Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
156 pages

p. 135 à 139
doi: en cours

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Le social en recherche

n° 128 2005/8

2005 Informations sociales Le social en recherche

Le social en recherche

 
Plafond de verre
 
 
Anicet Le Pors, Françoise Milewski et autres, Vouloir l’égalité, Troisième rapport pour l’égal accès des femmes et des hommes aux emplois supérieurs des fonctions publiques. Comité de pilotage, 66 rue Bellechasse, 75700 Paris. 2004, 131 p. + annexes. www.fonction-publique.gouv.fr
En 2003, la France comptait 6 préfètes et 103 préfets, et seulement 21 femmes occupaient un poste d’ambassadeur sur les 179 du corps diplomatique. Pour accéder à ces postes qualifiés d’emplois supérieurs dotés d’un réel pouvoir de direction ou d’influence dans le champ des administrations publiques, il ne fait pas bon être de sexe féminin. En dépit des pressions de l’Union européenne, d’une législation française qui vise à promouvoir l’égalité des chances en matière professionnelle, au fur et à mesure que l’on s’élève dans la hiérarchie la part des femmes tend à régresser. Au cours des dernières années, la situation des femmes dans la très haute fonction publique s’est même détériorée. Fin 2003, on recensait 26 femmes parmi les directeurs d’administrations centrales contre 35 en 2002. Cette situation ne concerne pas que la fonction publique civile de l’Etat, la situation est la même, voire pire dans les fonctions publiques territoriales, dans l’armée et dans la fonction publique hospitalière. Le dernier rapport du comité de pilotage pour l’égal accès des femmes et des hommes aux emplois supérieurs des fonctions publiques dresse un constat sévère qu’il étend à des secteurs comme l’enseignement supérieur et la recherche, dans lesquels on s’attendrait à trouver une moindre discrimination. Des plans existent pourtant dans chaque Ministère et service pour redresser la situation, mais le problème est que la parité est rarement un objectif, il s’agit plutôt d’avancer, comme on dit aux Ministère des finances vers "une participation équilibrée des hommes et des femmes aux postes de responsabilité" tout en se fixant des objectifs intermédiaires "raisonnables". Bon courage aux unes et aux autres ! 1308
 
Une marche de trop
 
 
Jérôme Bertrand, Robert Allio et Matthieu Thomas, L’information destinée aux personnes à mobilité réduite dans les transports en commun, IAURIF, 15 rue Falguière, 75740 Paris cedex 15. Février 2005, 54 p., www.iaurif.org
Lors des travaux parlementaires qui aboutirent à la rénovation de la législation de 1975 en matière de handicap, les députés eurent de longs débats pour savoir s’il fallait parler de personnes handicapées ou en situation de handicap. Le législateur retint la première formule. Pourtant, c’est bien dans les transports publics que le handicap, encore plus qu’ailleurs, est en situation. Si le fauteuil roulant rend visible cette situation particulière, il ne concerne qu’un nombre assez restreint de personnes, de l’ordre de 20 % des personnes ayant un handicap moteur. Pour les autres aussi qui souffrent d’atteinte des membres, se déplacer, monter dans le train, franchir des dénivelés, emprunter un escalator, manipuler les portes, les composteurs, la billetterie, tout cela constitue une source de difficultés constantes. Ces situations concernent les personnes handicapées mais aussi toutes celles qui souffrent d’une incapacité permanente ou temporaire, et cela fait bien du monde dans les transports en commun. Le rapport de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Ile-de-France ne prétend pas régler ce problème mais juste montrer qu’une bonne politique de communication, s’appuyant sur des outils de type télématique et sur une signalétique plus efficace pourrait contribuer à rendre la vie plus facile pour les personnes handicapées mais aussi pour les autres. 1309
 
