Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 135 à 140
doi: en cours

Veille sur la revue
Vous consultez

Le social en recherche

n° 137 2007/1

2007 Informations sociales Le social en recherche

Le social en recherche

 
Vieillir entre Est et Maghreb
 
 
Mohammed BENCHAABANE, Rahvia TAHARDJI, Nadège COMORET, Ma femme est le père de mes enfants. Conseil général de Meurthe-et-Moselle, 48 rue du Sergent-Blandan, CO 900 19, 54035 Nancy cedex, 140 p. 2006
« Je suis né en 1929 en Algérie, je suis né en 1930 à Constantine, je suis né le 14 mars 1933 à Sétif… ». Après l’énoncé de leur date de naissance, Youssef, Habib, Mohamed, Brahim et quelque vingt autres hommes racontent leur vie marquée par l’exil. Ils sont venus, après la guerre, travailler dans les mines de l’Est de la France, dans le bâtiment, la sidérurgie ou sur les routes. En une ou deux pages, ils disent la dureté d’une vie, éloignée des parents mais aussi bien souvent de l’épouse et des enfants, les conditions difficiles de travail, les séparations, les retours toujours trop courts. Aujourd’hui, ces hommes vivent dans les chambres de foyers, logements, quelques mois au pays, quelques mois ici, quelques mois au soleil et dans la famille et le reste du temps en France, dans la quasi-impossibilité de choisir entre deux mondes si proches et si lointains à la fois. Ces paroles ne traduisent jamais l’amertume d’une vie regrettée mais la fierté d’un dur travail réalisé. Les mots restent toujours d’une grande dignité et seul le vieillissement et la perte des forces génèrent de la nostalgie. Mieux qu’une étude, les matériaux rassemblés redonnent une visibilité et une extraordinaire singularité à des personnes que nous rangeons trop souvent dans la catégorie des travailleurs immigrés. Cette impression de profondeur et de présence est amplifiée par une série de portraits réalisés par Nadège Comoret, des photos qui pourraient être celles d’amis ou de parents. Quelques poèmes adoucissent un peu plus encore ce document totalement original, fabriqué à la demande du conseil général de Meurthe-et-Moselle avec le soutien du FASILD.
 
Des CAT aux ESAT, sans hésitation
 
 
Gérard ZRIBI, Laurence VONWILL., Préparer l’excellence des ESAT pour l’avenir ou de l’utilité des bonnes pratiques, Les cahiers d’ANDICAT, 1, avenue Marthe, 94500 Champigny-sur-Marne, 2006, 101 p.
Centres d’aide par le travail ou centres d’aide pour le travail, la nuance avait, certes, de l’importance quant à la finalité de l’Institution mais le grand public connaissait surtout le sigle de CAT qui désignait un établissement dans lequel travaillaient des personnes handicapées. La réforme initiée par la loi du 11 février 2005 dite « loi pour l’égalité des droits et des chances, de la participation et de la citoyenneté des personnes handicapées » est venue modifier bien des points de repères en remplaçant les CAT par des établissements ou service d’aide par le travail, des ESAT. La loi conforte le rôle de ces établissements et services en matière d’accompagnement vers le travail de personnes handicapées et en fait plus des établissements sociaux et médico-sociaux que des entreprises accueillant des personnes handicapées, ce en quoi se transformaient certains CAT. Cette fonction d’une plus grande activité économique des structures dans le domaine de la production sera désormais le fait des ateliers protégés. Si l’on ajoute à cette réforme l’obligation pour les ESAT de se conformer en matière d’accueil et d’accompagnement des personnes handicapées à la loi de janvier 2002-2 qui prévoit la mise en place de livret d’accueil, de contrat de séjour appelé contrat de soutien et d’aide par le travail, de projet personnalisé, de règlement de fonctionnement, de projet d’établissement et de conseil de la vie sociale, c’est tout le quotidien des anciens Cat qui se trouve affecté. Andicat, sans négliger une analyse des principes qui fondent ce changement important de politique s’intéresse surtout à la façon dont les établissements et services peuvent utiliser ces outils pour améliorer la situation des personnes accueillies dans un contexte où les opportunités d’emploi ne s’améliorent pas sur ce marché du travail très spécifique.
 
