Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
156 pages

p. 95 à 95
doi: en cours

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

Partie 2 : Vers quelle société ? – La pensée de...

n° 128 2005/8

2005 Informations sociales Partie 2 : Vers quelle société ? – La pensée de...

Gaston Berger (1896-1960)

Julien Damon
Nombre de lycées, d’universités, de salles de conférences, d’avenues et de rues portent son nom. Pourtant, celui-ci ne semble pas désigner une personnalité très connue. Réparons donc cette injustice relative. Gaston Berger est un des fondateurs de la prospective, au sens moderne du terme. C’est d’ailleurs à ses travaux et à ses analyses que le mot doit son succès. Épithète devenue substantif, la prospective est pour Berger une attitude, un état d’esprit, on dirait aujourd’hui une posture, bien plus qu’une méthode ou une science. Au-delà de la prévision, en préparation de l’anticipation et de la décision, englobant la projection et l’extrapolation, la prospective projette un regard sur l’avenir et nous fait regarder, ensemble, “large” et “au loin”.
Philosophe formé sur le tard, avec notamment une thèse (qui n’est certainement pas grand public) sur le cogito dans la philosophie de Husserl, Gaston Berger aura en particulier exercé les fonctions de directeur général de l’enseignement supérieur. Ayant débuté une carrière dans l’industrie, avant de reprendre des études universitaires pour devenir penseur, professeur et administrateur, Berger était commandeur de la Légion d’honneur et membre de l’Académie des sciences morales et politiques.
Avec un message parfois énigmatique, il a fermement, et tout de même clairement, souligné que l’avenir est “à faire”. “L’avenir est affaire de volonté.” Et c’est une bonne nouvelle. Car il s’agit de ne pas être passif, ou bien seulement interrogatif, voire prostré face à l’avenir. Demain est en effet “moins à découvrir qu’à inventer”.
Constatant l’accélération de son temps – et nous sommes seulement dans les années cinquante ! – ainsi que l’importance des conséquences des décisions du présent, il a prôné et engagé des éléments de renouveau de l’éducation et de l’université. D’un point de vue général, il a nettement précisé que “les conséquences de nos actes se produiront dans un monde très différent de celui où nous les avons préparés”. Plutôt que de verser dans la fascination du passé ou dans l’assoupissement intellectuel consistant à penser que demain sera fait d’un prolongement des tendances d’hier, Berger invite à peser les décisions du présent au regard de la puissance dont dispose l’humanité aujourd’hui pour agir sur sa destinée. Introduisant en quelque sorte l’idée d’un principe de précaution, Berger parlait d’une “obligation de prudence”. Il appelait donc à de la responsabilité en demandant aux hommes d’action de se préparer à s’habituer à l’inhabituel.
Berger relevait que les moyens étaient, généralement, abondants. Il s’ensuit, toujours selon lui, que la question essentielle ne relève pas des moyens, mais des fins qu’il convient de (re)découvrir et de poser. Voici une formule que l’on pourrait, sans trop de hardiesse, transposer aux politiques familiales et sociales.
·  Recherches sur les conditions de la connaissance, 1941.
·  Traité pratique d’analyse du caractère, 1950.
·  Étapes de la prospective, 1967.
© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis