2007
Informations sociales
Partie 2 : La protection des majeurs dans la pratique
L’argent comme levier dans les situations de tutelle
L’expérience des “familles gouvernantes”
Ana Perrin-Heredia
Allocataire monitrice à l’université de Reims Champagne-Ardenne, membre de l’équipe Modélisation de l’économie domestique et incidences des politiques sociales (MEDIPS) au Centre d’études de l’emploi, ses recherches portent sur les pratiques budgétaires des milieux populaires.
L’expérience tentée par une Union départementale des associations familiales (UDAF) pour aider les personnes mises sous tutelle apparaît comme un cas extrême de prise en charge globale du majeur protégé (administrative, financière, sanitaire et sociale). Dans ce cadre, la gestion de l’argent n’est plus simplement objet de surveillance et de contrôle, mais s’insère plus largement dans une action pédagogique voire thérapeutique, sans échapper pour autant aux dérives que comporte ce type de prise en charge institutionnelle.
“Gouvernante”, ce terme semble aujourd’hui appartenir aux siècles passés. Pourtant, cette profession a été remise au goût du jour dans certains départements par l’Union nationale des associations familiales (UNAF). Au cÅ“ur d’un quartier périphérique défavorisé d’une ville moyenne, un dispositif original et alternatif de prise en charge des personnes bénéficiant d’une mesure de protection exercée par leur service de tutelle a été mis en place, il y a une dizaine d’années : les “familles gouvernantes”.
La gestion de l’argent réside au cÅ“ur de la mesure juridique de mise sous tutelle, qu’il s’agisse d’une mesure de tutelle au majeur protégé et/ou d’une tutelle aux prestations sociales adultes. À la fois thermomètre et révélateur de situations délicates, les problèmes liés à l’argent ne représentent pourtant bien souvent que le haut de l’iceberg des difficultés rencontrées. La simple prise en charge administrative et financière ne suffit pas face à un handicap généralement lourd qui nécessiterait une prise en charge globale.
Mme Cotrel
[1] est déléguée à la tutelle d’une Union départementale des associations familiales (UDAF)
[2] où a été mis en place le programme des “familles gouvernantes”. Elle a en charge soixante-dix majeurs bénéficiant d’une mesure de tutelle. Selon les termes de la loi, elle se doit de gérer
“en bon père de famille” les biens et les dossiers administratifs de ces personnes. Elle s’assure que tous leurs droits sont bien respectés et, selon ses propres termes,
“qu’il leur reste de quoi manger et qu’elles ne se font pas spolier”. Elle dit
“faire à la place” du majeur protégé ce pour quoi il a été décrété incapable, à savoir, la plupart du temps, lire et comprendre un document administratif ou payer une facture.
Le public dont s’occupe cette déléguée à la tutelle ne rentre dans aucune catégorie définie (handicap physique, handicap mental ou handicap social) et cumule plusieurs sortes de difficultés : dépressions nécessitant un suivi psychiatrique, alcoolisme nécessitant un suivi médical, désocialisation après plusieurs années de vie dans la rue nécessitant une prise en charge sociale, etc. La gestion budgétaire est un des symptômes de ce mal-être plus profond que la mesure de tutelle, en assurant seulement la prise en charge administrative et financière de la personne, ne suffit pas à régler. La plupart de ces majeurs ont en effet besoin d’une aide ménagère. Mais la carence certaine en structures susceptibles de les accueillir et la faiblesse de leurs moyens financiers ne leur permettent pas d’avoir accès à ce service.
Le principe des “familles gouvernantes”, initié il y a une dizaine d’années, est alors apparu, aux yeux des responsables de l’UDAF, comme une réponse acceptable. Cinq adultes placés sous tutelle sont colocataires et salarient une personne en tant qu’employée de maison. Cette dernière vit dans le même immeuble qu’eux, c’est la “gouvernante”. Chaque appartement comporte des pièces communes, telles que la salle à manger, la cuisine et la salle de bains, mais également des pièces individuelles : les chambres. Chaque colocataire verse tous les mois une pension alimentaire de 200 euros sur le compte professionnel de la gouvernante qui contribue à l’achat de nourriture, à l’entretien de la personne et à celui de l’appartement.
