Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
156 pages

p. 52 à 59
doi: en cours

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Partie 2 : Vers quelle société ?

n° 128 2005/8

2005 Informations sociales Partie 2 : Vers quelle société ?

Les nouvelles techniques de reproduction

Nouveaux acteurs, nouveaux enjeux

Laurence Tain Démographe, sociologue, membre du centre Louise-Labé et du Centre d’études démographiques, maître de conférences à l’Université Lumière Lyon-II, elle dirige actuellement la recherche Kalliopé sur l’orthophonie, a dirigé avec Patricia Mercader l’ouvrage collectif L’éternel masculin (PUL, 2003), a publié des articles sur ses recherches personnelles sur la fécondation in vitro, dont “Health Inequality and User’s Risk Taking : a Longitudinal Analysis in a French Reproductive Centre” (Social Science and Medicine, VD57, nËš 11, 2003), “L’hôpital, la femme et le médecin : la construction des trajectoires de fécondation in vitro” (Population, vol. 56, nËš 5, 2001).
Les techniques de reproduction forment un espace privilégié pour l’imagination. Au-delà des rêves d’“avant-monde”, l’expérience de l’assistance médicale à la procréation offre un terrain d’observation des rapports sociaux d’aujourd’hui, préfigurant ceux de demain. Cet article s’intéresse à l’expansion de la médecine technique et à ses conséquences, ainsi qu’à la transformation des rapports entre hommes et femmes autour de la procréation. Ce bilan aboutit à un questionnement sur d’éventuels déplacements d’inégalités.
Un monde où l’hôpital se substitue à l’intimité de la chambre à coucher, où la place du médecin et du biologiste concurrencent celle du conjoint et du père, où les figurent alternatives du parent sont prises en compte au plan légal... Ce monde qui brouille les repères et bouscule l’imaginaire est le nôtre. Aujourd’hui et au futur.
Les nouvelles techniques de reproduction ont constitué, ces dernières décennies, un écran privilégié pour imaginer le futur. Ces technologies se sont ancrées dans la vie quotidienne comme en témoignent l’augmentation du nombre de fécondations assistées [1], la réglementation en matière de remboursement [2] ou encore la nature de l’opinion telle qu’elle apparaît dans les enquêtes [3]. Simultanément, en portant à la scène ces nouvelles expériences, elles ont généré une espèce de trouble, induit une impression de théâtre imaginaire, donnant le goût d’un “arrière-monde, ou mieux, d’un avant-monde”, selon l’expression de Michel Serres [4]. Au-delà des vertiges et des prophéties [5], on peut tenter d’observer comment se tisse actuellement la pratique de l’assistance médicale à la procréation. C’est ce fil que je vais chercher à tirer, en utilisant les techniques de reproduction comme un miroir des rapports sociaux d’aujourd’hui, dont les enjeux préfigurent ceux de demain. C’est ainsi que je vais m’intéresser à la scène sociale qui se joue dans la sphère reproductive. De nombreux acteurs concourent à la mise en scène : des individus mais aussi des structures (hôpital, Centre d’études et de conservation des Å“ufs et du sperme humains (CECOS), Sécurité sociale, firmes pharmaceutiques…). Deux motifs semblent ressortir de l’observation : le processus de médicalisation et l’évolution des rapports sociaux entre hommes et femmes. Ce sont les thèmes sur lesquels je vais centrer mon propos.
 
