“Pour que le répit soit accepté et intégré dans la vie de l’aidant, il est nécessaire de respecter son cheminement
”, explique Colette Eynard, consultante en gérontologie, qui a conduit une recherche sur cette question auprès de familles
[2]. Ainsi, l’annonce du diagnostic est un moment traumatisant, susceptible de provoquer une certaine sidération. Celui qui le reçoit a besoin de temps pour l’accepter et l’information sur les structures de répit a alors peu de chances d’être entendue. La prise de conscience de la maladie se fait progressivement, et l’acceptation de l’aide – qui vaut acceptation (relative) de la situation – est souvent déclenchée par un événement marquant ou une crise, par exemple l’indisponibilité de l’aidant qui tombe malade. “Il faut une « bonne raison » pour commencer
”, souligne Colette Eynard, invitant à se garder d’interpréter les réticences de l’aidant à se faire lui-même aider comme le refus d’introduire un tiers dans la relation qu’il a avec son proche. La recherche d’un certain répit n’est d’ailleurs pas la seule motivation des familles. Celles qui font appel à ce type de services mettent notamment en avant leur satisfaction à voir que ce temps de repos est un temps précieux pour leur parent qui bénéficie alors des compétences de professionnels dans un milieu stimulant. “Elle est bien quand elle n’est pas avec moi
”, reconnaît ainsi un conjoint.