2007
Informations sociales
Partie 2 : Modes de vie des familles
Du stigmate au ghetto
De la difficulté à nommer les quartiers
Michel Kokoreff
Sociologue, il enseigne au département de sciences sociales de l’Université Paris-V-René-Descartes. Il a récemment publié La Force des quartiers (Payot, 2003) et La France en mutations (Payot, 2004, avec J. Rodriguez). Il a co-coordonné le numéro de Déviance et société sur les émeutes urbaines (vol. 30, n° 4, 2006, avec D. Duprez).
Il y a une difficulté réelle à nommer ces espaces urbains en marge de la ville et de l’emploi, et au cÅ“ur du débat politique. Force est de constater qu’il est devenu impossible d’utiliser un vocabulaire neutre pour désigner les “quartiers”. On a pourtant assisté, ces dernières années, à des transformations sociales des représentations dont les récentes émeutes urbaines sont le produit.
Quartiers populaires, zones urbaines sensibles, quartiers de relégation urbaine, zones de non-droit… L’abondance des catégorisations pour qualifier les quartiers pauvres est significative de l’ambivalence qui les caractérise. Leur interprétation au plan politique, entre idéologie et imaginaire, contribue à brouiller l’objet en jeu. Une autre lecture des rapports sociaux s’impose.
Il est devenu impossible d’utiliser un vocabulaire neutre pour désigner les quartiers les plus pauvres situés à la périphérie des villes, car immédiatement sur-signifiant. Depuis l’amorce de la politique de la ville, la question qui se posait était au fond la suivante : comment nommer sans stigmatiser ? Une longue liste de catégories politico-administratives était venue répondre à cette exigence à grand renfort d’euphémismes. Il s’agissait de prendre en compte la nouvelle donne des problèmes sociaux posés dans les banlieues ouvrières déshéritées, sans pour autant dévier des cadres normatifs du modèle d’intégration républicain et aller jusqu’à reconnaître l’existence de “minorités”. Aujourd’hui, on n’en est plus là. Les catégories du discours social (des élus, des journalistes, des professionnels…) tantôt en disent trop, tantôt n’en disent pas assez. On est au mieux dans l’ambivalence, l’oscillation, le balancement entre catastrophisme et dénégation, désenchantement et ré-enchantement. Il n’est plus question de villes ouvrières mais de quartiers “populaires”, de quartiers en difficulté mais de “zones urbaines sensibles”, de cités d’habitat social mais de “zones de non-droit” – tout comme les jeunes de la “galère” ont été supplantés par les “sauvageons” puis les “racailles”. Un tel déplacement des représentations est significatif de l’incapacité à nommer ces mondes sociaux qui sont pourtant au cÅ“ur de l’action publique et du débat politique depuis plus de vingt-cinq ans. D’où ce paradoxe : plus il est question de ce qu’il est désormais convenu d’appeler sans autre qualification les “quartiers”, moins on sait de quoi l’on parle exactement ; plus les discours et les interprétations sont pléthoriques, moins on sait ce qui se passe réellement et ce qui change. Telle est la situation à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui et que les récentes émeutes urbaines auront ponctuée avec force.
Mais revenons sur la définition de ces espaces, qui est essentielle. S’agit-il encore de “quartiers populaires” ? On sait combien la catégorie de “populaire” est devenue incertaine au regard de l’évolution de la stratification sociale des cités HLM (moins d’ouvriers, plus d’employés stables, précaires ou très dépendants). La fragmentation des couches populaires est aussi un fait capital, qui conduit à se défaire du schéma de la dualisation
[1]. Convient-il alors de parler de zones de “relégation urbaine” ? Mais outre que la ségrégation urbaine n’est pas un phénomène nouveau, au sens d’une distribution inégale des groupes sociaux ou ethniques dans la ville, son renforcement au cours des vingt dernières années n’est pas aussi avéré qu’il y paraît
[2]. Par ailleurs, il y aurait beaucoup à dire sur la correspondance qui s’est établie, au moins depuis le début des années 1990 (c’est-à-dire l’instauration de la loi d’orientation sur la ville), entre mixité résidentielle et harmonie sociale
[3]. Faut-il alors parler de “quartiers de la politique de la ville” ? Ce serait mettre l’accent sur la construction politique et institutionnelle de ces “quartiers défavorisés” requalifiés “zones urbaines sensibles”, au risque d’en majorer – comme souvent – les effets sur les logiques d’acteurs et les identités collectives. Est-ce alors le cumul des handicaps qui caractériserait ces territoires tout à la fois paupérisés, stigmatisés, ségrégés et “racisés” ? Mais cette définition statistique présente, à son tour, un double inconvénient : celui de méconnaître la diversité et la complexité des situations locales, mais aussi celui de rester prisonnier d’une vision misérabiliste des quartiers, définis en termes d’anomie, de manques ou de carences.
