Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
146 pages

p. 133 à 138
doi: en cours

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Le social en recherche

n° 130 2006/2

2006 Informations sociales Le social en recherche

Le social en recherche

2002-2005, convergences législatives

Patrice GENDRE, Promouvoir une alternative au statut de travailleurs handicapés vieillissant en CAT, Mémoire pour l’obtention du Cafdes. Buc Ressources.1 bis, rue Louis Massotte, 78530 Buc. Décembre 2005. 83 p. + annexes. http://perso.wanadoo.fr/.bucress
Trois lectures sont également possibles de ce mémoire dont la précision dans la description des services et des établissements le dispute à la qualité de l’information juridique utilisée. La première est une réponse à l’interrogation d’un ouvrier forestier âgé qui confiait à son moniteur d’atelier dans un centre d’aide par le travail (CAT) sa crainte, l’âge et la fatigue survenant, de ne plus servir à rien. Entre le CAT et la mise à la retraite, Patrice GENDRE propose d’utiliser les services d’une Structure d’accueil et d’adaptation de jour (SAAJ), dont les contraintes et les apports sont mieux adaptés à des personnes handicapées qui ne peuvent plus assurer la charge de travail requise en CAT. Cette expérimentation est d’un grand intérêt car elle devrait concerner un nombre potentiellement de plus en plus important de personnes handicapées en établissement. La seconde lecture constitue un exemple de la mise en Å“uvre de la législation récente qui réforme en profondeur les lois de 1975 relatives aux personnes handicapées et aux institutions sociales et médico-sociales. Il s’agit là d’un usage de la loi du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale et la loi du 11 février 2005 “pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées”. Alors que de nombreux travaux portent sur l’impact de ces législations sur le fonctionnement des établissements et services, l’auteur met l’accent sur les opportunités de recomposition du secteur social et médico-social ouvertes par ces textes récents. La troisième lecture fait se croiser des histoires différentes. Celle des lieux d’accueil des personnes en difficulté dans le milieu agricole depuis la fin du siècle dernier mais aussi celle d’institutions situées dans l’Yonne qui ne surent pas protéger les jeunes femmes accueillies. 1326

Un lieu pour des personnes autistes

Catherine FRECH, L’extension d’un foyer d’accueil médicalisé vers une structure d’accueil spécifique pour adultes autistes, Mémoire pour l’obtention du CAFDES. ESTES-CFD. 3, rue Sédillot, BP 44, 67065 Strasbourg cedex. 2005. 87 p. + annexes. www.estes.fr
Les foyers d’accueil médicalisés (FAM) reçoivent une population de personnes adultes handicapées dont les atteintes peuvent aller de la dépendance physique importante au polyhandicap en passant par des formes de déficiences mentales sévères et des troubles autistiques. Cette mixité de l’accueil résulte de l’histoire, même récente, de ces établissements mais aussi de la volonté des organismes gestionnaires de ne pas s’engager dans la généralisation de lieux étroitement spécialisés. Le mémoire de Catherine Frech remet en question cette perspective en montrant d’abord la difficulté de répondre à des situations limites, lorsque des personnes lourdement handicapées finissent par se mettre en danger faute d’un accompagnement spécialisé et mobilisable de façon intensive en période de crise. Ce n’est pas la première fois que des équipes éducatives baissent les bras devant des troubles autistiques dont les porteurs mettent en échec l’ensemble d’un établissement. Confrontée à ce problème, Catherine Frech et l’association qui l’emploie se sont engagées dans la création d’un lieu d’accueil pour personnes autistes. L’enjeu est d’importance lorsque l’on sait le déficit actuel de ce type de structures. Si le mémoire fait une synthèse très précise des troubles autistiques, son intérêt réside surtout dans la description du montage du projet. Des premières esquisses discutées avec l’architecte à l’élaboration du dossier de financement jusqu’à la composition de l’équipe éducative et le choix des méthodes pédagogiques, l’auteure de ce mémoire propose un véritable itinéraire commenté de la mise en place d’un établissement pour personnes souffrant de troubles autistiques. 1327

