2007
Informations sociales
Partie 3 : Des acteurs différenciés en France et en Europe
Une démarche de gestion publique
à propos de l’évaluation des politiques familiales
Jérôme Minonzio
Conseiller technique recherche, CNAF-DSER
Le Haut Conseil de la population et de la famille, le Parlement, le gouvernement, les ministères, les administrations en tant que producteurs de connaissance, les caisses d’Allocations familiales, et sans omettre le niveau local : tous ces acteurs ont un rôle à jouer dans l’évaluation des politiques familiales. D’où une fragmentation du processus dans un périmètre de plus en plus complexe à délimiter. Comment garder une vision globale ?
L’évaluation des politiques est une démarche de gestion publique “
qui vise, à partir d’objectifs préalablement définis, à comprendre, de la manière la plus objective possible, les résultats obtenus pour permettre de les apprécier, d’en rendre compte et d’aider en cela aux décisions à venir”
[1]. Évaluer, c’est appréhender tout à la fois l’efficacité et les effets d’une politique, mesurer son efficience (c’est-à-dire rapporter son impact aux moyens mis en
Å“uvre), mais surtout former un jugement sur cette politique, afin de l’amender si nécessaire. Les effets des politiques familiales ont fait l’objet d’analyses dès le début des années soixante-dix, notamment en matière d’action sociale
[2] ; domaine qui a constitué un terrain privilégié pour l’expérience de la RCB (Rationalisation des choix budgétaires)
[3]. En outre, les caisses d’Allocations familiales ont joué un rôle clé dans le développement de l’évaluation à partir des années quatre-vingt en mettant en
Å“uvre des études d’impact des prestations (notamment de l’allocation de soutien familial – ASF) ou en fournissant les données nécessaires à l’évaluation du revenu minimum d’insertion, dont la loi fondatrice du 1
er décembre 1988 a, pour la première fois, prévu explicitement une évaluation à l’issue des trois premières années de mise en
Å“uvre. Dans le cas de l’action publique en faveur de la famille, l’évaluation est donc une démarche désormais largement diffusée et institutionnalisée. Le nombre des acteurs impliqués augmente, si on ne se cantonne pas aux auteurs des rapports estampillés “évaluation”. Plus encore que ceux qui réalisent des évaluations, il faut s’intéresser aux acteurs qui ont un pouvoir d’impulsion ou de saisine et aussi à tous les acteurs secondaires qui s’appuient sur les résultats des études pour influencer les réformes en matière de politiques familiales. À cette diversité des acteurs s’ajoute une diversité des méthodes et des points de vue, des bilans d’efficacité des corps d’inspection administratifs aux évaluations qualitatives et participatives menées en action sociale, en passant par les démarches faisant appel à l’économétrie.
Un jugement formulé au plus haut niveau de l’État
La question familiale est prise en charge au plus haut niveau par le pouvoir exécutif. Le Haut Conseil de la population et de la famille (HCPF), fondé en 1945, qui dépend directement du président de la République, a une “
fonction de magistère moral et politique”, pour reprendre l’expression de Rémi Lenoir
[4]. Comme d’autres institutions, le HCPF a une pratique d’évaluation implicite. La plupart de ses rapports sont des bilans rigoureux qui étayent un jugement sur ces politiques en vue de formuler des recommandations de réforme. En cela, ils constituent une forme d’évaluation, qui contribue à une démarche prospective et d’orientation des politiques. Depuis le début des années quatre-vingt, le HCPF a ainsi été l’un des lieux privilégiés où ont été débattus des effets des évolutions démographiques sur les politiques familiales mais aussi de la prise en compte du rôle des femmes sur le marché du travail et de la nécessaire conciliation entre vie familiale et vie professionnelle
[5].