Face à ces problèmes de catégorisation sociologique, parler de “quartiers pauvres” est un choix méthodologique qui permet de marquer une rupture avec les catégories molles, en mettant l’accent sur un ensemble de caractéristiques socialement disqualifiantes (bas niveau économique, chômage et précarité, absence de capital culturel et social, habitat dégradé). Mais, à nouveau, cette catégorie pose problème. D’une part, elle contribue à entériner l’image catastrophiste de quartiers où tous les actifs seraient au chômage et où une majorité de familles vivraient en dessous du seuil de pauvreté – ce qui est loin d’être avéré. On le voit bien à travers les jeunes : si le taux de chômage des moins de 25 ans dans les cités traduit des écarts considérables à la moyenne, allant jusqu’à 40 ou 50 % des actifs, il n’en demeure pas moins qu’une majorité d’entre eux travaillent. Certes, ils occupent des statuts souvent précaires, qui doivent moins à leur formation initiale qu’à une série de circonstances et de ressources sur lesquelles on sait finalement de peu de choses. Néanmoins, mettre l’accent sur leur appauvrissement contribue à réduire plus généralement les habitants de ces quartiers à l’état de problème, pour en méconnaître les dynamiques et recompositions, tant au plan sociétal et culturel que politique.
On retrouve là, au fond, une constante des représentations profanes ou savantes des “banlieues” que bien des sociologues ont contribué à renforcer, à leur insu. Or, comme je l’ai montré ailleurs, c’est moins le manque de liens que le trop de liens qui caractérisent cet univers, l’apathie et le retrait que l’effervescence associative, le désert culturel que la production d’univers symboliques (dont la culture hip-hop, le rap ou le slam sont les manifestations les plus connues) ; c’est moins la dépolitisation que l’émergence de nouvelles formes d’action et de protestation collectives
[4]. Toute la difficulté est donc de prendre en compte les différentes facettes d’une réalité sociale mouvante et l’activité multiforme des catégories sociales en présence.
Or l’ambivalence des représentations comme des phénomènes eux-mêmes n’y invite pas
[5]. On le voit à propos des diverses formes de violences collectives. D’un côté, le catastrophisme ambiant a conduit à développer un tableau très sombre du monde des cités en mettant l’accent sur les logiques des groupes extrémistes, qu’elles soient celles de l’intégrisme, du terrorisme ou des mafias
[6]. De l’autre, comme en écho, on a assisté au développement d’une certaine forme d’angélisme qui, sous couvert de proposer un diagnostic plus complexe de la situation dans les quartiers, en est venue à passer sous silence un durcissement des relations sociales dans les cités
[7]. D’où le procès en illégitimité intenté aux chercheurs soupçonnés de faire de la sociologie une “culture de l’excuse”. De fait, on ne peut nier que la délinquance juvénile a connu un essor spectaculaire au cours de ces trente dernières années. Pour autant, le climat de “guerre civile” ou de “guérilla urbaine” qui sous-tend l’économie des récits sur les “quartiers sensibles” traduit aujourd’hui une profonde méconnaissance des faits. Il suffit de rappeler le poids des atteintes aux biens sans commune mesure avec les atteintes aux personnes, l’essor spectaculaire des outrages à agents de la force publique qui s’explique par une dégradation des rapports entre les jeunes et les forces de l’ordre
[8]. On ne peut pas davantage méconnaître les ravages des trafics de drogues dans les cités, avec la diffusion de l’héroïne, du cannabis et des drogues de synthèse, ainsi que les effets de désinvestissement social que leurs usages et leur commerce suscitent. Pour autant, les organisations criminelles s’inscrivent à bien d’autres échelles. Dans les cités, les positions lucratives sont limitées, et ce sont finalement les “smicards du bizness” qui dominent
[9]. On ne peut non plus nier la rugosité accrue des rapports sociaux dans les cités, et en particulier l’occupation asymétrique des espaces publics par les garçons et les filles. Pour autant, ce serait aller vite en besogne que de réduire cette tension entre les deux sexes au machisme des jeunes garçons issus de l’immigration maghrébine ou subsaharienne. De même, le drame des viols collectifs ne devrait pas faire oublier la misère sexuelle qui caractérise les relations entre les hommes et les femmes dans ce contexte urbain.
