Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
146 pages

p. 106 à 107
doi: en cours

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Partie 3 : Les municipalités et leurs politiques sociales et familiales

n° 130 2006/2

2006 Informations sociales Partie 3 : Les municipalités et leurs politiques sociales et familiales

Quelle politique pour la famille à Paris ?

Frédérique Leprince Responsable de la mission Familles à la mairie de Paris, direction des Familles et de la Petite enfance. Auteure d’un rapport pour le Haut conseil à la population et à la familles sur l’accueil des jeunes enfants, elle a contribué à différents ouvrages sur le sujet et a été rapporteure de différentes commissions du commissariat général du Plan : “évaluation du RMI”, “cohésion sociale et prévention de l’exclusion”, “nouveaux services, nouvelles demandes” et “minima sociaux”.
Paris a désormais clairement affiché son souhait d’identifier une politique familiale et de l’améliorer. L’objectif est de rendre la ville plus hospitalière car de nombreuses familles préfèrent partir en banlieue ou en province après la naissance de leur premier enfant. Or la présence de familles, d’enfants, de jeunes est essentielle pour éviter le vieillissement d’une ville et pour maintenir son dynamisme. Avec plus de deux millions d’habitants, Paris se singularise par une densité urbaine et culturelle importante. Elle se caractérise aussi par des spécificités sociologiques (moins de familles nombreuses et de couples mariés qu’en province, plus de foyers monoparentaux, des écarts très importants entre les familles les plus riches et les plus pauvres…). Paris a aussi une autre spécificité : elle réunit les moyens et les compétences d’une ville et d’un département.
 
Une meilleure connaissance des familles et de leurs besoins
 
 
Pour mieux cerner les attentes des familles et les actions existant déjà, des études ont été réalisées par la ville ainsi que par l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR), le cabinet SCP, François de Singly et Claude Giraud. Un conseil consultatif des familles et de la petite enfance a été créé en 2002 et est devenu, en 2005, le conseil consultatif des familles à Paris.
Un observatoire des familles parisiennes va prochainement être mis en place avec l’APUR, afin de mieux connaître les caractéristiques des familles parisiennes, selon les arrondissements, et leurs évolutions.
 
Un plan de développement ambitieux des services et des équipements
 
 
Un programme de création de 4 500 places de crèches a été lancé à partir de 2001, alors que l’on en comptait à l’époque moins de 20 000 pour 70 000 enfants de moins de 3 ans. Pour favoriser la diversité des modes d’accueil, des relais assistantes maternelles ont aussi été créés. Le partenariat avec la CAF assure la faisabilité de ce programme grâce aux aides à l’investissement, aux prestations de service et au contrat enfance. Cependant, la très faible scolarisation des enfants de moins de 3 ans à Paris (dix fois moindre que la moyenne nationale) et l’augmentation des naissances au cours des dernières années expliquent que des parents se heurtent encore à des difficultés pour trouver un mode d’accueil qui leur convienne.
L’adoption, en 2002, d’un plan parisien pour la qualité des activités périscolaires a pu s’appuyer sur le contrat temps libre, signé avec la CAF pour permettre un développement important d’actions de qualité pendant les temps libres des enfants et des adolescents. Ces actions nouvelles se déroulent pendant la semaine : centres de loisirs sans hébergement, centres d’animation, ateliers bleus, ateliers découverte et multi-sports les samedis matin libérés, organisation d’activités pendant les interclasses du midi et du goûter, etc. Des loisirs familiaux ont aussi été développés : autour des ludothèques, grâce aux centres d’animation, aux terrains sportifs de proximité et aux centres sociaux pour les loisirs et les vacances en famille, notamment. Une réforme de la tarification des services a permis d’homogénéiser et d’adapter les tarifs payés par les familles à leurs ressources. S’appuyant sur le quotient familial, selon le même calcul que celui de la CAF en action sociale, huit tranches de quotient familial ont été définies et progressivement appliquées dans tous les services et équipements destinés aux enfants (en dehors des services d’accueil des jeunes enfants, régis par une tarification nationale, et des centres d’animation, dont la réforme est prévue pour septembre 2006).
 
Un développement des actions d’accompagnement des familles
 
 
De nombreuses actions sont menées pour accompagner les familles : accompagnement en matière de planification familiale et d’adoption ; accompagnement relatif à la scolarité ; promotion de la santé des enfants, avec la protection maternelle et infantile et les services de santé scolaire ; accompagnement face au handicap, à la perte d’autonomie ou au décès d’un des membres de la famille ; aides renforcées en cas de difficultés socio-économiques… Plus spécifiquement en matière d’accompagnement de la fonction parentale, un recensement de tout ce que font la ville de Paris et ses partenaires est en cours de réalisation. Plus de 350 actions ont été identifiées. Menées directement par les services de la ville et du département – notamment les services de protection maternelle et infantile –, par la CAF et par les associations avec lesquelles des conventions ont été passées à cet effet (dans le cadre ou non du REAAP [1]), ces actions sont diversifiées : lieux d’accueil enfants-parents, groupes de parole de parents, organisation d’activités partagées enfants-parents, rencontres entre parents et professionnels, accompagnement de la scolarité, médiation familiale, etc.
 
La prise en compte des besoins des familles dans l’aménagement du cadre urbain
 
 
Des aménagements pour les enfants et leurs parents ont été développés dans les parcs et jardins : accès aux pelouses, animations dans les espaces verts, création de jardins partagés. L’opération “Paris respire” permet aux Parisiens de se promener les dimanches et jours fériés sur des voies interdites aux voitures. L’accessibilité de l’espace a été renforcée pour les personnes handicapées, et les parents avec des poussettes en bénéficient directement. Enfin, des “points écoles” permettent de sécuriser les trajets scolaires des enfants.
 
Une meilleure information
 
 
Outre les nombreux guides et brochures d’information, ont été mis en Å“uvre le numéro de téléphone gratuit 39 75 ainsi que le développement du site Internet paris.fr avec la rédaction de pages spécifiques pour les familles. L’amélioration de l’information passera également par la création de “Relais informations familles”, situés de préférence au sein des mairies.
Au niveau d’une capitale et d’un département comme Paris, afficher et mener une politique familiale oblige à dépasser les cloisonnements administratifs pour adopter une logique d’usagers et être au plus près de leurs besoins.
 
NOTES
 
[1]Réseau d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents.
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