Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 99 à 100
doi: en cours

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Partie 3 : L'articulation formation/métier dans un nouveau contexte – ... en contrepoint

n° 135 2006/7

2006 Informations sociales Partie 3 : L’articulation formation/métier dans un nouveau contexte – ... en contrepoint

Lutter contre les discriminations racistes

Caroline Helfter
Conformément aux principes déontologiques qui régissent leur mission – et par conviction –, les travailleurs sociaux s’opposent à toute discrimination. Cette affirmation, cependant, est de peu d’effet face aux pratiques racistes, souvent subtiles, qui se développent dans le champ social et dont les professionnels peuvent être les acteurs involontaires, explique Faïza Guélamine dans Le travail social face au racisme [1]. S’attachant à les mettre à jour, l’auteur, sociologue et responsable de formations supérieures en travail social, décortique les stéréotypes largement partagés et les traitements discriminatoires induits par les conditions de prise en charge des populations migrantes ou perçues comme telles.
Les représentations de l’immigré et de ses descendants conduisent à les définir par un ensemble de références identitaires prescrites par leur origine réelle ou supposée, et une culture ou une religion revendiquée ou imputée, souligne la formatrice. Tout se passe comme si ces groupes, ainsi substantivés, existaient en tant que tels, alors que ce sont les rapports de force, les rapports sociaux qui font le lit de catégorisations gommant la singularité des individus et la réalité des situations concrètes qu’ils vivent. Ainsi, la catégorie des jeunes “issus de l’immigration” tend à naturaliser un processus de désignation sociale qui détermine la façon dont le travail social doit répondre aux difficultés de ces adolescents. Participant également de ce “jeu hypocrite du montré-caché de l’ethnicité”, différents dispositifs de l’action sociale, en particulier ceux de la politique de la ville, fonctionnent en s’appuyant sur des caractéristiques qui distinguent les populations selon leur “origine”, ce qui n’est pas sans rappeler le mode de contrôle des indigènes par les services sociaux coloniaux.
Il est indispensable que les professionnels soient formés à repérer ces différents mécanismes, insiste Faïza Guélamine. Mais la prise de conscience des discriminations racistes ne saurait, à elle seule, suffire. Pour aider ceux qui en sont victimes à accéder à leurs droits, il faut aussi se garder de “pathologiser” les problèmes des migrants, renvoyant sur les seuls individus la résolution de difficultés qui sont d’abord socio-économique et politique. “C’est ainsi que les valeurs dont se réclament à juste titre les travailleurs sociaux prendront sens et ne se résumeront pas à des incantations stériles.”
 
NOTES
 
[1]Editions ENSP 2006, 128 p., 20 euros.
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