Le lieu, la disposition et l’architecture servent alors un seul et même but manifeste : recréer une cellule familiale, un environnement accueillant et chaleureux. Les résultats de l’expérience semblent, jusqu’à présent, positifs. Les locataires assurent la charge de leur loyer et, ce faisant, leur insertion et leur maintien en milieu ordinaire. Pour la déléguée à la tutelle de l’UDAF, il s’agit
“presque d’une hospitalisation à domicile” qui permettrait de retrouver un rythme de vie normal grâce à la présence quotidienne de la gouvernante. Ainsi, avec une trentaine de gouvernantes employées à temps complet, le dispositif remplit, au niveau local, des objectifs non seulement économiques et sociaux mais aussi familiaux et solidaires. Si ces personnes en difficulté ont en commun le fait d’avoir perdu la valeur de l’argent ainsi que les conditions de son utilisation, leur encadrement, grâce au programme des “familles gouvernantes”, a pour objectif affiché de faire de l’argent un moyen d’action pour les aider à progresser, à leur rythme, vers une plus grande autonomie. La priorité déclarée d’une des gouvernantes est ainsi de
“les faire vivre comme tout le monde, [de faire en sorte] qu’elles aient des bonnes relations sociales avec l’extérieur, qu’elles soient bien accueillies partout, qu’elles aillent à la pharmacie, chercher le pain ou des bananes au magasin du coin”. Mme Bonvoisin
[3], une des gouvernantes de ce programme, a accepté de nous ouvrir ses portes et de raconter, souvent avec émotion, ce métier
“pas comme les autres”. Sans remettre en cause le dévouement, la volonté indiscutable de bien faire et le mieux-être apporté à ces personnes, l’observation des pratiques quotidiennes des gouvernantes invite à s’interroger sur les effets latents produits par ce type de prise en charge.
Un réapprentissage des usages sociaux
L’usage de l’argent, bien encadré, est en effet susceptible de constituer un support éducatif important. Les gouvernantes apprennent aux personnes sous tutelle à économiser, à résister aux “petits besoins immédiats” et à “dépenser à bon escient”. Ce (ré)apprentissage est construit sur le mode binaire de la sanction et de la récompense propre au processus de
“disciplinarisation”
[4]. L’argent de poche, fonction des revenus, devient alors un moyen de pression et d’action très efficace, si l’on en croit une des gouvernantes du dispositif :
“Moi, ici, je donne l’argent de poche à tout le monde. Mais en même temps, j’ai la possibilité de ne pas donner.” Mme Bonvoisin accompagne ainsi régulièrement ses “pensionnaires”, cinq femmes âgées de 49 à 70 ans, dans la planification de leurs achats en leur apprenant à renoncer au superflu, à économiser pour réaliser l’achat qui leur tient à c
Å“ur et qu’elles ne pourraient immédiatement se payer. Elle les guide également dans leurs dépenses occasionnelles, notamment lorsqu’elles “ne font rien” de cet argent de poche :
“Plutôt que de ne rien en faire, on va vous acheter des petites choses, un petit pyjama, une paire de chaussures, enfin quelque chose dont vous avez envie”. Elle aspire ainsi à les former à la pratique d’une consommation réputée
“compétente”, pour reprendre la formule de V. Zelizer. Elle donne l’exemple de Mme Pelot, une des femmes dont elle s’occupe, qui désirait s’acheter un coffret de musique à 99 euros. Elle lui a conseillé d’
“économiser pendant deux mois”, à la suite de quoi elle a récompensé sa bonne volonté en ajoutant les 15 euros manquant à l’achat. Mais cette même Mme Pelot, ancienne alcoolique, avait été, quelque temps auparavant, sanctionnée pour son comportement jugé
“inconséquent” voire
“anormal”. Car, explique la gouvernante, deux fois en l’espace d’une journée, elle aurait acheté et mangé pour 45 euros de chocolat, ce qui l’aurait rendue
“malade comme une bête”. Mme Bonvoisin exprime son incompréhension face à un tel comportement, d’autant qu’elle n’avait qu’à lui demander du chocolat pour en obtenir. D’après elle, cette attitude relève de pulsions qui auraient pu rapidement se porter sur d’autres objets que le chocolat. Il fallait donc y remédier. Après quelques mois d’observation, elle a redonné son argent de poche à Mme Pelot, en lui rappelant toutefois que le moindre écart serait à nouveau réprimé. Depuis, une fois par mois, elle l’emmène faire un tour en ville, acheter des livres si elle en a besoin, puis elles passent chez le chocolatier car, au moins,
“là c’est du bon”.
