2007
Informations sociales
Partie 2 : Périmètres et frontières
Médiateurs sociaux, femmes-relais : de nouveaux agents de la relation d’aide
Entre distance et proximité
Fabienne Barthélémy
Doctorante au Centre de sociologie des organisations à Paris (CSO/CNRS/Sciences-po), elle enseigne la sociologie à l’Université Paris-XII-Créteil-Val-de-Marne. Ses recherches portent sur les formes contemporaines de l’intervention sociale et de l’action publique.
Depuis le milieu des années 1990, on voit apparaître et se multiplier un nouveau type d’intervenants communément appelés “médiateurs sociaux”. Leur développement marque l’émergence de pratiques et d’activités ancrées dans une forme de dualité : celles-ci renouvellent à certains égards les formes traditionnelles de l’intervention sociale tout en faisant naître des modes de relation avec les personnes fragilisées qui ne sont pas sans rappeler ceux engagés par les titulaires de postes administratifs directement confrontés au public.
“Lutte contre le chômage” ou “résorption de l’insécurité”, les missions des nouveaux métiers de la médiation se définissent davantage par le traitement de problèmes généraux que par des tâches précises. En outre, les conditions de rémunération de l’emploi (aidé) rendent celui-ci particulièrement fragile. C’est au niveau local que ces nouveaux acteurs devront négocier à la fois leur rôle, les conditions de l’emploi, ainsi que les rapports avec les professionnels de l’action sociale établis.
Le tiers incarne pour nos sociétés modernes une figure clé de la régulation sociale. C’est du moins ce que laisse penser le foisonnement contemporain d’initiatives locales labellisées “médiation”
[1]. Le soutien public récemment alloué à ces dernières – tant par la reconnaissance du métier de “médiateur familial”
[2] que par le développement de programmes de lutte contre le chômage et d’aide à l’insertion professionnelle – a contribué à en multiplier les dispositifs dans des domaines d’intervention hétérogènes. Le secteur de l’intervention sociale et de l’aide à la personne est un champ où le recours à la figure du médiateur s’est particulièrement imposé. En effet, depuis le milieu des années 1980, se multiplient sur les territoires urbains de nouveaux types d’“opérateurs du social”
[3] : “médiateurs sociaux”, “femmes-relais” et autres fonctions de l’intervention sociale et urbaine en sont les figures emblématiques. Ces nouveaux intervenants sont appelés à développer une fonction de médiation qui consiste à assurer un rôle d’intermédiaire social entre des populations dites fragilisées (familles, personnes âgées, isolées, etc.) et les représentants d’institutions locales diverses (principalement des établissements scolaires, des mairies et des services sociaux). Il s’agit de mettre en lien ces deux parties au moyen d’actions à vocation sociale (accompagnement, aide aux démarches administratives, traduction, écoute de personnes en difficulté, etc.). Le développement de ces types d’opérateurs du social marque l’émergence de pratiques qui renouvellent les formes traditionnelles de l’intervention sociale, et ce à plusieurs titres.
