2007
Informations sociales
Le social en recherche
— Jérôme DEAUVIEAU, Sandrine NICOURD, Agnès PELAGE, Tristan POULLAOUEC, Olivia SAMUEL, Thomas SOUBIRAN, Sylvie VILTER, Les catégories familiales et socioprofessionnelles à l’épreuve des identités et des trajectoires biographiques. â–¶— Laboratoire Printemps, Université de Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines, 47, boulevard Vauban, 78047 Guyancourt cedex, octobre 2006, 385 p.
— Alberto LOPEZ, Jean-Pierre ALDEGUER, Nathalie MONNIER-BRABANT, Flora PARIS, Pauvretés, précarités, exclusions. Etat des lieux 2005-2006 en Rhône-Alpes. â–¶— Mission régionale d’information sur l’exclusion, 14, rue Passet, 69007 Lyon, février 2007, 100 p. www.mrie.org
Le CAFDES nouveau est arrivé
Un décret tout récent, en date du 19 avril 2007, vient de préciser la nouvelle architecture du certificat d’aptitude aux fonctions de directeur d’établissement ou de service d’intervention sociale, le CAFDES, dont chaque année nous rendons compte de quelques mémoires sur les deux ou trois cents présentés. L’intérêt n’est pas ici de revenir sur les modifications, assez peu fondamentales d’ailleurs, apportées à l’organisation des épreuves, mais de noter que la nouvelle mouture du CAFDES comporte toujours un mémoire. Celui-ci devra porter “sur la conception, la mise en Å“uvre et l’évaluation d’un mode de prise en charge. Il a pour objectif d’inscrire le directeur dans une démarche professionnelle”. Au moment où les mémoires de l’ancien dispositif DSTS réduisent leur dimension théorique au profit d’une approche plus professionnelle, la convergence entre ces types de mémoire devrait se faire plus nette. En revanche, une distinction plus pécise dans ce secteur de formation pourrait s’opérer entre les mémoires de type DSTS ou CAFDES et les mémoires de masters. On peut même se demander si l’offre croissante des masters dans le champ social ne va pas, à terme, concurrencer voire phagocyter des diplômes strictement professionnels dont le coût d’accès est nettement plus élevé pour un rendement qui, au fil des années pourrait devenir équivalent sur un marché du travail moins régulé. Rappelons aussi que ces diplômes professionnels seront de plus en plus fréquemment délivrés par le chemin de la validation de l’expérience professionnelle, ce qui réduira un peu plus la production des mémoires non universitaires. Ce modèle, s’il devait se mettre en place conduirait à rapprocher le système français de formation professionnelle de celui en usage dans de nombreux pays européens.
Michel Legros
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Jérôme DEAUVIEAU, Sandrine NICOURD, Agnès PELAGE, Tristan POULLAOUEC, Olivia SAMUEL, Thomas SOUBIRAN, Sylvie VILTER, Les catégories familiales et socioprofessionnelles à l’épreuve des identités et des trajectoires biographiques. â–¶— Laboratoire Printemps, Université de Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines, 47, boulevard Vauban, 78047 Guyancourt cedex, octobre 2006, 385 p.
