Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
156 pages

p. 9 à 10
doi: en cours

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Partie 1 : Sens, méthodes et fondements – en contrepoint

n° 129 2006/1

2006 Informations sociales Partie 1 : Sens, méthodes et fondements – en contrepoint

L’Europe, une valeur pour les jeunes ?

Caroline Helfter
À l’heure où l’élargissement de l’Union européenne invite les citoyens des États membres à étendre leurs horizons, on constate, avec un certain étonnement, que le niveau territorial le plus proche – celui de la ville ou de la localité dans laquelle ils habitent – est celui auquel les jeunes Européens sont, de très loin, le plus attachés [1]. C’est lui que 48 % des 18-29 ans interrogés dans l’ensemble de l’Europe placent en tête de leurs choix, cependant que le “pays tout entier” recueille 23 % de leurs suffrages ; “la région, la province, le département” : 17 %, “le monde” : 9 % et “l’Europe” : 3 %
Ce faible sentiment d’appartenance des jeunes à l’Europe se double, en outre, d’un relatif rejet : 19 % d’entre eux désignent l’Europe comme l’unité géographique à laquelle ils se sentent le moins appartenir (et 51 % “le monde”), alors qu’ils ne sont que 9 à 11 % à placer les niveaux local, régional ou national au dernier rang de leurs choix. Comment expliquer la faiblesse de l’Europe comme objet d’identification ? Céline Belot, chargée de recherche en science politique au CNRS, avance plusieurs explications. D’un côté, estime-t-elle, le territoire de l’Europe est trop étendu pour être perçu dans sa matérialité. De l’autre, au plan symbolique, l’universalité des valeurs dont l’Union se revendique ne semble pas non plus à même de susciter un attachement particulier à l’espace européen.
Quels sont les choix privilégiés par les jeunes ? En tête apparaît l’association du local et du régional : 36 % de l’ensemble des jeunes interrogés se sentent avant tout appartenir à la fois à leur localité et à leur région. Viennent ensuite les couples local/national (26 % des jeunes), régional/national (14 %), puis les jeunes se déclarant appartenir avant tout à leur pays et à l’Europe (7 %). Encore plus minoritaires, 4 % des 18-29 ans choisissent l’Europe et le monde comme leurs deux unités territoriales principales d’identification. Ces “européanistes/mondialistes” se recrutent davantage chez les femmes (4 %) que chez les hommes (3 %), et plus parmi les étudiants et les professions intermédiaires (5 %) que chez les ouvriers (2 %) ou les agriculteurs (2 %). Considérés sous l’angle de leur nationalité, les jeunes qui affirment appartenir à l’Europe et au monde sont les plus nombreux au Luxembourg (10 %), en France (7 %), aux Pays-Bas (7 %) et en Belgique (6 %). En revanche, ils sont particulièrement rares (1 %) parmi les jeunes Danois, Finlandais, Irlandais, Lettons et Polonais. En termes d’attachement à des valeurs, enfin, la force du sentiment d’appartenance à l’Europe et au monde apparaît fortement liée à une permissivité dans le domaine des mÅ“urs, à un rejet de l’autorité et à la reconnaissance de l’égalité entre tous les êtres humains.
 
NOTES
 
[1]Cf. “Du local au mondial : les espaces d’appartenance des jeunes Européens”, par Céline Belot, in Les jeunes Européens et leurs valeurs, sous la direction d’Olivier Galland et Bernard Roudet, Éditions La Découverte, 2005, 330 p., 29 euros.
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Cf. “Du local au mondial : les espaces d’appartenance des j...
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