Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 107 à 108
doi: en cours

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Partie 3 : L'articulation formation/métier dans un nouveau contexte – ... en contrepoint

n° 135 2006/7

2006 Informations sociales Partie 3 : L’articulation formation/métier dans un nouveau contexte – ... en contrepoint

Formation ou formatage ?

Caroline Helfter
En octobre 2004, soit au lendemain des nouvelles lois de décentralisation, les états généraux du social ne pouvaient pas ne pas aborder la question de la régionalisation des formations. Des craintes s’étaient alors exprimées, portant notamment sur les risques d’une déqualification des professionnels, moins formés que formatés pour mieux s’adapter à l’offre locale d’emploi. Dans l’ouvrage qui reprend l’essentiel des “doléances” formulées par les acteurs du social [1], Michel Chauvière, François Astolfi et Christiane Henry – respectivement sociologue, inspecteur des Affaires sociales et assistante sociale – reviennent sur les inquiétudes relatives à la formation des professionnels. Ces derniers ne trouveront pas dans leur propos matière à être rassurés. Qu’il s’agisse de l’avenir des diplômes d’État, des financements et des agréments des centres de formation, ou des conséquences de la régionalisation des formations sur le développement de procédures marchandes (appels d’offres, mises en concurrence, rapprochements avec les besoins locaux...) : il y a “péril en la demeure”, affirment les auteurs. “C’est tout le travail «social», expliquent-ils, qui est pris dans la tourmente” : il se trouve non seulement “livré sans mode d’emploi aux pouvoirs politiques locaux, c’est-à-dire à la diversité, au localisme, au provincialisme et non à l’intérêt général, à l’universalité”, mais aucun moyen de contrôle n’est, en outre, prévu pour ramener à la raison les régions qui mettraient en Å“uvre des conceptions très divergentes de la solidarité. Si le rôle des travailleurs sociaux, fondé sur le respect du principe d’égalité, exige des titres nationaux garantissant des savoirs et des pratiques homogènes sur l’ensemble du territoire, comment l’État pourra- t-il s’en assurer ? Les risques de déséquilibre entre régions sont importants, car “plus personne n’incarne la nécessité d’une politique publique commune de qualification, comme gage de qualité et d’enrichissement collectif”. Le verdict des experts est aussi clair que leur proposition de solution : placer à nouveau les formations et les diplômes dans le champ de la responsabilité de l’État, qui doit également être le garant de leur financement.
 
NOTES
 
[1]Reconstruire l’action sociale, sous la direction de Michel Chauvière, Jean-Michel Belorgey et Jacques Ladsous, Dunod, 2006, 280 p., 28 euros.
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