Étudiants sous anxiogène
 
 
Hédia AÏT-KACI, Laure BACH, Cécile MARTINEZ, Laurence ROSSIGNOL, Benjamin LANIEPCE. La santé des étudiants 2005-2006. Enquête nationale et synthèses régionales. La Mutuelle des Etudiants, Observatoire expertise et prévention pour la santé des étudiants, éditions La Vie universitaire, 37 rue Marceau 94200 Ivry-Sur-Seine, 2006, 299 p.
Dans cette enquête réalisée par l’Observatoire santé de la Mutuelle des étudiants (LMDE) auprès de 10000 adhérents, les deux tiers des étudiants répondent que la société actuelle n’est pas favorable à leur génération et ils sont seulement un peu plus d’un quart à penser que la société est égalitaire. La notion de santé qui figure dans le titre du rapport ne renvoie pas à une approche biologique ou épidémiologique mais davantage à la notion de bien-être et, de ce point de vue, les étudiants ne sont pas particulièrement en bonne situation. Près de 40 % déclarent avoir déjà eu un sentiment d’exclusion, 23 % des filles déclarent un sentiment d’exclusion dû à des remarques sexistes et 13 % des étudiants lient ce sentiment à des réflexions racistes. Près des deux tiers des étudiants répondent qu’ils ne se sont pas sentis en forme au cours des douze derniers mois et un sur deux indique avoir eu des insomnies. Plus grave, 15 % des étudiants déclarent avoir eu des idées suicidaires et ce taux atteint 24 % pour les étudiants qui indiquent ne pas apprécier leurs études. On pourrait comme cela ajouter les indicateurs les uns aux autres. Il faudrait aussi, comme le fait le rapport, montrer des différences selon l’âge, le niveau d’études, mais aussi l’habitat et la situation des parents ; mais au-delà de ces chiffres, une image ressort, celle d’étudiants sous la double pression d’un présent où la compétition l’emporte sur la convivialité et d’un avenir peu engageant.
 
La drogue dans les 25
 
 
Collectif. Etat du phénomène de la drogue en Europe. Observatoire Européen des drogues et des toxicomanies., Rua da Cruz de Santa Apolonia, Lisbonne Portugal. 2006, 98 p. Téléchargeable sur www.emcdda.europa.eu
Le rapport de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies constitue d’abord une bonne base d’information sur l’évolution de la production et de la consommation des substances illicites. Au premier rang de ces produits, le cannabis reste la drogue la plus produite et la plus sujette au trafic, juste devant la cocaïne et les opiacés comme l’héroïne ou des produits « maison » comme les tiges ou les concentrés de pavot. Viennent ensuite les substances psycho-actives de synthèse comme les amphétamines, l’ecstasy et les métamphétamines produites, surtout depuis le milieu des années quatre-vingt, sous le nom de pervitine. La plupart des pays constatent une augmentation de l’usage des champignons hallucinogènes vendues sur Internet ou ramassés directement en forêt.
Si la lutte contre la drogue reste toujours l’affaire des états membres, le rapport montre que s’établissent des convergences de politiques entre les 25 pays de l’Union. On observe ainsi dans toute l’Europe une tendance à la réduction voire à la suppression des peines d’emprisonnement pour les délits liés à la possession de drogue pour usage personnel et, dans le même temps, à un renforcement des peines pour les délits relevant de la fourniture de drogue. De nombreuses expériences semblent montrer que les actions de prévention de l’usage individuel des drogues s’avèrent plus efficaces lorsqu’elles sont accompagnées de politiques visant à limiter l’accès des plus jeunes aux drogues licites comme l’alcool et le tabac. Le rapport met également l’accent sur quelques bonnes pratiques qui suscitent un large accord comme les interventions brèves qui visent des personnes à des stades précoces de la consommation de substances ou l’importance accordée aux structures à bas seuil qui jouent un rôle important dans le développement de l’accès aux soins des usagers de drogue.
 
La FNARS au front
 
 
Collectif. L’exclusion n’est pas une fatalité. FNARS, 76, rue du Faubourg-Saint-Denis, 75010 Paris, novembre 2006, 159 p.
De livre noir en livre blanc, de livres en états généraux, d’états généraux en livre des États, la Fnars ne désarme pas. Après avoir réalisé tout au long de l’année 2006 une sorte d’état des lieux de l’exclusion, les adhérents de la Fnars en viennent aux propositions pour combattre la pauvreté et l’exclusion. Soulignant le déficit de connaissances et d’observations sur les personnes accueillies au niveau local, regrettant la difficulté à organiser le pilotage des politiques sociales au niveau territorial, pointant la relative absence de l’État dans son rôle de garant de la solidarité et du refus des inégalités territoriales, dénonçant les surenchères législatives et réglementaires qui conduisent à empiler les mesures les unes sur les autres sans se préoccuper de leur évaluation, la FNARS propose de changer les règles du jeu. Le rapport propose d’abord un diagnostic sur un territoire pour repérer les manques, pour mieux connaître les profils des personnes en difficultés, ce diagnostic devrait ensuite être partagé par les différents acteurs locaux relevant de l’Etat, des collectivités territoriales et des associations. À partir de cette analyse partagée, il reste à définir des priorités d’action, un calendrier, des rendez-vous, et peut-être aussi à expliquer ce qu’on va faire et ce que l’on ne peut pas faire. Une méthode simple et empirique que la FNARS applique à une multiplicité de thèmes comme le logement, l’accueil d’urgence, les exclus de l’emploi et les travailleurs pauvres, les femmes victimes de violence, les familles fragilisées. Il n’est pas impossible que certaines de ces idées se retrouvent en débat lors de la prochaine campagne présidentielle si l’on se souvient des débats de 1995 d’où sortirent le premier projet de loi de cohésion sociale puis la loi de lutte contre les exclusions de 1998.
 
Insertion en Lorraine
 
 
Andréa KHRISTOVA, Hervé LHOTEL, Alexandre PARMENT, Marie-Noëlle GREGO. Génération 2001 en Lorraine. Quand l’école est finie…, Groupe de recherche sur l’éducation et l’emploi, Université de Nancy 2 et OREFQ, Centre d’Affaires Libération 4, rue de la Foucotte, 54000 Nancy, mai 2006, 85 p.
Après les enquêtes sur le devenir des jeunes sortant du dispositif de formation initiale en 1992 et 1998, le CEREQ a réitéré cette étude auprès de la génération sortie du système scolaire en 2001. Cette enquête nationale a bénéficié d’une extension dans plusieurs régions dont la Lorraine. Une approche régionalisée est d’autant plus intéressante que les différents mouvements de décentralisation ont accru au fil des années la compétence de l’échelon régional en terme de formation professionnelle et d’insertion. Trois ans après la sortie du système éducatif, le taux de chômage reste très élevé, de l’ordre de 17 %. Mais ce taux cache des disparités énormes puisqu’il est de 9 % pour les sortis de troisième cycle et des grandes écoles et de 48 % pour les jeunes sans aucune qualification. Trois ans après être sorti du système éducatif, un jeune sur deux réside toujours chez ses parents avec un écart très important selon le sexe. Deux tiers des jeunes hommes sont encore chez leurs parents contre un tiers seulement pour les jeunes femmes. Les résultats obtenus pour la Lorraine sont assez voisins de ceux de l’ensemble de la France même si les sortants de l’enseignement technologique et professionnel sont plus nombreux, fruit d’une offre de formation historiquement marquée.
 
Rappel à l’Ordre
 
 
Collectif. Codes d’éthique et autres textes internationaux. Commission santé de la section française d’Amnesty international, 76, boulevard de la Villette, 75940 Paris cedex 19, novembre 2006, 196 p.
Au moment où se durcit un débat aux confins de l’éthique et du monde médical, entre les tenants d’une inscription la plus réaliste possible de l’intervention médicale dans un univers économique concurrentiel et les partisans d’une approche humaniste de la pratique médicale qui ne doit, par exemple, pas conduire à renvoyer de sa consultation un bénéficiaire de la Couverture maladie universelle, le rappel d’Amnesty international vient à point nommé. Parce qu’ils peuvent protéger les prisonniers et les détenus contre les violations des droits humains, mais aussi parce qu’ils peuvent permettre aux professionnels de résister aux pressions et aux injonctions les codes d’éthiques constituent des outils fondamentaux pour les militants d’Amnesty international. Pour qui penserait que le serment d’Hippocrate constitue encore l’unique base éthique, le rapport de la section française d’Amnesty international rappelle l’existence de la déclaration de Genève de l’Association médicale mondiale, du Code international d’éthique médicale, de la déclaration de Tokyo, directive à l’intention des médecins en ce qui concerne la torture et autres peines ou traitements cruels inhumains ou dégradants, de la déclaration de Hambourg et de celle d’Helsinki qui rappelle les principes éthiques applicables aux recherches médicales sur des sujets humains. Le code de Nuremberg, la déclaration de Malte sur les grévistes de la faim, la déclaration de l’association médicale mondiale sur la fouille corporelle des prisonniers constituent d’autres jalons pour guider les comportements des personnels de santé en situation de conflit. Au-delà du seul aspect médical, le rapport revient sur des textes moins connus comme la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes adoptée par les Nations unies en 1979 ou les principes pour la protection des personnes atteintes de maladies mentales, ou encore les règles pour la protection des mineurs privés de liberté.
 