EHPAD, le droit au bonheur

Sophie LOIZEAU, Promouvoir la qualité de vie des résidants en EPHAD, Mémoire pour l’obtention du CAFDES. ITS, 17, rue Groison, BP 77554 37075 Tours cedex 2. 2005. 85 p. + annexes. www.its-tours.org
Contrairement à une image encore largement répandue, les maisons de retraite ne sont pas des mouroirs où ne se retrouvent que des personnes en toute fin de vie. À l’inverse, elles ne sont pas non plus ces lieux de rassemblement de joyeux et pimpants vieillards toujours prêts pour une partie de scrabble ou serrer la main du maire en visite préélectorale. On y trouve surtout des personnes silencieuses, attendant l’heure du repas ou du goûter, ou d’autres encore, déambulants dans les couloirs et monologuant à l’infini. Si dans cette institution décrite par Sophie Loizeau, il n’est pas question de maltraitance des personnes accueillies, en revanche, les atteintes aux personnes sont multiples : atteintes à l’intégrité comme la brutalité des gestes lors des toilettes ou les défauts d’assistance en fin de vie, atteintes à la dignité comme le port systématique de couches pendant les nuits, ou encore atteintes à l’autonomie comme le rythme imposé de distribution des repas, ou la non-prise en compte des préférences vestimentaires. L’auteure qui connaît bien le système de santé montre que le concept de médicalisation des maisons de retraite, concept calqué sur l’hôpital, a produit une normalisation de la prise en charge autour des soins médicaux et d’hygiène au détriment de la visée d’une “bonne vie” pour les personnes âgées. Pour améliorer les services aux personnes Sophie Loizeau montre comment la rationalisation du travail – “les mêmes services et dispositifs pour tous” – a conduit à une absence de personnalisation. Cherchant à reconstruire dans la maison de retraite dont elle assure la direction une véritable qualité de vie qui témoigne de ce droit au bonheur même dans les toutes dernières années de la vie, Sophie Loizeau s’attaque non seulement à mettre en Å“uvre les outils de la loi 2002-2 comme le conseil de la vie sociale mais, des horaires de distribution des repas à l’organisation des jardins en passant par la formation du personnel, elle traque les détails de la vie quotidienne, sources d’atteinte à la dignité. 1328

Pouponnière, une nouvelle direction

Eveline ROUSSEAUX, Prendre en considération le bébé en pouponnière, Mémoire pour l’obtention du CAFDES. IRTS Paca et Corse. 20, boulevard des Salyens, BP 133, 13267 Marseille cedex 08. 2005, 83 p. + annexes. www.irts-pacacorse.com
Lieu d’accueil de bébés et de très jeunes enfants, la pouponnière est d’abord un lieu de souffrances. Souffrance des familles qui se sentent impuissantes, parfois humiliées, souffrance des personnels confrontés à un rythme de travail intensif, lorsqu’il faut, dans la nuit, préparer et donner plus de cent vingt biberons, mais aussi et, surtout, souffrances des bébés séparés de leur famille, changés d’environnement, passant de bras en bras. Certes, on se souvient de l’opération pouponnière initiée par Simone Veil, à la fin des années soixante-dix, opération qui avait permis d’intégrer dans la gestion de ces équipements et la formation des personnels les acquis des recherches en psychopédagogie infantile et les résultats de quelques expérimentations restées encore aujourd’hui célèbres. Plus de vingt-cinq années se sont écoulées depuis cette période, les décentralisations sont passées par là, les années de croissances faibles ont eu un impact ravageur sur les familles et le temps semble venu de refondre les dispositifs de gestion de l’aide sociale à l’enfance. Des débats surgissent de plus en plus fréquemment, des propositions de lois commencent à voir le jour, les colloques se multiplient. Bien involontairement, le mémoire d’Eveline Rousseaux est une contribution certaine à ces débats lorsque l’auteure montre que dans l’état actuel de la législation, rien ne peut se faire sans la gestion d’un partenariat complexe et territorialisé. On se prend à rêver à la mise en Å“uvre de mécanismes qui permettraient de réduire ces souffrances, pour peu que les directrices de ces établissements aient l’acuité du regard dont témoigne Eveline Rousseaux dans ce mémoire dont le thème est peu fréquemment abordé dans le CAFDES. 1329