Il est jeune ou vieux, c’est un homme ou une femme, un jeune de banlieue, une famille monoparentale. À ces catégorisations spontanées utilisées dans la vie de tous les jours pour situer l’autre et nous situer par rapport à lui, s’ajoutent d’autres catégorisations produites par les statisticiens et les administrations. Pour bénéficier de tel service ou de telle prestation, il faut s’inscrire dans des nomenclatures qui définissent des bénéficiaires ou des utilisateurs potentiels. L’étude conduite par une nombreuse équipe de sociologues, d’économistes et de démographes du laboratoire Printemps – un bien joli nom pour un lieu de recherche – s’interroge sur la part de réalité contenue dans ces catégories. Que nous apprennent du monde les catégories que nous utilisons pour le nommer ? À cette première question, les auteurs en ajoutent une seconde, plus personnelle : ces catégories facilitent-elles la construction de nos propres identités ? Ces questions sont déclinées dans différents domaines et le rapport peut se lire comme une succession de travaux dont la problématique serait commune mais les champs différents. Olivia Samuel montre, par exemple, que le ménage n’est pas la famille et comment pour comprendre la famille, il faut tenir compte de la diversité des liens créés par le ménage. Agnès Pelage et Tristan Poullaouec rappellent que le sentiment d’appartenance à une classe sociale est loin d’avoir disparu mais que ce sont les catégories les plus élevées des classes moyennes qui expriment le plus fortement cette appartenance. D’autres parties du rapport explorent l’engagement politique ou religieux, la trajectoire professionnelle ou l’installation autonome comme marqueur du passage à l’âge adulte. Dans ces passionnantes analyses secondaires des données de l’enquête INSEE Histoire de vie-construction des identités, on est frappé par l’importance de la catégorisation de sexe ou plutôt de genre comme déterminant d’identité et de comportements sociaux. 1425
Maladies au travail
Véronique DAUBAS-LETOURNEUX, Annie THEBAUD-MONY, Produire des connaissances en santé au travail à l’échelle régionale. â–¶— Centre de recherche sur les enjeux contemporains en santé publique. Université de Paris XIII. Centre nantais de sociologie, Université de Nantes, MSH Ange Guépin, 21 boulevard Gaston-Doumergue, BP 76235, 44262 Nantes cedex 2, 2006, 171 p.
Les maladies professionnelles se répartissent en deux groupes. Le premier correspond à des pathologies parfaitement identifiées et recensées dans une nomenclature de maladies du Code de la sécurité sociale. Ces maladies ouvrent droit à une indemnisation. Le second groupe rassemble des pathologies sans critère précis de définition mais qui doivent être recensées par les médecins du travail et les informations transmises à l’inspection du travail dans un objectif de prévention et de connaissance. Ces maladies, souvent mal connues, n’ouvrent aucun droit à réparation pour les salariés qui en sont atteints. Ni les médecins ni les différentes administrations concernées ne se précipitent pour collecter et analyser ces informations. Faut-il expliquer cela par l’absence d’enjeu financier, l’imprécision des pathologies ou le peu d’intérêt des praticiens à communiquer des informations à des non-médecins, ou enfin par l’organisation incertaine des circuits de recueil de l’information. Toutes ces raisons doivent sans doute s’ajouter mais le résultat est qu’une source importante de connaissances sur les maladies professionnelles reste entièrement sous-utilisée. S’appuyant sur la situation d’une région, les Pays-de-la-Loire, dans laquelle de véritables innovations ont été mises en Å“uvre, Véronique Daubas-Letourneux et Annie Thebaud-Mony décortiquent finement les raisons de ce désinvestissement et, dans le champ particulier de la santé au travail réinterrogent les frontières entre le sanitaire et le social. 1426
Opposabilité : dernier rapport avant la loi
HCLPD, Droit au logement opposable : le temps de la décision ? â–¶— 12ème rapport du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, 11, rue Saint-Georges, 75009 Paris, décembre 2006, 66 p. www.hclpd.gouv.fr
Au fil des années, les rapports du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées sont devenus de moins en moins épais. Peut-être faut-il voir dans ce mouvement de réduction de taille l’abandon d’une démarche de recherche et d’études au profit d’un accent mis sur les propositions, voire même ici sur une proposition. Depuis plusieurs années, ce comité présidé par Xavier Emmanuelli ferraille avec force pour engager le législateur sur le chemin de la création d’un droit opposable au logement. Quelques mois et quelques dizaines de tentes plus loin, il semble bien que le Haut comité soit arrivé à son but. La loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable a été publiée au Journal officiel du 6 mars 2007 et devrait entrer en pratique. Alors le 12ème rapport serait-il le dernier ? Probablement non si l’on se souvient que les proclamations d’un droit au logement remontent déjà à une quinzaine d’années et que l’opposabilité d’un droit ne vaut que dans la mesure où les parties prenantes sont capables d’assumer les obligations générées par ce droit. Face aux tensions sur le marché du logement, au fait que ce sont des pauvres qui sont le plus demandeurs, et si l’on ajoute à cela les facteurs de discriminations qui freinent l’accès au logement d’une partie des demandeurs, il est probable que l’opposabilité risque surtout d’être l’affirmation d’un grand et beau principe mais que ces effets tarderont à se faire sentir. 1427
Ancrage ou redémarrage
Alberto LOPEZ, Jean-Pierre ALDEGUER, Nathalie MONNIER-BRABANT, Flora PARIS, Pauvretés, précarités, exclusions. Etat des lieux 2005-2006 en Rhône-Alpes. â–¶— Mission régionale d’information sur l’exclusion, 14, rue Passet, 69007 Lyon, février 2007, 100 p. www.mrie.org
Après une année de réorganisation, la mission régionale d’information sur l’exclusion en Rhône-Alpes renouvelle la forme de diffusion de ses principaux travaux. Au rapport global des années passées, la Mission substitue la publication tout au long de l’année de différents dossiers. Ainsi, ce rapport initial, état des lieux sur l’emploi et la précarité, les ressources et la pauvreté monétaire, le logement et l’exclusion, devrait être complété par la publication de travaux sur la santé et l’insertion, l’habitat des gens du voyage, le décrochage scolaire et le logement. Ce premier nouveau rapport met en avant un paradoxe avec lequel nous allons devoir apprendre à vivre dans les toutes prochaines années. Au fil des mois, les indicateurs usuels quittent la zone rouge des années précédentes. C’est le cas pour les données relatives à l’emploi et au chômage, une baisse qui bénéficie à l’ensemble des demandeurs d’emplois y compris les personnes au chômage de longue durée et les moins diplômés. Les indicateurs de pauvreté monétaire sont en recul qu’il s’agisse du taux de pauvreté calculé par l’INSEE ou du nombre des allocataires à bas revenus des caisses d’Allocations familiales. Enfin, le nombre des logements sociaux financés atteint 47 % de plus qu’en 2002. Dans le même temps, la précarité s’ancre plus fortement dans certains territoires, le mal emploi subi exclut plus longuement du marché du travail, et atteint en majorité des femmes à temps partiel et des jeunes. Enfin, pour les personnes aux revenus les plus bas, l’hébergement d’urgence devient le palliatif pour répondre à la question du logement. Verre à moitié plein ou à moitié vide, début d’un mouvement qui peine à atteindre les personnes les plus en difficultés, selon le regard ou les hypothèses privilégiées, des visions de plus en plus contrastées pourraient émerger de l’analyse de la pauvreté et de la précarité. 1428
Quand le travail ne suffit pas
Elodie DAVID, Anne DUJIN, Christine OLM, Marie-Odile SIMON, Les actifs en situation de pauvreté : quelles expériences de la pauvreté ? â–¶— Cahier de recherche, CRÉDOC, 142, rue du Chevaleret, novembre 2006, 111 p.
La mesure de la pauvreté est d’abord une convention statistique qui fait que l’on est pauvre avec un revenu inférieur à 60 % du revenu médian, soit actuellement un peu moins de 800 euros pour une personne seule. Cette forme de pauvreté monétaire est directement liée à l’emploi ou à la perception de revenus sociaux. L’autre façon de mesurer la pauvreté utilise la notion de conditions de vie. Mesurée par les enquêtes de l’INSEE cette approche renvoie à la difficulté des conditions d’existence, aux freins à la consommation ou aux restrictions dans la vie de tous les jours. Un peu à la manière de l’étude du laboratoire « Printemps », ces indicateurs définissent des catégories. Mais au quotidien la pauvreté c’est d’abord une perception de soi et de sa vie, on parle alors de la pauvreté subjective. Une intéressante recherche conduite par le CRÉDOC montre les décalages entre la pauvreté perçue et la pauvreté mesurée par ces indicateurs pour les personnes qualifiées de travailleurs qui bien que travaillant se retrouvent dans un ménage pauvre. Les trois quarts des ménages dont l’un des membres a un emploi et qui cumulent pauvreté monétaire et pauvreté en conditions de vie se sentent pauvres. Pour l’ensemble des ménages pauvres cette proportion est un peu inférieure. Les ménages pauvres avec emploi sont ainsi plus nombreux que les autres à ressentir des difficultés financières, comme si l’emploi n’ayant pas tenu ses promesses d’une vie meilleure rendait alors le quotidien plus insupportable. 1429
l’intégration par les loisirs
Philippe COULANGEON, Pratiques culturelles et sociologie des styles de vie. Les loisirs des immigrés et des personnes issues de l’immigration en France. â–¶— Observatoire sociologique du changement. Fondation nationale des sciences politiques, 27, rue Saint-Guillaume, 75337 Paris cedex 07, avril 2006, 96 p.
La plupart des travaux engagés depuis une quinzaine d’années sur la situation en France des populations immigrées ou issues de l’immigration insistent sur le décalage existant entre les fortes discriminations observées en matière d’accès à l’emploi, voire au logement, et l’intégration culturelle de ces mêmes populations, plutôt effective sous le double effet des médias et de l’accès à l’éducation scolaire. À la différence de ces travaux qui sont très souvent produits par des ethnologues recourant à des démarches monographiques, l’étude conduite par Philippe Coulangeon s’appuie sur l’enquête Histoire de vie – Construction des identités réalisée par l’INSEE en 2003. Cette enquête contient des informations qui permettent de distinguer différentes figures d’immigrés dont les immigrés de seconde génération. Notons au passage que l’INSEE peut fournir de telles indications sans pour autant constituer des statistiques ethniques. L’enquête recense des informations sur une petite vingtaine de pratiques de culture et de loisirs, allant de la lecture à la pratique de la pêche ou de la chasse en passant par l’écoute de la musique, les activités sportives ou le bénévolat. S’agissant des activités qui relèvent de la culture savante comme le théâtre ou la fréquentation des musées, les populations immigrées pratiquent ces activités aussi peu que les Français “de souche”. Le résultat, quoique inverse, est le même pour la télévision, les familles d’origine française comme les familles immigrées regardent la télévision à forte dose. Quelques différences apparaissent dans d’autres secteurs. Ainsi, les immigrés de seconde génération et principalement les hommes, surinvestissent fortement les salles de cinéma et les activités sportives. Si le sport est désigné comme l’activité de loisir de prédilection pour 11, 5 % des répondants de l’enquête, ce pourcentage monte à 19 % pour les personnes originaires du Maghreb, d’Afrique, de Turquie et du Moyen-Orient. 1430
Du canal Saint-Martin à la Cour des comptes
Marie-Christine DOKHELAR, Les personnes sans domicile. â–¶— Rapport public thématique de la Cour des comptes. Cour des comptes, 13, rue Cambon, 75100 Paris cedex 01, diffusion Documentation française, mars 2007, 234 p. www.ccomptes.fr
Un rapport de la Cour des comptes, même sur une question sociale, ce n’est pas le document traditionnel fabriqué par trois ou quatre chercheurs regroupés dans une association loi de 1901 quelque part au fond du Périgord noir. Le formalisme de la présentation, la liste des conseillers présents au moment de la délibération, la rédaction même de la délibération et jusqu’à la signature du président, tout cela témoigne des ors et des regards de la République penchés sur le social. Vous aurez remarqué que le titre abandonne le F de fixe et que le fait d’être sans domicile est suffisant. La Cour des comptes entérine la position de l’INED et de l’INSEE qui rappellent qu’une personne est dite sans domicile un jour donné si, la nuit précédente, elle a eu recours à un service d’hébergement ou elle a dormi dans un lieu non prévu pour l’habitation (rue, abri de fortune). Au-delà de ce rappel, le rapport rassemble les données disponibles, présente les politiques et, surtout, pointe les manques et les incertitudes de ces politiques. Les différents ministères et les associations, qu’il s’agisse de la FNARS ou de la Fédération nationale des banques alimentaires sont sommés de s’expliquer sur ce qu’ils ne font pas nécessairement bien. Les ministères et associations répondent et même parfois répliquent en insistant sur la difficulté pour l’État de mettre en Å“uvre une politique nationale dans un contexte décentralisé. La Cour insiste fortement sur le décalage entre une politique énoncée dans sa continuité, de l’accueil en urgence à l’accès au logement social, alors que les structures d’accueil en urgence sont totalement engorgées et que la sortie par le logement ne se fait pas faute de logements accessibles. 1431
Lycée sans fumée
Serge KARSENTY, Georges MAIGNON, Cristina DIAZ-GOMEZ, Tanguy BRANNELEC, Règles et usages en matière de tabac : évolution 2002-2006 dans les lycées français. â–¶— Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Téléchargeable sur www.ofdt.fr. Janvier 2007, 56 p.
Depuis le 1er février 2007, les lycées ne doivent plus avoir dans leur enceinte, ni “fumoirs” ni espaces autorisés aux fumeurs à l’extérieur des bâtiments. Nous sommes bien éloignés de la première interdiction de fumer en milieu scolaire qui datait de 1976 mais ne fut quasiment pas appliquée sur le terrain. La première étude évaluative sur l’usage du tabac dans les lycées fut effectuée en 2002, soit 10 ans après le décret précisant les modalités d’application de la loi Evin. L’étude de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies réalisée, en 2006, montre des évolutions significatives dans l’application de la lutte contre le tabagisme. Le taux des lycées imposant une interdiction totale de fumer a augmenté de 25 % en quatre années. La proportion des lycées où fumer dans la cour était possible s’éleve à 85 %, elle était un peu supérieure à 50 % en 2006. Les règles sont mieux affichées, mieux connues, le nombre de fumeurs à la porte du lycée régresse, et les proviseurs indiquent avoir moins de difficultés à faire respecter la loi. L’évolution la plus spectaculaire concerne les professeurs. En quatre ans les salles de professeurs uniques où l’on pouvait fumer ont quasiment disparu. 1432
Horaires irréguliers, troubles de santé
Sophie PRUNIER-POULMAIRE, Jean-Baptiste BERRY, Charles GADBOIS, Santé perçue des salariés en horaires irréguliers non décalés. â–¶— Mission de la recherche, Groupe La Poste, 44 boulevard de Vaugirard, 75757 Paris cedex 15, janvier 2006, 88 p.
Qu’il s’agisse de tonus, de douleurs, de réactions émotionnelles, d’isolement social, de mobilité physique ou de sommeil, les salariés en horaires irréguliers font état de troubles plus fréquents que les salariés en horaires normaux. Ces troubles concernent plus particulièrement la mobilité physique : avoir du mal à marcher, à monter ou à descendre les escaliers et les réactions émotionnelles comme se sentir déprimé, nerveux, découragé, se mettre facilement en colère ou n’avoir envie de rien. Ces perceptions sont plus importantes pour les femmes que pour les hommes. Il faut cependant être prudent dans les conclusions à tirer de ce constat. Il n’est pas certain qu’il faille incriminer directement les horaires mais peut-être davantage les exigences de travail plus fortes qui sont imposées à ces salariés ou le fait que des horaires irréguliers sont fréquemment associés à des temps partiels subis. Ces exigences se traduisent souvent par le fait d’être obligé de se dépêcher, d’être souvent interrompu, de devoir faire plusieurs choses à la fois ou encore d’être soumis aux exigences des clients. Il resterait à comprendre pourquoi ces conditions de travail pèsent davantage sur les salariés en horaires irréguliers et à se demander si les entreprises ne faisaient pas peser sur un groupe de salariés particuliers leurs plus fortes exigences de flexibilité ? 1433