Pauvres et seuls
 
 
Collectif. Pauvreté : accélérateur d’isolement. Secours catholique, 106, rue du Bac, 75007 Paris, novembre 2006, 36 p.
Comme chaque année depuis maintenant douze ans, le Secours catholique propose une analyse des personnes accueillies dans ses permanences par les bénévoles de l’association. Si les chiffres globaux restent assez proches d’une année sur l’autre, les données du Secours catholique montrent le vieillissement des personnes accueillies, vieillissement qui augmente, suivant en cela l’évolution démographique de la population française. Fait sans doute significatif qui conduit le Secours catholique à proposer un long développement sur ce thème, les trois quarts des personnes accueillies sont soit des personnes seules soit des parents isolés. Ces personnes isolées se trouvent dans une précarité plus grande. Le développement des emplois précaires, l’augmentation constante du nombre de chômeurs non indemnisés, les hausses régulières des loyers non compensées par les aides au logement, tous ces facteurs constituent des sources de précarité et d’incertitudes pour les personnes rencontrées et expliquent le fait que les deux tiers des personnes ou des familles aient des impayés. Au-delà de la seule description des personnes accueillies, le rapport de 2005 met l’accent sur l’isolement et la vie relationnelle. Si l’isolement est mesuré habituellement avec des indicateurs objectifs, par exemple le nombre de rencontres dans une période donnée, le sentiment de solitude est une information totalement subjective. Alors que les enquêtes de l’Insee indiquent que 10 % de la population peut éprouver ce sentiment, le Secours catholique fait état d’un taux de plus de 36 % pour les personnes rencontrées. Ce sentiment est également partagé par les hommes et les femmes et la présence d’enfants au foyer ne le réduit pas. Contrairement à ce que l’on dit souvent, la présence d’un animal ne diminue pas ce sentiment qui est particulièrement marqué chez les plus de 70 ans. L’habitat en collectivité semble ne rien y faire et la solitude augmente chez les personnes ayant un faible niveau de formation et surtout pour celles dont les difficultés financières sont les plus grandes.
 
Reconnaître les inégalités
 
 
Jacques FREYSSINET, Michel DOLLE, Pascal CHEVALIER, Les niveaux de vie et les inégalités sociales. Conseil national de l’information statistique, novembre 2006, 49 p. Téléchargeable sur www.cnis.fr
Alors que les données de l’Insee indiquent que les inégalités dans la société française sont restées plutôt stables, voire même se sont réduites au cours des dernières années, toutes les enquêtes réalisées auprès de la population française montrent une opinion publique très sensible au thème de la montée des inégalités. L’une des hypothèses pour expliquer ce décalage pourrait tenir aux difficultés de l’appareil statistique à rendre compte des inégalités de manière globale. On sait en effet que les inégalités les mieux connues portent sur le revenu alors que les inégalités de patrimoine restent les plus mal connues, on devine pourtant que ce sont là les secteurs dans lesquels les disparités sont les plus importantes. Le groupe du CNIS propose une réflexion très en profondeur sur les indicateurs qui permettraient de rendre compte des inégalités non pas sous l’angle restreint de la pauvreté mais tenant compte des relations entre richesse et pauvreté. Une cinquantaine de propositions sont mises en débat par le CNIS dont celle de la construction d’un système intégré permettant de diffuser annuellement un état des inégalités dans la société française.
© Cairn 2007 Vie privée | Conditions d’utilisation | Conditions générales de vente
À propos | Éditeurs | Bibliothèques | Aide à la navigation | Plan du site | Raccourcis