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Informations sociales

2006/2 (n° 130)

  • Pages : 146
  • Éditeur : CNAF


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“C’est en faisant nos comptes”… expliquent les nouveaux propriétaires pour justifier leur choix. Les “couronnes” qui entourent les agglomérations traduisent le profil socio-économique des arrivants. Mais la logique de proximité avec la ville (ville commerce, ville travail, ville administrative) est vécue comme essentielle et la voiture établit le lien entre tous les pôles.

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Une maison… pas loin de la mer. Le bonheur d’avoir sa maison au milieu du jardin. Cet idéal a été régulièrement exprimé au cours des rencontres que j’ai pu avoir avec de nouveaux acquéreurs de maisons individuelles en Charente-Maritime. Ces nouveaux propriétaires sont, pour beaucoup, de jeunes couples avec un ou deux enfants, venus dans la région pour des raisons professionnelles, et un peu pour se rapprocher de la mer. Ce sont aussi des retraités que quelques motivations, familiales ou vacancières, ont incité à s’installer localement : “Je venais en vacances” ; “Ma famille est/était d’ici.” Si l’enthousiasme de l’acquisition récente est manifeste, les contraintes qui lui sont liées tardent souvent à s’exprimer, au moins au début. En réalité, l’analyse des discours montre que le rêve peut avoir un prix, au sens propre comme au figuré. En effet, en raison des demandes conjuguées des résidants locaux et des vacanciers, le processus d’extension des territoires habités s’est accéléré depuis une quinzaine d’années [1]  71 % de résidences principales, 22 % de résidences... [1] et les prix du foncier flambent, contraignant nombre d’acquéreurs, du fait de leurs revenus, à faire construire en deuxième ou troisième couronne des agglomérations. Dès lors, afin d’accéder à une meilleure compréhension des modes d’habiter aujourd’hui en Charente-Maritime, et en préalable à toute action urbanistique, le CAUE 17 [2]  Le Conseil en architecture, urbanisme et environnement... [2] a souhaité mener une étude à caractère ethnologique auprès de personnes récemment installées en résidence principale (propriétaires ou locataires, sociaux ou non). En outre, afin de bien saisir, par comparaison, la réalité des modes de vie individuels, communaux et extra-communaux, une partie de ce travail a été consacrée à rencontrer des anciens [3]  Ancien : dénomination commune employée principalement... [3] . Il ne nous a pas paru approprié en revanche de contacter les vacanciers, dans la mesure où leurs modes d’habiter peuvent ne pas s’inscrire dans les mêmes logiques quotidiennes que les résidants annuels.

En famille…

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La maison individuelle fait l’objet d’un véritable investissement symbolique traducteur du couple et de sa pérennité. Avec cette résidence principale, dont la propriété peut être partagée par la femme et l’homme, on affirme la famille et on légitime la filiation car on achète généralement pour abriter les enfants, présents ou à venir. Cette histoire est surtout celle des adultes, les plus jeunes y participent peu. Les constructeurs de maison individuelle le confirment. La maison s’impose aussi comme la traduction d’un double investissement, monétaire et temporel, sur le (très) long terme avec les emprunts – “Rembourser des emprunts, c’est mieux que payer un loyer” – et sur le court et moyen terme avec, après la construction, le budget et le temps consacrés à l’aménagement intérieur : périodes de congés, fins de semaine et nombre de soirées – “Le jardin, c’est pour plus tard.

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En perpétuelle auto-formation, les habitants se font entrepreneurs. Les grandes surfaces spécialisées (bricolage, cuisiniste, jardinerie…), situées autour des villes-centres, sont leurs fournisseurs presque exclusifs. Lors des premiers mois qui suivent l’acquisition, elles seront visitées pratiquement à chaque fin de semaine, le plus souvent en couple, sinon en famille. En se lançant résolument dans l’activité “bricolage” destinée à donner forme à leur intérieur, les nouveaux propriétaires révèlent une part du jeu familial et social dans lequel ils s’inscrivent. Si l’homme s’investit dans le gros œuvre, la femme se consacre plus particulièrement à la décoration. Cette répartition féminin/masculin, décoration/ gros œuvre a convaincu aussi certains constructeurs d’éditer pour leurs clients des livrets qui suggèrent les tâches respectives à réaliser lors des travaux. La structure familiale est encore sollicitée par l’entraide apportée lors des travaux. S’il est plutôt effectif lorsque les proches habitent à proximité, ce principe de l’entraide ne concernera que modérément les “estivants [4]  Estivant : terme péjoratif couramment employé par les... [4] ”, pour lesquels il prend un aspect ponctuel et vacancier – “Mon père est venu m’aider pendant ses congés.” Dans tous les cas, la solidarité fondée sur des relations amicales demeure relativement rare.

