Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 38 à 47
doi: en cours

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Partie 2 : Des valeurs à défendre

n° 136 2006/8

2006 Informations sociales Partie 2 : Des valeurs à défendre

La démocratie dans l’horizon des valeurs

Retour à Alexis de Tocqueville...

Frédéric Lazorthes Historien de formation, il a consacré ses travaux de recherche à l’étude des transformations de la vie publique à l’époque moderne, dans l’Angleterre du XVIIIe siècle en particulier, avant de s’intéresser à la philosophie politique dans le sillage de Pierre Manent. Auteur d’Une crise française (Buchet-Chastel, 2004), il s’intéresse désormais à l’évolution des motivations et des orientations des politiques publiques dans les démocraties contemporaines.
Les principes de la démocratie pénètrent l’ensemble du système social et de ses valeurs. Plutôt que d’insister sur les valeurs de la démocratie et sur la démocratisation des valeurs, cet article se demande dans quelle mesure la démocratie elle-même tend à être sublimée dans l’horizon des valeurs plutôt qu’appréhendée comme la forme du gouvernement. Une telle évolution accroît le malaise contemporain dû au décalage croissant entre les exigences politiques et les représentations sociales. Là réside la limite d’une rhétorique politique centrée sur la défense des valeurs démocratiques.
Comment se concrétise le passage de la démocratie par principe à la démocratie en acte ? Cet idéal démocratique serait-il soluble dans les Droits de l’homme, revendiqués à tout-va ? Quelle forme de gouvernement est en mesure de concilier l’exigence de liberté, la souveraineté du peuple et le désir d’organiser la communauté civique ?
Karl Marx, celui que l’on dit encore jeune, eut cette formule pénétrante et prémonitoire : “La démocratie est l’énigme résolue de toutes les constitutions.” Les intuitions de jeunesse étant parfois les plus profondes, ce n’est pas le communisme mais bien la démocratie qui est devenue l’horizon indépassable de notre condition. En 1835, déjà, dans la première partie de son grand livre sur l’Amérique, le plus grand traité jamais écrit sur la démocratie des Modernes, Tocqueville avait déjà fait la prédiction de son irrésistibilité. “Partout on a vu les divers incidents de la vie des peuples tourner au profit de la démocratie”, affirmait-il, avant de préciser ainsi sa définition de la démocratie : “Le développement graduel de l’égalité des conditions est un fait providentiel, il en a les trois principaux caractères : il est universel, il est durable, il échappe chaque jour davantage à la puissance humaine ; tous les événements servent à son développement.” La démocratie, prédisait-il, ne reculerait devant rien, elle renverserait tous les régimes, elle pénètrerait tous les milieux sociaux. La chronique des sociétés occidentales, et peut-être celle de la plupart des sociétés humaines, paraît bien être celle de leur démocratisation. Le phénomène démocratique porte en lui la part d’inépuisable qui est celle d’une démocratisation jamais achevée. C’est bien ce qu’avait compris Tocqueville en définissant la démocratie comme une dynamique de transformation sociale aux effets politiques incertains, pouvant aussi bien engendrer un type de despotisme inédit que favoriser le déploiement de la liberté.
 
L’évidence démocratique pour tout horizon
 
 
Nous avons pris la mesure de ces grandes prédictions il y a une petite vingtaine d’années à peine, en basculant dans l’ère de l’évidence démocratique [1]. Le XXe siècle avait été celui de la remise en cause totalitaire et il put sembler, jusque dans les années quatre-vingt, que les démocraties occidentales demeuraient vulnérables voire mortelles [2]. Pourtant, une nuit de novembre, quelques semaines à peine après la célébration du bicentenaire de la Révolution française, le Mur de Berlin s’effondrait devant les aspirations à la liberté. Les prétendues démocraties “populaires” agonisèrent. C’en fut fini de la grande querelle entre deux dénominations ennemies de la démocratie qui, pendant près de soixante-dix ans, avaient coupé l’Europe en deux et imposé sa division au monde. Dans le grand projet d’émancipation humaine, cette division matérialisait la distance qui s’était établie entre les amis de Tocqueville et les partisans du Marx de la maturité. La forme de démocratie que l’on appelle “libérale” et “représentative” serait-elle bien sinon le meilleur régime, à tout le moins le seul viable et le plus désirable pour les hommes ? L’espérance du “happy end” de l’aventure humaine fut de courte durée. Les divisions et les menaces du monde de l’après-11 septembre 2001 n’incitent plus à un optimisme débordant. Pourtant, en dépit de tout, la perspective démocratique demeure notre horizon spirituel, notre manière de résoudre l’énigme de l’histoire humaine. Il se pourrait toutefois que sa dimension politique, ce que le jeune Marx désigne sous le mot de “constitution”, soit négligée.
 
De la vertu aux valeurs…
 
 
Une brève remarque sémantique s’impose : la référence aux “valeurs” nous est devenue familière. Il n’est pas d’enquête d’opinion sérieuse qui n’établisse le palmarès des valeurs de tel ou tel groupe social ou d’un pays. Il n’est pas de profession de foi politique qui ne les mentionne également. Et, désormais, c’est au nom des valeurs que se font les engagements civiques. Les Européens, tout autant que les Américains, placent les valeurs au cÅ“ur de la vie politique, et bien que les premiers, particulièrement en France, s’étonnent de la prééminence des “valeurs morales” dans le débat public aux États-Unis, l’appel au respect des valeurs démocratiques n’est au fond que l’autre version d’un même ordre moral démocratique, parce que l’évaluation morale est inséparable de l’existence politique.
Osons cette proposition : nos “valeurs” se sont substituées à ce que les Anciens appelaient la “vertu”. Comment expliquer cette fortune des valeurs ? Les valeurs ont un avantage sur la vertu : on peut les proclamer sans s’exposer. Les valeurs sont plurielles, la vertu est une ; les valeurs appartiennent au registre de la parole, la vertu relève de l’action. En somme, la vertu est avant tout individuelle alors que les valeurs sont par définition collectives. Disons que le langage contemporain des valeurs met en évidence une articulation singulière entre l’individuel et le collectif, et c’est en ce sens qu’il correspond à la condition démocratique moderne. L’individu démocratique ramène à lui et s’approprie subjectivement tous les contenus de vie. Toutes les institutions et les réalités sociales semblent prises dans cette réévaluation subjective. Chaque individu se rapporte aux choses et les évalue sans cesse, qu’il s’agisse de la société, de la famille, de la religion… Une part importante des efforts de la sociologie contemporaine semble vouée à prendre acte d’un double mouvement infini d’individualisation et de démocratisation [3]. Sur le long terme, la transformation des “valeurs” accrédite le constat d’une pénétration de plus en plus intime des principes démocratiques modernes qui mettent au premier plan l’idée de l’égalité humaine et de l’autonomie individuelle.
La réalité sociale passe désormais par le prisme des valeurs. Mais cette évaluation des contenus de vie n’est pas simplement l’effet de la souveraineté de l’individu : elle est particulièrement sensible à la société, à ce que Tocqueville nommait “le pouvoir social”. Dans De la démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville n’utilise pas le vocable abstrait de “valeurs”, il s’interroge plus exactement sur les croyances démocratiques, et il est plus directement sensible que nous à la nécessité et aux dangers des croyances communes dans toute société. “Il n’y a société que quand des hommes considèrent un grand nombre d’objets sous le même aspect ; lorsque sur un grand nombre de sujets, ils ont les mêmes opinions ; quand enfin les mêmes faits font naître en eux les mêmes impressions et les mêmes pensées.” Le pluralisme supposé des valeurs nous fait manquer ce qui en constitue l’attrait : elles tissent un lien entre des individus, elles répondent au désir de croyances générales plus qu’à l’exigence de la raison. Tel est le paradoxe de nos valeurs : elles combinent l’affirmation de l’identité et la passion humaine de l’unité ; elles distinguent et elles unissent. Il est donc important de suivre, dans notre société, l’évolution des valeurs et de s’interroger sur leur compatibilité démocratique. C’est par les valeurs que la démocratie tend à devenir une religion. Pour être démocratiques, ou de plus en plus démocratiques, nos valeurs doivent tendre à être de plus en plus universelles. Mais en devenant universelles, elles nous distinguent de moins en moins ; elles nous sont de moins en moins propres ; elles s’inscrivent dans le registre des croyances collectives, voire de l’idéologie, et, tout en influençant nos codes et nos modes de vie, s’éloignent des considérations pratiques.
 
Des Droits de l’homme en perte de sens ?
 
 
Le triomphe contemporain des valeurs traduit une évolution de l’idée de démocratie. La définition de la démocratie qui fait désormais autorité se rattache à l’idée des Droits de l’homme [4]. Il s’est opéré un glissement imperceptible dans le sentiment démocratique, du temporel vers le spirituel, renforcé par les effets de la mondialisation. Une humanité de plus en plus confrontée à elle-même est en quête d’un langage commun. Et les Droits de l’homme s’imposent comme la croyance la plus commune et le principe le plus universel de moralité. La commission des Droits de l’homme à l’ONU réunit des États sans considérer la nature de leur régime politique. Les Droits de l’homme unifient et dépolitisent la planète. Alors que Tocqueville définissait la pente de la démocratie par l’égalisation des conditions, nous lui donnons désormais un sens plus moral : c’est le régime des Droits de l’homme. Ainsi s’opère l’inscription de la démocratie dans l’horizon des “valeurs” qui dévalue, ou fait passer au second plan, la question de l’inscription politique de ces droits, ce qui induit le risque de négliger les conditions de possibilité de la démocratie. La référence contemporaine aux droits humains renvoie à une appréciation qui n’est plus politique et qui n’est pas non plus sociale.
Sous nos yeux, la démocratie redevient une énigme. Car l’évidence démocratique est trompeuse. L’articulation politique de l’universel et du particulier fait place à la combinaison morale du “ tous semblables et tous différents”. Tout se passe comme si l’utopie d’une cohabitation des cultures humaines tendait à remplacer l’équilibre précaire entre les nations dans l’idéologie contemporaine. Mais les Droits de l’homme ne peuvent pas se détacher pleinement des habitudes morales et sociales, des mÅ“urs et des lois qui sont nécessairement particuliers. Depuis quelques décennies, en France, une controverse oppose régulièrement “démocrates” et “républicains”. Malgré le talent de certains protagonistes, cette querelle est demeurée assez confidentielle et n’a guère remplacé la division entre la droite et la gauche. Cependant, elle est révélatrice de l’insuffisance du langage des valeurs pour rendre compte de notre condition politique. L’état du monde renforce les incertitudes. La guerre civile en Irak atteste de l’irréalisme du projet d’importation de la démocratie. Mais, rétorqueront certains, c’est le procès de l’impérialisme qu’il conviendrait de faire. L’Europe serait-elle l’exemple d’une expansion démocratique non par conquête mais par influence ? Toutefois, la diffusion démocratique européenne comporte un risque d’évanescence. La démocratie comme régime politique apparaît plus fragile à mesure qu’elle triomphe en tant que valeur. Tout se passe comme si, éblouis par l’éclat des valeurs démocratiques, nous ne parvenions plus à cerner les contours de la démocratie, comme si nous perdions peu à peu le sens de sa forme politique, et comme si, proclamant notre appartenance à une commune humanité, nous perdions de vue notre condition de peuple, notre condition politique.
Dans la démocratie, la question du peuple est centrale. Bien qu’elle semble disparaître de l’horizon contemporain, elle est irréductible. Elle soulève toute la difficulté de la démocratie moderne qui repose sur le principe de la souveraineté du peuple, ce qui suppose la délimitation de sa volonté et sa circonscription. Le peuple institué ne se confond pas avec le peuple social ; il n’est pas un agrégat de populations plus ou moins extensible. Ce qui fonde un peuple démocratique, c’est le consentement à un gouvernement en commun reposant non pas sur des valeurs, mais sur des principes démocratiques. L’adhésion à des valeurs démocratiques est vague et subjective ; l’invocation des principes du gouvernement est objective et suppose des pratiques instituées. Ce sont ces pratiques qui rendent explicite et formelle la souveraineté du peuple qui demeure implicite et cachée dans les autres formes de gouvernement. La description que Tocqueville fait du “principe de la souveraineté” dans la démocratie en Amérique donne la mesure de l’importance de la visibilité démocratique qui suppose l’organisation formelle de la vie civique : “Le principe de la souveraineté du peuple, qui se trouve toujours plus ou moins au fond de presque toutes les institutions humaines, y demeure généralement enseveli. […] La souveraineté nationale est un des mots dont les intrigants de tous les temps et les despotes de tous les âges ont le plus largement abusé. Les uns en ont vu l’expression dans les suffrages achetés de quelques agents du pouvoir ; d’autres dans les votes d’une minorité intéressée ou craintive ; il y en a même qui l’ont découverte dans le silence des peuples, et qui ont pensé que du fait de l’obéissance naissait pour eux le droit du commandement. En Amérique, le principe de la souveraineté du peuple n’est point caché ou stérile […] ; il est reconnu par les mÅ“urs, proclamé par les lois ; il s’étend avec liberté et atteint sans obstacles ses dernières conséquences.
Dans ce passage, Tocqueville expose combien l’État démocratique résulte à la fois d’une articulation entre la préexistence d’un peuple identifié et visible à lui-même, la mise en place de procédures formelles comme l’élection et l’intériorisation du principe démocratique dans toutes les strates du corps social. Ainsi, une société aux mÅ“urs démocratiques qui ne forme pas un peuple souverain n’est pas une démocratie, quand bien même des procédures démocratiques, électorales par exemple, y seraient à l’Å“uvre. Quant à la mise en scène de la souveraineté du peuple dans une société dans laquelle les mÅ“urs ne seraient pas libres, elle ne suffit pas davantage à désigner une démocratie.
 
