Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
156 pages

p. 37 à 37
doi: en cours

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Partie 1 : Les enjeux de la filiation – La pensée de...

n° 131 2006/3

2006 Informations sociales Partie 1 : Les enjeux de la filiation – La pensée de...

Sigmund Freud (1856 - 1939)

Julien Damon
Laudateur des vertus de la cocaïne, fils d’un négociant en textile libre penseur, Sigmund Freud est d’abord un médecin viennois spécialisé dans le système nerveux et l’anatomie du cerveau, père de six enfants et de la psychanalyse.
Observant que nous ne sommes pas seulement guidés par la raison, mais aussi par des pulsions souvent déguisées, Freud s’est mis en quête rigoureuse et expérimentale de nouvelles voies thérapeutiques dans le traitement de l’hystérie et, plus largement, du mal-être dans la vie quotidienne.
Il propose une théorie du fonctionnement de notre appareil psychique. Avec ses émules, ses amis, ses continuateurs, mais aussi ses critiques et ses détracteurs, il est au fondement d’une tradition et d’une discipline. Introduisant le sexe dans l’analyse et dans la pensée, et, surtout, dans l’analyse de la pensée, Freud a fondé la psychologie des profondeurs, ou psychanalyse, c’est-à-dire tout un domaine, avec désormais ses différentes écoles, souvent rivales, de pratiques thérapeutiques et d’études théoriques.
S’intéressant au poids de la morale et de la religion, tout comme à l’importance essentielle des liens et des relations entre parents et enfants dans la constitution des identités et dans les errances du quotidien, il repère d’abord le “ça”, base et arène de l’inconscient et du principe de plaisir. C’est en canalisant les pulsions de son “ça” que l’on construit son “moi”. En intégrant les principes et les normes de civilisation, nous forgeons notre “surmoi”. Des possibles décalages entre ces différents niveaux peuvent naître des névroses, voire des psychoses.
Spécialisé dans les soins aux névrosés pouvant se le permettre financièrement, Freud a tout d’abord noté que les enfants avaient certes des parents et une histoire familiale, mais aussi un sexe, une sexualité, une libido. Les premiers pas et le développement de ces “pervers polymorphes” que sont les petits enfants intéressent tout particulièrement le bon docteur Freud. Un des héros de son Ĺ“uvre est le célèbre Œdipe (un jeune héros qui, dans la mythologie, sans le savoir, a fini par tuer son père et épouser sa mère). Le complexe d’Œdipe, que tous nous serions censés connaître d’une manière ou d’une autre, est une source profonde des névroses. L’amour que nous portons au parent du sexe opposé et la jalousie à l’égard du parent du même sexe seraient des universaux que nous aurions tous à gérer, tout au long de notre vie. Il en irait de la réussite ou de l’échec de nos diverses (af)filiations.
Entrepreneur (scientifique) de l’expertise, tarifée, sur un divan, de nos lapsus et de nos rêves (la “voie royale qui conduit à l’inconscient”), Freud nous aide assurément à décoder nos vies. Objet de nombreuses et vives critiques, il n’en reste pas moins toujours un monument à connaître et à méditer. Ne serait-ce qu’en raison de certaines vérités (probablement premières) qu’il sait livrer à la réflexion et à l’introspection de chacun. Ainsi, par exemple : “Au fond, personne ne croit à sa propre mort, et dans son inconscient, chacun est persuadé de son immortalité.
·  L’interprétation des rêves, 1900.
·  Psychopathologie de la vie quotidienne, 1901.
·  Malaise dans la civilisation, 1930.
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