La “médecine du désir” en question
 
 
Avec la maternité assistée, la scène se déplace : l’espace public de l’hôpital se substitue à l’intimité parentale. Ce déplacement est le produit d’une longue histoire [6] dont on peut suivre les dernières étapes identifiées par Yvonne Knibiehler [7] : avec “la génération du baby-boom”, “l’industrie de la naissance” et “les soins aux enfants” ; avec la “génération du refus”, le corps médical a accompagné la volonté de non-maternité ; avec la “génération du désir”, les techniques de reproduction s’immiscent au cÅ“ur de l’intimité.
Dans ce déplacement, ce sont les nouvelles technicités qui frappent l’imagination. Pourtant, comme le montre la mise en Å“uvre de l’insémination artificielle, l’espace social est déterminant. En effet, si cette technique était connue dès la fin du XVIIIe siècle, il a fallu attendre le contexte des années soixante-dix pour que sa pratique se généralise. La comparaison de deux scènes emblématiques de conception, à deux siècles d’écart, témoigne de cette évolution et met en valeur les acteurs principaux et leurs liens. La première scène a lieu en 1776 dans la plus totale clandestinité : c’est le mari, un drapier anglais, qui pratique l’insémination artificielle avec sperme de conjoint, grâce à une seringue chauffée ; le médecin Hunter est absent, il a donné ses instructions et le compte rendu ne sera publié par la Royal Society qu’en 1799, alors que Hunter était déjà décédé depuis six ans. Il s’agit de la première insémination artificielle connue qui a abouti à une naissance. La deuxième scène a lieu en 1981. Elle est tellement médiatisée que, pour déjouer la curiosité de la presse, la future mère a été hospitalisée sous un nom d’emprunt, comme cousine de la sage-femme. Enfin, le récit par le biologiste Jacques Testart [8] de la première fécondation in vitro ayant donné lieu à une naissance en France est bien différent : ce sont les trois professionnels, le médecin René Frydman et les deux biologistes (dont Jacques Testart), qui sont mis en avant dans les paroles de la future mère qui, rejoignant son mari à l’issue du transfert d’embryon, s’exclame : “J’ai fait l’amour avec les trois !
Ainsi s’introduit un tiers médical dans la sphère reproductive, et à sa suite les interactions entre professionnels et profanes qui se jouent autour de la procréation. Car la “médecine du désir” peut aussi traduire le “désir de la médecine”, selon la jolie formule de René Frydman [9], et l’expansion des territoires couverts par la médecine est aussi la conséquence des talents d’“entrepreneur moral” des médecins [10]. La contrepartie de cette extension, qui ne se limite plus aux thérapeutiques d’urgence, est l’émergence de nouvelles postures des usagers, plus critiques, comme le montrent différentes études. Ainsi, par exemple, une analyse de courriers de patients dans un hôpital français fait apparaître une prise de distance vis-à-vis des injonctions médicales [11]. L’expression de cette indépendance s’appuie, dans certains cas, sur la compétence technique acquise par les couples. L’une des conséquences paradoxales de la médicalisation de la société est, en effet, une large diffusion de l’information sur les actes techniques et, en un certain sens, une dépossession des professionnels de leur expertise spécifique. Ainsi, les usagères des services d’assistance médicale à la procréation témoignent dans leurs écrits d’une grande connaissance des protocoles médicaux et, par suite, d’une volonté de discussion avec le corps médical. Dans d’autres cas, malgré les pressions médicales pour recourir aux techniques de reproduction, on voit néanmoins apparaître une réelle autonomie des couples. Devant une situation d’infécondité qui ne met en danger ni l’homme ni la femme, des réorientations s’opèrent vers d’autres projets, comme un investissement professionnel ou une démarche d’adoption. D’une autre façon, aux États-Unis, Gay Becker [12] montre comment “les gens ont commencé à changer de point de vue à partir du moment où ils ont commencé à se considérer plus comme consommateurs que comme patients”.
 
Un nouvel équilibre sexué dans l’espace reproductif ?
 