Plus généralement, les gouvernantes opèrent une distinction catégorique entre ceux qui seraient “capables” de bien gérer leur argent de poche et les autres. Selon elles, cette capacité apparaîtrait de manière significative chez les fumeurs. Alors que certains sont en mesure de “se réguler” et d’acheter toutes les semaines leur tabac sans dépasser leur budget, d’autres reçoivent dix euros par semaine (s’ils ont cinquante euros par mois) pour “arriver à la fin du mois”. Enfin, il y a ceux pour qui la gouvernante achète les cigarettes et les distribue, y compris à des moments différents de la journée. Ainsi, au quotidien, s’organise pour les plus “intempérants” la remise des cigarettes : leur budget leur autorise huit cigarettes par jour, soit trois le matin, deux à midi et trois le soir.
Ces formes de pédagogie, à vertu thérapeutique, ne concernent pas uniquement le domaine budgétaire, puisque dans bien des cas, comme le souligne Mme Bonvoisin, il s’agit de “tout un réapprentissage de la vie sociale” qui se fait par la répétition des règles de vie commune, de politesse et de bonnes manières : “Tenez-vous à table ! Faites-ci ! Non, ce n’est pas comme ça !” Ainsi, pour la gouvernante, “avec ces gens-là, il faut faire comme si vous étiez avec un enfant”. Elle prend l’exemple d’une autre de ses “pensionnaires”. Lorsqu’elles sont à table, elle s’assoit à côté d’elle, lui tient la main et la reprend : “Tant que vous en avez dans la bouche, vous ne mangez pas ! Ce n’est pas comme ça qu’on mange ! Est-ce que c’est comme ça qu’on vous a appris ?” D’après ses propres mots, répétés à plusieurs reprises, elle essaye “de faire ressurgir leur éducation en leur rappelant simplement les règles de la vie sociale, ne serait-ce que dire ‘bonjour’, dire ‘au revoir’…”
L’argent comme moyen d’imposition d’une norme
Mais le contrôle exercé dans le souci légitime de protéger financièrement le majeur s’immisce dans tous les recoins de la vie sociale, y compris les plus intimes. Par exemple, lorsque les “pensionnaires” reçoivent leur famille pour la première fois, ils le font sous le contrôle de la gouvernante qui juge du bon déroulement de l’entrevue. Cette surveillance a pour but non seulement d’éviter les abus de faiblesse, les vols et les spoliations, mais aussi de mesurer la souffrance occasionnée par la visite d’un proche. Si celle-ci est jugée trop importante, l’UDAF peut donner l’autorisation à la gouvernante d’espacer les visites, voire de les interdire. De même, si les “pensionnaires” ont le droit d’avoir des relations sexuelles, celles-ci doivent avoir lieu dans leur chambre, avec discrétion et toujours sous le contrôle de la gouvernante. Les visites de nuit sont également strictement interdites, afin d’éviter que quelqu’un d’autre ne s’installe dans l’appartement. Ces mesures sont prises, comme le rappelle la gouvernante, afin de protéger certaines personnes qui vivaient seules et qui “ont été squattées toute leur vie”.
