Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 33 à 34
doi: en cours

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Partie 1 : Des acteurs et des mouvements – ••• en contrepoint

n° 139 2007/3

2007 Informations sociales Partie 1 : Des acteurs et des mouvements – ••• en contrepoint

Maladie d’Alzheimer : accepter de se faire aider

Caroline Helfter
Depuis une quinzaine d’années, différentes formules d’aide ont vu le jour pour soulager, de temps en temps, les familles ayant un proche atteint de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés. Néanmoins, cette offre de répit est encore trop insuffisamment développée – et inégalement répartie sur le territoire – pour répondre à l’ampleur des besoins [1]. En outre, les services existants s’avèrent parfois difficilement accessibles, en termes de coût financier et/ou de transport. Mais d’autres raisons, d’ordre psychologique, expliquent aussi les difficultés à y recourir que peuvent rencontrer les familles.
“Pour que le répit soit accepté et intégré dans la vie de l’aidant, il est nécessaire de respecter son cheminement”, explique Colette Eynard, consultante en gérontologie, qui a conduit une recherche sur cette question auprès de familles [2]. Ainsi, l’annonce du diagnostic est un moment traumatisant, susceptible de provoquer une certaine sidération. Celui qui le reçoit a besoin de temps pour l’accepter et l’information sur les structures de répit a alors peu de chances d’être entendue. La prise de conscience de la maladie se fait progressivement, et l’acceptation de l’aide – qui vaut acceptation (relative) de la situation – est souvent déclenchée par un événement marquant ou une crise, par exemple l’indisponibilité de l’aidant qui tombe malade. “Il faut une « bonne raison » pour commencer”, souligne Colette Eynard, invitant à se garder d’interpréter les réticences de l’aidant à se faire lui-même aider comme le refus d’introduire un tiers dans la relation qu’il a avec son proche. La recherche d’un certain répit n’est d’ailleurs pas la seule motivation des familles. Celles qui font appel à ce type de services mettent notamment en avant leur satisfaction à voir que ce temps de repos est un temps précieux pour leur parent qui bénéficie alors des compétences de professionnels dans un milieu stimulant. “Elle est bien quand elle n’est pas avec moi”, reconnaît ainsi un conjoint.
 
NOTES
 
[1]Exclusion, maladie d’Alzheimer et troubles apparentés : le vécu des aidants, ouvrage collectif dirigé par Philippe Pitaud, Érès 2006, 316 p., 25 euros.
[2]Dans le cadre d’un groupe de travail sur le répit des aidants, organisé par la fondation Médéric Alzheimer, en 2005.
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