Un accès au marché du travail lié aux dispositifs publics de soutien de l’emploi
Ces nouveaux opérateurs ne suivent pas les modalités classiques d’accès au marché du travail de l’intervention sociale. Traditionnellement, l’entrée sur le secteur est régulée par une logique de qualification qui donne le primat au diplôme et à la formation académique effectuée. Ce sont eux qui donnent droit à l’exercice professionnel de la relation d’aide et qui permettent habituellement l’affectation d’un poste de travail. Cela tient au fait que l’intervention sociale s’est construite historiquement autour du modèle de la “
qualification” et d’une logique de “
fermeture sociale où les emplois étaient affectés de manière univoque aux titulaires des diplômes correspondants” (principalement aux assistants de service social et aux éducateurs spécialisés) (Maurel,
in Chopart, 2000). Pour Élisabeth Maurel, cette logique qui a longtemps prévalu s’organise autour de trois principaux indicateurs. Premier indicateur : l’entrée directe dans le champ social se fait quasi exclusivement sur diplôme. La qualification acquise par la formation dans les instituts et dans les écoles de travail social est l’un des fondements essentiels de la légitimité professionnelle. C’est à celle-ci que se réfèrent nombre de travailleurs sociaux. Et ce, parce que “
la relation individuelle ou de groupe ne s’improvise pas, elle répond à des exigences méthodologiques fortes” (Aballéa,
in Chopart, p. 204). Le deuxième indicateur est l’adéquation entre intitulé de poste et intitulé de diplôme : “
Ces appellations stabilisées en correspondance avec des titres diplômants signent la capacité d’un groupe professionnel à faire reconnaître le monopole qu’il a acquis dans l’exercice d’une fonction” (Maurel,
in Chopart, 2000). Troisième indicateur : un système d’emploi statutaire où l’emploi est régi principalement par les règles de la fonction publique et des conventions collectives, où le titre diplômant requis est codifié dans ces statuts. Le secteur de l’intervention sociale est donc historiquement organisé autour d’un système centralisé profondément marqué par la “profession” comme mode d’organisation du marché du travail
[4]. Cela tient au mode de constitution du champ : celui-ci s’est façonné, au cours du XX
e siècle, par vagues d’institutionnalisation successives d’activités auparavant bénévoles ou militantes. C’était par la mise en place de cursus de formation et de diplômes spécifiques que l’État organisait la reconnaissance publique des activités à vocation sociale développées localement. La définition du métier et l’organisation de formations spécifiques étaient alors les deux faces du mouvement d’institutionnalisation de l’intervention sociale. C’est ainsi que se sont constituées les deux professions phares du champ : celle d’assistant de service social, puis celle d’éducateur spécialisé
[5]. C’est donc historiquement avec la création de diplômes d’État que les pouvoirs publics valident des pratiques engagées sur le terrain de manière éparse.
Les intervenants émergeant de la médiation sociale suivent d’autres voies d’entrée dans le secteur : ils accèdent au marché du travail non pas suite à l’obtention d’un diplôme certifiant la pratique, mais au titre d’un emploi aidé. Par le biais de programmes de soutien de l’emploi initiés au milieu des années 1990, les pouvoirs publics ont largement contribué au développement et à la multiplication de nouvelles formes d’intervention sociale qui ont commencé à naître localement sous l’effet d’actions citoyennes et associatives. En effet, dès les années 1980, deux types d’initiatives locales se développent en réponse au sentiment grandissant d’isolement affectant les populations de certains territoires urbanisés. Des médiateurs sociaux sont embauchés par des structures associatives et par des sociétés de transport, notamment la RATP, afin d’apaiser ces tensions. On leur demande d’assurer le rôle de “grands frères” à l’égard des plus jeunes et, plus généralement, de tenir la fonction d’intermédiaire social entre les représentants des services institutionnels locaux et les personnes résidant sur le même lieu d’habitation. Au même moment, des femmes en viennent à assurer le rôle de médiatrices sociales et culturelles auprès des populations de leur quartier d’habitation. Elles se nomment “femmes-relais”. Disposant d’un bon niveau de langue et habitant pour la plupart en France depuis plusieurs années, elles transmettent ce savoir à leurs voisins, et ce de manière naturelle et spontanée au gré des échanges qui s’établissent au niveau de leur entourage familial et amical. Les institutions sociales, judiciaires, médicales ou scolaires, ayant chacune leurs propres codes et règles de fonctionnement, peuvent sembler difficilement accessibles aux personnes récemment arrivées en France. Celles-ci risquent alors s’en tenir éloignées par manque d’informations ou de compréhension des rouages administratifs. L’idée qui motive l’intervention des femmes-relais consiste à accompagner ces publics dans leurs démarches administratives et, plus généralement, à faciliter leur accès aux institutions administratives, sociales, scolaires et sanitaires. Avec les programmes “nouveaux services-emplois jeunes” et “adultes-relais”
[6], ces pratiques dites de médiation sociale sont devenues un outil de l’action publique destiné à créer des emplois et à faire naître de nouvelles activités à vocation sociale afin de prendre en charge des besoins sociaux existant sur certains territoires. De ce fait, ces dispositifs inscrivent les nouveaux intervenants comme acteurs de l’action publique engagée en faveur des publics fragilisés et du rétablissement du lien social. Leur émergence est donc largement liée à des mesures de soutien de l’emploi développées par les pouvoirs publics et non pas aux mécanismes classiques de reconnaissance de métiers nouveaux
via la certification et le diplôme.
La recherche de compétences expérientielles
Le rattachement à ces mesures publiques d’activation du marché du travail confère à ces nouveaux types d’intervenants un statut hybride. Ils sont à la fois éligibles au recrutement au nom des difficultés qu’ils rencontrent dans leur insertion professionnelle et appelés à développer des formes d’intervention sociale dites innovantes. Il s’agit pour eux d’inventer des modes opératoires qui renouvellent les pratiques classiques de la relation d’aide, et ce sans se substituer aux professions existantes. Dans cette perspective, le recrutement s’oriente vers des habitants issus des territoires d’intervention. Ces derniers sont supposés être spontanément aptes à trouver des modes d’intervention facilitant l’accès aux publics ciblés et à assurer le rôle d’intermédiaire social entre les populations locales et les représentants institutionnels. L’accent est alors mis sur la recherche de compétences dites “expérientielles” attestant de la capacité de l’intervenant à nouer une relation de confiance avec les publics fragilisés : l’expérience personnelle, le parcours de vie, l’origine culturelle sont des critères de recrutement. Ces opérateurs sont donc choisis pour leur proximité, voire leur ressemblance – géographique, sociale – avec les populations d’intervention (familles, personnes isolées et/ou âgées, jeunes, etc.).
En outre, de par leur rattachement à ces mesures publiques, les opérateurs évoluent, à leurs débuts, “
dans un décor minimaliste et brumeux” (Pelage
et alii, 2001, p. 117). Ils doivent en effet composer avec deux formes d’indétermination consubstantielle au type d’emploi qu’ils occupent. Le premier type d’indétermination dont sont porteurs ces intervenants tient à la nature et au périmètre du service qu’ils sont appelés à délivrer. Recrutés dans le cadre de programmes d’emplois aidés, ils ont en effet, lors de leur prise de poste peu d’indications précises quant aux activités concrètes qu’ils vont devoir développer. Cela tient notamment au fait que les textes officiels des deux programmes publics qui les soutiennent disent peu de choses concernant les tâches qu’impliquent les formes de “médiation sociale” qu’ils sont chargés de mettre en pratique. Celles-ci ne sont pas définies précisément, et sont souvent énoncées en des termes qui renvoient plus à des missions générales qu’à des activités concrètes. Ce constat rejoint celui dressé par Gilles Jeannot (2005), qui explique le foisonnement de “
métiers flous” par le fait que soit délégué aux nouveaux agents publics le traitement de problèmes publics généraux (“la lutte contre le chômage”, “la résorption de l’insécurité”) plutôt que des tâches précises à accomplir. En effet, le programme “nouveaux services-emplois jeunes” préconise le développement d’actions destinées à “
répondre à des besoins sociaux existants mais non couverts” (circulaire DGEFP 97/25 du 24 octobre 1997). Le flou des injonctions initiales des pouvoirs publics est volontaire : ces derniers en appellent explicitement à une construction locale des “métiers” qui doit reposer sur un diagnostic préalable réalisé par l’employeur local. En outre, les fonctions de médiation étant récentes, elles ne disposent pas de réel référentiel de pratiques sur lesquels les intervenants peuvent s’appuyer pour donner corps à leurs interventions. Une deuxième indétermination dont sont porteurs les opérateurs considérés concerne la pérennisation des emplois dont ils bénéficient et des postes de travail qu’ils occupent. Ces derniers sont soutenus par l’allocation de fonds publics délivrés aux structures qui officient en tant qu’employeurs locaux des intervenants recrutés. Afin d’encourager leur recrutement, l’État met en place un système incitatif de redistribution financière qui consiste à délivrer aux employeurs locaux une allocation annuelle destinée à couvrir tout ou partie du salaire des titulaires de postes. Or, ces sommes ne sont versées que pour une durée limitée : une période de cinq ans non renouvelable pour l’obtention d’un poste “emplois-jeunes” et une période de trois ans renouvelable une fois pour un poste “adultes-relais”. Ces dispositifs publics de soutien de l’emploi, conçus comme provisoires, insèrent les intervenants dans une forme de précarité et dans une double dépendance à l’égard, d’une part, des pouvoirs publics qui financent le poste occupé et, d’autre part, de l’employeur local auprès de qui ils doivent négocier les conditions de leur emploi. En effet, ces dernières ne sont pas définies par les règles de la fonction publique et des conventions collectives mais passent par une négociation individuelle avec l’employeur : le niveau de rémunération
[7], les dispositifs de formation individuelle et de validation des acquis de l’expérience, les activités concrètes de l’intervenant et les suites données au contrat de travail sont énoncés selon les choix institutionnels locaux. Ce système d’emploi dont la gestion se fait de manière localisée et individualisée offre peu de garanties aux nouveaux recrutés quant à la pérennisation de leur activité et de leur poste. L’aide de l’État étant versée pour une durée limitée, c’est avec l’employeur qu’une éventuelle inscription durable dans l’organisation est à négocier. Pour le porteur de l’emploi aidé, il faut donc faire ses preuves auprès de cet auditoire pour accroître ses chances de stabilité sur le poste. Celui-ci est le seul garant d’un éventuel engagement à débloquer des fonds nécessaires au maintien en poste des opérateurs salariés. Compte tenu des conditions particulières de définition de l’emploi, le droit d’entrée obtenu ne suffit pas à assurer la pérennisation de l’existence de ces nouveaux types d’intervenants. Celle-ci nécessiterait une stabilisation de l’offre de travail. Mais étant subordonnée à l’allocation d’aides publiques de courte durée, comment lui donner une forme de stabilité ?
Ces formes d’intervention émergentes se caractérisent donc par leur forte “localité”. C’est en effet au plan local que se construisent les activités et les pratiques au contact des populations visées. C’est également là que se joue la négociation avec l’employeur pour fixer les conditions de l’emploi et surtout que se déroule l’arbitrage autour de la suite donnée au contrat de travail. Enfin, c’est encore là que les opérateurs entrent en contact avec leur public. S’établissent alors des relations directes où l’intervenant adopte une position duale entre distance et proximité à l’égard des populations aidées.
