2008
Informations sociales
Le social en recherche
Le social en recherche
— Valérie COHEN, Brigitte LARGUEZE, Monique LEROUX, Trajectoires biographiques, stratégies et aménagements identitaires d’allocataires de minima sociaux, Recherche et société, 89 rue Marat, 94200, Ivry, 2005, 97 p.
— André GACHET, Mireille DEBARD, Chantal PIDOUX, David BERNARDOT, Comparutions immédiates, Conseil Lyonnais pour le respect des Droits, 11, rue du Puits Gaillot, 69001 Lyon, 2008, 35 p. www.clrd.org
— Céline GOFETTE, Olivier JOSEPH, Virginie MORA, Emmanuel SULZER, Insertion professionnelle et autonomie résidentielle des jeunes, CEREQ, 10 place de la Joliette, BP 21321, 13657 Marseille cedex 02, avril 2007, 105 p.
— Sarra MOUJEL-COJOCARU, La place des parents dans les services d’enfants. Entre délégation, réappropriation et contrôle croisé des logiques de soins, Thèse de sociologie, Université Paris-Descartes, UFR de sciences humaines et sociales, centre de recherche sur les liens sociaux, 45 rue des Saints-Pères, 75006 Paris, 2007, 566 p. (dir. François de Singly).
— Philippe BATIFOULIER, Maryse GADREAU, Isabelle VACARIE, La gouvernance de l’assurance maladie : l’orientation marchande et ses paradoxes, Fédération de recherche CNRS Capitalisme(s) et Démocratie(s) FR2422 – EconomiX, Institut de recherche juridique sur l’entreprise et les relations professionnelles, Paris-X Nanterre, Laboratoire d’économie et de gestion, UMR CNRS 5118, Université de Bourgogne, février 2008, 188 p.
— Monique KERLEAU, Franck DURAND, Anne FRETEL, Isabelle HIRTZLIN, Pratiques et enjeux autour de la protection sociale complémentaire d’entreprise, Centre d’économie de la Sorbonne, Université Paris-1, CNRS UMR, 106-112 boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris, janvier 2008, Tome 1, les résultats et tome 2, monographies.
— Isabelle BAZET, Anne MAYERE, Alexia JOLIVET, Angélique ROUX, Michel CATLLA, Jocelyne SIMBILLE, Conception et appropriation de gestion d’événements indésirables, LERASS,EA 827, Université Toulouse-3, CERTOP UMR 5044 CNRS, Maison de la recherche, Université Toulouse-2 Le Mirail, 5 allées Antonio Machado, 31058 Toulouse cedex 9, décembre 2007, 138 p.
— Sophie BEROUD, Thomas BRUGNOT, Gwenola LE NAOUR, Emmanuel PORTE, L’action syndicale et les travailleurs pauvres, École normale supérieure Lettres et sciences humaines, laboratoire Triangle, UMR 5206, Université de Lyon-2, 15 parvis René-Descartes, BP 7000, 69342 Lyon cedex 07, décembre 2007, 189 p. www.ens-Ish.fr
Margitta ZIMMERMANN, Le handicap psychique entre institution et cité : une approche anthropologique, Laboratoire d’anthropologie sociale, 52 rue du Cardinal-Lemoine, 75005, Paris, novembre 2007, 129 p.
