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I.S.B.N.sans
148 pages

p. 108 à 117
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Partie 3 : L'intervention de l'État

n° 137 2007/1

2007 Informations sociales Partie 3 : L’intervention de l’État

Bilan et enjeux du dispositif de garde des jeunes enfants

Au regard de l’emploi des femmes

Hélène Périvier Économiste au département des études de l’Observatoire français des conjonctures économiques, ses travaux portent sur l’emploi des femmes et des mères en particulier, ainsi que sur les inégalités de genre sur le marché du travail. Elle a codirigé le numéro spécial de la revue de l’OFCE, Travail des femmes et inégalités, publié en juillet 2004, en collaboration avec Françoise Milewski. Courriel : helene.perivier@sciences-po.fr
La prise en charge des jeunes enfants joue un rôle central dans le paysage socio-économique français. Elle est au carrefour de la politique sociale, car il convient de venir en aide aux familles les plus défavorisées ; de la politique familiale, car le coût de la garde d’un jeune enfant est important pour les parents ; de la politique de l’emploi, car elle détermine en partie l’activité des femmes. Si le dispositif français est généreux, il présente un certain nombre d’écueils, en particulier il encourage les mères de jeunes enfants à se retirer du marché du travail et souffre toujours d’une pénurie chronique de modes de garde.
La notion de libre choix pour les mères entre le fait de garder son enfant ou de travailler à l’extérieur, portée par des dispositifs et une politique, a des conséquences sur l’emploi des femmes, qu’elle rend plus précaire au moment de la reprise. Ceci interroge également l’évolution de la répartition des rôles et des tâches entre les hommes et les femmes : traditionnelle et peu évolutive. Comment repenser les modes de garde ?
En France, la prise en charge des jeunes enfants non scolarisés peut prendre plusieurs formes : un accueil qui peut être collectif (crèches municipale, familiale ou associative) ou individuel (nourrice au domicile des parents, assistante maternelle) ou bien encore l’un des parents cesse de travailler pour s’occuper de l’enfant jusqu’à sa scolarisation. Quelle que soit l’option retenue, les familles reçoivent des aides de l’État sous forme d’une prestation versée par l’intermédiaire de la CAF, le plus souvent couplée d’une réduction d’impôt sur le revenu pour les familles imposables [1]. Les aides dépendent du revenu des parents, de l’âge de l’enfant, du mode de garde adopté. Si la France est globalement un pays généreux en matière d’aide à la garde des jeunes enfants, son dispositif n’en est pas moins critiquable.
 
Faux choix et vrai dilemme
 
 
Lorsque l’enfant arrive, l’une des difficultés à laquelle se heurtent les parents est de savoir comment le faire garder à la fin du congé maternité de la mère. Une fois les modes de garde recensés, les coûts de chacun comparés, l’organisation familiale repensée, le plus souvent une seule solution s’offre à eux. Pourtant, les années 1990 ont vu la création d’un ensemble de mesures sociales et fiscales destinées à diversifier et à individualiser les modes de garde. Dans le contexte de chômage de masse, il s’agissait de lutter contre le travail au noir, de stimuler la création d’emplois de proximité et de faire revenir une partie des mères de jeunes enfants à la maison pour désengorger le marché du travail. Ainsi, l’extension de l’AGED (allocation de garde d’enfant à domicile), la création de l’AFEAMA (aide à la famille pour l’emploi d’une assistante maternelle agréée), avec une prise en charge de tout ou partie des cotisations sociales, la réduction d’impôt sur le revenu associée à l’emploi d’une personne gardant l’enfant au domicile des parents et l’ouverture du droit à l’APE (allocation parentale d’éducation) dès le deuxième enfant témoignent de ce virage entamé dans la politique de prise en charge de la petite enfance.
Cette diversification des modes de garde ne s’est pas traduite dans les faits par un plus large choix pour les parents. En premier lieu, ces différents modes de garde sont inégalement répartis sur le territoire : les villes sont mieux dotées en crèches que les zones rurales, qui offrent généralement un réseau d’assistantes maternelles plus large [2]. En second lieu, certains modes de garde, en particulier la garde à domicile, restent le privilège de familles aisées [3]. La réforme de la PAJE a permis d’aligner le coût de l’assistante maternelle sur celui de la crèche, qui représente environ 12 % du revenu des parents. L’accent a été mis sur le développement de ce mode de garde, qui représente désormais 20 % de la prise en charge des enfants de moins de 3 ans, parce qu’il est peu onéreux pour la collectivité.
Au final, la proportion de parents n’obtenant pas le mode garde qu’ils jugent le plus satisfaisant reste importante : alors qu’en 1997, ils étaient 43 %, six ans plus tard, ils sont toujours 40% (Croutte et Hatchuel, 2003).
Certes, le taux d’adéquation entre la satisfaction des parents et le mode de garde obtenu est élevé pour l’assistante maternelle et la crèche. Un tiers des parents déclarent que l’assistante maternelle est le mode de garde le plus satisfaisant et, parmi ceux-ci, presque 70 % ont pu accéder à ce mode de garde ; de même, un quart des parents estiment que la crèche est le dispositif le plus satisfaisant et, parmi eux, 62 % y ont eu accès (Croutte et Hatchuel, 2003). Mais ces chiffres sont quelque peu biaisés, puisque la satisfaction exprimée est elle-même influencée par le mode de garde effectivement obtenu, lui-même en partie déterminé par la contrainte d’offre à laquelle sont confrontés les parents. L’assistante maternelle obtient d’ailleurs les meilleurs scores auprès des parents de jeunes enfants habitant dans les communes rurales (là où elle représente le mode de garde le plus répandu), alors que pour les communes de plus de 100 000 habitants la crèche la supplante.
En conclusion, il reste encore beaucoup à faire pour satisfaire la demande des parents. La pénurie de modes de garde est toujours d’actualité. Les efforts amorcés en 2000 pour accroître le nombre de places en crèche sont insuffisants [4]. Cette situation est défavorable à l’emploi des mères de jeunes enfants, dont certaines, face aux difficultés d’organisation, renoncent à l’activité au mieux le temps que l’enfant soit scolarisé, au pire définitivement.
 
