2005
Informations sociales
Partie 2 : Différentes réalités
Relations entre générations et inégalités sociales
La société multigénérationnelle en question
Thierry Blöss
Sociologue, il est actuellement professeur à l’Université de Provence (Aix-Marseille I) et chercheur au Laboratoire d’économie et de sociologie du travail (LEST-CNRS). Il codirige la revue Sociétés contemporaines et est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Les liens de famille (PUF, 1997) et La dialectique des rapports hommes-femmes (sous sa direction, PUF, 2002, 2e édition). Ses recherches portent principalement sur les transformations des âges de la vie, des rapports entre générations et des rapports sociaux de sexe. Courriel : bloss@univ-aix.fr.
Une société multi-générationnelle n’est pas une société de mixité générationnelle au sens strict où les différentes générations en présence vivraient ensemble. Ce qui n’empêche pas, comme les enquêtes de ces dernières années l’ont montré, que des liens privés forts puissent être tissés. Si la mixité générationnelle se rapporte plus largement au principe d’échanges, alors la sociologie a beaucoup à dire et à redire, comme pour dénaturaliser ce phénomène et souligner que de profondes inégalités sociales régissent ces relations, contribuant, en définitive, à une mixité de façade.
Peut-on qualifier notre société dite multigénérationnelle comme le lieu d’une mixité entre générations ouvertes au partage et au soutien mutuel ? Force est de constater qu’il s’agit d’une mixité inégalitaire, les mécanismes de ségrégation sociale n’épargnant pas les transmissions entre générations. Là aussi, on trouve les élus et les exclus.
Dans notre société, la famille est aujourd’hui associée à des valeurs positives et la coprésence des générations est interprétée comme un gage d’entraide réciproque. Aussi est-il fait communément abstraction, à travers les discours stéréotypés sur les solidarités, de ce qui distingue les individus dans l’exercice concret des liens de parenté. Souligner les caractéristiques sociales existantes au sein des relations entre générations est dans ce contexte idéologique ambiant une manière de rompre avec les discours consensuels et positifs, et donc une manière de contribuer sociologiquement à en établir les fondements. Sur l’échiquier des générations, les appartenances de classe et de sexe des individus contribuent en effet principalement à construire les rapports entre les individus. Elles permettent de comprendre à la fois le caractère et le rôle foncièrement inégalitaires de ces relations.
Le caractère inégalitaire des solidarités privées
Ces dernières années, “
tous les pays européens ont connu une diminution de la solidarité publique qui s’est traduite par une augmentation des inégalités sociales et, par conséquent, par un redéploiement de l’entraide familiale au sein des groupes sociaux. En effet, si les classes sociales les plus aisées ont pu externaliser un certain nombre de fonctions autrefois assumées par la famille (garde d’enfants…), les ménages moins favorisés, en particulier les familles monoparentales ou immigrées, n’ont pas pu avoir recours à ces services et sont obligés de faire appel à la solidarité familiale”
[1]. Lorsque les solidarités privées se manifestent, en temps de crise, les personnes les plus vulnérables sont précisément celles pour lesquelles le recours à la famille n’est pas possible. La plupart des enquêtes réalisées au cours de la dernière période
[2]ont apprécié l’étendue de ces liens familiaux entre générations. Leurs formes et leur importance renseignent sur le rôle de la parenté dans les processus de solidarité, de mobilité et de transmission sociales. À partir des classifications produites
[3]
[4], elles permettent de distinguer des relations d’
entraide domestique (garde des enfants, aide ménagère…), d’
accès à des ressources sociales (aides à la recherche d’un emploi, d’un logement, d’un service ou d’une prestation, etc.) et de
transferts économiques (financiers, patrimoniaux : héritage, donations, prêts…).
L’existence de cette variété de relations, leur vitalité, un temps sous-estimées voire ignorées, permettent à la fois d’en comprendre la spécificité et les limites par comparaison avec la panoplie d’interventions des politiques sociales (ou solidarités institutionnelles), et de nuancer assez fortement l’idéologie ambiante de l’individualisation des liens de famille qui réduit le fonctionnement de la famille aux tribulations d’un couple plus ou moins tourmenté
[5].
