Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 65 à 66
doi: en cours

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Partie 2 : La protection des majeurs dans la pratique – ••• en contrepoint

n° 138 2007/2

2007 Informations sociales Partie 2 : La protection des majeurs dans la pratique – ••• en contrepoint

Le tutorat pédagogique

Alain Vulbeau
Dans le monde de l’éducation actuelle, le tutorat prend un sens bien précis. Il s’agit d’abord d’une aide individuelle, contractualisée entre un tuteur et son pupille, ce qui crée une situation différente de la classe. Ce soutien peut s’exercer de multiples façons, notamment par des entretiens en face-à-face, centrés, selon le moment, sur l’organisation pédagogique proprement dite ou sur des dimensions plus psychologiques, effectués dans ce cas par des adultes compétents. L’objectif du tutorat est à la fois de mieux prendre en compte les contraintes scolaires et de développer le sens de l’autonomie.
Il n’y a pas d’âge pour être “tutoré”, puisque ce principe peut s’adresser à des enfants de primaire, à des collégiens ou lycéens, comme à des étudiants de toutes disciplines, futurs médecins ou ingénieurs. En général, le terme tuteur est plutôt employé pour désigner un adulte, alors que ce sera le terme moniteur qui permettra de désigner le monitorat, ou relation d’aide individuelle, entre un aîné et un cadet, quel que soit le niveau de formation. Tuteur ou moniteur offrent davantage une relation d’aide individualisée que strictement individuelle : ainsi, un tuteur peut prendre en charge des petits groupes où chaque pupille est considéré comme un cas particulier. Dans cette configuration, le terme tuteur se rapproche du sens de “tutor” en anglais, qui désigne un enseignant donnant des cours particuliers.
Malgré sa connotation datée, le tuteur s’est adapté à la modernisation pédagogique avec la notion d’“e-tuteur”. Dans le cadre de formations ouvertes ou à distance, ce dernier doit moins s’employer à transférer une expertise que s’attacher à organiser le suivi et l’accompagnement de l’“e-pupille”. Ce type de formation s’appuie sur une approche contractuelle où se jouent le parcours individuel de l’apprenant, l’analyse de sa progression et le soutien de sa motivation. Il s’agit de mettre en place une forme de médiation d’apprentissage qui se substitue peu à peu au modèle académique professeur-élève. Cette activité s’effectue à partir d’un dispositif de formation ou à partir d’autres espaces, comme des centres de ressources.
On voit que le tutorat peut prendre des formes très contemporaines et que le terme de tuteur a bien évolué. Il évoquait le soutien par le redressement, que ce soit dans le registre horticole avec les tuteurs de plantes ou dans celui de la médecine avec les tuteurs orthopédiques que formaient les corsets et autres instruments de remise à droit. Dans cet ordre d’idées, on se souvient que Michel Foucault fit une analyse disciplinaire et une critique radicale de ces pratiques de redressement dans son ouvrage “Surveiller et punir”. Désormais, le tuteur n’est plus là pour adapter et corriger mais pour aider en tenant compte du profil spécifique de son pupille.
Source : site www.inrp.fr
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