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En confectionnant leur habitat, nombre de récents acquéreurs prétendent s’inscrire dans une logique de maison placement. Le marché étant florissant dans cette région littorale, la revente leur permettrait d’en acquérir une plus grande… mais qui les amènerait à s’établir dans une commune plus éloignée de leurs centres d’intérêt en raison du prix des terrains.

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Être propriétaire d’une maison individuelle est également vécu comme un élément du processus de valorisation sociale. Cela se traduit d’ailleurs dans le vocabulaire. Localement, ni les professionnels ni les particuliers ne prononcent plus jamais le mot “pavillon”. Ce terme est entaché d’une image négative qu’on tend à associer à la banlieue problématique et à une position sociale laborieuse, caractéristique du monde ouvrier, à laquelle on ne souhaite pas être associé.

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Ne jamais employer le terme de pavillon. C’est un terme des années soixante-dix. Nous, on est constructeurs de maisons individuelles”, dit ainsi un constructeur. Dans le système de représentation de beaucoup, la “maison individuelle” devient une traduction socio-économique “positive”. Il convient d’ailleurs d’observer que la possession amorce, dans les nouvelles zones résidentielles communales, une division sociale entre les propriétaires et les locataires, surtout ceux qui relèvent du locatif social. Une forme de hiérarchisation s’opère dont l’architecture serait le révélateur, même lorsque ces bâtis, souvent construits à des dates identiques, appartiennent à un même lotissement. Les maisons en bande du locatif social (désignées comme “la cité” par nombre de propriétaires aux revenus parfois proches, sinon inférieurs, aux locataires) sont présentées comme un succédané de la maison véritable.

Habiter dans une commune à la campagne… un non-choix

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J’habite à dix minutes, un quart d’heure ou une demi-heure… de La Rochelle, de Rochefort… de mon travail…” Les distances parcourues au quotidien se calculent en temps. Si les familles résidant en logement social n’ont souvent pas eu de réelle option résidentielle dans la mesure où la proposition leur a été faite par l’organisme HLM – “Sinon qu’on ne voulait pas habiter loin de là où on était avant” –, les acheteurs, jeunes actifs (“primo accédants” [5]  Expression économique employée couramment par les professionnels... [5] ) ou retraités, justifient d’abord leur choix pour une commune par des raisons d’ordre économique. Il s’agit en général d’un choix par défaut : on va là où les terrains, ou encore les maisons déjà construites, peuvent correspondre à son budget. Loin du désir d’habiter à la campagne ou dans un village particulier, “c’est tout simplement en faisant nos comptes”.

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Pour ces futurs acquéreurs, le rêve consiste à disposer d’un “chez soi”, d’un “à soi”, et il prend souvent forme ou s’évanouit lors de la visite des maisons témoins des constructeurs (généralement regroupées, selon une logique économique favorable, sur les grandes voies reliant les entrées de ville aux plus importantes zones d’activité commerciale de ces agglomérations). Après un premier entretien consacré à expliciter la demande, la question clef du vendeur concerne le terrain. Dans cette région littorale, la pénurie tend à s’amplifier et rares sont les clients qui en possèdent un. Dès lors, le bâtisseur (constructeur, maçon…), en lien avec des lotisseurs, des propriétaires de terres…, va y pourvoir et orienter le résidentiel. Peu ou prou, c’est lui qui va choisir la commune, le secteur d’habitation, la surface du terrain et le modèle de maison. Aujourd’hui, l’implantation géographique des villages relativement à la ville-centre conditionne le profil socio-économique des nouveaux villageois, sinon l’image même et la future réputation de la commune.

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Notre constructeur nous a trouvé un terrain à Saint-H… [en voiture, à quinze ou vingt minutes hors embouteillage de l’agglomération où ils travaillent]. On nous a dit qu’on avait eu de la chance parce que avec l’argent qu’on avait… On [banquiers, autres constructeurs…] nous avait dit qu’on pourrait, mais plus loin.” Face au désir d’habiter une maison, la contrainte du résidentiel relègue l’argument des atouts ou des défauts de la commune au second plan. La logique de proximité de la première périphérie d’agglomération est vécue comme primordiale. Selon l’interlocuteur, elle peut être estimée à cinq kilomètres ou à trente minutes [6]  Au-delà de trente minutes sans embouteillage, le loin... [6] . Ainsi, le nouveau résident, afin d’amoindrir les contraintes de la réalité, semble relativiser ses représentations spatiales. “Moi, ça va, je travaille dans la commune d’à côté [à dix kilomètres], avant j’allais au-delà de Rochefort et c’était loin [à quarante minutes]. Et mon mari, ça va encore, il est à trente minutes de son travail”, explique une enseignante de primaire.