À 7 h 35, juste après le lever, B. (42 ans, psychose maniaco-dépressive) et C. (26 ans, éducatrice) sont toutes les deux dans la salle de bains d’une maison d’accueil spécialisée. B doit se laver, c’est-à-dire mettre de l’eau et du savon sur le gant, se frotter du haut en bas, ne pas oublier le derrière des oreilles, se laver sous le bras gauche avec la main droite et vice versa. Chaque geste, trop lent, trop imprécis est commenté, parlé, repris, réajusté pourrait-on dire par l’éducatrice. Là où les pratiques éducatives décriraient ces comportements en termes d’accompagnement ou de guidance, Margitta Zimmermann, anthropologue, engagée dans une recherche sur la notion de handicap psychique, montre en fait une véritable pratique de domestication ou de civilisation – mais c’est peut être la même démarche –. D’autres séquences comme le moment du rasage, la préparation d’un repas du soir, ou les préparatifs pour une sortie en week-end renforcent cette image d’une pratique éducative, travaillant en surface, visant à transformer en un résident moyen, aux émotions mieux contrôlées et aux mouvements moins malhabiles, une personne en souffrance psychique. Si leur souffrance peut être aussi forte, toutes les personnes dans cette situation ne se trouvent pas en établissement. Certaines vivent dans leur appartement, confrontées aux mêmes faiblesses et aux mêmes peurs. C’est le cas de V. qui souffre de “dépression profonde, d’anxiété généralisée et de TOC”, ou de B., qui traverse périodiquement des crises psychotiques. L’étude de Margitta Zimmermann est doublement passionnante. D’abord, parce qu’elle oblige à s’interroger sur le rôle du médico-social, dans une période où celui-ci est engagé dans une profonde recomposition. Ensuite, parce qu’elle analyse l’émergence de la catégorie du “handicap psychique” comme la mise en forme sociale et culturelle de notre incapacité à penser, dans un univers fait de volonté d’autonomie et de maîtrise de soi, l’existence d’hommes et de femmes pour lesquels les fragilités se traduisent par une hyper émotivité et une sensibilité exacerbée. 1480
Derniers minima avant le RSA
Valérie COHEN, Brigitte LARGUEZE, Monique LEROUX, Trajectoires biographiques, stratégies et aménagements identitaires d’allocataires de minima sociaux, Recherche et société, 89 rue Marat, 94200, Ivry, 2005, 97 p.
Dans une période où les débats sur les minima sociaux vont s’intensifier, en particulier autour du concept d’inclusion active porté par le gouvernement Fillon sous la forme du revenu de solidarité active mais également par l’Union européenne dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, il est intéressant de relire des études et des recherches sur les relations entre les allocataires de minima sociaux et l’emploi. Réalisée par le collectif Recherche et société, celle-ci nous avait échappé au moment de sa publication. Réparons cet oubli d’autant plus vigoureusement que les auteurs, à partir d’une soixantaine d’entretiens biographiques, s’intéressent aux trajectoires de populations en situation d’entrée et de sortie de la vie active. Les plus jeunes ont moins de trente-cinq ans et perçoivent l’API ou le RMI. Pour les uns, souvent issus de milieu populaire en ascension, le RMI fonctionne un peu comme une bourse de recherche d’emploi, la prestation rémunérant un temps particulier investi dans la construction d’une stabilité professionnelle. Pour d’autres, peu soucieux de s’engager dans une activité professionnelle qu’ils imaginent d’avance peu valorisante, le RMI permet de différer l’entrée dans la vie active en s’engageant dans un projet personnel, donnant ainsi réalité à un désir ancien. Pour quelques autres, enfin, le RMI est un début de trajectoire dont on peut craindre qu’elle ne soit faite que d’emplois précaires, de chômage ou de prestations. Qu’il s’agisse d’entrée ou de sortie de la vie active, les auteurs montrent que l’arrivée dans un minimum social est presque toujours le prolongement d’un cheminement fait de précarité professionnelle voire scolaire. Dans beaucoup de cas, la faiblesse des minima ne permet pas de sortir de la précarité, le travail au noir devient alors un recours incontournable pour s’organiser matériellement. 1481