La parenté moderne est une institution biographique qui se caractérise par une relative permanence de rapports domestiques inégalitaires entre hommes et femmes quel que soit leur statut matrimonial, mais aussi par des échanges entre générations pour le moins asymétriques. Ces échanges, en effet, à la fois créent des obligations et des devoirs d’entraide différents selon le sexe des individus et leur position dans le cycle de vie, profitent inégalement aux intéressés selon leur âge et ont une efficacité ou une portée sociale inégale selon le milieu socioéconomique de la famille. Autrement dit, les “
prétendues solidarités familiales sont inégalitaires”
[4]. C’est cette idée qu’il faut garder à l’esprit, non pas par entêtement idéologique, mais par posture scientifique, afin de mieux dépasser la vision commune devenue une évidence trompeuse d’une société à la fois multigénérationnelle et solidaire. Le caractère multi-générationnel d’une société n’est pas en soi le garant de l’échange, il ne nous instruit guère sur la dynamique concrète de ses relations et reste subordonné à des mécanismes de ségrégation qui traversent l’ensemble des segments de la parenté : couple, fratrie, grand-parentalité, beau-parenté, etc.
Une réciprocité intergénérationnelle à géométrie variable
Les enquêtes de socio-économie témoignent du fait que les familles sont principalement “
solidaires avec leurs descendance”
[6]. L’étude des transferts privés monétaires montre précisément que les aides financières vers l’aval sont dix fois plus importantes que les aides ascendantes
[7]. Ce qui renforce l’idée que l’entraide familiale se pratique avec d’autant plus d’évidence qu’elle épouse le sens de la filiation. Familles et État se partageraient-ils la tâche
[8] ? En fait de partage, on constatera que les transferts ascendants ne sont pas pour autant absents, mais qu’ils proviennent souvent de “
sujets d’âge mûr”. La réalité de cette “
génération pivot”
[9] a été bien décrite dans les années quatre-vingt-dix. Elle est composée par les adultes qui doivent faire face à une double dépendance, celle de la génération de leurs parents et celle de leurs enfants. Cette génération pivot se trouve davantage sollicitée au sein des échanges familiaux compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie des aînés, mais aussi de l’accroissement des difficultés d’insertion des plus jeunes sur le marché du travail. Ainsi, comme le résume Clothilde Lemarchant
[10], bien des parents au seuil de leur retraite se trouvent sollicités en amont par leurs vieux parents devenus dépendants et en aval par certains de leurs enfants subissant de plein fouet des difficultés d’insertion professionnelle.
Hétérogénéité des générations et division sexuée de l’entraide
L’existence de cette génération pivot est doublement instructive. Elle est la preuve implicite qu’il existe des cohortes plus chanceuses que d’autres : “
Les générations nées avant 1920 subirent un sort difficile ; les suivantes, nées jusqu’en 1950 [et qui composent cette génération pivot] connurent un destin inespéré : multiplication des diplômes sans dévalorisation, forte mobilité ascendante, salaires et revenus rapidement croissants, meilleure protection sociale, etc.”
[11]. L’existence de cette génération pivot montre également, s’il en était besoin, que les générations ne subissent pas seulement des inégalités de l’histoire, mais qu’elles participent à la construction des inégalités sociales, et en particulier qu’elles reproduisent l’exercice d’un partage inégal des rôles d’entraide entre les sexes, mieux : qu’elles le renforcent. Les femmes sont en effet plus impliquées que les hommes dans l’exercice des solidarités dans toutes les générations
[12]. L’aide, par exemple, aux personnes âgées est quotidiennement une “affaire de femmes” : les liens privilégiés mère-fille, mais aussi belle-mère/belle-fille ou encore grand-mère/petite-fille représentent les exemples les plus visibles des dissymétries observables dans la circulation des aides à l’intérieur du réseau de parenté. Ils témoignent du caractère éminemment sexué des relations entre générations. Mais ces rôles d’entraide peuvent également avoir valeur de promotion, notamment quand l’aide de la mère dans la garde des jeunes enfants est une façon d’apporter un soutien à l’activité professionnelle de sa fille
[13].
