Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 87 à 88
doi: en cours

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Partie 3 : L'articulation formation/métier dans un nouveau contexte – ... en contrepoint

n° 135 2006/7

2006 Informations sociales Partie 3 : L’articulation formation/métier dans un nouveau contexte – ... en contrepoint

Le travail social en mouvance

Paule Paillet

Emmanuel Jovelin, Brigitte Bouquet, Histoire des métiers du social en France, Éditions ASH, 2005

L’ouvrage d’Emmanuel Jovelin et Brigitte Bouquet propose au lecteur un panorama détaillé de l’histoire des métiers du social. Étude exhaustive qui permet de dégager les grandes lignes de parcours. Initialement incarnée par des actions à visée caritative et morale, l’action sociale tendra de plus en plus à être régie par des interventions du pouvoir politique, soucieux de lui faire jouer un rôle de réduction de possibles tensions, d’harmonisation entre l’État et les citoyens. Si l’assistanat reste primordial, l’objectif se définit aujourd’hui plus explicitement en termes d’accession de la personne à l’autonomie, ce qui est en phase avec une culture qui se veut préoccupée de préserver le libre arbitre.
Les métiers du social se sont développés selon trois axes principaux : l’assistance sociale, l’éducation des jeunes en difficulté et l’animation (avec les animateurs socioculturels). Chaque époque de l’histoire projette ses exigences. Trois exemples : la vigilance actuelle autour des soins apportés au jeune enfant, reconnu comme une personne ; la politique de Vichy envers les adolescents (chantiers de jeunesse, Compagnons de France), tout imprégnée de l’éthique du “Travail, famille, patrie” et de l’ordre moral ; le Front populaire et le créneau de l’animation largement ouvert avec les congés payés et la semaine des quarante heures.
Peu à peu, les assistantes sociales (AS) ont absorbé les infirmières visiteuses, avec des savoirs de référence plus riches. Des crèches, des salles d’asile et des jardins d’enfants ont émergé les Éducateurs de jeunes enfants (EJE), mettant fin à la connotation strictement féminine du métier. La famille en proie aux bouleversements a assisté à la multiplication des modalités d’assistance. L’enseignement ménager a vu son aspect technique valorisé (taylorisme ménager). L’importance de la gestion budgétaire s’est affirmée avec le rôle des conseillers en éducation sociale et familiale (CESF) face à la montée du paupérisme. Les Techniciens d’intervention sociale et familiale (TSF) ont eux aussi inclus une volonté éducatrice dans l’aide apportée aux familles en difficulté.
L’ouvrage rend bien compte de la multiplicité des métiers du social, de leur difficulté à trouver leur dignité, à se dégager de l’image d’exécutants des politiques sociales. Ces métiers souffrent d’hétérogénéité. Les antagonismes catégoriels ne manquent pas. La spécificité de compétences mal définies engendre des profils flous. La disparité des statuts et des formations n’arrange pas les choses. Le territoire du travail social, traditionnellement au carrefour de l’économique, du social et de l’éducatif, touche maintenant au juridique, plus étroitement, avec les éducateurs de la protection judiciaire (EPJ) et les conseillers d’insertion et de population.
Les bouleversements produits dans la structure du social par la décentralisation obligent ceux qui y Ĺ“uvrent à se montrer à la fois vigilants et adaptables. C’est la dernière mutation. D’autres suivront…
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