Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
156 pages

p. 63 à 64
doi: en cours

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Partie 2 : Vers quelle société ? – en contrepoint

n° 128 2005/8

2005 Informations sociales Partie 2 : Vers quelle société ? – en contrepoint

Les artisans du futur

Caroline Helfter
Constituant un territoire qu’il convient à la fois d’explorer et de construire, “l’avenir est domaine de liberté, de pouvoir et de volonté”, affirme Hugues de Jouvenel. Autrement dit, estime le directeur général du groupe Futuribles dans sa stimulante Invitation à la prospective [1], il faut en finir avec l’idée que l’avenir nous échappe, et “devenir ensemble les artisans d’un futur choisi”. Les pionniers, à cet égard, ont débuté leurs travaux, de part et d’autre de l’Atlantique, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Aux États-Unis, c’est notamment sous l’influence de l’armée de l’air que le ministère de la Défense décide, dès 1945, de mener les premières études réellement exploratoires, d’abord centrées sur les progrès techniques qui pourraient avoir un intérêt militaire, puis sur les aspects non terrestres des conflits internationaux (projet Rand). À partir de là est née, en 1948, la Rand Corporation, bureau d’études où seront ultérieurement développées la plupart des méthodes formalisées de prospective.
En lien étroit avec l’effort de reconstruction de l’après-guerre, un autre courant de pensée animé de préoccupations plutôt humanistes et sociétales émerge en France, à la fin des années cinquante. Il se développe autour de Gaston Berger et de Bertrand de Jouvenel, respectivement fondateurs du Centre international de prospective (1957) et de l’association Futuribles (1960), et rassemble des intellectuels et des personnalités occupant des postes de responsabilité de premier plan.
Vite établi, le lien entre les écoles américaine et française de prospective donnera lieu à la création de nombreuses conférences et structures internationales – ainsi le Club de Rome, dont le rapport publié en 1970 inaugure le débat sur les limites de la croissance –, ainsi qu’à l’établissement de programmes nationaux (en France, sous l’égide de la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale), puis au lancement de travaux internationaux (comme “Interfuturs”, dans le cadre de l’OCDE).
Bien sûr, souligne Hugues de Jouvenel, les thèmes prioritaires d’études et les méthodes évolueront au fil du temps. Mais alors que s’accélère le rythme du changement, l’anticipation s’avère plus que jamais nécessaire “pour éviter d’être continuellement acculé à ne gérer que les urgences”.
 
NOTES
 
[1]Éd. Futuribles Perspectives, 2004, 88 p., 12 euros.
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Éd. Futuribles Perspectives, 2004, 88 p., 12 euros. Suite de la note...