Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
156 pages

p. 33 à 34
doi: en cours

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Partie 1 : Les enjeux de la filiation – en contre point

n° 131 2006/3

2006 Informations sociales Partie 1 : Les enjeux de la filiation – en contre point

Le soutien des pères divorcés à leurs grands enfants

Caroline Helfter
Avec la multiplication des séparations et des divorces, de nombreux enfants voient leurs parents recomposer un nouveau couple. Quel soutien, une fois devenus grands, trouvent-ils auprès de leur père ? Pour le savoir, Sylvie Cadolle, chercheur à l’IUFM de Créteil, a réalisé pour la CNAF, en 2000-2001, une enquête qualitative auprès de dix-sept jeunes adultes, étudiants ou aide-éducateurs en formation [1].
Même s’ils ont arrêté de verser une pension pour leur entretien dès qu’ils ont eu 18 ou 20 ans, les pères sont décrits par leurs grands enfants comme plutôt généreux ”dans bien des cas” : ils leur offrent souvent des cadeaux, peuvent leur payer un voyage, un ordinateur, des cours de conduite automobile ou leur donner un coup de main ponctuel en cas de pépin (réparation d’une voiture, par exemple). Généralement, précise Sylvie Cadolle, les pères qui n’ont pas perdu tout à fait contact avec leurs enfants les aident, dans la mesure de leurs possibilités, aux différents seuils qui marquent leur entrée dans la vie adulte : l’installation dans un logement autonome, la mise en couple, la naissance d’un enfant. Certains pères peuvent ainsi avancer à leur enfant les deux mois de loyer requis à la signature d’un bail de location, d’autres font des placards, posent des tringles à rideaux, donnent des meubles ou de l’électroménager.
Dans les couples recomposés, cependant, nombre de belles-mères contestent la légitimité du soutien financier accordé par le père à ses enfants. L’une refuse qu’il se porte caution pour l’appartement de sa fille, une autre suggère de baisser la pension versée au bel-enfant qui fait des études, une troisième décide carrément de la supprimer. ”La belle-mère, ce qui l’intéresse, c’est de «réduire les coûts»”, notent plusieurs des jeunes interrogés. Certaines des intéressées, rencontrées par Sylvie Cadolle confirment qu’elles estiment injuste de payer des études prolongées à des jeunes considérés comme peu motivés et dépensiers. Il n’empêche : plusieurs de ces belles-mères sont elles-mêmes mères de grands enfants qu’elles trouvent tout naturel d’aider généreusement avec l’argent du ménage – ce à quoi leur conjoint ne trouve, lui, rien à redire.
De leur côté, soucieux d’éviter les disputes avec leur femme, les pères agissent souvent à son insu quand ils veulent pouvoir continuer à aider leurs enfants. L’un d’entre eux, cadre dirigeant, va jusqu’à se faire imprimer de faux bulletins de salaire pour tromper la vigilance de sa seconde épouse et “détourner” une partie de ses revenus vers son ancien foyer où vivent ses trois enfants…
”Malgré l’évolution des rôles de genre et le fait que les femmes aient acquis leur indépendance économique, celles qui vivent avec un homme se croient encore des droits sur ses revenus”, commente Sylvie Cadolle. Comme, a contrario, les hommes font volontiers bénéficier de leurs ressources la femme avec qui ils vivent, cela explique que les enfants des foyers recomposés sont davantage aidés par leur beau-père que par leur père.
 
NOTES
 
[1]Cf. “C’est quand même mon père !”, Terrain, revue de la Maison des sciences de l’homme, n° 45, septembre 2005, 184 p., 16 euros.
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Cf. “C’est quand même mon père !”, Terrain, revue de la Mai...
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