Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
156 pages

p. 117 à 117
doi: en cours

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Partie 3 : Quelques applications en matière de droit social – Rubrique

n° 129 2006/1

2006 Informations sociales Partie 3 : Quelques applications en matière de droit social – Rubrique

Ressortissants communautaires et RMI

La nécessaire clarification de la notion de droit au séjour

Frédéric Marinacce Directeur des prestations, Cnaf
Un citoyen européen qui a fait le choix de s’installer en France ne peut se voir refuser le droit au RMI au seul motif qu’il serait dépourvu de titre de séjour. Car, en vertu du principe de liberté de circulation, nul ressortissant européen n’est désormais tenu de posséder un tel titre s’il souhaite résider dans un autre État membre de l’Union. La loi du 26 novembre 2003 relative à la maîtrise de l’immigration, au séjour des étrangers en France et à la nationalité a ainsi supprimé cette obligation de détention d’un titre de séjour pour se déplacer ou séjourner au sein de l’Union européenne.
Ce qui ne signifie pas que le droit au RMI peut être ouvert à tout ressortissant européen. En effet, pour y prétendre, un ressortissant communautaire doit être en mesure de prouver qu’il est pleinement installé sur le territoire national et qu’il possède un droit au séjour, droit qui n’est pas inconditionnel puisqu’il s’apprécie notamment au regard du niveau de ressources qui a permis au ressortissant européen de s’établir en France. Le RMI, allocation différentielle, est alors attribué à ceux qui sont confrontés à un accident de la vie tel que perte d’emploi, séparation d’un conjoint ou cessation de vie maritale.
Reste qu’en l’absence de titre de séjour détenu par le demandeur de RMI, ce droit au séjour demeure imprécis et d’une gestion délicate pour le décideur chargé d’examiner les conditions de sa possession et son impact sur le droit à la prestation.
Des questions très simples se posent : quelle est l’autorité chargée de vérifier le droit au séjour ? Quelles ressources prendre en considération à la fois en France et à l’étranger ? Quelle période examiner pour la détermination du droit ? Quelle limite de droit dans le temps établir au regard de la notion de “charge déraisonnable” pour l’État membre d’accueil ? C’est que cette notion est expressément mentionnée et validée dans la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004.
Les CAF, chargées par délégation des présidents de conseils généraux de l’attribution de l’allocation du RMI ou du rejet de la demande, sont en attente de clarification de règles de droit et d’un mode opératoire propre à assurer une gestion homogène des dossiers de RMI pour les ressortissants communautaires et assimilés résidant en France qui en font la demande.
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