Le “libre de choix d’inactivité” pour les mères
 
 
En 2002, selon la DREES, la moitié des enfants âgés de 4 mois et demi à 2 ans et demi sont gardés par l’un des parents qui ne travaille pas, le plus souvent la mère. Si la moitié des femmes affirment qu’elles souhaitent se consacrer pleinement à leur enfant, l’autre moitié invoque les difficultés d’organisation qui l’ont contrainte à renoncer à l’activité (Méda, Simon et Wierink, 2003). Dans beaucoup de cas, cette situation ne relève pas d’un choix délibéré, mais il s’agit plutôt d’un ensemble de raisons complexes parmi lesquelles l’impossibilité de trouver un mode de garde adapté et accessible financièrement.
L’environnement socioculturel est encore aujourd’hui marqué par la vision de la femme-mère, ce modèle connaissant même un regain, alors qu’on le croyait en voie de disparition (Badinter, 2004). La solution préférée par les parents, pour la garde des jeunes enfants, est que l’un des deux s’arrête de travailler à l’arrivée de l’enfant (47 % des personnes interrogées), et dans 65 % des cas, c’est la mère qui est supposée le faire (contre 1 % pour les pères) [5]. Le plus inquiétant est que cette préférence des Français pour le retrait d’activité de la mère ne bouge plus depuis 1994. Si la plupart d’entre eux pensent que les mères sont handicapées dans leur carrière et que les pères devraient s’investir davantage, 96 % répondent que la question du partage des tâches domestiques est d’ordre privé et 40 % pensent qu’il est normal que les mères assurent l’essentiel des tâches domestiques, de soin et d’éducation des enfants. Cette proportion n’a d’ailleurs quasiment pas bougé depuis 1997 (Croutte et Hatchuel, 2003).
Cette vision du rôle de la mère s’est matérialisée par l’extension de l’allocation parentale d’éducation (APE) au deuxième enfant en 1994, renommée prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE), complément libre choix d’activité (CLCA), lors de la réforme des aides à la garde des jeunes enfants, en 2004. Il s’agit de verser un demi-SMIC au parent qui cesse de travailler pour s’occuper de l’enfant jusqu’à ses 3 ans [6].
L’extension de l’APE a renforcé l’effet de la maternité sur l’emploi des mères. Le taux d’activité de celles ayant au moins deux enfants dont l’un de moins de 3 ans a chuté de 15 points après 1994 [7]. Entre 35 % et 60 % des allocataires seraient restées actives en l’absence de cette réforme. À ce stade, on peut considérer que l’APE relève davantage de la politique de l’emploi que de celle de la famille. Elle a permis de retirer des statistiques de population active un nombre important de personnes et donc, mécaniquement, de limiter l’envolée du chômage : la proportion de chômeuses parmi les mères de deux enfants est passée de 11 % à 5 % (Algava, Bressé et Momic, 2005).
En théorie, cette allocation est ouverte à l’un des parents, mais dans les faits, elle concerne la mère : femmes et hommes ne sont pas égaux devant le CLCA. D’aucuns diront que rien n’empêche les pères d’y recourir, mais tout les dissuade de le faire (tant du point de vue économique que culturel), et que rien n’oblige les mères à le prendre, mais tout les encourage à le faire. Les déterminants de la décision d’arrêt d’activité sont multiples : une femme dont les conditions de travail sont pénibles (Marc, 2004), pour laquelle l’arrivée d’un deuxième enfant pose des problèmes d’organisation quotidienne, et à laquelle on offre 500 euros pour élever son enfant arbitre assez facilement en faveur de l’arrêt d’activité (37 % des bénéficiaires d’un CLCA de rang 2 avancent qu’un autre mode de garde aurait coûté trop cher, Marical, Minonzio et Nicolas, 2006).
 
Les femmes pénalisées sur le marché du travail
 
 
Les conséquences sur l’emploi des femmes sont lourdes. Pour les allocataires elles-mêmes : toutes celles qui ne bénéficient pas d’un congé parental leur garantissant de retrouver leur emploi au terme du congé doivent se réinsérer sur le marché du travail. Une partie importante des allocataires ayant bénéficié de l’extension de l’APE au deuxième enfant, en 1994, ont retrouvé un emploi au terme du congé (Piketty, 2003). La bonne conjoncture économique de la fin des années 1990 leur a été favorable. Mais les choses ne sont pas aussi aisées lorsque les retours se font dans une période de chômage accru. Ensuite, les allocataires qui retrouvent un emploi repartent sur un poste inférieur à celui occupé par des femmes ayant le même niveau de diplôme mais qui sont restées actives. Les anciennes allocataires sont davantage à temps partiel court, qu’elles subissent le plus souvent, et sont fréquemment en contrat précaire (Algava, et al., 2005). Une interruption de trois ans ne peut pas se faire sans dommages sur l’employabilité de la personne, et ceci d’autant plus qu’aucune période de formation permettant de revaloriser le capital humain déprécié durant la période d’inactivité n’est prévue.
En outre, quand bien même les allocataires retrouveraient un emploi et seraient satisfaites de cette interruption, leur comportement se répercute sur l’ensemble de la population féminine. En effet, le caractère sexué du congé fait de toute femme en âge d’avoir des enfants une mère potentielle qui va s’arrêter de travailler ou ralentir son investissement dans son travail, dans un avenir proche. L’employeur ne dispose pas de toutes les informations concernant le futur employé, il se réfère alors aux caractéristiques moyennes du groupe démographique auquel la personne appartient. À partir du moment où le recours au congé parental est quasiment uniquement féminin (98 % des allocataires de l’APE sont des femmes), les employeurs auront un regard négatif quant à l’investissement professionnel des jeunes femmes, vues comme une main-d’Å“uvre peu fiable. Ces dernières sont victimes d’une discrimination statistique (Phelps, 1972). Ainsi, ce dispositif a des conséquences sur l’emploi de l’ensemble des femmes et pas sur les seules allocataires [8].
Certes, à court terme, ce mode de garde est le moins coûteux pour la collectivité, ce qui le rend très attractif aux yeux des pouvoirs publics. Néanmoins, il implique une sous-utilisation et une dépréciation de qualification des femmes. Ces effets, même s’ils sont peu visibles, n’en sont pas moins coûteux d’un point de vue économique.
 
