. S. Kon, “De l’interprétation sociologique du comportement sexuel”, Sociologiceskie issledovanija, n° 2, 1982, p. 13.
[2]Maria Arbatova, Mon nom est femme, traduction d’Yves Gautier, Nîmes, Jacqueline Chambon, 2001.
[3]Basile Kerblay, Histoire de la famille, tome 2, Paris, Armand Colin, 1986.
[4]Catherine Kvasha, Tatiana Kharkova, “Avortements en Russie”, Naselenie i obsc estvo, n° 48, septembre 2000.
[5]“Message du président Vladimir Poutine à l’Assemblée fédérale de la Fédération de Russie”, Rossijskaja gazeta, 17 mai 2003.
[6]“C’est une sottise, mais qui comporte une part de bon sens”, Literaturnaja gazeta, n° 44, 1-7 novembre 2000 ; “Les harems à la russe. Trois femmes et huit enfants”, ibid., 18-24 septembre 2002.
[7]Viktoria Sakevic, “Avortement ou contraceptionchoix des femmes russes ?”, Naselenie i obscestvo, n° 75, septembre 2003.
[8]Natalija Konygina, “Toutes les femmes doivent donner naissance”, Izvestija, 18 août 2003.
[9]Anatolij Visnevskij, “Les défis démographiques du nouveau siècle”, Demoscope Weekly, nos 139-140, 15-31 décembre 2003.
[10]Ljudmila Kamsjuk, “La santé reproductive de la population de la Russie”, Naselenie i obscestvo, n° 40, octobre 1999.
[11]L. V. Gavrilova, “Le comportement reproductif de la Fédération de Russie dans les conditions nouvelles”, Planirovanie sem’i, n° 4, 1999.
[12]Mikhail Denissenko, Jean-Pierre Della Zuana, “Le comportement sexuel de la jeunesse russe”, Naselenie i obscestvo, n° 36, mai 1999.
[13]1 269 mineures ont eu recours à une IVG à Moscou en 2000. Cf. Ada Gorbac eva, “Elles sont capables d’entrer dans une izba en feu, mais refusent d’avoir des enfants”, Nezavisimaja gazeta, 27 février 20002.
[14]Vladimir Demcenko, Konstantin Getmanskij, Aleksej Ukkone, “L’empire de la passion”, Izvestija, 29 mai 2003.
[15]Julija Ignat’eva, “Dans l’attente d’un heureux événement”, Izvestija, 16 juillet 2003.
[16]“Que pensent les Russes de la natalité faible ?”, Demoscope Weekly, nos 53-54, 4-17 février 2002.
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