Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 33 à 33
doi: en cours

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Partie 1 : Données de contexte

n° 141 2007/5

2007 Informations sociales Partie 1 : Données de contexte

Que représente pour vous votre quartier ?

Jean-Louis Pan Ké Shon INED
La question “Que représente pour vous votre quartier ?” [1] a donné lieu à 12 000 réponses, dont une part provient des habitants des quartiers sensibles. On s’aperçoit que si ces habitants portent un jugement majoritairement négatif sur leur quartier, la perception comme la réalité de leurs conditions de vie sont complexes. Six types d’habitants peuvent être catégorisés en fonction de leurs réponses.
Chez les “avantagés” le quartier est perçu comme un ensemble de ressources. Ces habitants s’attachent aux divers avantages qu’il procure : la centralité, les espaces verts, les commodités de toute nature, l’aspect vivant. Qualités qui s’accordent parfois avec des nuisances induites, comme le bruit et une légère insécurité. Sans surprise, les habitants des quartiers sensibles, avec 3 %, sont près de trois fois moins représentés dans ce type par rapport au reste des habitants du territoire métropolitain.
Les “globalement satisfaits” manifestent une satisfaction et un bien-être indistincts, apprécient la quiétude, l’aspect agréable, les relations de bon voisinage, loin des nuisances et de l’insécurité. Une petite part affirme même y vivre heureux. C’est la classe dans laquelle se retrouve la majorité des résidents du territoire métropolitain (41 %) mais où se compte 1,6 fois moins d’habitants des ZUS (26 %).
Les “enracinés” expriment un rapport affectif et fusionnel au quartier où les relations amicales et les divers petits événements de l’histoire familiale se sont sédimentés pour finalement se confondre avec les lieux témoins de ces événements. C’est souvent un quartier où les habitants sont nés ou ont passé une partie de leur vie, créant ainsi un attachement d’ordre sentimental. Pour ces raisons se retrouvent à quasi-égalité dans ce type d’habitants ceux de la métropole (12 %) comme ceux des ZUS (11,6 %).
Les “repliés” se plaignent de l’isolement relationnel et spatial, du manque de vie et de commodités. Ils indiquent un rapport aux autres problématique et un désengagement du quartier comme par défaut de ne pouvoir s’y sentir bien. Ce type d’habitants est peu discriminant et se rencontre un peu moins en ZUS (3,6 %) qu’au dehors (4,5 %).
Les “non-investis” déclarent explicitement leur absence d’investissement dans leur quartier, le caractère provisoire de la localisation, être obligés de vivre quelque part… Leur centre d’investissement semble s’être reporté soit sur le travail, soit sur le logement. Une partie minoritaire des non-investis expriment des jugements plus radicaux de rejet de leur lieu de vie avec des termes violents comme “sentiment de dégoût”, “naze”, “la zone”, “nul”, “la prison”, etc., et affirment logiquement vouloir déménager. Ce type d’habitants hétérogènes représente le groupe majoritaire dans les zones urbaines sensibles, avec près de 47 % contre 30 % en dehors.
Les “insécures” représentent une classe très spécifique où les nuisances et l’insécurité sont exprimées avec force. Pour quelques-uns, c’est la non-acceptation des populations étrangères, la dégradation du quartier et la disparition des anciennes relations. Pour d’autres, c’est la crainte des bandes de quartier, des squatters et des “grands jeunes” qui crée un sentiment de malaise. Enfin, pour la majorité du groupe, ce sont surtout les nuisances diverses qui motivent les réponses. Ces résidents déclarent aussi très logiquement ne pas aimer leur quartier et vouloir déménager. Ils se rencontrent deux fois plus souvent en quartier sensible (9,2 %) qu’en dehors (4,6 %).
Au total, la part des trois types d’habitants menant une relation positive avec leur quartier s’élève à 41 % en ZUS, contre 61 % en dehors. À l’inverse, ce sont 59 % des habitants des quartiers sensibles qui mènent une relation plus ou moins problématique avec leur quartier, contre 39 % en dehors.
 
NOTES
 
[1]Les données représentatives des habitants de France métropolitaine sont tirées de l’enquête “Vie de quartier” de l’INSEE (voir J.-L. Pan Ké Shon, “La représentation des habitants de leur quartier : entre bien-être et repli”, Économie et statistique, n° 386, 2005).
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