Les gouvernantes ont un rôle ambigu à bien des égards. Elles sont payées par ces personnes en difficulté, elles travaillent pour elles, mais elles se doivent également de les surveiller, de les contrôler et parfois même de les sanctionner afin de mieux les protéger. Elles sont soumises à une double exigence sociale d’assistance aux plus démunis et de neutralisation de la déviance.
La relation qui lie les gouvernantes à leurs “pensionnaires”, parce qu’elles se proposent de rééduquer et de réapprendre les règles de la vie sociale, dépasse le simple cadre classique d’une hospitalisation à domicile. Elle passe progressivement du statut d’aide apportée à des adultes (care) à celui de soin prodigué à des enfants (nursing). Cette impression est renforcée par la place accordée à la gouvernante dans ce dispositif, chargée de materner les majeurs sous tutelle dans une ambiance “familiale”. Car, dans l’esprit du projet, la gouvernante doit à la fois faire preuve d’autorité, de rigueur et d’assurance dans son quotidien, mais aussi d’affection et de maternage. Dès lors, en répondant aux exigences de l’institution, elle agit en “bonne mère de famille”, d’autant mieux qu’elle se conduit, le plus souvent, comme elle l’a toujours fait avec ses propres enfants. Engagée dans un rôle qui lui est si naturel, il lui est alors difficile d’opérer la distanciation nécessaire à la prise de conscience des effets induits par son comportement. L’allocation d’un argent de poche, la régulation de la consommation et le réapprentissage des “bonnes manières” réduisent pourtant les “pensionnaires” au rang de celui des enfants d’un ménage. Parce qu’ils ne peuvent se prévaloir de cette sorte de libre arbitre propre au statut d’adulte, parce qu’ils abdiquent publiquement de leur volonté, ils peuvent avoir le sentiment de se sentir irrémédiablement rétrogradés dans la hiérarchie des âges.
De plus, dans ce processus de “normalisation” des pratiques, tous les écarts de conduite sont invariablement évalués à partir de critères psychiatriques excluant par exemple ce qui ne serait qu’un simple rejet des formes d’imposition produites par le dispositif. Mme Pelot pourrait, par exemple, ne pas vouloir “demander” lorsqu’elle veut du chocolat. On reprendra ici l’analyse de E. Goffman, lorsqu’il explique qu’il est susceptible d’exister
“une ou plusieurs versions médicales pour interpréter chacune [des] pratiques comme autant de symptômes d’un état pathologique. Mais ces conduites […] peuvent aussi bien s’interpréter par référence aux conditions d’existence aménagées par l’institution”
[5]. En outre, même s’il faut ici insister sur le fait que pour ces gouvernantes, la prescription relève avant tout d’une obligation morale (celle d’aider son prochain et de respecter la dignité humaine), la relation affective et la proximité qui les lient à leurs “pensionnaires” adoucissent tout autant qu’elles masquent l’imposition normative qu’elles produisent, ne fût-ce qu’inconsciemment. Ainsi, selon Mme Bonvoisin, si les appartements ressemblent davantage aux goûts de la gouvernante qu’à ceux des “pensionnaires”, c’est parce que celles-ci n’expriment que rarement leurs goûts et leurs désirs. Mais on peut aussi remarquer que leurs souhaits ne sont pas nécessairement pris en compte. Car Mme Bonvoisin, comme d’autres, utilise en priorité le prisme de la psychiatrie pour lire la plupart de leurs réactions. Ainsi, lorsque l’une de ses “pensionnaires” a voulu s’acheter une chambre neuve, les deux femmes sont entrées en conflit sur la couleur du mobilier. En effet, alors que la “pensionnaire” désirait une chambre entièrement noire, la gouvernante a refusé catégoriquement de satisfaire son souhait. Elle l’aurait emmenée dans de nombreux magasins pour lui montrer des meubles en insistant de la sorte :
“Mais regardez le noir, quand même, ce n’est pas beau, le bleu c’est mieux !” La chambre de la “pensionnaire” répond aujourd’hui aux goûts de la gouvernante : tons pastel et meubles de bois clair
[6].
