Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
156 pages

p. 91 à 91
doi: en cours

Veille sur la revue
Veille sur l'auteur
Vous consultez

Partie 2 : Réalisations et perspectives – La pensée de...

n° 129 2006/1

2006 Informations sociales Partie 2 : Réalisations et perspectives – La pensée de...

Charles de Gaulle (1890-1970)

Julien Damon
Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de Charles de Gaulle (!) un passage par Internet s’impose : www.charles-de-gaulle.org. Mais ils doivent être rares, tant la personnalité et la figure politique du général ont pu imprimer l’histoire contemporaine. En témoigne peut-être seulement le nombre de places, de rues, d’avenues, d’universités, de bâtiments (dont maintenant un porte-avions), de monuments qui, dans le monde entier, portent sa trace. Pour ne rien dire des livres qui lui sont consacrés par des spécialistes, des responsables politiques, ou encore son fils.
Homme du 18-Juin, de la France libre, de la traversée du désert ; président de la République, incarnation naturelle (qui en douterait ?) du “gaullisme”, Charles de Gaulle avait une “certaine vision” de la France, mais aussi de l’Europe.
Célèbre pour ses bons mots, utilisés comme des armes politiques dans des conférences de presse, des discours ou des entretiens, il n’a pas été avare de réflexions et de “sorties” sur l’Europe. Les amateurs (qui sont nombreux) se rappellent ses propos sur le cabri… “Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l’Europe ! l’Europe ! l’Europe ! mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien.” Il modérait ainsi, en quelque sorte, un trop grand enthousiasme optimiste. Pour autant, ce qu’on pourrait aujourd’hui baptiser ses convictions européennes était bien ancré, bien visionnaire et bien ambitieux. Dès la fin des années cinquante, il indiquait – peut-être lui aussi avec optimisme : “C’est l’Europe, depuis l’Atlantique jusqu’à l’Oural, c’est l’Europe, c’est toute l’Europe, qui décidera du destin du monde !
Pour autant, la construction institutionnelle, passablement technique et bureaucratique, rebutait assurément l’homme d’action, par ailleurs passionnément attaché à la France. Plus intéressé par les épopées historiques et géographiques, il ne goûtait pas beaucoup ce qui pouvait lentement, et seulement par la voie économique, se développer dans le cadre de la CEE ou de la CECA. En matière militaire il était même résolument hostile au projet de Communauté européenne de défense (CED), qu’il contribua à faire rejeter en 1954.
Soucieux et désireux d’une étroite coopération politique, il s’intéressait d’abord à l’axe franco-allemand. Très opposé à une intégration immédiate du Royaume-Uni (trop proche, selon lui, des États-Unis), il voyait dans la construction européenne une opportunité d’ouverture de la France dans le cadre d’une “Europe des États” exclusive de toute supranationalité.
Aujourd’hui encore, “gaullistes historiques” ou “néo-gaullistes” débattent ou s’affrontent en évoquant les mémoires et les actes du général. D’où l’actualité de toute sa pensée, à repositionner tout de même dans un contexte qui a profondément évolué.
·  Le fil de l’épée, 1932.
·  Vers l’armée de métier, 1934.
·  Discours et messages, 1970.
© Cairn.info 2009 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
Cairn.info | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis