Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 44 à 44
doi: en cours

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Partie 1 : Données de contexte

n° 141 2007/5

2007 Informations sociales Partie 1 : Données de contexte

Mieux connaître le poids des allocataires des ZUS

Catherine Jaulent CNAF
L’Observatoire national des ZUS souligne, dans son dernier rapport 2006, que la situation des zones urbaines sensibles ne s’améliore pas, notamment dans le domaine des ressources des habitants. Or, d’après une exploitation détaillée de l’enquête “Revenus fiscaux” de l’INSEE, une très grande majorité de la population pauvre fait partie des allocataires des caisses d’Allocations familiales. Aussi, la production de données socio-économiques infra-communales à partir des fichiers des CAF ne peut qu’éclairer le profil des ménages résidant sur les territoires de la politique de la ville. Ceci suppose la mise en place d’une procédure statistique permettant d’affecter à chaque adresse concernée dans les fichiers la référence de la ZUS concernée. Cette procédure lourde n’est pas au cÅ“ur des missions des CAF. Cependant, une partie d’entre elles produisent des données infra-communales (quartier, îlots…) pour leurs propres besoins de développement social et local, qu’elles partagent avec leurs partenaires. Ces données sont majoritairement produites dans le cadre de conventions locales avec les directions régionales de l’INSEE.
Il y a 717 zones urbaines sensibles en France. Les données des CAF ont pu être mobilisées sur 510 d’entre elles. Ainsi, pour la première fois, les constats dans le rapport 2006 de l’Observatoire national des ZUS ont pu s’appuyer sur l’exploitation de ces données. Les unités urbaines des 510 ZUS totalisent 800 000 ménages, dont près de la moitié est allocataire de la branche Famille. Les résultats obtenus concernent 76 % de la population vivant dans la totalité des 717 zones urbaines sensibles, et 64 % des ménages vivant dans les 510 ZUS au 31 décembre 2003.
Les trois quarts de ces ménages reçoivent une aide au logement, prestation versée sous condition de ressources, contre 27 % pour l’ensemble des allocataires en France métropolitaine. Les résultats confirment que les revenus des quartiers en ZUS sont très généralement inférieurs à ceux des agglomérations où se situent ces quartiers. Près de la moitié des allocataires en ZUS (45 %) ont un revenu par unité de consommation inférieur au seuil de bas revenu (la demi-médiane des revenus avant impôts, intégrant diverses prestations sociales), contre 29 % dans les unités urbaines correspondantes.
Le déficit d’accès à l’emploi continue de caractériser la situation des populations vivant en zones urbaines sensibles ; il est constaté que les bénéficiaires du revenu minimum d’insertion inscrits à l’ANPE y sont plutôt défavorisés dans l’accès aux contrats aidés. La mobilisation des données sur ces territoires est un enjeu important, d’autant qu’on relève que la proportion des allocataires touchant le RMI y est près du double (19 %) de celle constatée sur la totalité des 10 millions d’allocataires. Le poids de la population couverte par le RMI – c’est-à-dire l’allocataire, son conjoint et les personnes dont il a la charge – atteint ainsi 10 % des personnes résidant dans les 510 territoires observés, contre 3 % au niveau national. Deux caractéristiques des zones urbaines sensibles expliquent les écarts entres ces proportions : une pauvreté plus fréquente et une taille des foyers plus grande en moyenne.
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