En réalité, entre ces situations extrêmes, on observe toute une gamme de situations intermédiaires. D’un côté, ces quartiers sont en proie aux effets de la désaffiliation sociale ; de l’autre, ils offrent bien des supports à une ré-affiliation territoriale (autour de la cité, du bizness, de l’action associative ou militante). Ainsi, les cités constituent un monde fractionné, travaillé qu’il est par de multiples fractures ou antagonismes de type social (entre salariés stables, précaires et sans-emploi), générationnel (entre “jeunes” et “vieux” ; “première”, “deuxième” ou “troisième” génération de l’immigration), sexué (entre garçons et filles) ou national-racial (entre Français et “étrangers”, Blancs et “non-Blancs”)
[10]. Ces lignes de fragmentation fabriquent un ordre social segmenté typique des processus de ghettoïsation. Difficile d’y déceler la consistance d’une communauté de destin, un “nous”, même si, du côté des jeunes de la rue, l’opposition à un “eux”, incarné par les représentants des institutions les plus en vue dans ces territoires, à savoir l’école et la police, est exprimée avec force.
Emblématique, la situation des jeunes de ces quartiers traduit bien cette ambivalence. Ils sont à la fois et indissociablement victimes de violences diverses (physiques, sexuelles, symboliques, institutionnelles) et coupables de délits (vols, agressions, usages et trafics de drogues) ou d’inconduites. De même, ils sont trop exclus (du travail, de la ville, de la circulation…) et trop inclus (en matière de consommation, de médias…). Infra-acteurs parce qu’exclus, ils sont aussi hyper-acteurs parce que devant faire leurs preuves plus que les autres. Les jugements qu’ils portent sur leur quartier traduisent aussi une même ambivalence. Celui-ci est en effet décrit comme ignoble et fraternel, stigmatisant et protecteur, enfermé et ouvert. C’est dans cette expérience que se cristallise un aspect très important, parce que contradictoire, des rapports sociaux dans ce contexte. Sans s’inscrire dans une communauté protectrice ni constituer une pure assignation, ils fonctionnent comme une sorte de piège
[11].
Or les définitions données et les analyses développées ici ou là rendent rarement compte de l’ambivalence des conduites et des subjectivités. Entre la déconstruction radicale fonctionnant comme le nouvel alibi de la critique sociale et l’enchantement culturaliste s’émerveillant de la formation de sous-cultures juvéniles, il s’agit de définir le monde des “quartiers” par l’activité multiforme des jeunes faite de réussites et d’échecs scolaires, de carrières délinquantes et d’engagements militants, d’assignations et de manipulations identitaires qui résistent aux stéréotypes appelés par la formation de ces nouvelles classes dangereuses issues des mutations de la question sociale.
Faute de prendre en compte ce processus, on en reste à des lieux communs. Il est de bon ton aujourd’hui de souligner comment les grands ensembles urbains, après avoir été célébrés comme les synonymes de la modernité urbaine, sont devenus des ghettos. Journalistes, élus, professionnels, acteurs du social, militants, tous le disent et le répètent : vingt ans de politique de la ville auraient conduit, paradoxalement, à la prolifération des “quartiers ghettos”. Trois traits remarquables sont fréquemment mentionnés par la presse pour argumenter ce phénomène. Le premier reprend les nombreuses recherches conduites, tant aux États-Unis qu’en France, sur l’éloignement des ménages issus des classes moyennes qui ont quitté les cités au tournant des années 1980, bénéficiant des mesures encourageant l’accès à la propriété, alors que, simultanément, la rénovation des centres-villes a rejeté vers la périphérie nombre de familles immigrées. Les Blancs les plus aisés sont partis, les Noirs et les Arabes les moins dotés sont restés. Ce sentiment d’être parqué dans des “ghettos” est assez largement partagé dans les cités d’habitat social, et quand bien même les membres de classes moyennes restent plus présents qu’il n’y paraît, il se trouve fortement alimenté par une expérience du racisme et de la discrimination raciale. Le deuxième trait concerne la composition “ethnique” des classes en école primaire et en collège. De fait, la population des établissements scolaires a changé : la grande majorité des écoliers est d’origine étrangère diverse. Parmi eux, nombreux sont ceux qui adoptent des comportements déviants, perturbant le déroulement de la classe, jugés incapables d’obéir et de travailler. Les enseignants décrivent un climat de tensions et de violences permanentes. Les relations avec les parents sont difficiles du fait du poids de l’institution qui fait peur aux familles mais aussi du fait d’une communication par écrit aléatoire, faute d’une bonne compréhension du français. Enfin, le dernier trait concerne la présence de l’islam et des musulmans dans les quartiers périphériques. Des commerces ethniques aux associations communautaristes, de la présence de femmes voilées dans les espaces publics à la montée de l’intégrisme, il n’y a qu’un pas qui est vite franchi et qui donne le sentiment de la formation de ghettos.
Face à ces situations, une controverse existe, depuis le début des années 1990, autour de la comparaison entre ghettos noirs américains et banlieues ouvrières françaises. Selon Loïc Wacquant, qui en a été le principal promoteur, le terme de ghetto serait contradictoire avec le modèle républicain d’intégration, un contresens historique par comparaison aux processus en vigueur dans les villes nord-américaines
[12]. Pourtant, l’essor du chômage de masse, de la relégation urbaine et de la discrimination raciale, accompagné par la formation de modes d’organisation sociale spécifiques aux cités, invite à nuancer fortement ce constat. Il est vrai que la France n’est pas l’Amérique et que les situations décrites à partir de l’exemple de Chicago ou de East Harlem sont sans commune mesure avec celles observables y compris dans le “9.3”. Encore qu’il suffise de se rendre au grand ensemble de Clichy-sous-Bois - Montfermeil pour prendre la mesure de la dureté des conditions de vie des habitants de certaines cités françaises. Mais la question n’est pas simplement celle de l’homogénéité raciale ou de l’intervention de l’État. Didier Lapeyronnie montre comment les divers éléments ont conduit à la formation d’une logique de ghetto, en insistant particulièrement sur le rôle du racisme
[13]. Il met en relief la tension qui réside entre les logiques du “
ghetto” et celles de la “
ville”, entre des usages du “
territoire” des classes populaires basés sur l’interconnaissance, les liens forts, et des usages de “
l’espace public” des classes moyennes régis par les règles de l’anonymat, les liens faibles. D’autres auteurs vont plus loin. Selon Nacira Guénif-Souilamas, parler de ghetto est un euphémisme au regard des métamorphoses des quartiers populaires en “
réserves d’indigènes”
[14]. Ici, la question des quartiers est abordée au regard du fait postcolonial. D’ailleurs, les forces de l’ordre ne se comportent-elles pas, de plus en plus souvent, en “armée coloniale” ?
Familles polygames, familles nombreuses
Par rapport à ces transformations complexes, les approximations du débat public n’en restent pas moins remarquables. Alors que s’amorçait le reflux des émeutes de novembre 2005, on a assisté à la résurgence d’une polémique sur la polygamie, proscrite par la loi mais pratiquée par des familles originaires d’Afrique de l’Ouest, et qui, selon le ministre délégué à l’Emploi, aurait été “
l’une des causes” des émeutes
[15]. Parallèlement, le gouvernement a annoncé des mesures visant à durcir la législation sur le regroupement familial, considéré par le ministre de l’Intérieur comme une “
nouvelle filière d’immigration”
[16]. De leur côté, les associations antiracistes (SOS Racisme, le MRAP, la Ligue des droits de l’homme) ont réagi en dénonçant la tentative d’“
ethniciser la crise des banlieues” et de “
détourner l’opinion publique des vrais problèmes”.
Cet épisode sans doute oublié mais récurrent dénote le caractère idéologique des représentations et des positions. Car, au fond, que savons-nous des familles polygames vivant en France ? Combien de ménages cela concerne-t-il réellement ? À quelles difficultés les épouses mais aussi les fratries sont-elles confrontées ? Comment trouvent-elles leur place dans le monde des cités ? À l’inverse, ces incertitudes ne doivent pas masquer un certain nombre de faits, au risque de tout confondre. Ainsi, Hugues Lagrange a mis en relief la sur-implication dans les inconduites et l’échec scolaire des enfants des grandes familles venues d’Afrique noire, du fait des processus de migration et de socialisation qui les caractérisent. Cette observation se retrouve dans la diffusion des émeutes qui a été particulièrement forte dans des communes où des jeunes d’ascendance africaine noire sont les plus nombreux. Plus précisément : “
L’analyse des lieux d’émeutes en 2005 montre que ce sont des communes comportant des zones urbaines sensibles dans lesquelles les familles de six personnes et plus sont les plus nombreuses”
[17]. On voit donc l’écart qui réside entre la mise en accusation des familles polygames comme cause de la violence, sa fonction idéologique auprès de l’opinion et les faits observés.
Il n’est pas très difficile de montrer l’écart qui réside entre les représentations dominantes des “quartiers sensibles” et les situations observables dans certaines cités plutôt que d’autres. Encore qu’il ne va de soi que ces constructions symboliques ou imaginaires ne contaminent pas les scènes ou récits trop rapidement pris pour argent comptant “sur le terrain”. Les chercheurs ne participent-ils pas eux-mêmes, par leur présence dans les cités maudites, à la gestion du stigmate ? Cela étant dit, ce travail de déconstruction et d’autoanalyse, bien que sans doute nécessaire, n’est pas suffisant pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui dans les zones urbaines marginalisées. On ne peut plus se contenter de dénoncer la stigmatisation institutionnelle ou territoriale. Car, on s’est efforcé de le suggérer, l’objet en jeu change, échappe à toute représentation univoque, s’avère multiple et irréductible aux lectures simplistes. Bref, il s’agit assez largement d’un objet sous influence.
[1]
Voir, à ce propos, l’entretien avec Anne Collewald et Olivier Schwartz, “Haut, bas, fragile : sociologies du populaire”,
Vacarme, n° 37, été 2006.
[2]
Voir l’article d’Edmond Préteceille, “La ségrégation urbaine a-t-elle augmenté ?”,
Sociétés contemporaines, n° 62, 2006, qui rappelle que la ségrégation la plus forte concerne d’abord les classes supérieures.
[3]
Comme le montre Patrick Simon, “La politique de la ville contre la ségrégation”,
Les annales de la recherche urbaine, n
os 68-69, 1995.
[4]
Michel Kokoreff,
La force des quartiers. De la délinquance à l’engagement politique, Paris, Payot, 2003.
[5]
François Dubet a sans doute été un des premiers à le montrer. Voir
La galère : jeunes en survie, Paris, Fayard, 1987 et, plus récemment, les analyses de Cyprien Avenel, dans Sociologie des “quartiers sensibles”, Paris, Nathan, 2004.
[6]
Les publications d’Alain Bauer et de Xavier Raufer en constituent la forme extrême. Voir notamment, du premier,
La guerre ne fait que commencer, Paris, Lattès, 2002.
[7]
Voir, sur ce point, Stéphane Beaud et Michel Pialoux,
Violences urbaines, violence sociale. Genèse des nouvelles classes dangereuses, Paris, Fayard, 2004, et en particulier le chapitre intitulé “Au-delà des attitudes de provocation”.
[8]
Laurent Mucchielli et Philippe Robert (éd.),
Crime et sécurité : l’état des savoirs, Paris, La Découverte, 2002.
[9]
Michel Kokoreff, Michel Péraldi et Monique Weinberger (éd.),
Économies criminelles et mondes urbains, Paris, PUF, 2007.
[10]
Comme le rappelle justement Denis Merklen, “Paroles de pierre, images de feu”,
Mouvements, n° 43, janvier-février 2006.
[11]
Voir le livre de Younes Amrani et Stéphane Beaud,
Pays de malheur ! Un jeune de cité écrit à un sociologue, Paris, La Découverte, 2004.
[12]
Loïc Wacquant,
Parias urbains, ghetto, banlieues, État, Paris, La Découverte, 2006.
[13]
Didier Lapeyronnie, “Racisme, espaces urbains et ghetto”,
in Manuel Boucher (éd.),
Discriminations et ethnicisation, La Tour d’Aigues, L’Aube essai, 2005, p. 55-80.
[14]
Nacira Guenif-Souilamas (éd.),
La République mise à nu par son immigration, Paris, La Fabrique, 2006.
[15]
Le Monde, 18 novembre 2005.
[16]
Le Figaro, 29 novembre 2005.
[17]
Hugues Lagrange, “La structure et l’accident”,
in Hugues Lagrange et Marco Oberti (éd.),
Émeutes urbaines et protestations. Une exception française, Paris, Presses de Sciences-po, 2006, p. 109.