2007
Informations sociales
Partie 1 : Soutien et charge de famille – Rubrique
Une rentrée cher payée
Lucie Baune
Le mythe de la gratuité de l’école a vieilli. Les familles ont l’occasion de s’en rendre compte à chaque rentrée scolaire. Aux dires des associations familiales, les listes de fournitures s’allongent et sont bien souvent entachées de superflu. Deux d’entre elles réalisent chaque année une enquête, grâce aux relevés effectués par leurs adhérents, sur le coût de la rentrée scolaire.
L’association Familles de France l’évaluait ainsi, en septembre 2006, à un peu plus de 202 euros en moyenne pour un enfant entrant en classe de sixième (comprenant les fournitures, le cartable et la tenue de sport). Les différences sont importantes selon que les achats sont effectués uniquement en hypermarché (182 euros) ou dans un magasin spécialisé (270 euros).
La Confédération syndicale des familles (CSF) l’estimait, quant à elle, à 330 euros. Les deux associations n’utilisent pas les mêmes critères. Sont également pris en compte par la CSF les livres annexes (dictionnaires, précis de grammaire, livres de poche…) et d’autres frais comme l’assurance ou la participation à la coopérative scolaire. Plusieurs classes sont par ailleurs étudiées. Ainsi, le budget moyen de la rentrée était, cette année, de 45 euros pour la maternelle, de 119 euros pour le cours préparatoire et de 169 euros pour le cours moyen. Au lycée, il explose littéralement, puisqu’il faut compter près de 546 euros en seconde générale, en raison notamment des manuels scolaires. L’enseignement professionnel, très fréquenté par les enfants de familles modestes, n’est pas en reste. L’entrée en seconde “technologie industrielle” revient à 793 euros. Un surcoût dû essentiellement à l’équipement en matériel, indispensable pour ce type de formations.
En 2003, la CSF a observé l’évolution du coût de la rentrée sur trente ans. Bien qu’il soit reparti à la hausse depuis les années 1990, il a globalement eu tendance à diminuer légèrement. Si la rentrée en elle-même revient un peu moins cher, les dépenses effectuées tout au long de l’année se sont néanmoins accrues : cantine, transport, voyages, sorties scolaires… Familles de France les a évaluées, en 2006, à 963 euros en moyenne. Sans compter les fournitures à renouveler.
Pour aider les familles à faire face, l’État a créé, en 1974, l’Allocation de rentrée scolaire (ARS), versée par les caisses d’Allocations familiales. Son montant était de 268 euros cette année. Ce qui allège considérablement le budget consacré à la rentrée. Reste que si l’ARS s’avère effectivement un vrai coup de pouce pour les petites classes (maternelles et primaires), à partir du collège, en revanche, elle est loin de couvrir toutes les dépenses.
Depuis quelques années, les régions permettent elles aussi aux familles de souffler, en finançant en partie ou totalement l’achat des manuels scolaires au lycée. Des efforts inégaux selon les régions. Ainsi, mieux vaut habiter, par exemple, en Languedoc-Roussillon ou dans les Pays de la Loire, où les livres sont prêtés gratuitement par les établissements, plutôt qu’en Haute-Normandie ou en Bretagne, où l’aide accordée ne compense pas le coût des manuels, estimé par la CSF à 205 euros en classe de seconde. Si de telles disparités existent, comment garantir l’égalité des chances ?
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www.familles-de-france.org
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www.csfriquet.org