André GACHET, Mireille DEBARD, Chantal PIDOUX, David BERNARDOT, Comparutions immédiates, Conseil Lyonnais pour le respect des Droits, 11, rue du Puits Gaillot, 69001 Lyon, 2008, 35 p. www.clrd.org
Qui a dit que la Justice était lente ? Certainement pas le réseau de citoyens organisé par le Conseil lyonnais pour le respect des droits qui a suivi pendant l’année 2007 les audiences de la 14ème chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Lyon réservée aux comparutions immédiates. Les membres de ce réseau ont suivi et analysé quelque 500 procès d’une chambre dite « généraliste » où sont jugés aussi bien des auteurs de violences conjugales que des conduites en état d’ivresse, des caillassages de voiture de police ou de la vente d’héroïne. Sur les 500 affaires, 331 prévenus ont été condamnés à une peine de prison ferme avec 209 mandats de dépôt ou de maintien en détention. Foin des alternatives, peu de prononcé de peine de semi-liberté, seulement 9 condamnations à des jours amendes, aucune proposition de bracelet électronique. Plus de la moitié des prévenus ont moins de trente ans, 65 % sont sans ressources ou avec des ressources faibles ou précaires. Les deux tiers ont déjà été condamnés. Pour chaque affaire le rituel judiciaire est identique : un interrogatoire mené par le président, ensuite une plaidoirie de l’avocat de la partie civile, puis viennent le réquisitoire et l’intervention au final de l’avocat de la défense. Le tout dure en moyenne 29 minutes. 1482
Céline GOFETTE, Olivier JOSEPH, Virginie MORA, Emmanuel SULZER, Insertion professionnelle et autonomie résidentielle des jeunes, CEREQ, 10 place de la Joliette, BP 21321, 13657 Marseille cedex 02, avril 2007, 105 p.
En utilisant un même matériel, l’enquête “génération 1998” qui traite un échantillon de 55 000 jeunes sur les 742 000 sortis de la formation initiale en 1998 et interrogés trois fois en 2001, 2003 et 2005, les chercheurs du CEREQ apportent de nouvelles informations sur l’entrée des jeunes adultes dans la vie active. Le fait de disposer d’une cohorte de jeunes sortis la même année du système éducatif rend homogène des données souvent traitées par groupe d’âge. L’exploitation des informations de la dernière enquête en date de 2005 permet de mieux appréhender des trajectoires sur une durée de sept années. La majorité des jeunes interrogés ne sont pas en situation d’exclusion de l’emploi. Après sept années, seuls 8,8 % des jeunes adultes sont sans emploi et en recherchent un et 13 % occupent un emploi de durée limitée. 17 % n’ont toujours pas quitté le foyer parental. Les filles vivent plus souvent en couple que les garçons. Une ligne de clivage sépare d’ailleurs filles et garçons. Si l’indépendance pour les garçons est d’abord une affaire d’emploi, la prise d’autonomie pour les filles semble se faire davantage sur un mode conjugal. 1483
Enfant à l’hôpital, parents au service
Sarra MOUJEL-COJOCARU, La place des parents dans les services d’enfants. Entre délégation, réappropriation et contrôle croisé des logiques de soins, Thèse de sociologie, Université Paris-Descartes, UFR de sciences humaines et sociales, centre de recherche sur les liens sociaux, 45 rue des Saints-Pères, 75006 Paris, 2007, 566 p. (dir. François de Singly).
