Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
146 pages

p. 95 à 96
doi: en cours

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Partie 2 : Mobilité et sociabilité – ••• en contre point

n° 130 2006/2

2006 Informations sociales Partie 2 : Mobilité et sociabilité – ••• en contre point

Le soutien scolaire, une activité citoyenne

Paule Paillet
Le soutien scolaire est l’un des éléments qui contribuent à la cohésion sociale et crée dans une commune des réseaux de communication. Il relève toujours du bénévolat. Les protagonistes sont tantôt les centres sociaux et culturels, tantôt les associations, tantôt les foyers d’hébergement (où les gens sont logés dans l’attente d’une régularisation de leur statut), parfois les familles elles-mêmes. Dans le cadre institutionnel comme dans celui du centre social, le centre fournit les locaux, et les familles paient une cotisation annuelle qui leur donne accès aux différents services offerts. Elles peuvent donc inscrire leurs enfants, et l’assistance des enfants aux cours est contrôlée par le centre. Dans les autres cas de figure, c’est plus souple, mais les intervenants s’efforcent d’obtenir une certaine régularité.
Ces intervenants, quels sont-ils ? Beaucoup de retraités, souvent de l’enseignement. Des étudiants, plus proches des élèves par leur âge, mais rarement disponibles toute l’année à cause de leurs examens. Parfois des chômeurs qui, évidemment, arrêtent lorsqu’ils trouvent du travail. Les bénévoles sont libres d’adopter la pédagogie de leur choix. Encore leur faut-il s’adapter à un travail, non pas avec de grands groupes, mais avec deux ou trois élèves, parfois un seul. Ces derniers comptent davantage de primo-arrivants dans le cycle élémentaire, parce que la non-connaissance du français est la première étape à franchir. Mais pour tous, il y a la nécessité de s’adapter à une culture et à des mÅ“urs différentes, et parfois en discordance avec celles de leur famille. Processus pour lequel la réussite scolaire joue un rôle primordial. Les parents en sont très conscients. Leurs rapports avec les intervenants sont en général très bons. Ces derniers s’efforcent de ne pas les situer dans le domaine de l’assistanat. Ils insistent sur leur droit à l’éducation, établissent des relations d’estime réciproques. Ils les rassurent en donnant du prix à leurs enfants, sur leur propre situation souvent bien angoissante.
Les acteurs du soutien scolaire s’efforcent d’harmoniser leur rôle avec celui des enseignants, d’assister quand c’est possible aux conseils de classe. Les maîtres en général acceptent bien leurs interventions. Certaines crispations apparaissent parfois, et notamment la crainte que le bénévolat n’empêche la création de postes. Mais le soutien scolaire n’empiète pas sur leurs horaires. Il représente une aide et une continuité dans le cas des ZEP fragilisées par l’inexpérience des débutants et la rotation des affectations. De nombreuses officines privées font payer cher leurs services aux (relativement) aisés qui pourraient se les offrir. En ce sens, on peut affirmer que le soutien scolaire représente une chance de départ pour les jeunes qu’il touche, et qu’il contribuera donc à réparer un tissu social menacé de déchirures par de flagrantes inégalités.
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