Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 125 à 130
doi: en cours

Veille sur la revue
Vous consultez

Le social en recherche

n° 125 2005/5

2005 Informations sociales Le social en recherche

Le social en recherche

 
Entre la règle et la demande, le logement social
 
 
Cégolène FRISQUE, Le rôle des cadres administratifs intermédiaires dans l’inscription locale des politiques sociales du logement, Maison des sciences de l’homme et de la société, 23 avenue Albert-Eistein,17071 La Rochelle cedex 9, novembre 2003, 168 p.
Ils, ou elles, ne sont pas travailleurs sociaux en contact direct avec des demandeurs de logements ou d’hébergement. Ils, ou elles, ne sont pas non plus des décideurs, cadres supérieurs ou élus, chargés de concevoir ou, au moins, de faire appliquer des politiques du logement ou de l’hébergement. Cadres intermédiaires, ils peuvent être conseillers techniques, chargés de mission, chefs de bureau, inspectrices. Ils ont en commun de travailler dans l’administration publique et de devoir mettre en Å“uvre, au quotidien, des politiques de logement dans trois départements de l’ouest de la France : Charente-Maritime, Loire-Atlantique et Vendée. Même si les références à Bourdieu sont fréquentes dans ce rapport, Cégolène Frisque ne s’intéresse pas à l’histoire personnelle et aux trajectoires sociales de ces cadres, elle focalise son analyse sur leur fonction d’intermédiaire. Non pas au sens hiérarchique, comme on parlerait de cadres moyens, mais au sens de leurs missions. Ces cadres animent des commissions, rédigent des notes et des rapports, attribuent des ressources, reçoivent des demandes de subventions ou d’aides diverses, encadrent de petites équipes. Ils sont surtout au cÅ“ur du double processus de travail qui fait que toute administration doit, à la fois, définir et faire appliquer des règles, mais aussi identifier et planifier des réponses à des demandes et besoins. Dans le domaine du logement social, mais aussi dans d’autres secteurs, être intermédiaire, c’est participer simultanément à ces deux logiques, tout en mettant l’accent sur l’une ou l’autre suivant que l’on travaille dans une préfecture ou dans une collectivité locale. 1281
 
La psy accréditée
 
 
Anne DEPAIGNE, Accréditer la psychiatrie, les premiers pas d’un instrument d’action publique, Centre d’étude de la vie politique française (CEVIPOF), 98 rue de l’Université, 75007 Paris, février 2003, 81 p.
L’accréditation est-elle soluble dans la psychiatrie ? L’enjeu de la question, dont les termes pourraient être sans dommages inversés, va bien au-delà du champ de la santé mentale. La procédure d’accréditation n’a pas été retenue par le législateur pour le secteur médico-social, voire pour les services à domicile relevant de la loi de janvier 2002. Toutefois, l’institution d’un conseil national d’évaluation sociale et médico-social garant de la mise en Å“uvre de démarches d’évaluations interne puis externe n’est pas sans rappeler ce qui se passe avec l’accréditation dans le secteur sanitaire. Or, dans le champ de la santé, la psychiatrie, par la place qu’elle accorde au sujet, constitue le domaine qui se rapproche le plus du secteur social ou médico-social. Analysant les pratiques d’accréditation dans différents établissements psychiatriques, Anne Depaigne montre d’abord que le grand conflit auquel on aurait pu s’attendre n’est pas survenu. Elle montre aussi que l’univers de la psychiatrie peut tirer parti de l’accréditation lorsque celle-ci permet d’améliorer certaines procédures de fonctionnement, surtout dans le domaine de la logistique. Plus inattendu, en revanche, est le fait que la formalisation et la normalisation induites par l’accréditation rencontrent les demandes de soignants qui ressentent le besoin d’une définition plus précise de leurs situations de travail. De l’opposition totale, mais peu fréquente, à l’intégration complète, les modes d’appropriation de l’accréditation par la psychiatrie sont d’une grande diversité, loin du manichéisme craint au début de la démarche. 1282
 