Lorsque des parents accompagnent leur enfant dans sa maladie en passant des jours et souvent des nuits dans la chambre d’un service pédiatrique, est-ce la famille qui pénètre à l’hôpital où est-ce la médecine qui se fraye un chemin au sein de la famille ? Même si René Spitz avait montré à partir des années cinquante les risques de l’hospitalisme lorsque des enfants se retrouvaient seuls à l’hôpital, ce n’est que trente années plus tard que les services hospitaliers se mirent à accepter, à peu près régulièrement, la présence des parents auprès de leurs enfants hospitalisés. Entre temps, la recherche d’une gestion optimisée de la durée des séjours était aussi passée par là et il fallait apprendre aux parents à s’occuper de leurs enfants malades au domicile. Dans les services, les parents ne restent pas inactifs, assurant un lien entre les personnels soignants et leur enfant, ils veillent au bien-être global de l’enfant, sentinelles et gardes-malades attentifs. Allant plus loin encore Sarra Moujel-Cojocaru montre que les parents peuvent avoir dans le service un véritable travail. Ce travail a cependant un coût en terme de fatigue, surtout pour les mères qui l’assument de manière prépondérante, parfois au prix d’un retrait professionnel. Cette présence ne va pas sans tensions avec les équipes soignantes. Lorsque l’expertise parentale se heurte à l’expertise médicale, les soignants veillent à ce que les parents ne puissent s’ériger en contrôleurs de soins. À l’inverse, il arrive que les soignants s’instaurent dans un rôle d’éducation voire de socialisation des parents, mais de l’éducation au contrôle des parents, il n’y a parfois que la longueur d’un couloir. Ainsi, ce que l’hôpital aurait perdu en autonomie en s’ouvrant au regard des parents, il l’aurait regagné en promouvant une nouvelle fonction de socialisation de ces mêmes parents, tel est l’argument de Sarra Moujel-Cojocaru dans une thèse de sociologie, toujours lisible et proche du terrain. 1484
Philippe BATIFOULIER, Maryse GADREAU, Isabelle VACARIE, La gouvernance de l’assurance maladie : l’orientation marchande et ses paradoxes, Fédération de recherche CNRS Capitalisme(s) et Démocratie(s) FR2422 – EconomiX, Institut de recherche juridique sur l’entreprise et les relations professionnelles, Paris-X Nanterre, Laboratoire d’économie et de gestion, UMR CNRS 5118, Université de Bourgogne, février 2008, 188 p.
Lorsque vous allez chez un médecin pour une banale consultation, le montant de la dépense restant à votre charge est affecté d’une forte incertitude. Vous êtes-vous inscrit dans un parcours de soins coordonnés ? Le médecin qui vous reçoit a-t-il choisi d’exercer en secteur 1 ? En secteur 2 ? Bénéficie-t-il d’un droit à dépassement permanent ? A-t-il fait le choix de pratiquer un dépassement d’honoraires ? Pire, êtes-vous tombé sur un médecin non conventionné ? On pourrait multiplier à l’infini les situations tant les dispositifs de remboursement se sont complexifiés au fil des conventions signées entre les médecins et la Caisse nationale d’assurance maladie. Cette hétérogénéité des prix revient à placer le patient en situation de consommateur dans un supermarché dans lequel il aurait le libre choix du tarif de son médecin. Quant au médecin, sa situation est identique, il déciderait librement du montant de ses prestations en fonction de sa clientèle, de ses envies de travailler, de ses qualifications et même de ses choix éthiques. Au tarif conventionnel quasi unique des années soixante s’est substitué un vaste marché qui ne dit pas son nom mais qui fonctionne comme tel. C’est ce que les auteurs de ce passionnant rapport, dont la lecture demande néanmoins une solide culture économico-juridique, appellent la coloration marchande de la santé. L’État se faisant moins présent, les acteurs en viennent à négocier des prix. On imagine alors que cette négociation est susceptible de réduire globalement la dépense de santé. Or, les résultats actuels montrent que cette marchandisation ne semble pas se traduire par une plus grande maîtrise et une réduction des coûts de la dépense de santé. Plus grave, il est probable que cette marchandisation engendre des inégalités sociales. 1485
Monique KERLEAU, Franck DURAND, Anne FRETEL, Isabelle HIRTZLIN, Pratiques et enjeux autour de la protection sociale complémentaire d’entreprise, Centre d’économie de la Sorbonne, Université Paris-1, CNRS UMR, 106-112 boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris, janvier 2008, Tome 1, les résultats et tome 2, monographies.
