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CNAF

I.S.B.N.sans
146 pages

p. 103 à 104
doi: en cours

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Partie 3 : Les municipalités et leurs politiques sociales et familiales – ••• en contre point

n° 130 2006/2

2006 Informations sociales Partie 3 : Les municipalités et leurs politiques sociales et familiales – ••• en contre point

Toxicomanies, villes et prévention

Alain Vulbeau

M. Joubert, P. Giraux-Arcella, C. Mougin (dir.), Villes et toxicomanies : de la connaissance à la prévention, Ramonville-Sainte-Agne, Érès, coll. “Questions vives sur la banlieue”, 2005

Cet ouvrage consacré aux problèmes de santé mentale dans les grandes villes est issu d’une recherche-action menée par des acteurs de terrain, des décideurs politiques, des cliniciens et des chercheurs.
Michel Joubert propose de sérier les étapes de l’implication des municipalités dans le traitement de ce qui est considéré comme un “fléau social”. Plusieurs options permettent de décrire la prise en compte ou en charge de la toxicomanie par les politiques locales. L’intégration dans les politiques de prévention de la délinquance représente une première possibilité de type sécuritaire : la toxicomanie est traitée dans le cadre des contrats d’action de prévention, devenus par la suite contrats locaux de sécurité. Il s’agit d’une action locale contre les infractions, où la prévention veut dissuader et rappeler la loi. Une autre option s’intéresse à la dimension santé publique. Les villes se sont peu à peu engagées dans des actions incluant la prévention des toxicomanies, sous un angle médicalisé qui tente d’atténuer l’approche répressive. Enfin, on peut décrire une option territoriale, inscrite dans le cadre de la politique de la ville. L’objectif est d’appréhender de façon globale les conduites à risque aux plans sanitaires, sociaux et locaux par une approche conceptuelle et partenariale, et par la mise en Å“uvre d’un répertoire d’actions (installations de réseaux, développement d’actions communautaires et montage de groupes de réflexion).
Les expérimentations locales tentent de renouveler les indicateurs de base en intégrant des données comme la précarisation, l’économie parallèle, les relations entre style de vie et conduite à risque, ou encore, les actions visant les effets des risques liés à l’injection intraveineuse.
L’ouvrage fournit des exemples d’expériences territoriales, à l’instar du centre régional de prévention des conduites à risques Jean-Bergeret de Lyon. Le centre Bergeret comprend deux centres de ressources pour les acteurs professionnels et bénévoles, des points d’écoute pour les parents ou pour les toxicomanes, et des programmes de prévention. L’animation des centres d’écoute est inspirée par une logique de territorialisation, avec des actions à dimensions cliniques et familiales, et d’autres à dimensions groupales, situées hors les murs, dans d’autres équipements locaux.
En conclusion, M. Joubert insiste sur la nécessité de mener l’évaluation de ces actions. Elle doit être pensée dès la conception des actions, de façon à prendre en compte les dimensions “processuelles” des problèmes de prévention de proximité. Elle a un caractère d’“analyseur” car elle sert à clarifier des stratégies où tout n’est pas toujours explicite. Enfin, elle permet des transferts méthodologiques par le croisement des savoirs et savoir-faire respectifs des chercheurs et des acteurs de terrain.
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