Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
156 pages

p. 123 à 124
doi: en cours

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Partie 3 : Quelques applications en matière de droit social – en contrepoint

n° 129 2006/1

2006 Informations sociales Partie 3 : Quelques applications en matière de droit social – en contrepoint

Les institutions européennes pour la jeunesse

Alain Vulbeau

S. Floris, “L’action européenne en direction de la jeunesse”, in La galaxie jeunesse, INJEP, 2004

Des institutions européennes, c’est le Conseil de l’Europe qui Å“uvre le plus à une politique globale, alors que l’action de l’Union européenne est plus restreinte et plus récente. Depuis les années soixante, les principes qui animent le Conseil de l’Europe sont le multilatéralisme, la reconnaissance mutuelle des particularismes et les trois fondements de la démocratie que sont la liberté individuelle, la liberté politique et la prééminence du droit. C’est un document de 1954, la convention culturelle européenne, conçue dans le contexte de la Guerre froide, qui formule ces priorités.
La montée en puissance de l’Union européenne n’est sensible qu’à partir du traité de Maastricht (1993), dès lors que le projet d’une politique d’éducation et de formation subsidiaire à celle des États membres entre dans les faits. Des programmes d’action communautaire sont mis en place, cofinancés par l’Europe et ses États, dont la maîtrise d’Å“uvre revient à une nouvelle direction : la DG 22, nommée par la suite direction Éducation Culture. Le sommet de Lisbonne de 2000 affiche les principes directeurs de la coopération européenne, la nécessité de fonder un espace européen de l’éducation tout au long de la vie, et les valeurs de la démocratie.
Les deux entités, Conseil de l’Europe et Union européenne, souhaitent désormais aider à la prise de conscience de l’identité européenne et favoriser la mobilité comme vecteur d’insertion. Cependant, si les politiques de ces deux institutions se rapprochent, les observateurs notent l’évolution du sens de l’action qui minore le soutien à la vie associative pour faire progressivement place à une logique de services.
Sur la base de la convention culturelle européenne, les deux Centres européens de la jeunesse (CEJ), respectivement positionnés à Strasbourg et à Budapest, offrent des formations, des rencontres et des stages.
Le Fonds européen de la jeunesse contribue annuellement au financement de projets touchant 200 000 jeunes de 40 pays (nombre des États membres du Conseil), tandis que d’autres aides concernent essentiellement la mobilité, comme la “Carte jeune” ou des subventions pour des voyages en train. En réalité, ces aides touchent un public limité et possédant déjà un habitus de mobilité et d’autonomie, ce qui en réduit la portée sociale pour les jeunes défavorisés.
Signalons enfin, parmi d’autres, des dispositifs de type tableau de bord, qui permettent une information suivie concernant les politiques de jeunesse des différents États. Le Conseil de l’Europe a promu un réseau européen de chercheurs sur la jeunesse, et des études comparatives ont vu le jour, comme le rapport PISA sur les systèmes éducatifs. De son côté, l’Union a édité un Livre blanc sur la jeunesse ainsi que l’Eurobaromètre, offrant une vue élargie sur les différentes consultations visant les jeunes.
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