Informations sociales 2006/1
Informations sociales
2006/1 (n° 129)
156 pages
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Partie 3 : Quelques applications en matière de droit social – en contrepoint

Vous consultezErasmus : un échange de compétences

AuteurPaule Paillet du même auteur


1 Pour que l’Europe constitue une entité vivante et dynamique, il est important qu’elle soit irriguée par des réseaux d’échanges assurant la communication entre les États qui la composent. Le programme Erasmus répond à un tel objectif. Il concerne les étudiants diplômés et les professeurs de l’enseignement supérieur, tous ceux dont les compétences de haut niveau répondent aux exigences toujours accrues en termes de développement et du fait de l’obsolescence rapide des connaissances. Il revêt une importance capitale pour l’avenir à long terme de l’UE grâce à une action communautaire. Créé en 1987, Erasmus regroupait, en 2005, 2 199 établissements d’enseignement supérieur et 31 pays : les 25 pays de l’UE auxquels s’ajoutent l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège, ainsi que trois pays de l’Espace économique européen (EEE) la Bulgarie, la Roumanie et la Turquie. Il est intéressant de noter qu’Erasmus anticipe l’entrée (éventuelle) de la Turquie en Europe, puisqu’un programme d’échange expérimental a été prévu en 2004-2005. Un million deux cent mille étudiants en ont déjà profité. La France se situe au premier plan : 20 000 étudiants sont partis à l’étranger et 18 000 ont été accueillis dans notre pays.

2 Que faire pour entrer dans le programme Erasmus ? Pour les étudiants, avoir obtenu un diplôme national de l’enseignement supérieur. Adresser une demande au responsable des relations internationales. C’est l’Université d’origine qui sélectionnera les candidatures. Signer un contrat d’études entre les deux Universités. Les études dureront entre trois mois et un an. Une bourse d’études couvrira en partie les frais. Les bourses communautaires doivent prendre en compte l’équilibre à assurer entre les pays et les filières d’études. L’attribution d’une bourse n’est donc pas automatique. Autre possibilité, une bourse attribuée aux étudiants les plus modestes économiquement parlant, et financée par le ministère de l’Éducation nationale ou par une collectivité territoriale. L’étudiant garde par ailleurs la bourse qui lui a été attribuée en France. Le plan d’action pour la mobilité des étudiants fait que le séjour à l’étranger ne débouche pas sur une perte de diplômes nationaux, perte qui pourrait décourager certains postulants. Les unités de valeur obtenues à l’étranger sont capitalisables en France. Ce sont les European Credit Transfer System (ECTS). Elles sont le gage de la reconnaissance et de la transparence des études supérieures. Quant aux enseignants candidats, ils travaillent dans le cadre de réseaux thématiques de recherche.

3 Qu’Erasmus ait pour parrain un humaniste est significatif. Au XVIe siècle, Erasmus (Érasme) fut un philosophe hollandais. En plein mouvement de la Réforme, il fit preuve d’un remarquable esprit critique aussi bien face aux catholiques que face aux protestants. Apôtre de la tolérance, sa personnalité est bien propre à illustrer un programme qui encourage la coopération européenne entre étudiants et enseignants.

 

POUR CITER CET ARTICLE

Paule Paillet « Erasmus : un échange de compétences », Informations sociales 1/2006 (n° 129), p. 133-134.
URL :
www.cairn.info/revue-informations-sociales-2006-1-page-133.htm.