La petite enfance reste une affaire de femmes
 
 
L’externalisation de la garde de l’enfant autrefois réalisée par les mères inactives a permis à ces dernières de travailler et a été l’occasion de créer des emplois. Mais force est de constater que cette tâche, comme d’ailleurs l’essentiel des tâches domestiques externalisées ou non, est effectuée par des femmes. Le secteur de la petite enfance, qu’il soit public ou privé, est essentiellement féminin. Cette situation renforce la segmentation du marché du travail et limite l’avancée en termes d’égalité entre les sexes. Cela est vrai pour tous les pays, y compris dans les pays nordiques, dans lesquels le marché du travail est particulièrement segmenté (Marc et Zadjela, 2005).
Le statut d’assistante maternelle, créé en 1977, mais redéfini en 1992, a été dès le départ féminisé dans sa dénomination. Cela reflète l’état d’avancement de la société concernant la question de la prise en charge de la petite enfance qui, à défaut d’être l’affaire des mères, reste une affaire de femmes. La loi de juin 2005 redéfinissant le statut de cette profession parle d’“assistant maternel”. La féminisation a disparu mais la référence à la mère reste : la garde de l’enfant est le rôle de la mère, quand elle ne l’exerce pas, elle fait appel aux services extérieurs d’un “assistant”, qui est donc dit “maternel”.
Quoi qu’il en soit, ce secteur est une source d’emplois pour les femmes. Mais les modalités de son développement déterminent la qualité des emplois créés. Dans les pays nordiques, les services de la petite enfance sont principalement assurés par le secteur public garantissant le développement de carrières avec un accès à la formation, dans le cadre d’emplois stables faisant l’objet d’une protection sociale. La qualité des services offerts est garantie pour tous les enfants. Les pays anglo-saxons ont opté pour un développement par le marché qui repose sur les inégalités de revenu entre les ménages. Les familles achètent des services qui restent accessibles du fait d’un coût du travail faible et dont la qualité est très variable selon le prix qu’elles peuvent payer (Gadrey, 2003). Ces emplois sont précaires. La France a choisi un mode de développement des services intermédiaire : aux côtés des emplois dans les crèches, la diversification des modes de garde a engendré le développement d’emplois de “nounou” à domicile, via le régime du particulier-employeur et des assistantes maternelles. Les emplois de “nounou” sont souvent pourvus par des femmes issues de l’immigration. Ils ne sont pas intégrateurs, beaucoup sont à temps partiel, avec des horaires courts et irréguliers, et s’accompagnent donc souvent d’une faible rémunération. Les emplois d’assistantes maternelles sont de qualité très variable. Ces dernières accueillent des enfants à leur domicile ou en crèche familiale. Bien que leur statut ait été revisité en juin 2005 [9], ces femmes sont, pour beaucoup, initialement inactives, plutôt âgées (44 ans en moyenne). Ayant élevé leurs propres enfants, elles sont le plus souvent peu ou pas diplômées (Algava et Ruault, 2003). La formation qu’elles reçoivent reste minime – 60 heures en tout [10] – et leurs possibilités d’évolution quasi nulle. La situation des assistantes maternelles est très variable selon l’endroit où elles habitent. Dans les régions où la tension sur les modes de garde est très forte (principalement les grandes villes), leur pouvoir de négociation est tel qu’elles imposent aux parents des tarifs élevés et des conditions d’accueil strictes. En revanche, dans les campagnes, leur situation est plus précaire et leurs horaires atypiques…
Au final, l’individualisation des modes de garde opérée dans les années 1990 a accentué les inégalités entre les femmes qualifiées qui travaillent et qui ont les moyens de sous-traiter les tâches domestiques et la garde de leurs enfants, et celles qui ne sont pas qualifiées et qui, lorsqu’elles ont de jeunes enfants, sont incitées à se retirer du marché du travail et voient donc leur degré d’employabilité se réduire, ou encore qui occupent les emplois de services permettant aux premières de travailler. Ces tâches demeurent dans une sphère féminine uniquement, ce qui cristallise les rôles des femmes et des hommes. Quasiment aucune avancée dans ce domaine n’est constatée, et ceci que ces tâches soient sous-traitées ou non.
 