Transmissions intergénérationnelles et clivage social
“
Le fil rouge qui traverse la filiation est bien souvent entrelacé d’un fil d’argent.” Cette belle expression
[12]souligne l’importance des transferts financiers dans les relations entre générations. On sait que le nombre de donations a augmenté de 50 % entre 1970 et 1990, que cette augmentation s’est concentrée dans les couches les plus fortunées de la population et que, dans 90 % des cas, il s’agit de transmettre des bien immobiliers, des logements et des outils professionnels
[14]. Cette tendance montre qu’en matière de transmission intergénérationnelle, le clivage social n’a fait que se perpétuer voire se renforcer, confortant par là même les inégalités de niveau de vie et de conditions sociales. Tout se passe comme si, plus que jamais, une ligne de partage distinguait les classes sociales : aux individus des groupes favorisés le privilège de se léguer des biens patrimoniaux en tous genres destinés à garantir ou à préserver l’avenir, aux individus des couches populaires la consolation de se transmettre des biens symboliques à la valeur sentimentale ajoutée. Économie des biens patrimoniaux et économie des biens ordinaires se répartissent en effet de façon socialement différenciée et ne produisent assurément pas les mêmes bénéfices. Sans compter que, toutes choses étant égales par ailleurs, dans le cas où les parents, quel que soit leur milieu social, ont un bien économique à transmettre, les enquêtes montrent que l’opportunité du transfert est sensiblement plus grande dans les milieux supérieurs. Autrement dit, les moyens patrimoniaux se transmettent à des moments plus décisifs pour leurs destinataires à mesure qu’on s’élève dans l’échelle sociale, si l’on en juge par le recours et la possibilité matérielle plus grande offerte à ces milieux de pratiquer des donations anticipées entre vifs. La transmission intergénérationnelle entre ainsi dans le champ socialement inégalitaire des capacités stratégiques des donateurs. “
L’idée qu’il faut aider les jeunes générations quand elles en ont besoin, c’est-à-dire à l’orée de leurs projets professionnels et conjugaux se répand, d’autant plus que l’allongement de la vie des parents repousse l’échéance de l’héritage pour les enfants à un âge où ces derniers approchent souvent de la retraite.” Ce constat général
[12] souligne implicitement le fossé social qui sépare les donateurs potentiels (parents ou grands-parents) selon que le legs dont ils disposent est nécessaire à leur propre existence (résidence principale…) ou constitue au contraire un bien disponible et superflu.
Dans une société où le discours idéologique souligne régulièrement l’action positive des relations entre générations, la disponibilité sans faille des grands-parents en direction des petits-enfants, le bénéfice de leur vitalité, de leur disponibilité ou encore de leur fortune dont ils font profiter leurs descendants, la tâche du sociologue est plus que jamais de rappeler que ces relations sont avant tout des ressources sociales inégalement offertes à tous, irréductibles à des questions de sentiment ou d’affection. Ces ressources ou capitaux ont comme conséquence d’ouvrir ou, au contraire, de restreindre les horizons des individus, selon donc qu’ils grandissent dans un environnement familial socialement et économiquement favorable ou au contraire dans un espace familial plus indigent pour ne pas dire contraignant. Si l’environnement social immédiat n’est pas une contingence secondaire de l’existence et tend au contraire à s’imposer comme une condition existentielle du développement de chacun
[15], alors on doit avoir à l’esprit que la famille reste l’instance où naissent et se développent les inégalités les plus marquantes et définitives, ce qui montre l’importance des enjeux de socialisation attendus des institutions dites secondaires comme l’école, dont jusqu’à présent rien n’a vraiment été prouvé quant à sa capacité à corriger efficacement les handicaps d’origine.
