Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 83 à 84
doi: en cours

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Partie 3 : L'intervention de l'État – ••• en contrepoint

n° 137 2007/1

Union des familles européennes, Comment les enfants pauvres sont-ils traités par les minima sociaux ?, 2006, site www.uniondesfamilles.org ; l’étude est également accessible à partir du site du CERC : www.cerc.gouv.fr

Une récente étude réalisée pour l’Union des familles européennes (UFE) s’est intéressée au coût de l’enfant des familles relevant des minima sociaux. On peut évaluer à 1,6 million les enfants vivant dans des familles relevant des minima sociaux : 750 000 sont concernées par le RMI, 410 000 par l’Allocation de solidarité spécifique, 295 000 par l’Allocation de parent isolé et 175 000 par l’Allocation pour adulte handicapé. Les familles allocataires perçoivent des revenus qui sont, en moyenne, inférieurs de 31 % au seuil de pauvreté.
Les conclusions de cette étude mettent en relief des données présentées comme inéquitables par l’UFE, en particulier selon les compositions familiales. Proportionnellement, l’écart entre le loyer et l’allocation de logement est bien plus important pour un couple avec cinq enfants que pour un célibataire. L’État verse moins à des enfants bénéficiaires des minima sociaux qu’à ceux dont les parents touchent le SMIC et, selon la situation parentale, le traitement des enfants est présenté comme trop hétérogène. Par exemple, un parent seul avec quatre enfants recevra 1 003 euros de prestations familiales, alors qu’un parent chômeur de longue durée ou handicapé recevra respectivement 2 154 euros et 2 429 euros. Tendanciellement, les enfants sont plutôt moins bien traités que les adultes, et les enfants vivant avec leurs deux parents sont plutôt moins bien considérés que ceux relevant d’un parent seul.
L’étude présente des scénarios de survie qui détaillent “comment vivre à sept avec 1 900 euros par mois”, alors que l’UFE évalue à environ 3 500 euros un budget mensuel “décent” pour une famille de cette composition. En s’inspirant des prix d’un catalogue de vente par correspondance, les budgets vêtements sont composés au plus juste pour les cinq enfants et adolescents de 10 à 16 ans, qui vont respectivement de 142 à 230 euros. L’exercice s’applique aussi aux repas à partir des tarifs pratiqués par une chaîne de magasins à prix coûtants. Les déjeuners se partagent en deux jours “avec viande”, pour un montant moyen global par repas quotidien de 12 euros, et en cinq jours “sans viande”, à 5,85 euros.
Si l’on élargit les données sur le taux de pauvreté à l’échelle européenne (à partir des statistiques Eurostat concernant l’Europe des quinze), la France présente un taux relativement faible, en se situant au cinquième rang. Mais ce chiffre varie selon la composition familiale : elle descend au septième rang pour celles ayant trois enfants ou plus, et elle monte au quatrième rang pour les familles de un à deux enfants. Le tableau général montre que la pauvreté des enfants a progressé dans de nombreux pays d’Europe, dont l’Autriche et l’Allemagne de l’après-réunification, alors qu’elle est beaucoup plus limitée en Suède et en Finlande.
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