 
Avec le rôle pivot de l’institution médicale sur le territoire de la reproduction, ce sont aussi les rapports sociaux entre hommes et femmes qui basculent. Évidemment, l’héritage des rôles masculins et féminins demeure et il apparaît en de multiples occasions lors des trajectoires de procréation médicalement assistée. L’attribution du travail de reproduction aux femmes est profondément ancrée dans l’expérience de l’assistance médicale à la procréation du côté des femmes usagères comme du côté des professionnels du système de santé. C’est Lesley Brown [13], la première utilisatrice avec succès de la fécondation in vitro, pour qui la nécessité de la maternité gommait toute autre considération : “Avoir un enfant était tout ce qui m’importait.” Ce sont ces usagères qui, décrivant le parcours médical, parlent à la fois de “situation cauchemardesque” et de “la nécessité de poursuivre avec acharnement cette thérapeutique”. C’est aussi ce protocole médical qui mobilise principalement le corps féminin, même en cas d’infertilité masculine. Un exemple flagrant de cet ancrage du travail reproductif dans le corps féminin est donné par l’explication de Royère [14] sur les causes de l’accroissement du recours à une fécondation in vitro en cas d’infertilité masculine. Selon lui, l’argument médical utilisé pour justifier une telle pratique est l’intérêt que présente la mise en Å“uvre de cette technique pour établir un diagnostic sur le pouvoir fécondant du sperme [15] : “L’utilisation de la fécondation in vitro en cas d’altérations non spécifiques du sperme résulte essentiellement de la limite diagnostique que possèdent les autres tests biologiques de fécondance et de ses résultats. Dans l’état actuel de nos connaissances, elle constitue le moyen le plus direct d’apprécier in vitro le pouvoir fécondant du sperme.” Autrement dit, il reste “naturel” que le corps de la femme subisse une intervention chirurgicale en vue d’établir un diagnostic concernant le corps de l’homme.
D’une autre façon, le système de genre [16] imprègne les pratiques et réglementations de l’assistance médicale à la procréation. Ainsi, par exemple, la législation française de 1994 [17] réserve le bénéfice de ces technologies aux seuls couples hétérosexuels, mariés ou non, à la seule condition de justifier d’une vie commune d’au moins deux ans.
Néanmoins, une nouvelle donne est à l’Å“uvre. C’est que l’irruption des technologies reproductives a rendu visible, dans la standardisation hospitalière comme dans les images symboliques, la responsabilité masculine dans l’acte reproducteur. Ainsi, une réflexion critique s’est développée au sein du corps médical pour dénoncer la tendance à se centrer sur la femme comme l’illustre, par exemple, cette remarque : “Souvent, les explorations d’un couple consultant pour une infécondité sont arrêtées lorsqu’une anomalie est mise en évidence chez l’un des partenaires. Ainsi l’observation d’une anomalie tubaire ou d’une dysovulation fait parfois arrêter les explorations chez l’homme si tant est qu’elles aient en fait débuté avant celles de la femme [18]. Par conséquent, il est, par