Une relation duale aux publics fragilisés
Au quotidien, les intervenants de la médiation sociale se trouvent confrontés à des situations où l’exposition à la misère est forte. Par le biais d’entrées à domicile
[8], de circulation sur l’espace public ou de permanences et de temps d’accueil social, ils ont affaire à des publics en difficulté qui leur formulent quantité de demandes (de l’ordre de l’accompagnement, de l’aide administrative, de l’aide alimentaire, etc.). N’ayant pas toujours les moyens de répondre directement à ces sollicitations, ils leur délivrent des conseils sur la démarche à suivre et peuvent les orienter vers des professionnels (des assistants de service social de secteur, notamment) habilités à prendre en charge certaines demandes spécifiques, comme les aides alimentaires ou financières. Les opérateurs de la médiation sociale peuvent également être sollicités par des professionnels pour intervenir auprès de certains de leurs usagers. Ainsi, les médiateurs considérés sont mobilisés par les professionnels du travail social (principalement les assistants de service social) pour délivrer des documents administratifs (bon alimentaire et carte de transport) au domicile d’une partie de leur public d’intervention. Ces logiques de délégation de tâches donnent alors une coloration particulière à la nature des activités assurées par les intervenants émergents. Il est en effet frappant de constater que les tâches déléguées aux médiateurs comportent une forte dimension de contrôle des publics à leur domicile. Les propos suivants d’une assistante de service social le montrent très clairement : “
Je crois qu’on a un travail vraiment très complémentaire avec les médiateurs parce que c’est vrai que nous, en tant que travailleur social, il nous arrive de faire des visites à domicile, des choses comme ça, mais bon, on n’est pas constamment sur le terrain. On n’est pas dans la vie des gens. On n’a que ce que les gens nous racontent. C’est vrai qu’on travaille à la base sur un système de confiance, et après, si on s’aperçoit qu’il y a des choses qui ne correspondent pas, on remet les choses au point. Mais bon, on travaille à la base sur ce que nous disent les gens… Sans forcément dire que les gens nous racontent n’importe quoi mais c’est leur façon à eux de voir les choses alors qu’en réalité, ils ne vivent pas forcément les choses qu’ils nous racontent. Et ça c’est vrai qu’on a très peu le temps de le faire, nous. Donc je pense qu’on se complète bien. Parce que les médiateurs nous apportent des éléments de réalité de la personne, du quartier, de la vie globalement.”
Au cours de leurs visites à domicile, les médiateurs ont accès à l’espace intime de la personne. En s’assurant de l’accomplissement de la tâche confiée à ces derniers, le professionnel jouit alors d’une remontée d’informations concernant l’état et l’évolution de la situation de la personne, et ce sans le coût (en temps et en risque) qu’impliquerait un déplacement. Ces données sont très précieuses pour la mise en place de mesures sociales subordonnées à la connaissance du niveau de vie et des ressources financières du demandeur (comme le revenu minimum d’insertion). De surcroît, le contrôle assuré par les médiateurs pour les assistants de service social permet de pallier les déficiences du système de coordination entre les services sociaux (Cochoy et Fijalkow, 2002). En effet, la remontée d’informations s’avère tout à fait utile aux assistants de service social étant donné qu’elle permet de démasquer certains usagers habiles qui voudraient tirer profit du manque de communication entre les professionnels des services sociaux pour recevoir conjointement plusieurs aides sociales généralistes.
L’intervenant de la médiation sociale en vient donc à investir un rôle auprès des personnes aidées générant des tensions et des tiraillements qui ne sont pas sans rappeler ceux mis en évidence dans les travaux conduits par Vincent Dubois sur les guichetiers des organismes sociaux (Dubois, 2003). L’opérateur du social, à l’image de l’agent d’accueil, “navigue entre deux pôles opposés”. Cette dualité due au flou entourant le poste et les attributions se traduit par des tensions qui s’expriment dans le rapport direct aux familles et aux publics fragilisés rencontrés. La confrontation au malheur d’autrui amène les agents d’accueil et les médiateurs sociaux à osciller et à composer entre plusieurs registres : entre détection de la fraude et registre de la compassion, entre distance et proximité à l’égard des publics. Alors que ces nouveaux modes opératoires se voulaient initialement novateurs et proches des populations locales, certains intervenants qui les prennent en charge s’engagent dans des logiques d’action qui rappellent celles que développent les titulaires de postes administratifs directement confrontés au public.
·
J.-N. Chopart (dir.), Les mutations du travail social. Dynamiques d’un champ professionnel, Paris, Dunod, 2000, 376 p.
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F. Cochoy, Y. Fijalkow, “Le marché de l’aide sociale : représentations, paradoxes et enjeux”, Politiques et management public, n° 2, 2002, p. 117-141.
