2007
Informations sociales
Partie 3 : L’intervention de l’État – ••• en contrepoint
Renforcer les interventions précoces auprès des jeunes enfants
Caroline Helfter
En France, selon une étude du Centre de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC) publiée en 2004
[1], environ un million d’enfants – soit 8 % de l’ensemble des mineurs – vivaient, en 1999-2000, en dessous du seuil de pauvreté monétaire de 560 euros par mois. Ils seraient deux fois plus nombreux si le seuil retenu était celui de l’Union européenne, fixé à 60 % du revenu médian, et non à 50 % comme celui qui est utilisé par l’INSEE
[2]. Comment se construisent, au plan socio-affectif, les jeune enfants qui vivent dans des conditions aussi difficiles ? Passant en revue l’essentiel des recherches – principalement nord-américaines – portant sur cette question
[3], Chantal Zaouche-Gaudron, professeur de psychologie, analyse notamment l’impact de l’environnement extrafamilial de l’enfant sur son développement.
Dans le cas des enfants pauvres, explique la psychologue, le quartier peut être une ressource importante s’il offre aux familles des réseaux de soutien et des services accessibles, et leur propose des modèles de comportements sociaux adéquats. La qualité des modes de garde s’avère, en particulier, pouvoir jouer un rôle significatif en ce qui concerne les possibilités d’apprentissage qu’y trouvent les enfants vivant dans des milieux familiaux peu stimulants au niveau cognitif et langagier. C’est pourquoi il est d’autant plus consternant de constater, avec le CERC, que huit enfants sur dix, âgés de 4 mois à moins de 2 ans, dont les parents sont allocataires de minima sociaux ne sont jamais confiés à un mode d’accueil autre que les parents ou les beaux-parents. Aussi, même si en raison de leur intrication, il est difficile de préciser quels sont les facteurs les plus déterminants sur le développement des jeunes enfants dans les familles défavorisées, Chantal Zaouche-Gaudron insiste sur la nécessité de soutenir l’accompagnement des enfants par des interventions compensatrices ou médiatrices au sein de leur environnement proche, en facilitant leur accès aux structures d’accueil de la petite enfance (crèches et scolarisation précoce).
[1]
Les enfants pauvres en France,
CERC, rapport n° 4, 2004.
[2]
Le revenu médian est celui autour duquel se partage la population, une moitié se trouvant au-dessus et l’autre moitié en dessous.
[3]
In
Les conditions de vie défavorisées influent-elles sur le développement des jeunes enfants ?,
avec la collaboration d’Annie Devault, Véronique Rouyer et Olivia Troupel, Érès, 2005, 136 p., 9 euros.