La revendication démocratique : une condition non suffisante
 
 
Bien que sensibles à l’appréciation de la démocratie comme un fait social total, nous supposons que l’affirmation démocratique suffit à faire un régime démocratique. Les Européens tendent à confondre le spectacle d’une société démocratique avec la réalité d’un gouvernement démocratique. L’adhésion aux valeurs démocratiques ne suffit pas à faire une démocratie ; c’est l’institution politique qui dévoile la nature du régime. La démocratie moderne, contrairement à l’antique, n’est pas stricto sensu l’établissement d’un gouvernement populaire. Toutes les démocraties modernes reposent sur le principe représentatif et sur la mise en place de dispositifs institutionnels visant à séparer différents pouvoirs et à établir une forme de gouvernement limité. Comme l’écrivait Montesquieu, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir. Tout l’art de la démocratie est dans cette combinaison étonnante entre l’affirmation du pouvoir humain et sa limitation. Alors que cette combinaison a pu trouver son expression la plus élaborée dans une constitution par laquelle se combine la diversité vitale à la liberté et l’unité propre à la souveraineté, comme le montre l’exemple américain, la nouvelle formule démocratique semble prétendre à la fois libérer et contenir les individus et les groupes humains par la seule affirmation des droits. L’individu contemporain est émancipé par les droits qui lui sont reconnus et les droits limitent la prétention au pouvoir des individus les uns sur les autres. Dans ce dispositif, la mise en commun ou la communauté civique sont superflues. Dès lors, qu’est-ce qui me lie aux décisions collectives dont dépend une partie de mon sort social ?
 