exemple, devenu banal aujourd’hui que, dans la routine hospitalière, la pratique clinique intègre les bilans masculins à côté des bilans féminins en cas d’infertilité. De même, du point de vue des représentations, la scène initiatique décrite par Testart et rapportée plus haut peut se lire, comme le suggère la psychanalyste Monique Schneider [19] comme une réimputation du pouvoir de fécondité au masculin par une sorte de “détour”, d’“hybridation” unifiant le géniteur biologique et ses géniteurs scientifiques. C’est cette même figure qui est à nouveau convoquée dans les techniques de pointe des fécondations in vitro avec micro-injection visant à abolir la stérilité masculine [20].
Par ailleurs, à côté du couple hétérosexuel reproducteur, d’autres figures possibles deviennent socialement visibles. Elles sont parfois portées par l’institution, comme c’est le cas pour le donneur de sperme et le père social qui lui est associé, et par conséquent pour la mère explicitement reliée à deux hommes. Parfois, ces figures sont acceptées dans certaines législations et refusées par d’autres : c’est le cas des mères homosexuelles, des mères célibataires ou des mères porteuses. La législation espagnole a, par exemple, au contraire de la France, accepté depuis longtemps la demande d’une femme seule en matière de procréation médicalement assistée. La loi de 1988 sur les techniques de reproduction précise, en effet, que “toute femme pourra être réceptrice ou usagère des techniques régulées par la présente loi, pourvu qu’elle ait consenti à leur utilisation de manière libre, consciente expresse et par écrit. Elle devra être âgée de 18 ans au moins et être en pleine capacité d’agir [21]. La législation québécoise, de son côté, a adopté une disposition, en 2002, définissant un modèle de “comaternité” : la loi 84, qui porte sur l’union civile et les nouvelles règles de filiation, institue l’inscription de deux mères sur le certificat de naissance d’un enfant dès lors qu’il a été conçu à la suite d’une insémination artificielle d’une mère vivant en union civile avec une autre femme. Parfois enfin, ces figures sont revendiquées par des chercheurs et soutenues par des fractions minoritaires du corps médical : c’est le cas pour les donneuses d’ovocytes, avec don éventuellement dirigé, en direction des mères ménopausées. Ainsi, par exemple, alors que le point de vue dominant du monde médical, illustré par le journal Le Lancet [22], s’inquiète d’une transgression possible de l’âge de la maternité, des praticiens comme Edwards, le biologiste ayant “réussi” la première fécondation in vitro mondiale en 1978, s’insurgent contre cette position frileuse des médecins qui, “croyant agir pour le mieux de la société”, posent des actes qu’on pourrait apprécier comme “une atteinte aux droits du patient et un mauvais usage de leur responsabilité envers la société qui les a formés [23]. Il défend, pour sa part, l’idée que “des grossesses sont acceptables pour des femmes ménopausées”. Mais, quel que soit le cas de figure, une brèche est rendue visible dans l’hégémonie de l’hétérosexualité reproductive.
 