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Par rapport à cette question des avantages ou des inconvénients qu’on rencontre à résider dans une commune donnée, le sujet des relations sociales (amicales, de voisinage…), et celui des problématiques scolaires, commerciales, de transport… font généralement l’objet d’une appréciation a posteriori. Les conditions environnementales, la campagne ou même la mer, demeurent aussi relativement subalternes. L’important, c’est la maison et la ville, mais quelle ville ?

Du “chez-soi” à la ville

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Zone pavillonnaire, lotissement, première, deuxième ou troisième couronne des agglomérations, voilà quelques termes qui désignent cette ville qui émerge [7]  Terme inspiré par le titre du programme “Ville émergente”,... [7] dans ce que l’on dénomme aujourd’hui encore la campagne. La Charente-Maritime n’échappe pas à un tel phénomène. Henri Lefebvre (1970, p. 159) avait annoncé la fin de la contradiction ville/campagne et la victoire d’une nouvelle réalité, l’“urbain”, qui nie et dépasse la “ville” et la “campagne”. Et tandis que le paysage perd de sa ruralité ou de son caractère maritime du fait d’une transposition des formes urbaines imposées par les règlements de lotissement et les codes d’urbanisation (POS, PLU…), les pratiques quotidiennes de ces “villageois” renforcent elles aussi le processus d’urbanisation. Les “nouveaux habitants” [8]  Certains habitants rencontrés résidaient depuis trente-cinq... [8] ne sont pas des “rurbains”, selon un qualificatif récent. Ils ne se reconnaissent pas dans le monde ruralo-maritime qui les entoure. Leur pratique de la nature est résiduelle. Centrée sur le chez-soi, elle se vit principalement dans le jardin, même si, à l’égal de ceux qui habitent en ville, “quand il fait beau, des fois, on va faire une balade en vélo, ou en été, on va à Oléron [à 40 kilomètres] pour se baigner”.

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Leur identité non plus que leur mémoire [9]  “La mémoire collective se distingue de l’histoire au... [9] communales ne sont affirmées, encore moins ancrées. Ils font preuve d’une certaine méconnaissance des usages sociaux locaux. Ils ne côtoient pas les anciens. Bien que s’accentuant après quelques années de vécu communal, leur participation sociale, politique ou associative demeure ténue. Ils disent être “de nulle part ou d’ailleurs”. Pour eux, c’est moins un village qu’on habite qu’“une ville-dortoir”, ainsi que cela a été exprimé à plusieurs reprises. La convivialité des lotissements semble relativement mythique.

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Pour les adultes, l’essentiel du vécu, ritualisé, se joue à l’extérieur du village, au travail, avec les courses et les loisirs… et beaucoup dans la première couronne de l’agglomération urbaine. En semaine, il y a le travail, l’école… La famille se disperse : chacun sa localité et son vécu. Les déplacements des adultes sont individuels : “chacun sa voiture”. Les transports en commun ne sont pas pensés comme susceptibles de faire partie de leur quotidien (sauf pour les scolaires), dans la mesure où les autocars [10]  Autocar ou bus : l’emploi de ce vocabulaire varie selon... [10] , conçus selon une logique de centre-ville, n’assurent que peu de déplacements transversaux. “Pour aller à la commune d’à côté pour travailler, il faudrait que je repasse par le centre de La Rochelle pour reprendre un autre bus. Et puis j’ai ma voiture… [Le bus], je ne sais même pas comment ça fonctionne, et où est l’arrêt…”, explique un habitant d’une commune située à cinq kilomètres de La Rochelle.

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Principalement pour les non-Charentais, les relations amicales se construisent dans le champ professionnel et elles sont favorisées par les activités (sportives, culturelles…) des comités d’entreprise. “On ne connaissait personne dans la région, c’est là [dans le cadre de l’entreprise] qu’on s’est fait des amis.