Travail, famille, fratrie
 
 
Jean-Hugues DECHAUX, Nicolas HERPIN, Frères et sÅ“urs à l’âge adulte : une parenté à géométrie variable, Observatoire sociologique du changement, MSH, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris, décembre 2003, 277 p.
Les recherches sur la famille mettent principalement en avant les travaux sur les relations d’alliance ou de filiation. Plus rares sont les investigations relatives aux fratries, surtout lorsque les membres de ces fratries sont devenus des adultes, ayant à leur tour fondé une famille. Jean-Hugues Dechaux et Nicolas Herpin, combinant une enquête qualitative et l’exploitation secondaire de données INSEE, apportent une vision renouvelée des relations entre celles et ceux que la démographie désigne par le nom de germains. S’ils peuvent parler à propos des relations entre les membres de ce groupe de “parenté à géométrie variable”, c’est qu’il n’existe pas, dans notre société, de normes très impératives définissant un modèle de comportement que tout un chacun devrait adopter à l’égard de ses frères et sÅ“urs. Relations fusionnelles ou distantes et anodines, la diversité l’emporte sur la similitude. S’il fallait dégager un modèle général, ce serait plutôt celui d’un ensemble de relations a minima dans lequel l’entraide, financière ou morale, est bien moins forte que dans les relations de filiation. L’argent est d’ailleurs souvent un sujet tabou dans les fratries dont les membres, au prix d’une certaine myopie, évitent d’attirer l’attention sur les disparités de revenus ou de patrimoine pour préserver l’idée d’une égalité d’origine, nostalgique des temps de l’enfance. Dans ces relations, les parents jouent longtemps un rôle de fédérateurs et d’animateurs, leur disparition peut remettre en cause le maintien des liens dans la durée, à moins que les filles s’en mêlent. Frères et sÅ“urs, en effet, ne jouent par le même rôle dans le groupe de germains, mères-filles, sÅ“urs entre elles, épouses et belles-sÅ“urs, le maintien de la sociabilité dans les fratries est surtout de la compétence des femmes. 1283
 
Femmes placées déplacées
 
 
Liane MOZERE, Hervé MAURY, Adieu Philippines : ou les solidarités ambiguës, RIS, Paris IX-Dauphine, Université de Metz, Ile du Saulcy, BP 80794, 57012 Metz cedex 1, juin 2003, 144 p.
Pour quelles raisons des femmes et des hommes quittent-ils (elles) leur pays, leur famille, leur maison pour s’en aller travailler ailleurs, dans un autre pays, dont ils ou elles connaissent mal les langues et les modes de vie ? A cette question, les théories sur la migration répondent par l’existence d’une double causalité, le push-pull, c’est à dire l’absence de travail dans le pays d’origine qui conduit à partir (push) et la promesse de revenus dans le pays de destination (pull). L’assurance de revenus est aussi une promesse de subsistances et d’une vie meilleure pour la famille et surtout les enfants restés au pays. Liane Mozère et Hervé Maury ne rompent pas avec cette approche. Si des femmes quittent les Philippines pour se placer comme domestiques, c’est d’abord en raison d’un déséquilibre structurel entre le nord et le sud. Les entretiens réalisés avec Vivian, Stella, Yolanda et d’autres femmes complexifient cette approche bien réelle mais trop simpliste. Pour ces femmes, la migration est aussi l’opportunité d’un changement de destin, une manière de se réapproprier sa vie et de devenir une sorte “d’entrepreneure de soi-même”. 1284
 
Handicap, lecture philosophique
 
 
Dominique GREINER, Geert DEMUIJNCK, Christine LE CLAINCHE, Shirine SABERAN, Compensation, ciblage et incitation au travail : une analyse éthique et économique de la prise en charge du handicap (France, Belgique, Allemagne, Royaume-Uni), Centre de recherche en éthique économique, LABORES, 60 boulevard Vauban, 59000 Lille, novembre 2004, 279 p.
Le handicap est-il d’abord une question d’ordre médical liée à des déficiences individuelles que l’on pourrait compenser par des outils et des programmes de réadaptation ou de réhabilitation ? Faut-il plutôt l’analyser comme la résultante d’une interaction entre l’individu et son environnement social ? On passe alors d’une personne handicapée à la situation vécue dans une société handicapante. Partant de ces interrogations, les auteurs de ce programme de recherche réinterrogent d’abord les classifications internationales du handicap. Classifications dont l’importance ne peut échapper aux décideurs politiques. Avant de savoir qui l’on va compenser, il faut bien définir ce que l’on va compenser. Mais au-delà de ces débats assez classiques, le rapport s’engage dans d’autres directions, analysant, par exemple, les différences entre des modèles de type social-welfariste – l’allocation aux adultes handicapés en France – et des politiques qui relèvent des droits civiques pour lesquelles les problèmes d’inclusion ou de non-discrimination constituent des aspects clefs. Parmi les directions prises, on trouvera de passionnants développements sur les relations entre justice sociale et handicap, développements dans lesquels les auteurs examinent la façon dont sont prolongés, dans ce domaine, les écrits de Rawls. Autant que d’une recherche achevée, on sent dans ce rapport les effets d’une réflexion en train de se construire, ce qui donne parfois au document, d’un chapitre à l’autre, l’impression d’une certaine hétérogénéité qu’il ne faut pas hésiter à surmonter. 1285
 