Valeurs républicaines et valeurs démocratiques
 
 
En France, l’inflation des valeurs est manifeste dans le langage des autorités publiques et il n’est guère de discours politique sans que soient invoquées les valeurs républicaines. Peut-on simplement ramener ces valeurs républicaines aux valeurs démocratiques ? Comme le révèle l’accent français placé sur la laïcité, force est de convenir que les unes et les autres ne se confondent pas. Si toutes les démocraties modernes posent le principe de la séparation de l’Église et de l’État, la conception française de la laïcité restreint davantage la visibilité de l’appartenance religieuse dans l’espace public. Ce trait singulier renvoie à l’histoire nationale et peut heurter la sensibilité démocratique, sans rien dire, évidemment, des croyants. Est-ce que cette restriction fait de la France un pays moins démocratique ? À tout le moins, elle révèle la complexité de la relation entre la loi et les mÅ“urs dans une démocratie et le fait que l’ordonnancement social n’est pas le même d’une démocratie à une autre, que l’autorité de la loi s’y applique différemment.
La “république” désigne le régime politique particulier de la France, celui qui donne sa forme à la démocratie. Comme l’écrit Claude Nicolet, “la République est tout à la fois une réalité institutionnelle et une doctrine ou un esprit qui n’est en quelque sorte jamais réalisé, toujours en devenir. [5] C’est cette idée que condense la formule de Clemenceau : “Il y aurait un moyen d’étonner l’univers. Ce serait de faire quelque chose de très neuf : la République par exemple”. Toutes les grandes démocraties ou toutes les nations, à leur manière, expriment la même posture dans l’histoire humaine : la combinaison d’une particularité et d’une vocation universelle. Le monde actuel favorise l’idée d’une plus grande fluidité des sociétés humaines, au risque de méconnaître à la fois la résistance sourde et la fragilité des communautés politiques. L’idée républicaine, en France, hésite entre nostalgie et renoncement ; elle paraît emportée par la dynamique démocratique et menacée par la perte de consistance de la nation. Plus l’idée républicaine est généralisée, plus en somme elle se confond avec l’idée démocratique, plus ses singularités – comme la laïcité – nous échappent et deviennent arbitraires. Les principes républicains inscrivent les valeurs démocratiques dans un caractère national, elles lient l’universel au particulier. L’adhésion aux formes républicaines renvoie à l’appartenance nationale.
Les valeurs républicaines ne sont pas universelles, elles sont au mieux une déclinaison parmi d’autres des principes démocratiques. Et l’expérience européenne révèle l’importance de l’activation des valeurs nationales dans le bien-être d’une société. L’exemple de la Suède, pays dans lequel le respect des règles sociales collectives est primordial, est, de ce point de vue, aussi éloquent que celui du Royaume-Uni, vieille nation fière de ses “valeurs”.
Ces brèves réflexions ont une modeste visée pratique. En mettant l’accent sur l’ambivalence du langage des valeurs, il s’agit de prévenir les désillusions d’une “démocratie des valeurs” où importe davantage l’affirmation de croyances partagées que le fait de se gouverner en commun. Le langage des valeurs tend à nous priver d’un des motifs d’action qui permettent à nos sociétés de tenir ensemble et aux individus de se dépasser : la vertu civique, subtile combinaison de fierté et de désintéressement. Pour se bien gouverner, la France affronte sans cesse un même défi : lier les principes démocratiques au propre de sa tradition républicaine. Montesquieu disait du bon législateur qu’il doit s’efforcer de “suivre l’esprit de la nation lorsqu’il n’est pas contraire aux principes du gouvernement ; car nous ne faisons rien de mieux que ce que nous faisons librement, et en suivant notre génie naturel”.
 
NOTES
 
[1]Le succès du livre de Francis Fukuyama, La fin de l’histoire et le dernier homme (1992), publié à la suite de son article de 1989, fut le meilleur indicateur de ce nouvel état d’esprit.
[2]Jean-François Revel, Comment les démocraties finissent, Grasset, 1983.
[3]La liste des ouvrages serait longue, mentionnons seulement les travaux de François de Singly sur la famille et sur le couple, ou les essais de Danilo Martucceli sur l’individu.
[4]Sur cette question, voir Pierre Manent, Cours familier de philosophie politique (2001), et Marcel Gauchet, La démocratie contre elle-même (2002).
[5]Claude Nicolet, L’idée républicaine en France, Gallimard, 1982.
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Le succès du livre de Francis Fukuyama, La fin de l’histoir...
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[2]
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[3]
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Sur cette question, voir Pierre Manent, Cours familier de p...
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[5]
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