2005
Informations sociales
Partie 3 : Sortir des frontières – La pensée de…
Charles Fourier (1772-1837)
Julien Damon
Philosophe réformiste en quête, pour l’homme, de l’“harmonie universelle”, Charles Fourier aura connu une existence plutôt mouvementée, passant par tous les métiers et de nombreux pays, ainsi que par la case détention. Socialiste utopiste, il s’oppose, avec une terminologie parfois fantaisiste, au libéralisme bourgeois et propose une organisation communautaire très précisément décrite de la société.
Après des humanités effectuées à Besançon, il a appris le commerce, le négoce et la banque par le voyage. Enrôlé dans les forces révolutionnaires, il en profite pour réfléchir à une réorganisation de l’armée. De retour au civil, il s’investit dans les manufactures lyonnaises de la soie et y observe les conditions de vie ouvrière. Dans et devant la société industrielle naissante, il s’attache à réfléchir aux moyens de réduire ou d’éradiquer les maux de la faim et de la pauvreté. Il construit une doctrine critiquant, notamment, la structuration de l’économie autour du commerce et la structuration de la vie sociale autour du mariage.
Distinguant et classant les passions et les directions humaines, il cherche à proposer des formes communautaires qui permettent aux diverses aspirations et dispositions de s’assortir le plus heureusement et le plus efficacement possible.
Charles Fourier doit sa notoriété aux phalanstères qu’il souhaite créer, ces collectivités de production et de consommation cogérées par des copropriétaires. Ce projet est l’essence d’une refondation sociale radicale sur des bases nouvelles. Ces phalanstères, décrits avec une plus que minutieuse précision pour ce qui relève de leur implantation géographique, de leur forme architecturale et de leur composition sociologique, sont des bâtiments en forme d’étoile. Ils contiennent espaces sacrés, commerciaux et domestiques, organisés de manière collective. Chaque phalanstère compte 1 600 phalanstériens (c’est précis !) réunis par leurs passions communes.
Les phalanstères composent plusieurs phalanges, qui toutes rassemblées en une fédération mondiale, donnent l’Harmonie. Tout simplement. En fait, pour Fourier, l’humanité est au cinquième stade de son existence. Après le paradis, la sauvagerie, le patriarcat, la barbarie, son époque est celle de la civilisation. Et il faut la dépasser pour arriver à l’étape suivante, celle de l’Harmonie (qui devrait durer 35 000 ans et dans laquelle les humains, car bien organisés, pourraient vivre 144 ans).
Il y a bien un petit côté folklorique chez Fourier. Sa pensée aura néanmoins inspiré, outre quelques disciples à la recherche de sociétés parfaites, le mouvement mutualiste. L’orientation fondamentalement fouriériste est d’organiser, pour le bonheur de l’humanité, la diversité. On dirait aujourd’hui la mixité. Et on voit bien, à relire Fourier sérieusement ou caustiquement, qu’à trop vouloir la diriger on n’est pas certain de véritablement la favoriser.
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Théories des quatre mouvements et des destinées générales, 1808.
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La fausse industrie, 1835.
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Le nouveau monde industriel et sociétaire, 1829.