Une transformation de l’économie pénale
Le poids de l’opinion publique et des médias
Entretien avec
Denis Salas
Propos recueillis par
Lise Mingasson
La peine s’est écartée de la préoccupation de l’individu qui a commis la faute prise dans sa singularité. Elle est dorénavant considérée comme une réponse collective à l’ordre troublé. La victime, relayée par ses porte-parole, en est le fer de lance. La finalité lointaine de la peine s’estompe. On a alors affaire à une conception déshumanisée de la sanction, qualifiée d’“exemplaire”. Il existe, face à ces évolutions, des exemples dans les pays anglo-américains (cercles de médiation, conférences restauratrices…) qui mobilisent des moyens éducatifs, collectifs et sociaux.