Vers un nouveau partage entre sphères productive et reproductive ?
 
 
Ainsi donc, les rapports sociaux de reproduction sont en pleine mutation : la scène de la reproduction s’est déplacée du privé au public ; l’hôpital y a pris une place prépondérante ; hommes et femmes, homosexuels et hétérosexuels voient certains de leurs attributs se reconfigurer. De sorte que se pose la question des rebondissements en termes d’égalité de telles transformations.
Sur l’évolution des rapports sociaux entre les sexes, liés aux bouleversements de l’espace reproductif, les avis sont très partagés. Pour la juriste Marcela Iacub [24], les droits acquis par les femmes au XXe siècle conduisent à un renversement des rôles : les femmes ont pris le contrôle de la reproduction au détriment des hommes. Paola Tabet [25], pour sa part, reste réservée sur les avantages pour les femmes de cette nouvelle donne. Elle l’analyse comme une “transformation structurelle des rapports de reproduction, comparable à certains égards à la dissolution du lien de servage en Europe”, mais, selon elle, “il est peut-être trop tôt pour comprendre le sens et la portée concrète de cette transformation, pour décider s’il s’agit d’une transformation susceptible de mettre en cause la domination masculine ou si l’on assiste à un nouvel aménagement de cette domination”.
Néanmoins, l’enjeu des nouvelles lignes de partage liées à la sphère reproductive ne peut être dissocié de l’espace productif. C’est dans ce contexte que Michel Serres [26] est amené à imaginer un aplanissement de la différence entre les sexes : “Nous avançons lentement vers la célébration de deux noces en une : celles de l’artifice et de la nature, inattendues et prévisibles ; celles du mâle réduit par la nature à l’engendrement culturel et de la femme, longuement condamnée par quelques cultures à se contenter du travail dit naturel. Nous avançons vers leur égalité par des processus en train de s’unifier.
Sans trancher de façon définitive sur ces processus complexes et contradictoires, j’aimerais apporter, en guise de conclusion, un éclairage issu de mes proches recherches sur les usages de la fécondation in vitro dans un hôpital français [27]. En fait, l’expérience des femmes ne paraît pas du tout homogène à cet égard. Pour certaines d’entre elles, le traitement par fécondation in vitro est non seulement une véritable épreuve, mais, en raison des freins à l’insertion professionnelle qui lui sont liés, il induit une dégradation de la position sociale. Un exemple typique d’un tel scénario correspond aux itinéraires de femmes que j’ai qualifiées de “pionnières longue durée” : elles se sont prêtées aux premières expérimentations, sans garantie sur les effets secondaires pour leur santé ; elles ont répété les essais sur une longue période et se situent plutôt au bas de la hiérarchie sociale ; dans la grande majorité des cas (83 %), elles n’ont pas eu d’enfant, ont rarement eu le temps de faire aboutir un projet professionnel et leur situation s’est donc dégradée ; seule une minorité d’entre elles (17 %) a réussi à avoir un enfant, généralement au prix d’un lourd traitement et d’un désinvestissement de l’espace professionnel. À l’inverse, pour d’autres femmes, les ressources techniques peuvent favoriser de nouvelles histoires de vie, plus égales avec les hommes. Les techniques de reproduction sont alors vécues comme des outils au service des intérêts des usagères et, par conséquent, comme une opportunité d’inventer des trajectoires plus égales par apport aux hommes. Effectivement, certains parcours de maternité assistée renvoient cette image : la situation typique est celle de femmes cadres ayant fait le pari de différer le temps de la maternité. Certes, le prix à payer du point de vue corporel reste lourd et l’arrivée d’un enfant n’est pas plus fréquente que pour les “pionnières longue durée”. On peut néanmoins analyser ces naissances comme des succès pour les femmes concernées qui ont réussi à cumuler carrière et maternité. Pour les autres, même si aucun enfant ne résulte de la médicalisation, le bilan semble s’avérer souvent positif. En effet, d’une certaine façon, le recours hospitalier paraît avoir permis de déculpabiliser un investissement initial différent de la maternité. De sorte que ce constat de l’accentuation de la différenciation sociale entre femmes pourrait conduire à de nouvelles interrogations : les nouveaux parcours de vie de femmes plus dotées socialement, davantage à l’égal des hommes, intégrant ou non la maternité, vont-ils contribuer à inventer de nouveaux modèles disponibles pour toutes les femmes ou bien à creuser les écarts sociaux entre femmes ? â– 
 