Ces inégalités sociales se manifestent au moins à deux niveaux. Autrement dit, le milieu social d’appartenance est doublement efficace. Il l’est tout d’abord en ce qui concerne l’intensité, chaque génération aidant en fonction de ses moyens : “
L’intensité de l’entraide est corrélée aux revenus et aux milieux sociaux. Il y a de toute évidence un effet positif des ressources détenues sur les pratiques d’entraide. La capacité potentielle d’aide en argent, en moyens matériels, en capital social et en temps favorise le développement de l’entraide”
[12]. Le milieu social d’appartenance est également discriminant, dans la mesure où il détermine grandement la portée sociale de l’entraide. De façon exploratoire, Agnès Pitrou
[3] distinguait l’aide de subsistance caractéristique des couches populaires, de l’aide de promotion typique des catégories moyennes et supérieures. On conviendra assez facilement que près de trente ans plus tard, en dépit de l’évolution du système public de protection sociale, l’aide potentielle en milieu défavorisé porte toujours sur des enjeux d’économie quotidienne, alors que dans les classes sociales plus aisées, les potentialités sociales et économiques plus grandes dont on dispose favorisent plus que jamais l’aide de confort et de promotion (ou de contre-mobilité) sociale. Dans tous les cas, l’aide des générations aînées vers les plus jeunes – qui représente le sens le plus massif des flux d’entraide au sein du réseau familial – a des effets socialement différents.
Ce deuxième niveau des inégalités sociales (celui de leur nature) n’est ici que succinctement évoqué, comme pour mieux énoncer l’idée que la place de chaque génération a fondamentalement une valeur relative
[16], qui dépend principalement de ses propres conditions sociales d’existence. Cette place est appréciée par les autres générations, surtout en fonction de la propre position sociale des individus qui la composent et donc de leur propre capacité à exister au regard des autres, à agir ou à entraider. C’est là la critique essentielle, selon nous, que l’on doit porter à la notion de “société multi-générationnelle”, qui tend à englober de façon consensuelle les dispositifs et les capacités stratégiques des acteurs, sans distinction de classe, c’est-à-dire
a minima sans distinction de leurs ressources. Les relations entre générations n’ont de sens que si chacun a quelque chose à transmettre. Et quand ce n’est pas le cas, le sentiment de l’inutilité des générations aînées se fait jour et vient grossir celui du sentiment de solitude ou d’isolement. La famille a, comme toute institution, ses limites. La présence sur le papier de plusieurs générations n’est pas nécessairement un signe de renfort, quand le lot quotidien de chacune est de se pencher sur ses propres problèmes
[16]. Au quotidien, l’acuité de ces difficultés l’emporte plus souvent qu’on ne l’imagine sur les capacités d’entraide réciproque, signe que ces dernières ne s’appliquent pas en toutes circonstances, de façon automatique ou inconditionnelle, contrairement aux représentations de sens commun qui les érigent en actes naturels et universels.
Pour infirmer la thèse du naturalisme familial et, par voie de conséquence, de la “mixité intergénérationnelle”, où les membres d’une lignée honoreraient chacun un contrat moral tacite de solidarité, sorte de conscience d’une dépendance mutuelle (“La famille restant la famille !”) et d’une appartenance à une communauté de destin, Agnès Pitrou
[17] a cette phrase choc : “
Dans l’exercice de la solidarité familiale, il y a des élus et des exclus, des exploités et des exemptés ou des fuyards.” Ce propos doit résonner comme une incitation à mieux comprendre comment l’appartenance sociale (de classe et de sexe) contribue à définir les rapports entre générations. La place occupée dans ces rapports contribue à déterminer la norme de réciprocité entre chacune d’elles, ainsi que le contenu du comportement et du sentiment d’entraide. À y regarder de près, cette place ne résulte pas de choix strictement individuels. Elle porte plutôt la marque de la position socio-biographique des individus, y compris dans ses implications affectives. Qu’est-ce qui fait que, dans la lignée, certains sont plus solidaires que d’autres, ont un sentiment plus aigu de soumission au devoir d’obligation familiale, sont plus enclins à respecter les règles de l’échange inégal, à supporter les injustices de la solidarité, manifestent apparemment un sens du sacrifice plus développé ? Ces questions alimentent la réflexion d’un sociologue qui s’interroge sur les conditions de production des relations intergénérationnelles
[18], soucieux de dépasser l’évidence des choses, la vision irénique ou angélique généralement de mise. Les normes du bon fils, de la belle-fille exemplaire, du grand-parent idéal ou du petit-fils modèle ne sont pas universelles, elles varient socialement et donc ne s’imposent pas à tous de manière uniforme ou arbitraire. Elles procèdent de logiques qui, sans être marchandes, ne manquent pas d’interpeller la place de chacun dans les intérêts en présence et à venir. â–
[1]
C. Bonvalet et J. Ogg, “Les enquêtes sur l’entraide familiale en Europe”,
Recherches et prévisions, n° 77, 2004, p. 77-85.