Comment repenser les modes de garde ?
 
 
En conclusion, le système de prise en charge de la petite enfance en France, si généreux soit-il, est loin de permettre à toutes les mères de jeunes enfants de travailler. En outre, les emplois créés dans ce secteur sont souvent précaires et, pour l’essentiel, pourvus par des femmes. La réforme de la PAJE, en place depuis 2004, n’a pas modifié la donne de ce point de vue [11]. Pour ce faire, il faudrait revoir l’organisation générale de ce secteur en augmentant massivement le nombre de places dans les structures collectives et en professionnalisant le réseau d’assistants maternels. Certes, cette option serait coûteuse pour la collectivité mais elle permettrait de créer des emplois stables et de garantir l’accès pour tous les enfants à un mode de garde de qualité. Il conviendrait par ailleurs que les hommes postulent, afin de limiter la segmentation du marché du travail et d’atténuer le caractère féminin de ces emplois. Enfin, le dispositif actuel de congé parental pourrait être remplacé par un congé plus court (12 ou 18 mois) à partager entre le père et la mère. Une rémunération du congé proportionnelle au salaire encouragerait les pères à y recourir, à l’instar de ce qui prévaut en Suède (Anxo, 2006). Une telle réforme exige une volonté politique de faire du secteur de la petite enfance un secteur d’investissement public clé, et de mettre la question de l’égalité entre femmes et hommes sur le marché du travail au cÅ“ur du débat public.
 
BIBLIOGRAPHIE
 
·  Élisabeth Algava, Sophie Bressé et Milan Momic, “Les bénéficiaires de l’allocation parentale d’éducation : trajectoires d’activité et retour à l’emploi”, DREES, Études et résultats, n° 399, 2005.
·  Élisabeth Algava et Marie Ruault, “Les assistantes maternelles : une profession en développement”, DREES, Études et résultats, n° 232, 2003.
·  Dominique Anxo, Les déterminants socio-économiques de l’utilisation des congés parentaux : comparaison des pères français et suédois, CNAF, Dossier d’étude, n° 81, 2006.
·  Élisabeth Badinter, “La place des femmes dans la société française”, Lettre de l’OFCE, n° 245, 2004.
·  Patricia Croutte et Georges Hatchuel, “Prestations familiales et accueil de la petite enfance : les grandes tendances de l’opinion au début 2003”, Rapport du CREDOC, n° 232, 2003.
·  Jean Gadrey, Socio-économie des services, La Découverte, coll. “Repères”, 2003.
·  Céline Marc, “L’influence des conditions d’emploi sur le recours à l’APE : une analyse économique des comportements d’activité des femmes”, Recherches et prévisions, n° 75, 2004.
·  Céline Marc et Hélène Zadjela, “Articuler travail et famille en France et en Suède”, Connaissance de l’emploi, n° 28, 2006.
·  François Marical, Jérôme Minonzio et Muriel Nicolas, “L’impact de la PAJE sur le choix du mode de garde”, CNAF, Essentiel, n° 52, 2006.
·  Dominique Méda, Marie-Odile Simon et Marie Wierink, “Pourquoi certaines femmes s’arrêtent de travailler à la naissance d’un enfant ?”, Premières synthèses, n° 29.2, 2003.
·  Hélène Périvier, “La garde des jeunes enfants : affaire de femmes ou affaire d’État ?”, Lettre de l’OFCE, n° 228, 2003.
·  Pascale Petit, “Discrimination à l’embauche, une étude d’audit par couples dans le secteur financier”, Revue économique, vol. 55, n° 3, 2004.
·  Edmund Phelps, “The Statistical Theory of Racism and Sexism”, American Economic Review, vol. 62, 1972.
·  Thomas Piketty, “L’impact de l’allocation parentale d’éducation sur l’activité féminine et sur la fécondité en France”, in C. Lefevre (éd.), Histoires de familles, histoires familiales, Les cahiers de l’INED, n° 156, 2003, p. 79-109.
 