NOTES
 
[1]Le nombre de ponctions et le nombre de naissances liées à une fécondation assistée ont quadruplé entre 1986 et 1999 en France : selon le fichier FIVNAT, en 1999, on dénombre en France 41 000 ponctions et 10 675 enfants nés par fécondation assistée, contre 11 779 ponctions et 1 838 enfants en 1986, soit une proportion comprise entre 1 % et 1,5 % des naissances actuelles en France. Cf. Élise de La Rochebrochard, “Des hommes médicalement assistés pour procréer”, Population, vol. 58, n° 45, 2003 ; Laurence Tain, “L’hôpital, la femme et le médecin : la construction des trajectoires de fécondation in vitro”, Population, vol. 56, n° 5, p. 811-844, 2001.
[2]Le remboursement intégral des quatre premières tentatives de fécondation in vitro est assuré en France par la Sécurité sociale. Plus précisément, le nombre d’essais remboursés n’a été limité qu’à partir de 1991 et le nombre de quatre doit s’entendre comme quatre essais ayant abouti à une ponction (il faut donc y ajouter tous les essais n’ayant pas abouti à une ponction et tous les transferts d’embryons congelés).
[3]Par exemple, dès 1987, 82 % des personnes interrogées lors d’une enquête INED déclaraient que la fécondation in vitro était une bonne solution, étant entendu qu’elle se ferait avec le sperme du mari. Cf. Yves Charbit, “L’opinion sur la politique démographique, la nuptialité et les nouvelles techniques de procréation en mai 1987”, Population, vol. 44, n° 66, p. 1159-1187, 1989.
[4]Michel Serres, “Contribution”, in Génétique, procréation et droit, Actes Sud, 1985, p. 23-30.
[5]Parmi les derniers ouvrages de cette veine, on peut citer, par exemple, Henri Atlan, L’utérus artificiel, Le Seuil, 2005.
[6]Yvonne Knibiehler, Catherine Fouquet, Histoire des mères, Montalba, coll. “Pluriel”, 1977.
[7]Yvonne Knibiehler, La révolution maternelle depuis 1945 : femmes, maternité, citoyenneté, Perrin, 1997.
[8]Jacques Testart, L’Å“uf transparent, Flammarion, 1986.
[9]René Frydman, L’irrésistible désir de naissance, PUF, coll. “Questions”, 1986.
[10]Eliot Freidson, La profession médicale, Payot, 1984.
[11]Laurence Tain, “L’envers des mots et les enjeux des corps : les ambiguïtés de la coopération entre médecins et patients”, in Coopérations, conflits et concurrences dans le système de santé, sous la direction de Geneviève Cresson et François-Xavier Schweyer, ENSP, p. 195-206, 2003.
[12]Gay Becker, Sciences sociales et santé, 2000.
[13]Lesley Brown est la mère du premier “bébé éprouvette”, Louise Brown, née le 25 juillet 1978 près de Manchester, grâce à la collaboration du biologiste Robert Edwards et du gynécologue Patrick Steptoe. Cf. Lesley and John Brown, with Sue Fremman, Our Miracle Called Louise, a Parent’s Story, Paddington Press Ltd, 1979.
[14]Dominique Royère, “Stratégie des PMA en cas d’infertilité masculine : la FIV dans le cas d’altérations non spécifiques du sperme”, Contraception, fertilité, sexualité, 1991, vol. 20, nos 7 et 8, p. 720-724.
[15]La mise en Å“uvre d’une fécondation in vitro réalise, en effet, un essai de fécondation de gamètes du couple et teste, par conséquent, le pouvoir fécondant du sperme.
[16]Le système de genre est compris ici comme un dispositif social hiérarchique entre hommes et femmes qui se double d’une organisation sociale de la sexualité et de la reproduction.
[17]Code de la santé publique, art. L. 152-2 (loi du 29 juillet 1994 relative à l’assistance médicale à la procréation).
[18]Querleu, Spira, Leridon, “Épidémiologie de la fertilité”, Encyclopédie Méd. Chir., Paris, Gynécologie, 738 C10, 1990.
[19]Monique Schneider, Généalogie du masculin, Aubier, 2000.
[20]Ilana Löwy, “Assistance médicale à la procréation (AMP) et traitement de la stérilité masculine en France”, Sciences sociales et santé, vol. 18, n° 4, 2000.
[21]Traduction de l’article 6.1 du texte de loi citée par Louis Assier-Andrieu en collaboration avec Y. Bodoque-Puerta, M. Juan-Perez, J. Roca I Girona, “Espagne : politique, science et droit naturel. Esquisse d’une révolution dans la normativité familiale”, in Politique des lois en Europe, ouvrage collectif sous la direction de Louis Assier-Andrieu et Jacques Commaille, Librairie générale de droit et de jurisprudence, Paris, 1995.
[22]L’éditorial du Lancet du 3 août 1991 se termine par ces mots : “Les taux élevés de grossesses qui peuvent être obtenues avec des dons d’ovocytes soulèvent des problèmes éthiques et sociaux qui peuvent s’avérer sérieux. Est-il sage pour des femmes dans le temps du milieu de la vie et de la vieillesse de conduire de jeunes enfants à l’âge adulte ?”.
[23]Robert Edwards, “Pregnancies are Acceptable in Post-Menopausal Women”, Human Reproduction, 1998, vol. 8, n° 10, p. 1542-1544.
[24]Marcela Iacub, L’empire des ventres, 2004.
[25]Paola Tabet, La construction sociale de l’inégalité des sexes, L’Harmattan, 1998.
[26]Cf. note 4.
[27]Laurence Tain, “Health Inequality and Users’ Risk Taking : a Longitudinal Analysis in a French Reproductive Technology Centre”, Social Science and Medicine, vol. 57, n° 11, p. 2115-2125, 2003.
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