Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 45 à 46
doi: en cours

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Partie 1 : Des acteurs et des mouvements – ••• en contrepoint

n° 139 2007/3

2007 Informations sociales Partie 1 : Des acteurs et des mouvements – ••• en contrepoint

Le statut de la famille en évolution

Paule Paillet

Populations et sociétés, INED, n° 422, avril 2006

Vivre en couple, se marier, se séparer, chaque étape de la vie du couple se transforme au regard des décennies passées. Pendant longtemps, et jusqu’au début des années soixante-dix, le mariage a constitué un rite de passage, la consécration de l’entrée dans l’existence adulte, la fin d’une période plus floue, moins marquée par les exigences de la loi. Comme lui, la cohabitation représentait une manière d’engager l’avenir. Depuis un demi-siècle, à la manière de ce qui se passait déjà en Suède, les modalités du “vivre en couple” évoluent. Ce dont rend compte une étude réalisée par l’Institut national d’études démographiques (INED), que doit venir compléter un second volet sur les unions de personnes de même sexe. Ce travail, mené à partir de populations de l’Union européenne, met en valeur des disparités encore importantes, mais aussi des tendances nettement identifiables qui désignent une crise de la nuptialité, de l’existence du couple.
L’âge de la première union recule. Ce qui s’explique par une série de facteurs : l’incertitude économique et la menace du chômage, la difficulté à trouver un logement, l’allongement des études qui incite à demeurer au foyer parental, la fragilité croissante du couple qui en propose une image dissuasive. Ce retard à l’entrée dans la vie en couple est particulièrement sensible dans les pays méditerranéens, où les jeunes restent très tard chez leurs parents.
Les femmes se stabilisent en couple deux ou trois ans plus tôt que les hommes, peut-être à cause d’une recherche de réassurance plus forte liée à la position de la femme dans la société.
La cohabitation avant le mariage gagne du terrain. Le poids du catholicisme et de la morale traditionnelle peut sans doute expliquer la divergence entre l’Estonie, par exemple, où très peu de gens se marient, et la Pologne ou les pays méditerranéens, où l’impératif conjugal tient mieux. On pourrait supposer que la cohabitation prénuptiale (qui ne débouche d’ailleurs pas toujours sur le mariage) assure aux couples une stabilité plus grande. Il n’en est rien. La rupture des unions est partout en progression constante, notamment dans les cinq premières années. En France, 26 % des femmes nées entre 1960 et 1965 ont connu une rupture d’union avant l’âge de 35 ans, contre 12 % chez celles nées entre 1945 et 1950. Il en résulte une tendance générale à vivre des unions successives. Le phénomène est très net dans les pays scandinaves, en Angleterre et en Allemagne. Cette instabilité du couple modifie la structure d’un tissu social et interroge ce qui constitue la “norme”.
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