indicateur d’avenir
 
 
Erwan Cordeau, Iuli Nascimento, L’empreinte écologique des habitants de la région Ile-de-France, IAURIF, 15 rue Falguière, 75740 Paris cedex 15. Mai 2005, 64 p. www.iaurif.org
L’habitant d’une région, ici l’Ile-de-France, s’alimente, se loge, consomme des biens et des services. Son mode de vie pèse sur son environnement davantage que s’il était resté le chasseur-cueilleur du paléolithique. C’est ce poids que veut précisément mesurer l’étude conduite par Erwan Cordeau et Iuli Nascimento en s’inspirant des travaux de chercheurs canadiens. L’enjeu est important, il s’agit avec cette démarche de construire des indicateurs de développement durable et de relier les résultats obtenus à des indicateurs de type "développement humain". L’objet n’est pas moins ambitieux que de tenter de relier l’économique, l’écologique et le social. Le résultat est pourtant un indicateur synthétique assez simple qui montre que, dans cette région, chaque personne consomme un peu plus de cinq hectares de terre là où une gestion soucieuse de l’environnement ne devrait pas dépenser plus de deux hectares. Au-delà des débats et des nécessaires précisions méthodologiques à venir, ce rapport constitue une passionnante approche pour traduire en indicateur lisible et pédagogique des réalités complexes. 1310
 
Méthode douce
 
 
Céline Rothe, Jeunes en errance, structure d’accueil et dispositif de prise en charge dans la ville de Rennes, Mémoire pour l’obtention du master 2, Sciences Po, 9 rue Jean Macé, 35000 Rennes. Septembre 2005, 190 p.
Les mémoires de sciences politiques abordent rarement les questions sociales par le petit bout du terrain. Celui de Céline Rothe est une heureuse exception. Tout en restant dans le champ de l’analyse des politiques publiques, l’auteure adopte une démarche d’observation du fonctionnement des institutions, ici des centres d’accueil de jeunes aux limites de la toxicomanie. Plus classiquement, des entretiens avec des jeunes et des professionnels des institutions concernées viennent compléter ce moment d’immersion. Plus que les résultats qui recoupent d’autres travaux sur les jeunes en errance et les représentations collectives suscitées chez les passants par les attroupements de jeunes et de chiens, ce mémoire est surtout intéressant par la modestie dont témoigne Céline Rothe pour aborder son sujet. Même lorsqu’on a l’âge de son public, il reste toujours difficile d’aborder une population aussi particulière sans créer de biais et de parasites dans la communication. Méthodiquement, avec la maturité d’une "pro" du terrain, Céline Rothe rend compte des difficultés, analyse les risques pris à s’immerger dans un milieu aussi différent, pointe les écueils. Une véritable leçon pour les étudiants en travail social impatients de se confronter à leur futur terrain d’étude et de travail. 1311
 
Diagnostic local
 
 
Collectif, Vers un profil santé de ville. Système local d’observation en santé, Réseau français des Villes-Santé de l’Organisation mondiale de la santé. Téléchargeable sur www.villes-sante.com. 2005, 65 p.
Chercher à améliorer la santé d’une population ne consiste pas seulement à augmenter le nombre des praticiens ou de lits d’hôpital mais aussi à agir de manière transversale sur l’ensemble des facteurs qui peuvent avoir un impact sur la santé, qu’il s’agisse du logement, du travail, de la scolarité, des transports et, plus généralement, de tenter d’accroître la qualité de l’environnement des personnes. Pour mettre en Å“uvre des politiques avec cette perspective, il faut disposer d’un véritable diagnostic local, une sorte de profil santé du territoire sur lequel on veut agir. S’appuyant sur de nombreux exemples comme l’observatoire local de santé de Lille, les indicateurs utilisés à Nancy, l’observatoire local de la santé des élèves de Châteauroux, le système d’observation en santé scolaire de Villeurbanne ou encore l’observatoire de la santé de Rotterdam, les auteurs de ce rapport réalisent un véritable guide méthodologique. Ils montrent surtout que les données nécessaires sont pratiquement toujours disponibles et que les manques relèvent plutôt de l’absence de volonté politique, voire des insuffisances de formation des acteurs. Ce document permet de répondre au second problème, pour le premier, voyez avec vos élus. 1312
 