Mineurs isolés étrangers

Eric DUPREZ, Création d’un dispositif singulier de prise en charge pour mineurs isolés étrangers dans un centre de l’enfance, Mémoire pour l’obtention du CAFDES. IRTS de Lorraine. 41, avenue de la Liberté, Le Ban-Saint-Martin, 57025 Metz cedex 2. 2005. 81 p. www.irts-lorraine.fr
Parce qu’ils fuient des guerres ou des zones de troubles pour échapper à des violences familiales ou à la misère, des adolescents arrivent chaque année sur le territoire français. Le phénomène, relativement nouveau, remonte à la fin des années quatre-vingt-dix et dans ce centre départemental de l’enfance situé dans l’Est de la France, près des trois-quarts des jeunes de 14 à 18 ans sont des mineurs étrangers isolés en provenance d’Afrique subsaharienne et des pays de l’Europe de l’Est. S’ils posent très peu de problèmes de comportements, ces adolescents nécessitent des formes de prise en charge éducative très éloignées de la pratique habituelle des équipes des centres de l’enfance. La longue durée des séjours et l’absence complète de famille rendent caduques des interventions éducatives fondées sur la restauration du lien familial. La barrière de la langue, source de malentendus et d’incompréhension, s’ajoute aux décalages culturels. Certains enfants, notamment les garçons, éprouvent de véritables difficultés à se situer dans l’ensemble des valeurs occidentales. Acquisition de savoir-faire nouveaux, échanges de pratiques avec d’autres équipes, diversification des formes d’accueil, l’auteur de ce mémoire montre les adaptations progressives du centre départemental face à l’arrivée de ces nouveaux publics. Le rapport décrit aussi un projet de structure spécialisée dans l’accueil de ces mineurs étrangers isolés. 1330

Une démence mieux intégrée

Marielle CABANIOLS, Sans unité spécifique, conduire un projet d’accompagnement pour personnes démentes en EHPAD. Mémoire pour l’obtention du CAFDES, CRFPFD. 50, boulevard Deltour, 31500 Toulouse. 2005. 78 p. + annexes. crfpfd@wanadoo.fr
Si la dépendance physique des personnes très âgées en maison de retraite ne pose pas des problèmes insurmontables aux personnels et à l’encadrement, la présence de plus en plus fréquente de résidants atteints de démence, dont la maladie d’Alzheimer en est l’une des formes les mieux identifiées, constitue une contrainte très forte pour le fonctionnement de ces établissements. Les mesures de dépendance du type de la grille AGGIR ne rendent que très imparfaitement compte de la somme des efforts qu’il faut déployer lorsqu’à la dépendance physique se superposent les comportements de déambulations permanentes, les cris et les prostrations, la douleur des familles confrontées à l’absence de tout espoir. La tentation est grande de spécialiser des lieux de soins ou, tout au moins, de gardiennage. Marielle Cabaniols propose un autre modèle de maison de retraite visant à intégrer une partie des personnes souffrant de démences dans les institutions. Cette démarche passe par la mise en place, dès la procédure d’admission, d’un véritable projet de vie individualisé, par la création d’un programme thérapeutique et non par un projet de soins, par la mise en Å“uvre d’un projet architectural adapté à l’accompagnement des personnes démentes et, surtout, par la formation et l’accompagnement du personnel. 1331