[2]
Cf. les enquêtes quantitatives de l’INED, les enquêtes “Proches et parents” de la CNAVTS et “Trois générations” (avec le concours de la CNAF) du CREDOC, celles du Centre d’étude des revenus et des coûts (CERC) ou encore de l’INSEE, telles que “Budget des familles”.
[3]
A. Pitrou,
Les solidarités familiales. Vivre sans famille ?, Toulouse, Privat, 1992 (1
re édition 1978).
[4]
J.-H. Déchaux, “Des fonctions économiques”,
Informations sociales, CNAF, n
os 35-36, 1994, p. 72-77.
[5]
T. Blöss, “L’individualisme dans la vie privée : mythe ou réalité ?”,
Projet, septembre 2002.
[6]
A. Masson, “Économie des solidarités. Forces et faiblesses des solidarités comme anti-marché”,
in Les solidarités familiales en question. Entraide et transmission (coordonné par D. Debordeaux et P. Strobel), LGDJ, coll. “Droit et société”, vol. 34, 2002, p. 143-182.
[7]
A. Masson, “État-providence et famille : le lien intergénérationnel en question”,
Les cahiers français, 2004, p. 81-87.
[8]
L’État prendrait en charge prioritairement les personnes âgées et la famille, les jeunes : à titre d’indication, en 2003, deux tiers des bénéficiaires de l’aide sociale étaient des personnes âgées (source DREES, enquête “Aide sociale”).
[9]
C. Attias-Donfut (sous la dir. de),
Les solidarités entre les générations. Vieillesse, familles, État, Nathan, 1995
[10]
C. Lemarchant, “Familles et inégalités entre générations”,
Les cahiers français, 2004, p. 39-45.
[11]
L. Chauvel,
Le destin des générations, PUF, 1998.
[12]
C. Attias-Donfut, N. Lapierre, M. Segalen,
Le nouvel esprit de famille, Odile Jacob, 2004.
[13]
A.-M. Daune Richard, “Activité professionnelle, travail domestique et lignées féminines”,
Le sexe du travail, Grenoble, PUG, 1984, p. 45-46.
[14]
L. Arrondel et A. Masson, “Que nous enseignent les enquêtes sur les transferts patrimoniaux en France ?”,
Économie et prévision, n
os 100-101, 1991.
[15]
É. Maurin,
Le ghetto français, Le Seuil, coll. “La république des idées”, 2004.
[16]
C’est ainsi, à titre d’exemple, qu’un des éléments les plus révélateurs des différenciations sociales dans l’âge du départ des jeunes de chez leurs parents est la position du père sur le marché de l’emploi, et donc de sa capacité à soutenir l’effort de promotion par le diplôme de son enfant ou de lui venir en aide dans sa gestion de la précarité économique.
Cf. T. Blöss et F. Godard, “La décohabitation des jeunes”,
Les cahiers de l’INED, Travaux et documents, n° 120, PUF, 1990.
[17]
A. Pitrou, “À la recherche des solidarités familiales. Concepts incertains et réalités mouvantes”,
in Les solidarités familiales en question. Entraide et transmission (coordonné par D. Debordeaux et P. Strobel), LGDJ, coll. “Droit et société”, vol. 34, 2002, p. 233-252.
[18]
T. Blöss,
Les liens de famille. Sociologie des rapports entre générations, PUF, 1997.