Logement canadien
 
 
Stuart Sykes et autres, Politiques et pratiques en matière de logement dans un contexte de pauvreté et d’exclusion, Projet de recherche sur les politiques, 56 rue Sparks, Ottawa, ON, Canada, 2005, téléchargeable sur www.recherchepolitique.gc.ca
Le nom, inhabituel pour nous, de Projet de recherche sur les politiques recouvre en fait un organisme d’études et de recherches proche du gouvernement du Canada et comprend une trentaine de chercheurs travaillant sur des axes transversaux de recherche comme le capital social, les liens nord-américains, la flexibilité des parcours de vie et les nouvelles approches pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion. Outre la réalisation d’études classiques, cet organisme utilise fréquemment les techniques de tables rondes permettant de faire la synthèse d’expertise collective, confrontant des points de vue sans nécessairement chercher à dégager des accords comme c’est le cas des conférences de consensus utilisées de ce côté de l’Atlantique. Là encore, à la différence des approches européennes qui distinguent nettement l’exclusion de la pauvreté, les Canadiens insistent sur le fait que la pauvreté monétaire est l’un des facteurs qui conduisent à l’exclusion, tout comme l’absence de compétences et le manque de logements. Ce dernier manque pouvant être une importante source de marginalisation lorsqu’il conduit à effacer le sentiment de stabilité et de sécurité physique. Aux critères de taille et de qualité du logement, les Canadiens ajoutent la notion d’abordabilité qui est fondée sur le rapport entre les dépenses de logement et le revenu total du ménage. Les ménages qui consacrent plus de 30 % de leur revenu au logement sont considérés dans cette perspective comme en situation de besoin. Selon ces critères, 15 % des Canadiens seraient en situation de besoin impérieux de logement. L’intérêt de cette approche est de proposer un véritable modèle multidimensionnel des facteurs associés aux difficultés de logement mettant en Å“uvre le marché privé, le rôle de l’Etat, l’action de la société civile et, enfin, les caractéristiques, préférences et ressources des ménages. 1313
 
Compétences de base
 
 
Thierry LEPAON, La lutte contre l’illettrisme en Basse-Normandie, Conseil économique et social régional de Basse Normandie, Abbaye-aux-Dames, BP 529 14036 Caen cedex. Avril 2004, 129 p. www.cesr-basse-normandie.fr
Lorsque le mouvement ATD Quart-Monde propose, pour la première fois, en 1978 d’utiliser le terme d’illettrisme, avant que le concept ne soit repris de façon très officielle dans le rapport OHEIX, intitulé "Soixante propositions contre la pauvreté", on ne pouvait imaginer l’importance qu’allait prendre ce concept dans les politiques publiques, ni les débats qu’il susciterait. Au fil des années, la dimension stigmatisante du mot est apparue de plus en plus forte et les théoriciens mettent maintenant plutôt l’accent sur l’importance de l’acquisition de savoirs de base comme le repérage dans le temps, dans l’espace, la communication orale et écrite, l’usage d’outils mathématiques. Certes, les mesures restent fragiles même si les Journées d’appel de préparation à la défense fournissent des informations exploitables nationalement. Le rapport du Conseil économique et social régional de Basse Normandie reprend les principales informations disponibles sur le sujet et constitue une bonne actualisation de l’état des politiques menées actuellement, en particulier le programme IRILL (Insertion, Réinsertion, Lutte contre l’ILLettrisme). Mais la partie la plus intéressante du rapport réside dans la description et l’analyse d’un dispositif lancé au début des années quatre-vingt-dix et connu sous le nom des Ateliers de formation de base. Ces structures de formation s’adressent à des publics qui ne maîtrisent pas les premiers niveaux de compétence de base. Elles sont portées par des organismes de formation classique ou des structures spécialisées comme la Maison des mots à Argentan ou la Boîte aux lettres à Alençon. Les gens reçus dans ces ateliers peuvent être des demandeurs d’emploi jeunes ou adultes, des salariés sous contrat aidés, des salariés d’entreprise, des allocataires du RMI ou des gens du voyage. Structures de proximité les ateliers ont des antennes dans certains quartiers des zones urbaines, en milieu rural ou en milieu carcéral. Un bulletin régional, le point virgule participe à l’animation de ce réseau. 1314
 