Sortir du Cada, un vrai challenge

Pascale ROBIN, Développer des passerelles de soutien à l’intégration pour faciliter la sortie des réfugiés d’un CADA, Mémoire pour l’obtention du CAFDES. IRTS Paris Ile-de-France. 145, avenue Parmentier, 75010 Paris. 2005. 84 p. + annexes. www.irtsparis.asso.fr
Les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) assurent l’hébergement et l’accompagnement social administratif et médical des demandeurs d’asile pendant toute la durée de l’examen de leur dossier par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et par la Commission de recours des réfugiés. En 2004, on comptait 15 300 places de CADA sur l’ensemble du territoire français, hébergeant à peine le quart des demandeurs d’asile. Dès la notification de la décision d’admission ou de rejet de la demande, les personnes hébergées doivent quitter le centre dans un délai de quatre semaines. La question de la sortie constitue la problématique clef du fonctionnement des CADA. Le fait que la demande d’asile soit acceptée, ce qui est le cas de près des trois-quarts des dossiers déposés par des personnes en CADA, ne règle pas l’accès au travail et au logement et, pour les autres, le refus ouvre la porte à l’expulsion ou à la clandestinité. En mettant l’accent sur l’insertion et l’intégration des demandeurs d’asile comme des autres étrangers, la loi de 2003 a modifié les conditions de travail des professionnels des CADA, il n’est pas certain qu’elle leur ait donné les moyens d’accomplir ces nouvelles fonctions même si Pascale Robin s’emploie à élargir les marges de manÅ“uvre encore disponibles. 1332

L’hôpital et après ?

Gérard GUILLERM, Inscrire en réseau l’action d’un établissement de moyen séjour pour la personne handicapée, Mémoire pour l’obtention du Cafdes. Buc Ressources.1 bis, rue Louis-Massotte, 78530 Buc. 2005. 78 p + annexes. http://perso.wanadoo.fr/.bucress
Les établissements de soins de suite et de réadaptation fonctionnelle accueillent des adultes en situation de handicap moteur. Il s’agit de limiter les incidences du handicap physique, d’assurer des soins et de préparer la personne à retourner dans une vie en dehors de l’établissement. Tant dans leur logique de fonctionnement, dans leurs pratiques quotidiennes que dans leur culture, ces établissements se rapprochent de l’univers hospitalier. Or, de plus en plus, tant les personnes accueillies que les politiques médico-sociales mettent l’accent sur l’importance du retour au domicile. Comment réduire cet écart ou, autrement dit, comment se sortir d’un modèle médical hospitalo-centré, devenu hégémonique ? Gérard Guillerm propose deux directions. La première consiste à se dégager d’une démarche orientée “tout soin” pour adopter une posture de santé publique rappelant que celle-ci englobe à la fois les réponses sanitaires et les interventions sociales de prévention et d’insertion. La seconde cherche à nouer des relations plus étroites avec les patients dans le cadre des multiples opportunités ouvertes par les législations adoptées depuis le début des années 2000. Enfin, l’auteur montre, mais ce n’est pas une nouveauté, l’importance de construire des stratégies collectives sur un même territoire. 1333

Personnels, résidants, un même foyer

Max BUCHNER, Inscrire la qualité de vie comme dynamique de mouvement dès la création d’un foyer de vie, Mémoire pour l’obtention du CAFDES. ARAFDES. 14, rue Gorge de Loup, 69009 Lyon. 2005. 82 p. + annexes. www.arafdes.fr
Il est des titres de mémoire de CAFDES qui sonnent comme des véritables slogans, ou des professions de foi ou encore des objectifs pour un projet d’établissement. Pour choisir la bonne réponse, il faut lire le mémoire, mieux, il faudrait aller voir sur le terrain. Comme la visite n’est pas toujours possible, accordons notre confiance à l’auteur. Les agréments des foyers qui accueillent des personnes handicapées stipulent que cet accueil est réservé à des résidants qui peuvent travailler, le plus souvent en CAT. Que se passe-t-il lorsque l’âge rend plus difficile, voire impossible, le travail, lorsque les exigences des établissements et services d’aide par le travail deviennent trop élevées ? Il faut rester dans l’illégalité ou inventer de nouvelles formes de prise en charge. C’est ce que propose Max Buchner en créant un foyer de vie, c’est-à-dire un lieu où des personnes handicapées puissent vivre dans la durée sans référence à une quelconque occupation. L’intérêt du mémoire ne réside pas tant dans l’aspect innovant du dispositif créé, nous ne sommes pas loin après tout des foyers occupationnels, mais plutôt dans l’idée plus originale que la qualité de l’établissement résiderait dans le bien être simultané des résidants et du personnel. 1334
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