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V. Dubois, La vie au guichet : relation administrative et traitement de la misère, 2e éd., Paris, Economica, 2003, 202 p.
·
G. Jeannot, Les métiers flous : travail et action publique, Toulouse, Octarès, 2005, 166 p.
·
E. Maurel, “De l’observation à la typologie des emplois sociaux”, in J.-N. Chopart, Les mutations du travail social, Paris, Dunod, 2000, p. 25-52.
·
A. Pelage, N. Gadrey, P. Roquet, E. Verley, “Les emplois-jeunes de la médiation sociale. Les effets de la fabrication des emplois sur la construction des activités de travail et des perspectives d’avenir professionnel”, VIIIe journées de sociologie du travail, 21-23 juin 2001, Aix-en-Provence, 2001, 15 p.
[1]
Pour une étude qui recense les différents types d’initiatives dans le domaine, voir P. Duriez,
Les médiations en France : vers un état des lieux, Bordeaux, CLCJ, 1995, 81 p.
[2]
Sur ce sujet, voir notamment B. Bastard,
Les démarieurs : enquête sur les nouvelles pratiques du divorce, Paris, La Découverte, 2002, 194 p.
[3]
Dans la suite du texte, nous utiliserons de manière indifférenciée les termes “opérateurs” ou “intervenants” pour désigner ces nouveaux acteurs du social.
[4]
Précisons que si le champ de l’intervention sociale s’est organisé autour d’une logique de qualification et a pendant longtemps fonctionné suivant le découpage des principales professions du social, celui-ci connaît, depuis les lois de décentralisation de 1982, un processus d’ouverture d’un marché du travail longtemps réservé exclusivement à des intervenants professionnels “académiques” (assistant de service social, éducateur spécialisé) (Chopart, 2000).
[5]
Sur les origines du métier d’assistant de service social, voir notamment F. Blum, “Regards sur les mutations du travail social au XX
e siècle”,
Le mouvement social, n° 199, avril-juin 2002 ; J. Donzelot,
La police des familles, Paris, Éditions de Minuit, 1977, p. 83-94. Sur l’histoire du métier d’éducateur spécialisé, voir notamment F. Muel-Dreyfus,
Le métier d’éducateur : les instituteurs de 1900, les éducateurs spécialisés de 1968, Paris, Éditions de Minuit, 1983, 280 p. ; M. Capul, M. Lemay,
De l’éducation spécialisée, Ramonville-Sainte-Agne, Érès, 2000, 448 p. Sur les pratiques d’éducateur, voir notamment P. Fustier,
L’enfance inadaptée : repères pour des pratiques, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1985, 154 p. ; J. Bricaud,
Mineurs étrangers isolés : l’épreuve du soupçon, Vuibert, 2006, 219 p.
[6]
Le dispositif “nouveaux services-emplois jeunes” est établi par la loi n° 97-940 du 16 octobre 1997 relative au développement d’activités pour l’emploi des jeunes. Depuis 2003, il est progressivement arrêté. La loi n° 2005-32 du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale rend impossible la conclusion d’un nouveau contrat “emplois-jeunes”. Calqué sur ce programme, le dispositif “adultes-relais”, initié par la circulaire du 26 avril 2000 relative à la mise en
Å“uvre du dispositif des adultes-relais dans le cadre de la politique de la ville, permet à certains employeurs de recruter, en application d’une convention avec l’État, des personnes sans emploi âgées de 30 ans et plus.
[7]
Une fois l’aide versée par les pouvoirs publics, l’employeur est libre de proposer la rémunération qu’il souhaite au salarié, dans la mesure où elle est au moins égale au SMIC.
[8]
Nous utilisons volontairement le terme générique d’“entrée à domicile” pour distinguer ce mode d’intervention de la “visite à domicile”, réservé aux professionnels classiques de la relation d’aide.