Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 57 à 58
doi: en cours

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Partie 2 : Différentes réalités – ••• en contrepoint

n° 125 2005/5

2005 Informations sociales Partie 2 : Différentes réalités – ••• en contrepoint

Ségrégation spatiale et politiques du logement

Caroline Helfter
Pivot des inégalités socio-économiques, la ségrégation spatiale des minorités ethniques est une question abordée différemment selon les pays de l’Union européenne, expliquent les auteurs d’une étude comparative portant sur la France, sur la Grande-Bretagne, sur les Pays-Bas et sur l’Italie [1].
En France, après la reconnaissance du caractère permanent de l’immigration et l’ouverture des logements HLM aux ménages d’origine immigrée, les décennies 1980 et 1990, marquées par la baisse du volume de construction des logements sociaux et le développement de l’exclusion, entraînent la concentration des populations d’origine immigrée dans des quartiers caractérisés par leur isolement, la déshérence des services et une forte stigmatisation. Ainsi se constitue le “problème des banlieues” ou des “quartiers difficiles” désignant, sous des référents territoriaux – repris dans la politique de la ville – le “problème de l’immigration”. Par la suite, la loi de Solidarité et de renouvellement urbain (SRU) de 2000 instaure l’obligation, pour toutes les agglomérations de plus de 50 000 habitants, d’atteindre un quota d’au moins 20 % de logements sociaux sur leur territoire, mais son application se heurte à de nombreux obstacles liés aux politiques mises en Å“uvre localement. Ainsi, celle de la municipalité marseillaise conduit à exclure les minorités ethniques et les habitants les moins favorisés des arrondissements situés au centre-ville et dans les quartiers sud. Généralement relégués dans les copropriétés les plus dégradées des quartiers nord de la ville – où le parc privé fait office de “parc social de fait” –, ils se voient souvent refuser l’accès au logement social, précisément au nom de la mixité sociale dans un contexte de regroupement déjà important de ménages en difficulté dans ces cités.
En Grande-Bretagne, la concentration ethnico-résidentielle est appréhendée en termes de choix communautaires des intéressés, qui désirent échapper au “harcèlement racial”. Considéré comme un obstacle majeur à l’accès des minorités ethniques à des cités “blanches”, la lutte contre celui-ci constitue actuellement la stratégie la mieux acceptée pour promouvoir la mixité, précisent les chercheurs.
Aux Pays-Bas, en revanche, on n’assiste pas au développement d’enclaves “mono-ethniques”, mais plutôt à un mélange de nombreuses nationalités à l’échelle des quartiers. La politique conduite, depuis le milieu des années 1990, tend à renforcer la mixité sociale dans le cadre de vastes plans de restructuration urbaine.
En Italie, enfin, il existe de fortes disparités dans l’établissement régional des travailleurs immigrés, qui, par ailleurs, ne cherchent pas toujours à s’installer durablement. Ces caractéristiques s’ajoutent au “modèle italien” de distribution socio-spatiale très mélangée à l’échelle des quartiers. Aussi peut-on identifier des zones de plus forte présence immigrée dans les secteurs urbains financièrement abordables, mais il s’agit de petites concentrations en comparaison des phénomènes observables dans les grandes villes d’autres pays, et elles ne prennent pas la forme de “ghettos” ethniques.
 
NOTES
 
[1]Cf. “Politiques du logement et minorités ethniques dans l’Union européenne”, par V. Sala Pala, J. Kullberg, R. Tomlins et G. Henry, in Les minorités ethniques dans l’Union européenne, La Découverte, 2005, 256 p., 26 euros.
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Cf. “Politiques du logement et minorités ethniques dans l’U...
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