Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 135 à 136
doi: en cours

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Partie 3 : Les pistes de réflexion actuelles - Comment retourner dans l'emploi ? - en contrepoint

n° 142 2007/6

2007 Informations sociales Partie 3 : Les pistes de réflexion actuelles - Comment retourner dans l’emploi ? - en contrepoint

Activité féminine : une vraie fausse progression ?

Caroline Helfter
L’arrivée massive des femmes sur le marché du travail est un fait marquant de l’évolution des quarante dernières années. Au début des années 1970, la moitié des femmes âgées de 25 à 59 ans étaient actives. En 2002, les trois quarts le sont. Mais, parallèlement, elles ont été les plus touchées par l’augmentation du chômage : en 2002, 12 % des actives sont à la recherche d’un emploi, contre 3 % en 1970, cependant que le développement de l’emploi féminin s’est beaucoup fait par le temps partiel – loin d’être toujours choisi. En 1970, 13 % des salariées avaient un contrat de travail à temps partiel ; environ 30 % d’entre elles sont dans ce cas en 2002 – soit six fois plus que les hommes. Pour prendre la mesure de ces évolutions en termes de déroulement de carrière des différentes générations de femmes, nées depuis 1935, les chercheurs Cédric Afsa Essafi et Sophie Buffeteau ont considéré le nombre moyen d’années qu’une active aura passé dans l’emploi entre ses vingt-cinquième et cinquante-neuvième anniversaires [1]. Cette fois, en rapportant le nombre de femmes en emploi au nombre total de femmes, c’est-à-dire en excluant les situations de recherche d’emploi, l’activité féminine semble s’essouffler : les dernières générations (femmes nées en 1965 et 1970) devraient connaître un taux d’emploi de 70 % environ. Le changement de perspective est encore plus important si on tient compte du développement du temps partiel, expliquent les chercheurs. Converti en équivalent temps plein, le taux d’emploi féminin stagnerait depuis la génération née en 1955 : il n’atteindrait pas 60 %. En volume total d’emploi sur leur vie active, les femmes de la génération 1970 devraient ainsi connaître la même situation que leurs aînées – ce qui, évidemment, n’est pas sans conséquences au moment du passage à la retraite. Autrement dit, l’activité féminine entendue au sens large, c’est-à-dire en cumulant les situations de chômage et d’emploi, sans distinction entre temps plein et partiel, n’est probablement pas entrée dans une phase de stagnation. Si les tendances actuelles se poursuivent, notent les chercheurs, les générations de femmes arrivées sur le marché du travail dans les années 1970 pourront probablement, au terme de leur carrière, faire état d’une vie active plus remplie que celle des femmes nées dans la décennie précédente. En revanche, dès que l’on prend en compte l’effet de l’augmentation du chômage et du temps partiel, le diagnostic est tout autre : l’activité féminine ne progresse plus.
 
NOTES
 
[1]Cf. “L’activité féminine en France : quelles évolutions récentes, quelles tendances pour l’avenir ?”, in Économie et statistique, nos 398-399, INSEE 2007, 156 p., 14,80 euros.
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Cf. “L’activité féminine en France : quelles évolutions réc...
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