Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 67 à 68
doi: en cours

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Partie 2 : Différentes réalités – ••• en contrepoint

n° 125 2005/5

2005 Informations sociales Partie 2 : Différentes réalités – ••• en contrepoint

Unions mixtes et processus d’assimilation

Caroline Helfter
Dans une enquête rétrospective réalisée fin 1992 auprès de 13 000 personnes – des immigrés, ressortissant de sept pays ou groupes de pays [1], des jeunes nés en France d’origine étrangère, et un échantillon représentatif de la France entière –, Michèle Tribalat, chercheuse à l’Institut national d’études démographiques (INED) a pu analyser le phénomène migratoire et les conditions de vie des immigrés et de leurs descendants [2].
Cette recherche a notamment permis d’appréhender la question des pratiques matrimoniales et, plus particulièrement, celle des unions mixtes Les pratiques matrimoniales traditionnelles, préconisant les unions entre cousins et laissant à la famille le soin d’arranger le mariage de leurs enfants, subissent un certain déclin en situation d’exil, souligne Michèle Tribalat. L’intervention des familles dans le choix d’un conjoint pour leurs enfants, notamment pour leur fille, subsiste cependant dans une proportion non négligeable parmi les familles venues d’Algérie ou de Turquie, et l’on observe pour ces dernières une fréquence encore élevée de mariages entre apparentés. En ce qui concerne les jeunes d’origine étrangère qui ne vivent pas en couple, moins la relation amoureuse a un caractère institué, plus le partenaire des jeunes femmes d’origine algérienne a de chances d’être un Français de souche.
L’évolution de la mixité au fil des générations est propre à chaque courant migratoire. Ainsi, la mixité des unions est bien supérieure parmi les jeunes migrants d’Espagne et les jeunes d’origine espagnole à ce qu’elle est parmi les migrants adultes, et elle atteint un niveau très élevé. Cette progression s’observe aussi pour le courant portugais, y compris pour les seules unions légales. Elle est également visible, si l’on inclut les unions non légales, en ce qui concerne à la fois le courant marocain et la génération des jeunes d’origine algérienne nés en France. S’agissant en revanche des mariages stricto sensu, les femmes nées au Maroc mais venues en France dans leur enfance et les jeunes femmes d’origine algérienne actuellement mariées le sont très peu souvent avec un Français de souche, même si ces unions ne sont pas négligeables.
Les femmes originaires d’Algérie ou du Maroc vivant dans une union mixte ont un niveau scolaire élevé. En outre, pratiquement toutes ont eu une expérience du monde du travail. Quant aux jeunes nés dans un couple mixte, ils choisissent très souvent un conjoint français de souche. Dans les familles turques, en revanche, les unions mixtes parmi les enfants de migrants forment une exception aussi bien chez les filles que chez les garçons.
 
NOTES
 
[1]Représentant près de 70 % de la population immigrée, ces pays ou groupes de pays sont l’Algérie, l’Espagne, le Maroc, le Portugal, la Turquie, l’Afrique noire et le Sud-Est asiatique (Cambodge, Laos et Vietnam).
[2]Cf. De l’immigration à l’assimilation. Enquête sur les populations d’origine étrangère en France (ouvrage épuisé), La Découverte/INED, 1996, 302 p., 44,97 euros.
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Représentant près de 70 % de la population immigrée, ces pa...
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[2]
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