Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 19 à 20
doi: en cours

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Partie 1 : Crise des valeurs, crise du sens ? – ... en contrepoint

n° 136 2006/8

2006 Informations sociales Partie 1 : Crise des valeurs, crise du sens ? – ... en contrepoint

Moqueries et discriminations

Caroline Helfter
Est-il arrivé que l’on se moque de vous, que l’on vous mette à l’écart, que l’on vous traite de façon injuste ou que l’on vous refuse un droit ?” “Oui”, ont répondu un tiers des adultes à qui cette question a été posée, en 2003, dans le cadre de l’enquête “Histoire de vie”, réalisée par l’INSEE [1]. Les moqueries ou insultes constituent la majorité des faits signalés (57 %), les mises à l’écart (16 %) et les traitements injustes (17 %) un tiers des cas, cependant que 10 % d’entre eux ont pris la forme du refus d’un droit [2]. Plus de huit fois sur dix, les événements relatés se sont produits à plusieurs reprises, dont 10 % continuellement – ce sont surtout les insultes et les moqueries qui sont fréquemment réitérées –, et dans 17 % des cas, l’événement rapporté est resté isolé : il s’agit alors plus souvent du refus d’un droit.
Invitées à préciser le ou les motifs des traitements négatifs dont elles ont été victimes, près de la moitié des personnes concernées attribuent au moins l’un de ces comportements à leur apparence physique : le poids ou la taille (25 % des réponses), le “look” (18 %) ou d’“autres aspects de leur apparence physique” (4 %). Le nom ou le prénom constitue un autre motif avancé par de nombreux répondants (21 %), cependant qu’interviennent, dans une moindre mesure, la façon de parler ou l’accent (15 %), la situation professionnelle ou le niveau d’instruction (13 %), la région ou le pays d’origine (12 %), l’âge (12 %), l’état de santé ou le handicap (10 %), la situation de famille (9 %), la couleur de peau (8 %), les opinions politiques, syndicales ou religieuses (8 %), le sexe (7 %), le lieu de vie (6 %), ainsi que les caractéristiques des proches, parents ou amis (6 %).
Les 18-24 ans sont-ils plus fréquemment exposés à des attitudes négatives ou plus sensibles à leur manifestation ? Sans trancher, les auteurs de l’étude relèvent que, pour la grande majorité des motifs cités, les jeunes adultes (49 %) – surtout les femmes (56 % contre 42 % des jeunes gens, et tout particulièrement les étudiantes : 60 % contre 38 % des étudiants) – déclarent s’être davantage trouvés en butte à de mauvais traitements que l’ensemble des personnes interrogées (32 %). Moins marquée que chez les plus jeunes, cette différence entre les sexes reste très nette jusqu’à 45 ans. Indépendamment de l’âge, les chômeurs – et surtout les chômeuses (52 % contre 45 % des hommes sans emploi) – déclarent davantage de traitements négatifs que la moyenne de la population. Chez celle qui est en emploi, les actives (37 %) se disent également plus souvent victimes d’attitudes négatives que les actifs (32 %), les plus concernées étant les femmes cadres (45 % contre 35 % de leurs homologues masculins).
 
NOTES
 
[1]8 403 personnes de plus de 18 ans, vivant en France métropolitaine, ont été interrogées entre le 17 février et le 25 avril 2003.
[2]Cf. “Le vécu des attitudes intolérantes ou discriminatoires”, par Élisabeth Algava et Marilyne Beque, DREES, Études et résultats, n° 290, février 2004.
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8 403 personnes de plus de 18 ans, vivant en France métropo...
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[2]
Cf. “Le vécu des attitudes intolérantes ou discriminatoires...
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