NOTES
 
[1]La réduction d’impôt s’élève à 50 % des frais engagés, dans la limite de 12 000 euros (majoré de 1 500 euros par enfant à charge, le plafond ne peut excéder 15 000 euros) pour la garde à domicile, et à 25 % des frais engagés dans la limite de 2 300 euros (par enfant de moins de 6 ans) par an pour la crèche et pour l’assistante maternelle. En outre, les cotisations sociales pour l’emploi d’une assistante maternelle ou d’une nourrice à domicile sont prises en charge respectivement à 100 % et à 50 % par la CAF.
[2]Le taux d’équipement moyen de places en crèche est de 6,8 places pour 100 enfants, mais il est de 24,3 à Paris contre seulement 1,1 dans l’Aisne (CSS, 2003). Le mouvement de décentralisation des années 1980 a transféré cette compétence aux communes sans les doter des moyens adéquats pour répondre aux besoins des familles (Périvier, 2003).
[3]L’essentiel de l’aide à la garde à domicile transite par la réduction d’impôt. Or, ce crédit d’impôt n’étant pas remboursable, ce mode de garde n’est accessible qu’aux familles dont le montant d’impôt est supérieur au plafond.
[4]L’investissement mis en Å“uvre depuis 2000 revient à 745 millions d’euros pour la création de 42 207 places nouvelles (FIPE, Fonds d’investissement pour la petite enfance, en 2000, pour 230 millions d’euros ; AEI, Aide exceptionnelle à l’investissement, en 2002, pour 230 millions d’euros ; DAIPE, Dispositif d’aide à l’investissement petite enfance, en 2004, pour 160 millions d’euros ; et enfin, le plan crèches, en 2005, pour 125 millions d’euros).
[5]Dans 32 % des cas, la préférence va à celui qui a le salaire le plus faible, et le reste n’a pas d’opinion sur la question (Croutte et Hatchuel, 2003).
[6]Le congé peut être pris à temps partiel. Dans ce cas, l’allocataire réduit son temps de travail. Au total, en 2005, plus de 570 000 femmes bénéficiaient de l’APE et 70 % des allocataires l’étaient à taux plein.
[7]Initialement, au moment de sa création en 1986, ce congé parental rémunéré n’était ouvert qu’à partir du troisième enfant. Or l’arrivée d’un troisième enfant impliquait déjà une forte diminution du taux d’activité des mères : leur offrir une allocation a représenté un pur effet d’aubaine.
[8]Dans le secteur de la banque, Pascale Petit montre la discrimination à l’embauche que subissent les femmes jeunes et qualifiées. Leur embauche est freinée par la longueur du congé maternité auquel elles auraient droit en cas de grossesse, alors que les femmes de même niveau de qualification mais plus âgées, et pour lesquelles le risque de grossesse est plus faible, ne subissent pas cette discrimination.
[9]Loi n° 2005-706 du 27 juin 2005.
[10]http://www.famille.gouv.fr/
[11]En particulier, le complément libre choix d’activité a remplacé l’APE. Les conditions d’éligibilité relatives à l’activité passée des allocataires ont été resserrées. En outre, il est ouvert dès le premier enfant, mais pour six mois seulement.
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