Travailler au creux de la nuit
 
 
Cathy TOUPIN, L’expérience spécifique du travail de nuit en milieu hospitalier, CREAPT, Centre d’études de l’emploi, "Le Descartes" 29 promenade Michel-Simon,93166 Noisy-le-Grand. Juin 2005, 70 p.
Le travail de nuit est souvent valorisé par de jeunes infirmières, mères de famille, car il permet de conjuguer une activité professionnelle à temps plein, une présence le jour à la maison et des ressources financières améliorées. Or, travailler la nuit, c’est vivre à contresens du fonctionnement biologique de l’organisme et la plupart des travaux montrent qu’il n’y a pas accoutumance au travail de nuit au fil des ans mais une intolérance croissante. Etre dans un service hospitalier la nuit, c’est se retrouver isolé pour faire face aux charges de travail prescrites, mais aussi à l’imprévu, à l’angoisse des patients et cela dans des moments où il faut contenir la fatigue et maintenir la vigilance. La recherche de Cathy Toupin qui s’inscrit dans un travail de thèse montre comment les infirmières développent des stratégies fines pour préserver leur santé, par exemple en faisant un effort supplémentaire de connaissance des patients afin de n’être pas à la merci d’une évolution soudaine des situations auxquelles elles devront faire face. Le rapport analyse également la façon dont les infirmières résolvent ces micro-conflits nés des logiques contradictoires : le confort du patient et la qualité technique du soin, la nécessaire vigilance et la plus grande fatigue au creux de la nuit, entre 2 heures et 5 heures du matin. Issue d’une approche ergonomique cette analyse en terme de micro-conflits à résoudre en situation de travail devrait pouvoir être transposée sans difficulté dans les situations de travail social, en particulier dans les internats. 1315
 
L’usager de la psy
 
 
Walther ARAQUE, Nicolas DODIER, Jacqueline SANDRA, La place faite au patient dans les services de psychiatrie, CERMES-GSPM. EHESS-INSERM U 502. 7 rue Guy-Moquet, 94801 Villejuif. 2005, 175 p.
Depuis le début des années quatre-vingt-dix, les textes juridiques se sont succédé pour réaffirmer la place centrale du patient ou de l’usager dans les établissements sociaux, médico-sociaux et sanitaires. Dans le milieu médical, cette évolution remet en question la tradition clinique qui faisait du médecin l’unique décideur de ce qui était bon pour le patient. Comment cette évolution se traduit-elle dans l’univers de la psychiatrie ? La question est d’autant plus passionnante que ce monde des soins est fortement structuré par les approches dissemblables que sont la psychanalyse et la psychopharmacologie. Prenant appui sur les observations et des entretiens accumulés lors de longs temps d’immersion dans des services psychiatriques, les auteurs de cette recherche montrent comment dans chacun des services les médecins conduisent leurs entretiens cliniques et comment ils réalisent les prescriptions médicamenteuses. La représentation simpliste qui voudrait que les uns donnent des médicaments et les autres ne fassent qu’user de la parole est bien évidemment fausse. En revanche, dans les deux cas, la relation au patient est profondément différente, qu’il s’agisse de l’annonce du diagnostic, des attitudes en cas de refus de coopération du patient ou de la place de la famille. Plus profondément, la psychopharmacologie insiste sur l’importance de l’univers social qui entoure le patient alors que l’approche psychanalytique pense l’individu sur le mode de l’autonomie. Deux mondes, deux manières d’être et de travailler, deux façons de laisser au malade prendre une place dans la relation de soin. 1316
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