Situation de handicap
 
 
Emilie BILAND, Jean-Sébastien EIDELIMAN, Séverine GOJARD, Florence WEBER, Dispositifs institutionnels et soutien familial. Pour comprendre les inégalités sociales dans la prise en charge du handicap, Laboratoire de Sciences sociales de l’ENS/EHESS, Ecole normale supérieure, 48 boulevard Jourdan, 75014 Paris, décembre 2004, 225 + annexes.
Passionnément quantitatif puisqu’il s’agit d’une analyse secondaire de l’enquête nationale “Handicap-incapacités et dépendances”, la recherche conduite par le laboratoire de sciences sociales de l’ENS aboutit à un très beau paradoxe. Alors qu’il est souvent reproché aux chiffres de ne conduire qu’à des vues simplistes, loin de la vie réelle, les auteurs, partant d’hypothèses souvent un peu mécanistes parce qu’a priori aisément quantifiables, produisent du handicap une analyse en terme de situations de vie. Loin des grilles utilisées d’ordinaire, recourant à des méthodes statistiques dans lesquelles régressions et surtout analyses factorielles tiennent une grande place, ils montrent que la galaxie du handicap recouvre des figures bien différentes. On retrouve les situations de dépendances auxquelles sont confrontées les personnes âgées qui font appel à des aides en partie professionnalisées. D’autres situations de handicap, qui nécessitent plutôt une aide familiale, sont apparues depuis longtemps et doivent être rattachées aux déficiences mentales, à celles du langage ou de la parole. Pour d’autres personnes encore, les difficultés du handicap existent mais elles sont contournées par des bricolages de la vie quotidienne. La validité de ces analyses est ensuite testée sur des groupes spécifiques comme les moins de 20 ans atteints d’une déficience intellectuelle ou psychique, ou le groupe des adultes atteints de déficience visuelle.
Autant que par ses résultats, l’intérêt du rapport réside dans la description de la confrontation d’une équipe de recherche munie de ses hypothèses et de ses problématiques à une enquête quantitative lourde, confrontation montrant l’adaptation de l’enquête à la problématique mais aussi les évolutions de la problématiques en fonction de la résistance des matériaux empiriques. 1286
 