L’évaluation n’est pas une démarche entreprise par un acteur administratif isolé. Le jugement porté sur une politique est souvent le fruit d’un travail collégial, ou nécessite au minimum la sollicitation de différents points de vue (des institutions impliquées dans une politique, des bénéficiaires, des partenaires sociaux…). Le HCPF, qui réunit des personnalités scientifiques, syndicales ou administratives, illustre cette nécessité du pluralisme dans la formulation du jugement. Mais ce n’est pas la seule structure ressource pour l’exécutif, apte à organiser une réflexion collégiale autour d’une politique sociale. D’autres institutions comme le Conseil économique et social
[6] ou le commissariat général du Plan
[7] ont joué aussi un rôle important dans la réflexion sur les politiques familiales. Certes, aucun des rapports réalisés dans le cadre du dispositif interministériel d’évaluation piloté par le Plan entre 1998 et 2002 n’a porté sur les politiques familiales. En revanche, le Centre d’analyse stratégique, successeur du Plan, a été mandaté, en septembre 2006, pour réfléchir à la mise en place d’un service public de la petite enfance. De même, en 2005, le Conseil d’analyse économique, rattaché au Premier ministre, a accueilli un groupe de travail intitulé “
la famille, une affaire publique”
[8].
Le Parlement : un rôle prééminent
Si l’évaluation est une forme de réflexion pluraliste, alors il est bien normal que ce soit au Parlement que revienne d’abord cette fonction, dans la mesure où il constitue le lieu par excellence de la délibération politique. Il a vu son rôle de contrôle et d’évaluation des politiques familiales nettement renforcé depuis le plan Juppé (1996), qui a profondément remanié la gouvernance de la Sécurité sociale. Depuis cette date, les dépenses affectées à cette dernière font l’objet d’un vote annuel lors de l’examen du PLFSS (projet de loi de finances de la Sécurité sociale). En outre, depuis 2005, la présentation du PLFSS s’est inspirée de celle des lois de finances de l’État, qui ont subi un profond remaniement avec le vote de la LOLF (loi organique relative aux lois de finances), adoptée le 1er août 2001. Désormais, les débats au Parlement ne sont plus limités aux nouvelles dépenses mises en Å“uvre l’année suivant l’examen du texte. C’est l’ensemble de la politique qui fait l’objet d’un débat. Pour cela, la présentation des budgets de l’État et de la Sécurité sociale ont été profondément revus afin de mettre en évidence les objectifs des grands programmes et de missions et les manières dont ces objectifs sont atteints.
La particularité du PLFSS est de comporter en annexe un Programme de qualité et d’efficience (PQE) relatif aux dépenses et aux recettes de chaque branche de la Sécurité sociale. Celui-ci comprend d’abord un diagnostic présentant les populations cibles, qui s’appuie sur des données sanitaires et sociales. Dans un deuxième temps, les objectifs sont retracés au moyen d’indicateurs précis et justifiés. Enfin, le PQE doit présenter les moyens mis en Å“uvre pour réaliser ces objectifs.
L’analyse des rapports parlementaires consacrés à la politique familiale permet de repérer les moments où le Parlement formule une évaluation des politiques familiales, qu’elle soit périodique (dans le cas de l’examen du PLFSS
[9]) ou ponctuelle (dans le cas de l’examen d’un projet ou d’une proposition de loi, ou encore dans le cadre d’une mission parlementaire
[10]). Les rapports parlementaires peuvent s’apparenter, dans une certaine mesure, à une évaluation
ex ante ou à une évaluation d’impact des réformes introduites sur la législation existante (même si, comme l’a noté le Conseil d’État en 2005, ce type d’évaluation reste insuffisamment développé). Plus généralement, leur rédaction est un moment privilégié de suivi et de bilan des politiques s’appuyant sur les différents travaux produits par les administrations, dont la contribution est indispensable. En effet, il n’existe pas pour les politiques familiales d’équivalent de l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé. Malgré l’ampleur de la réforme entreprise avec la LOLF, le Parlement n’est pas capable de produire une évaluation de toute pièce, indépendamment des administrations. On est loin de la situation des États-Unis ou du Royaume-Uni, où l’évaluation fait partie intégrante d’un régime politique se caractérisant par une conception originale des rapports entre gouvernement et Parlement. Cet équilibre entre le législatif et l’exécutif se traduit par un contrôle étroit des parlementaires sur l’activité du gouvernement et du Parlement. Dans ce cadre, l’expertise et l’évaluation des politiques sont des instruments primordiaux pour la représentation nationale lorsqu’elle demande des comptes sur les actions menées.
Les moyens de contrôle et d’évaluation
Dans le système politique de la V
e République en revanche, l’essentiel de la production des lois émane directement du gouvernement, qui détient par ailleurs l’essentiel des moyens de contrôle et d’évaluation. Les politiques familiales ne font pas exception à la règle et sont l’objet d’une palette variée d’outils d’évaluation. L’exécutif français dispose tout d’abord d’un forum périodique de concertation avec les partenaires sociaux et le mouvement familial : les conférences de la famille
[11]. Instituées par la loi famille de 1994, elles sont devenues un élément essentiel du système de pilotage des politiques familiales, dans la mesure où elles imposent au gouvernement et aux administrations d’élaborer des réformes à intervalles réguliers et rapprochés. Des rapports préparatoires thématiques sont l’
Å“uvre de commissions rassemblant là aussi les partenaires sociaux. Ils permettent d’organiser une sorte de bilan contradictoire. La préparation des conférences de la famille est réalisée par une administration spécifique : la Délégation interministérielle à la famille (DIF), qui elle-même peut dépendre d’un secrétariat d’État ou d’un ministère délégué à la Famille (en fonction des configurations des gouvernements).
Au sein des ministères eux-mêmes, les pouvoirs publics disposent de différents types de ressources pour suivre les politiques familiales. Les inspections générales des Affaires sociales et des Finances sont très régulièrement missionnées pour faire des diagnostics précis et rapides en cas de dérapages budgétaires
[12], pour évaluer la faisabilité d’une réforme
[13]ou la qualité du service rendu aux usagers (dans le cadre des audits de la modernisation de l’État, par exemple)… À la frontière du judiciaire et du pouvoir administratif, il faut signaler le rôle croissant en matière d’évaluation de la Cour des comptes. En tant qu’autorité judiciaire indépendante, elle ne dépend donc pas directement du pouvoir exécutif mais sa méthode de travail la rapproche des grands corps de contrôle. Récemment, l’institution de la rue Cambon s’est penchée sur la politique familiale par l’intermédiaire d’un audit financier de l’Union nationale des associations familiales
[14]. L’analyse de la Cour des comptes s’apparente à de l’évaluation dans la mesure où elle pointe très souvent les problèmes d’efficience des dispositifs contrôlés et où elle s’interroge sur la finalité des politiques menées et sur le service rendu.
Les ministères chargés des affaires sociales comprennent en leur sein des directions techniques spécialistes de l’évaluation : la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) au ministère de la Cohésion sociale, et la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), au ministère de la Santé et des Solidarités (dont dépend le ministère de la Famille).
Au niveau des administrations chargées de mettre en Å“uvre les politiques familiales, la réforme du pilotage de la Sécurité sociale de 1996 s’est traduite dans les faits par un dispositif contractuel et pluriannuel entre l’État et les différentes branches de la Sécurité sociale : les Conventions d’objectifs et de gestion (COG). Ces plans prévoient que les organismes de Sécurité sociale s’engagent sur l’amélioration et sur le développement de leur offre de service. En échange, l’État garantit leur financement au cours de la période définie. Afin de mesurer l’atteinte de ces objectifs, des indicateurs et des dispositifs de suivi sont mis en Å“uvre. Dans le cas de la branche famille de la Sécurité sociale, on pourra citer le Recueil national des données des caisses (RNDC), qui mesure l’efficience du service rendu, ou l’Observatoire de la petite enfance, chargé de mettre en Å“uvre des indicateurs territoriaux de besoins et d’impact dans ce domaine. Même si elles n’ont pas une organisation par mission, les COG ont anticipé, dans leur esprit, la réforme de la gestion publique qu’implique la LOLF, dans la mesure où elles prévoient des objectifs prioritaires à réaliser, adossés à des moyens, et font l’objet d’un bilan contradictoire approfondi avant leur renégociation. Au même titre que les autres organismes de la Sécurité sociale, les caisses d’Allocations familiales sont très impliquées dans ces démarches qui ne consistent pas simplement à produire des données de suivi, mais surtout à les analyser et à créer ainsi un savoir mobilisable dans le cadre de processus d’évaluation, permettant la formulation d’un jugement sur les résultats des politiques menées.
Le rôle des producteurs de connaissance
Pour permettre cela, l’évaluation d’une politique suppose, en amont, une production dont la fiabilité doit être reconnue par tous afin que les résultats produits soient légitimes et partageables par l’ensemble des partenaires. L’institutionnalisation de l’évaluation s’est traduite par la mise en place d’administrations dédiées, comme la DREES ou la DARES, déjà évoquées ci-dessus. Leur rôle ne se borne pas à publier des tableaux statistiques réguliers de suivi des dépenses et du nombre de bénéficiaires. Elles cherchent à mobiliser différents types de savoirs académiques issus des sciences sociales ou de l’économie pour comprendre les besoins des populations et les effets des politiques menées. Compte tenu de l’importance des budgets mis en Å“uvre pour leurs études, elles sont devenues des producteurs essentiels de la connaissance concernant la société française et le rôle que jouent les politiques sociales dans sa transformation.
Le programme de recherche de la Caisse nationale des allocations familiales s’inscrit dans cette dynamique de production d’un savoir institutionnel sur la société. Son examen met en évidence l’ampleur des évolutions impliquées par le développement de l’évaluation des politiques. Alors que les recherches et les études consacrées à l’impact des politiques ne représentaient que 22 % du total des travaux réalisés ou commandés par la CNAF durant la période 1990-2000, ce chiffre est passé à 40 % au cours de la période 2001-2005
[15]. Dans le même temps, les recherches consacrées aux publics cibles de la politique familiale sont passées de 52 % à 44 %, les travaux sur le service public des CAF de 25 % à 13 %. Cet accent mis sur l’impact des politiques familiales se traduit par un recours croissant aux méthodes de l’analyse quantitative (analyses des statistiques administratives, réalisation d’enquêtes représentatives par sondage, exploitations secondaires d’enquêtes disponibles…), au détriment des démarches qualitatives (monographies, recherches-actions, enquêtes par entretiens approfondis…). Cette évolution a été rendue possible par un renforcement des compétences de la CNAF en matière d’analyse et d’exploitation des données, sur le modèle de la DREES ou de la DARES, mais aussi par les collaborations avec des institutions capables de mettre en
Å“uvre des enquêtes de grande ampleur (l’Institut national des études démographiques – INED – ou l’Institut national de la statistique et des études économiques – INSEE) et des prestataires de services (CREDOC, SOFRES…).
Au niveau local, une évaluation nécessairement partenariale
Déjà passablement éclaté au niveau national, le paysage de l’évaluation des politiques familiales peut quasiment être décliné en autant de configurations locales qu’il existe d’entités géographiques et politiques… Le pilotage de la politique d’accueil des jeunes enfants de moins de 3 ans dans des crèches, par exemple, est placé sous la responsabilité du conseil général et de la commission départementale de la petite enfance. Celle-ci est chargée d’établir un diagnostic des besoins ainsi qu’un schéma directeur de développement et de suivre la mise en
Å“uvre des réponses apportées aux familles
[16]. La décision d’implanter une crèche est du ressort de la municipalité mais l’essentiel des financements provient de la caisse d’Allocations familiales. La mise en
Å“uvre de l’évaluation est donc une démarche partenariale qui doit mobiliser tous ces acteurs. Aux difficultés propres à l’ingénierie sociale (notamment quand il s’agit de réaliser des enquêtes spécifiques auprès des bénéficiaires) s’ajoute une difficulté de pilotage car la loi ne désigne pas clairement de “tête de file” pour les politiques de la petite enfance. Concrètement, l’évaluation peut être prise en charge ou impulsée par tous les acteurs cités. Les évaluations locales des politiques de petite enfance sont donc encore rares mais il en existe d’exemplaires, comme celle des services de crèche en multi-accueil réalisée en partenariat par la ville de Nantes et la caisse d’Allocations familiales de Loire-Atlantique
[17].
La complexification du réseau d’acteurs est devenue si grande que le partenariat fait lui-même l’objet d’évaluation, comme pour les réseaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents (REAAP)
[18]. Mais le défi le plus difficile à relever est de mettre les bénéficiaires au c
Å“ur de l’évaluation, non seulement en leur demandant de se prononcer sur la politique réalisée mais surtout en les rendant acteurs de l’évaluation. C’est l’objectif que se fixent certaines CAF, comme celle de Lille, en ce qui concerne l’évaluation des centres sociaux
[19]. Plus largement, il faut évoquer le rôle de la société civile et de ses corps intermédiaires comme le mouvement familial, qui localement prend souvent l’initiative de lancer des études sur les besoins des familles.
Conclusion : des logiques fortes de différenciation des acteurs
Recenser les acteurs de l’évaluation des politiques familiales fait donc prendre le risque de jouer un “air du catalogue” bien plus rébarbatif que celui de Don Giovanni
[20]. Aussi faut-il insister sur les dynamiques sociales et politiques responsables de cette fragmentation. Trois axes principaux peuvent être repérés :
- l’évolution du périmètre du “familial” dans les politiques sociales, et donc des politiques familiales, a varié dans le temps en fonction de l’équilibre entre les mouvements familialistes et ceux en faveur d’une individualisation des droits sociaux ;
- les niveaux de gouvernance des politiques familiales se sont complexifiés avec à la fois la décentralisation, l’intégration européenne et le renforcement du contrôle de l’État sur la Sécurité sociale. L’entrecroisement des compétences accentue la pluralité des lieux de production de l’évaluation ;
- l’évaluation des politiques fait l’objet d’une technicisation croissante, qui voit l’affirmation d’acteurs spécialisés, tant administratifs, qu’universitaires ou privés. Cette technicisation a également pour corollaire un renforcement de l’expertise des acteurs associatifs, en particulier du mouvement familial et des partenaires sociaux.
L’enchevêtrement des niveaux de compétences en matière de politiques familiales entre l’État, la Sécurité sociale et les collectivités locales est sans doute le point le plus problématique, dans la mesure où il est souvent difficile de savoir à qui revient la responsabilité de l’évaluation. Cela est visible tant au niveau national (où on assiste à une multiplication des rapports et des missions de contrôle) qu’au plan local. Une piste de réforme possible pourrait être de créer un Conseil d’orientation de la famille, à l’image du Conseil d’orientation des retraites ou du Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie, propositions évoquée par exemple par P. Georges, directeur de la Caisse nationale des allocations familiales
[21]. Celui-ci aurait la charge explicite de coordonner l’évaluation des politiques familiales. Au plan local, la clarification pourrait venir de la mise en place d’un véritable service public de la petite enfance, souhaité par de nombreux candidats à l’élection présidentielle. Il permettrait de redistribuer plus clairement les rôles entre les différents acteurs impliqués. Mais le développement de l’évaluation des politiques nécessite des compétences spécifiques en ingénierie sociale et en analyse d’impact. Celles-ci font encore trop souvent défaut à de nombreux échelons. Or seule la diffusion d’une culture évaluative un tant soit peu partagée pourrait permettre de rendre plus homogène l’archipel éclaté de l’évaluation des politiques familiales.
[1]
Décret du 18 novembre 1998.
[2]
Parmi d’autres exemples, on pourra citer Geneviève Duchatelet,
Action sociale et familles socialement handicapées, rapport pour la Caisse nationale des allocations familiales, multigraphié, 1972.
[3]
Ministère de la Santé publique et de la Sécurité sociale, Caisse nationale des allocations familiales,
Analyse de la gestion des modes de garde collectifs des enfants de 0 à 3 ans, analyse de RCB, mars 1972, ronéoté, non paginé.
[4]
Rémi Lenoir, “Politique familiale et mode de gestion technocratique”,
in Vincent Dubois, Delphine Dulong,
La question technocratique. De l’invention d’une figure aux transformations de l’action publique, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, 1999, p. 156. Voir aussi l’article de Rémi Lenoir en tête de ce dossier.
[5]
Frédérique Leprince,
L’accueil des jeunes enfants en France : état des lieux et pistes d’amélioration, rapport pour le Haut Conseil de la population et de la famille, février 2003, 114 p.
[6]
Conseil économique et social,
La politique familiale française : séances des 24 et 25 septembre 1991, rapport de Hubert Brin,
Journal officiel, 1991, 161 p.
[7]
Commissariat général au Plan,
La famille, Paris, Hachette/La Documentation française, coll. “Vivre demain”, 1975.
[8]
Michel Godet, Évelyne Sullerot,
La famille, une affaire publique, rapport au Premier ministre, Conseil d’analyse économique, La Documentation française, juin 2005.
[9]
Le dernier rapport en date pour l’Assemblée nationale est le suivant : Marie-Françoise Clergeau, rapporteure,
Rapport au nom de la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2006, n° 2575, tome III, La famille, Assemblée nationale, 19 octobre 2006.
[10]
Patrick Bloche, président, Valérie Pécresse, rapporteure,
Rapport fait au nom de la Mission d’information sur la famille et les droits des enfants, n° 2832, Assemblée nationale, 25 janvier 2006.
[11]
Jean-Philippe Vallat, Jérôme Minonzio, “L’Union nationale des associations familiales (UNAF) et les politiques familiales : crises et transformations de la représentation des intérêts familiaux en France”,
Revue française de science politique, vol. 56, n° 2, avril 2006.
[12]
Inspection générale des affaires sociales, Inspection générale des finances,
Rapport sur le fonds national d’action sociale de la Caisse nationale des allocations familiales, multigraphié, avril 2006, 50 p. + annexes.
[13]
Michel Laroque,
Le congé parental fractionnable, Inspection générale des affaires sociales, rapport n° 2006/097, juillet 2006.
[14]
Cour des comptes,
L’Union nationale des associations familiales, rapport au président de la République 2004, janvier 2005.
[15]
Les résultats présentés sont issus de l’exploitation de la base des rapports de recherche et d’études réalisés par et pour la Caisse nationale des allocations familiales. 377 rapports ont été analysés par l’auteur.
[16]
Pierre Moisset,
Étude sur l’amélioration des conditions de travail et du service rendu aux usagers, conseil général de Seine-Saint-Denis, direction de l’enfance et de la famille, service des crèches, novembre 2002.
[17]
Élodie David, Christine Olm,
Évaluation du multi-accueil municipal, étude réalisée à la demande de la ville de Nantes et de la CAF de Loire-Atlantique, CREDOC, département “Évaluation des politiques sociales”, juin 2005, 84 p.
[18]
Une Évaluation du Réseau écoute, appui et accompagnement des parents sur trois sites monographiques du département de la Gironde, CAF de la Gironde, 2006.
[19]
“Études, recherche et prospection”,
Démarches d’évaluation des centres sociaux, CAF de Lille, 2001.
[20]
Wolfgang Amadeus Mozart, “Madamina, il catalogo è questo”,
Don Giovanni, 1787, Act. 1/3.
[21]
“Interview de Philippe Georges, directeur de la CNAF”,
Regards, n° 30, juillet 2006.