L’interprétation de type psychiatrique dérobe ainsi parfois aux conduites des malades leur sens spontané, qui renvoie à leur culture propre telle qu’elle leur a été transmise par leur milieu social et à l’ensemble des conditions objectives dans lesquelles ils se trouvent actuellement placés. La distinction apparaît alors trouble entre un mode de vie imputé à la maladie mentale et un mode de vie qui serait le résultat d’habitudes de dépense. Cette sorte de rationalité économique héritée d’un habitus de classe s’écarterait des “bonnes pratiques” attendues par la société, notamment par la gestion de l’argent dans le temps. Mais ne peut-on alors soulever l’hypothèse que toute configuration de dépense différente de celle envisagée par les classes moyennes
[7] risquerait d’être automatiquement considérée comme relevant de pratiques propres aux individus ignorants ou incompétents ? Et si tel était le cas, on serait tenté de dire qu’il semble toujours très difficile pour les travailleurs sociaux d’admettre ou de comprendre que les pauvres achètent “autre chose que du pain” avec leurs maigres revenus.
Une nécessaire mise en garde
Ce détour par un cas limite permet de pointer du doigt les travers qui guettent n’importe quelle situation de tutelle. Bien souvent, à la relation d’aide se greffe une situation objective de domination sociale, puisqu’une seule des parties en présence a le pouvoir d’imposer en acte les normes de “bonnes dépenses” (épargner…), tandis que l’autre est dans la relative ignorance, la dépossession de soi et la dépendance. En voulant modifier un habitus jugé inadapté à la société de consommation, ces méthodes prennent le risque de stigmatiser les modes de dépense des milieux populaires. La médicalisation des pratiques budgétaires donnant une nouvelle légitimité à l’entreprise de normalisation, il s’agit d’être vigilant et de ne pas faire en sorte que réapprendre signifie en réalité rééduquer.
NDLR : Sur le thème de “La relation aux aides sociales du point de vue des familles bénéficiaires”, on pourra consulter l’article de Cyprien Avenel, paru dans Recherches et prévisions (n° 72, juin 2003), accessible sur le site www.cnaf.fr/publications
[1]
Pour cet article, j’ai rencontré une des trois déléguées à la tutelle en charge des “familles gouvernantes”. J’ai également réalisé des entretiens informels avec plusieurs gouvernantes et suivi l’une d’elle, Mme Bonvoisin, dans ses tâches quotidiennes auprès de ses propres pensionnaires ainsi qu’auprès de ceux d’une autre gouvernante, alors en vacances.
[2]
L’Union nationale des associations familiales (UNAF) est une association loi 1901, chapeautée par les ministères de la Santé et de la Justice, mais dont les salariés relèvent du droit privé.
[3]
Je tiens tout particulièrement à remercier Mme Bonvoisin pour avoir réussi à raconter ce métier de tous les jours, d’autant que, comme elle l’exprime si bien :
“Il est très difficile de parler de quelque chose que l’on fait depuis des années.”
[4]
Voir ici Michel Foucault,
Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1975.
[5]
E. Goffman,
Asiles : études sur la condition sociale des malades mentaux, Paris, Les Éditions de Minuit, 1968, p. 19.
[6]
Comme le résume V. Zelizer,
“Convaincus que les familles démunies étaient incapables de gérer convenablement leur « propre » revenu, les “visiteurs amicaux” et les agents des centres d’Å“uvres sociales firent en sorte d’intercepter une part de leurs gains, d’épargner en leur nom et parfois même de dépenser à leur place”.
La signification sociale de l’argent, Paris, Le Seuil, 2005, p. 212-213.
[7]
Mme Bonvoisin, issue d’un milieu de fonctionnaires, reconnaît ainsi qu’elle n’a pas côtoyé la misère, et que la plupart des gens dont elle s’occupe ne sont pas du même milieu qu’elle.