Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
148 pages

p. 25 à 26
doi: en cours

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Partie 2 : Les dimensions politiques et institutionnelles – ••• en contrepoint

n° 143 2007/7

2007 Informations sociales Partie 2 : Les dimensions politiques et institutionnelles – ••• en contrepoint

Psychologie communautaire et changement social

Alain Vulbeau

Francine Dufort, Jérôme Guay (dir.), Agir au cÅ“ur des communautés, Presses des universités de Laval, 2002

La psychologie communautaire n’est pas une discipline académique comme les autres. Il s’agit d’une forme d’intervention sociale où savoir et action s’imbriquent. Plus précisément, la psychologie communautaire vise l’amélioration du bien-être des groupes ou des communautés en développant leur empowerment, terme que les auteurs de l’ouvrage traduisent par “pouvoir d’agir”.
La psychologie communautaire, influencée par la recherche-action et par une certaine forme de critique sanitaire et sociale, s’intéresse aux dimensions sociales et politiques qui déterminent la vie des communautés. Il ne s’agit pas d’une approche clinique, centrée sur les caractéristiques individuelles dans une perspective curative, mais plutôt d’un intérêt marqué pour tout ce qui concerne les transactions entre les niveaux individuel et collectif, dans une perspective de changement social.
Pour cela, il faut identifier l’importance du processus d’empowerment et se pencher sur le sens du concept de communauté. L’empowerment est un terme qui a du mal à trouver une traduction en français. Ce mot décrit un processus double : il renvoie, d’une part, au sentiment d’avoir une emprise sur sa vie et, d’autre part, au fait de pouvoir mettre en Å“uvre un contrôle effectif sur les institutions par une participation aux décisions. Cependant, il doit être pensé comme une relation d’aide, avec ce que cela suppose de progressivité et de capacité d’écoute.
De son côté, le mot “communauté” renvoie à une myriade de groupes, formels ou non, concernés, à un moment donné, par un même problème. Les communautés sont à la fois distinctes du monde global mais en relation avec lui. La communauté est un niveau de l’action sociale qu’il faut prendre en compte. En effet, les usagers, qu’ils soient des habitants d’un quartier, des parents d’élèves, des malades d’un hôpital ou des employés d’une entreprise, disposent d’une compétence liée à leur expérience.
Le travail des psychologues communautaires est donc de saisir l’occasion d’une recherche pour faire émerger cette culture d’expérience et l’articuler à des formes de participation sociale. Il s’agit d’identifier des groupes en difficulté voire en situation d’oppression, d’agir sur le terrain avec la communauté, de disposer de temps pour formuler les problèmes dans les termes des usagers, de s’inscrire dans une perspective de changement social et de s’affronter éventuellement aux institutions. C’est à ce prix que l’évaluation d’un dispositif, d’une structure ou d’un territoire peut devenir formative et produire des effets durables, ce dont l’ouvrage donne de nombreux exemples.
Ce livre est introduit par une citation de Mark Twain : “Si votre unique outil est un marteau, tous vos problèmes doivent se prendre pour des clous.” Il s’agit bien sûr d’une critique de l’étroitesse d’esprit et des approches par trop réductrices. Pourtant, on pourrait paraphraser l’auteur de Tom Sawyer en formulant cette proposition : si votre outil d’intervention est la psychologie communautaire, alors tous vos problèmes passent par le changement social.
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