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À l’instar des fins de semaine, les soirées sont plutôt familiales, et en dehors des activités de maison et l’accompagnement des enfants vers leurs activités, une part du temps libre se concentre dans les zones commerciales. C’est en famille que “le samedi, on va à Beaulieu [11]  Zone commerciale de l’agglomération rochelaise. [11] , on y déjeune et après on fait les courses, ou l’inverse”, dit ainsi une personne habitant à une demi-heure de La Rochelle. La “rue” de la grande surface, espace “public”-privé, donne le sentiment de vivre la Cité [12]  Cité : espace public ouvert à tous, à l’usage de tous,... [12] et une certaine urbanité : “On y croise toujours des gens que l’on connaît.

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Pour nombre de périurbains, le cœur de la ville ancienne n’opère plus à lui seul la fonction de centre. Il tend à devenir une sorte de lieu de loisir, de “Disneyland patrimonial” où l’on se rend en famille de façon exceptionnelle, “pour manger des glaces sur le port [de La Rochelle]”…

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…“Mais on ne peut pas se garer. Alors je n’y vais presque jamais.” Cet argument automobile, énoncé à plusieurs reprises, justifie-t-il pleinement cette distanciation ? On observe en effet que “la ville” se spécialise et disperse les pratiques dans différents centres. Institutions et administrations s’inscrivent dans la logique périurbaine dès l’instant qu’elles déplacent leurs bureaux, et elles n’invitent plus à vivre les centres-villes. La mobilité devient alors la clef. Toutefois, si pour l’observateur extérieur ce territoire peut paraître composé d’espaces disséminés et hétérogènes, les périurbains expriment peu ce sentiment car ils vivent la voiture, cordon ombilical indispensable à cette urbanité, comme le prolongement du chez-soi qui évite la rupture.

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Dans ce jeu territorial plutôt centré sur le cocon familial et la ville, les enfants sont les seuls de la famille à ne pas se distancier par rapport à la commune, surtout lorsque les relations remontent au primaire. Le temps scolaire favorise les liens intra-communaux sans distinction résidentielle (vieux village, lotissement, “cité”…), avec pour effet secondaire une amorce de contacts parentaux (à la sortie de l’école, jusqu’au CM2). L’identité villageoise des enfants est affirmée – “J’habite Échillais” – et nourrie par leur parfaite connaissance de la géographie locale, à l’inverse de leurs parents qui s’y promènent peu à pied ou à vélo. Une mémoire commune commence à émerger, même si elle ne se nourrit guère de celle des anciens. Toutefois, en raison de la constante mobilité quotidienne parentale, renforcée bien souvent par le projet d’un éventuel déménagement, le lien communal reste ténu. L’adolescence révèle les limites de cette “résidentialisation” [13]  Terme employé par les urbanistes. [13] périurbaine qui tend à restreindre l’autonomie et la mobilité individuelle. Avant leur majorité et sans deux-roues motorisés, leur relation au monde extérieur (ville, espaces de loisir ou espaces amicaux…) demeure médiatisée par les adultes qui se transforment en parents-taxi, ou plutôt même en “mère-taxi”. Dans ces secteurs périurbains, l’organisation des transports publics répond faiblement à la demande des jeunes, pas plus d’ailleurs qu’à celle des personnes (âgées, handicapées…) ne disposant pas d’un véhicule.

La ville mobile

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Ce titre pourrait résumer la réflexion précédemment engagée sur les modes de vie des familles résidant en zones périurbaines de Charente-Maritime. Par le biais d’une urbanisation qui se développe le long des principaux axes routiers [14]  Selon certains constructeurs de maison individuelle,... [14] , la ville se déplace vers des territoires qui ne lui étaient initialement pas destinés : les villages de campagne ou du littoral. Toutefois, elle ne véhicule pas avec elle les nécessités premières (travail, commerce…). Dès lors, elle contraint les habitants résidant “en périurbain” (et non “en ville” ou “à la campagne”) à vivre plusieurs villes : la ville-dortoir, la ville commerce, la ville travail, la ville administrative… et elle incite à l’emploi de la voiture pour relier ces univers.

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Si la maison est désirée, ni la commune ni la mobilité ne sont choisies. Les habitants s’acclimatent à cette vie, mais ce n’est pas la ville qui s’adapte à eux. Cette dispersion géographique a des conséquences sociales parfois paradoxales. Les communes voient leur population augmenter, et pourtant elles perdent vie. Ces habitants n’ont pas d’histoire ni de projets communs. Les familles, nouvelles résidentes, tendent à se replier sur elles-mêmes au sein de leur maison, puis à déplacer leur univers d’urbanité à l’extérieur. Le couple, socle de ce jeu architectural et social, peut s’ancrer, mais, au regard des mouvements sociétaux actuels, il arrive que sa dissolution relationnelle ou économique (avec le départ d’enfants, le divorce, la perte d’emploi…) fragilise l’édifice sur lequel il s’est constitué : la maison. Les résonances économiques risquent alors de devenir dramatiques. Néanmoins, dans cette région littorale, le phénomène pavillonnaire est relativement récent, les fragilités commencent à peine à poindre et l’on peut espérer que les politiques publiques, en favorisant ce développement résidentiel, en ont pleinement mesuré les incidences environnementales, urbaines et sociales. ■