Dépendance et demande d’aide
 
 
Pierre VERGER, Déterminants socioéconomiques de l’inadéquation entre les besoins d’aide et les aides apportées aux personnes dépendantes vivant à domicile, INSERM – Observatoire régional de la santé Provence-Alpes-Côte d’Azur, 23 rue Stanislas- Torrents, 13 600 Marseille., décembre 2004, 85 p. www.orspaca.org
Ce document qui peut sembler très court eu égard aux résultats présentés est en fait le rapport final d’un programme de recherche qui a mobilisé de nombreux membres de l’unité 379 de l’Inserm dirigée par Jean-Paul Moatti et de l’Observatoire régional de la santé de Paca. Même si l’augmentation de la durée de vie ne s’accompagne pas de manière proportionnelle d’une élévation des taux d’incapacité des personnes âgées, le seul effet démographique tend à accroître quasi mécaniquement le besoin d’aide en cas de dépendance. Si dans le même temps on sait que le nombre des personnes en âge d’apporter cette aide tend à diminuer du fait également de la démographie, un effet de ciseau apparaît entre l’offre et la demande. Sur la base d’une exploitation secondaire de l’enquête HID, l’équipe conduite par Pierre Verger montre que les 524 000 personnes dépendantes nécessiteraient environ 37,5 heures d’aide par semaine soit de l’ordre d’un demi-million d’emplois d’aidants. Cette estimation paraît énorme tant elle est actuellement masquée par l’importance de l’aide familiale. De ce fait, cette masse de besoins est en large partie satisfaite. Mais existe-t-il une bonne adéquation entre les besoins d’aide humaine exprimée par les personnes dépendantes et les aides qui leur sont apportées ? À cette question au cÅ“ur du programme de recherche, les auteurs répondent par des chiffres impressionnants. Ainsi, plus d’un million de personnes âgées de plus de 60 ans et vivant à domicile auraient besoin d’aide pour la réalisation d’activités de la vie quotidienne (faire sa toilette, s’habiller…) et près de 2,5 millions sur un total de 11,6 nécessiteraient une aide pour faire les courses, préparer leurs repas ou assurer les tâches ménagères courantes. La probabilité d’exprimer un besoin d’aide augmente avec l’âge, le fait d’être une femme, un faible niveau d’éducation, un mauvais état de santé et une précarité économique. La dépendance rejoint ici la question des inégalités sociales. 1287
 
Coopérations et troubles psychiques
 
 
Lise DEMAILLY, Maryse BRESSON (sous la direction de), Les modes de coordination entre professionnels dans le champ de la prise en charge des troubles psychiques, Institut fédératif de recherche sur les économies et les sociétés industrielles, 2 rue Canonniers 59800 Lille, janvier 2005, 246 p. www.ifresi.univ-lille1.fr
Le partenariat, la collaboration et la coopération semblent constituer dans le secteur social, comme dans celui des soins, les concepts obligatoires de la période. Le programme de recherche mis en Å“uvre sous la direction de Lise Demailly et de Maryse Bresson se confronte à la réalité de cette thématique appliquée à la prise en charge des troubles psychiques dans la région Nord - Pas-de-Calais. Les auteurs notent d’abord que les cloisonnements repérés ne constituent pas des blocages structurels et lourds. Si des trous existent, dans la prise en charge des personnes ce sont surtout des déficits d’accessibilité, de continuité et de convivialité. Les attentes sont parfois longues avant de pouvoir consulter un psychiatre en milieu libéral, des patients ne trouvent pas spontanément leur place dans le dispositif comme le violent, le cas social, le suicidaire, le chronique. Les cloisonnements relèvent surtout des cultures professionnelles spécifiques à chaque groupe d’intervenants ou de soignants et se traduisent par une juxtaposition de pratiques hétérogènes et d’actions non ou mal coordonnées. Toutefois, des coopérations informelles existent sous la forme de réseaux et de dispositifs passerelles, ou mieux encore de structures interstitielles, par exemple, entre santé mentale et précarité sociale. Si ces coopérations informelles peuvent être reconnues, les pouvoirs publics leur préfèrent les réseaux institutionnels qui semblent constituer la panacée officielle pour porter remède aux désadaptations du système. Une recherche passionnante, très qualitative, qui intéressera fortement les travailleurs sociaux confrontés à des populations pour lesquelles la souffrance est un symptôme de premier ordre. 1288
 
Le social chez les candidats à l’UE
 
 
Zsuzsa FERGE, Katalin TAUSZ, Agnes DARVAS., Le combat contre la pauvreté et l’exclusion sociale. La Hongrie, Bureau international du travail, 2003, 202 p. www.ilo.org
Les grands organismes internationaux tournent de plus en plus souvent leurs regards vers les questions d’exclusion et de pauvreté. Cela est vrai de l’OMS depuis de nombreuses années, l’OCDE s’y est mise plus récemment. La Banque mondiale intensifie ses travaux dans ce domaine, même si des interrogations existent sur la future politique de son nouveau président. Le Bureau international du travail restait jusqu’alors parfaitement circonscrit dans son domaine traditionnel de compétences. Tout change et cet organisme vient de diffuser, en français, s’il vous plait, une étude, plutôt descriptive mais largement documentée sur la pauvreté en Hongrie et les politiques sociales visant à réduire celle-ci. Une autre étude sur la Slovénie est attendue. 1289
© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis