2007
Informations sociales
Partie 2 : Pratiques sociales – ••• en contrepoint
Proximités affectives
Caroline Helfter
Quitter ses parents n’est – généralement – pas rompre avec eux. Mais, évidemment, les contacts s’espacent. Ils sont d’autant moins fréquents que les enfants ont quitté tôt le foyer parental : 35 % de ceux qui sont partis avant 20 ans voient leur mère au moins une fois par semaine, et 33 % leur père, alors que ceux qui ont pris leur envol entre 26 et 29 ans sont 58 % à voir leur mère et 56 % leur père à ce rythme. Cela vient, en partie, de ce que plus on part tôt, plus on part loin, explique Arnaud Régnier-Loilier, qui présente les résultats d’une étude sur les relations intergénérationnelles, réalisée par l’INED et l’INSEE à l’automne 2005
[1]. Ainsi, 54 % des enfants partis avant 20 ans habitent à plus d’une demi-heure de chez leurs parents, contre 35 % de ceux partis entre 26 et 29 ans.
Indépendamment de l’âge de départ des enfants, proximité géographique et intensité des liens ont évidemment partie liée : 85 % des enfants qui résident à moins d’un quart d’heure de chez leurs parents les voient au moins une fois par semaine, contre 41 % de ceux qui ont une demi-heure à une heure de transport pour aller chez eux, et 3 % des enfants qui habitent à plus de deux heures du domicile parental.
Ce sont les enfants qui ont été élevés par un seul de leurs parents qui s’éloignent le plus : 41 % d’entre eux vivent à plus de deux heures de chez leur mère et 45 % à plus de deux heures de chez leur père, contre 26 % pour ceux ayant vécu avec le couple parental. Parmi ces derniers, 46 % voient leur mère au moins une fois par semaine et 43 % leur père, alors que les enfants de parents séparés ont deux fois plus de contacts avec leur mère (39 % au moins une fois par semaine) qu’avec leur père (19 %).
Si la distance de domiciliation peut traduire une distance affective, elle résulte aussi, parfois, de choix plus ou moins contraints, notamment par la profession. Souvent, les agriculteurs vivent près de leurs parents – la moitié d’entre eux à moins de sept minutes. En revanche, la moitié des cadres habitent à au moins une heure de chez leurs parents, et ils les voient près de trois fois moins souvent que les agriculteurs. Il n’empêche : quand les uns et les autres vivent à moins d’une demi-heure de chez leurs parents, 85 % des agriculteurs voient leur mère chaque semaine, contre 64 % des cadres.
[1]
Voir “À quelle fréquence voit-on ses parents ?”, Population et sociétés,
n° 427, INED, octobre 2006.