Bibliographie

  • M. Halbwachs, La mémoire collective, Paris, PUF, 1950.
  • P. Legué, Comment vit-on dans les nouveaux quartiers ? La Rochelle, CAUE 17, 2004.
  • H. Lefebvre, Du rural à l’urbain, Paris, Anthropos, 1970.
  • H. Raymond, N. Haumont, N. G. Raymond, L’habitat pavillonnaire, Paris, L’Harmattan, 1966 (rééd. 2001).
  • Fr. Rosso (dir.), La ville émergente et le pouvoir constituant. L’exemple du bassin sidérurgique lorrain, PUCA, programme “Ville émergente”, ministère de l’Équipement, des Transports et du Logement, 1998.

NOTES

[1]

71 % de résidences principales, 22 % de résidences secondaires, avec un accroissement de 21 % entre 1990 et 1999. Dans les zones littorales, 50 % de résidences secondaires (80 % dans le canton de l’Île-de-Ré). Source : INSEE, Charente-Maritime.

[2]

Le Conseil en architecture, urbanisme et environnement de Charente-Maritime (CAUE 17), au regard de cette évolution et faisant le constat d’un manque d’analyse préalable aux projets urbanistiques, a engagé une réflexion en y associant les professionnels, les collectivités et les administrations. Le travail fut mené en secteur périurbain des agglomérations charentaises, de la première à la troisième couronne, et dans quelques villages de la proximité littorale, ces communes pouvant refléter les diverses évolutions urbanistiques actuelles dans ce département.

[3]

Ancien : dénomination commune employée principalement par les nouveaux venus pour désigner les habitants d’origine.

[4]

Estivant : terme péjoratif couramment employé par les Charentais pour désigner ceux qui viennent d’ailleurs.

[5]

Expression économique employée couramment par les professionnels de maison individuelle et des nouveaux acquéreurs.

[6]

Au-delà de trente minutes sans embouteillage, le loin commence à s’exprimer. Les petites distances peuvent être données en kilomètres. Cette distance exprime généralement l’éloignement entre les lieux de résidence et de travail.

[7]

Terme inspiré par le titre du programme “Ville émergente”, PUCA, 1998.

[8]

Certains habitants rencontrés résidaient depuis trente-cinq ans dans la commune.

[9]

La mémoire collective se distingue de l’histoire au moins sous deux rapports. C’est un courant de pensée continu, d’une continuité qui n’a rien d’artificiel, puisqu’elle ne retient du passé que ce qui est encore vivant ou capable de vivre dans la conscience du groupe qui l’entretient. Par définition, elle ne dépasse pas les limites de ce groupe” (Halbwachs, 1950, p. 70).

[10]

Autocar ou bus : l’emploi de ce vocabulaire varie selon l’interlocuteur (passager, …). Pour un conducteur “de bus”, le nom serait donné en fonction de la distance parcourue. L’usage semble plus complexe.

[11]

Zone commerciale de l’agglomération rochelaise.

[12]

Cité : espace public ouvert à tous, à l’usage de tous, libre d’accès, partagé par toutes les catégories sociales, tous les âges.

[13]

Terme employé par les urbanistes.

[14]

Selon certains constructeurs de maison individuelle, la voie express en construction vers Nantes et la Vendée depuis La Rochelle représente pour eux un potentiel de développement.

Résumé

Français

Depuis dix à quinze ans, en Charente-Maritime, la ville s’étend, elle gagne les communes littorales et rurales, ce que certains dénomment le périurbain. La maison individuelle, qui répond à une demande croissante, participe fortement à ce développement urbanistique. L’auteur analyse la quotidienneté des familles qui y ont récemment élu domicile et met ainsi au jour leurs façons d’habiter la ville éclatée.

Plan de l'article

  1. En famille…
  2. Habiter dans une commune à la campagne… un non-choix
  3. Du “chez-soi” à la ville
  4. La ville mobile

Pour citer cet article

Legué Pascale, « La maison individuelle, un idéal de vie ? », Informations sociales 2/ 2006 (n° 130), p. 28-36
URL : www.cairn.info/revue-informations-sociales-2006-2-page-28.htm.


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