Dans un système de protection sociale où la démographie et les tensions économiques pèsent de plus en plus fortement sur les retraites et les dépenses d’assurance maladie, la protection sociale complémentaire proposée par les entreprises constitue un enjeu important pour les salariés, ouvriers ou cadres. Les réformes de 2003 et de 2004 ont accentué le rôle des entreprises en renvoyant celles-ci à une figure de l’employeur protecteur. À coup d’aides fiscales et sociales, l’État tente de conduire, avec un certain succès d’ailleurs, les entreprises vers un modèle de l’assurance sociale. Or, dans le même temps sous l’effet de la mondialisation, l’entreprise se transforme en élargissant son champ d’intervention et privilégie les logiques financières. De façon parallèle, les salariés, les jeunes cadres surtout ne se sentent plus liés à l’entreprise, davantage attachés qu’ils sont à vendre leurs compétences sur un marché du travail où les frontières s’estompent. Dans un rapport qui constitue une véritable somme sur la protection sociale complémentaire d’entreprise, Monique Kerleau et ses collègues resituent la protection sociale dans la construction des assurances sociales, en dressent un panorama économique et juridique et analysent son fonctionnement dans différentes entreprises. 1486
Isabelle BAZET, Anne MAYERE, Alexia JOLIVET, Angélique ROUX, Michel CATLLA, Jocelyne SIMBILLE, Conception et appropriation de gestion d’événements indésirables, LERASS,EA 827, Université Toulouse-3, CERTOP UMR 5044 CNRS, Maison de la recherche, Université Toulouse-2 Le Mirail, 5 allées Antonio Machado, 31058 Toulouse cedex 9, décembre 2007, 138 p.
À propos de la qualité, on connaissait le discours, souvent enthousiaste, des militants, chefs d’entreprise, cadres ou animateurs de démarche qualité, on connaissait aussi le discours plus réservé des syndicalistes ou des salariés, voire de chercheurs, qui voyaient dans la démarche qualité s’ajouter une contrainte supplémentaire aux charges quotidienne de travail. La recherche dirigée par Isabelle Bazet, réalisée dans le cadre d’offres MIRE-DREES, rompt avec ces deux regards pour tenter de rendre compte de la façon dont fonctionne, de l’intérieur, un dispositif qualité. Dans un Centre anti-cancéreux, une petite équipe est chargée de centraliser des fiches sur lesquelles tous les acteurs du centre peuvent – doivent – signaler la survenue d’un événement indésirable. Ce terme recouvre une pluralité d’événements, d’un problème relationnel avec un patient à l’oubli d’un examen, en passant par un défaut de transmission d’une information d’un personnel à l’autre. Mais ce qui pour l’un peut constituer une quasi-faute sera pour l’autre un événement anodin. Au travers des déclarations des personnels, c’est toute une vision du rapport à la norme qui se construit dans cette organisation. Par ailleurs, l’idée que la déclaration de l’un, parfois vécue comme de la délation, puisse profiter à tous suppose une réactivité de l’organisation, réactivité qui n’est pas toujours au rendez-vous. À partir d’une description très concrète des personnes et des modes de travail de l’équipe, les auteurs du rapport conduisent une réflexion très conceptuelle sur les notions de qualité et de risque. 1487
Sophie BEROUD, Thomas BRUGNOT, Gwenola LE NAOUR, Emmanuel PORTE, L’action syndicale et les travailleurs pauvres, École normale supérieure Lettres et sciences humaines, laboratoire Triangle, UMR 5206, Université de Lyon-2, 15 parvis René-Descartes, BP 7000, 69342 Lyon cedex 07, décembre 2007, 189 p. www.ens-Ish.fr
Réalisée à la demande de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion cette recherche interroge l’articulation entre le syndicalisme et la pauvreté au travers de la notion de travailleur pauvre. S’appuyant sur une centaine d’entretiens, les auteurs de ce rapport montrent que les syndicalistes abordent la question des travailleurs pauvres de deux manières. La première est proprement syndicale et consiste à mettre l’accent sur les revendications classiques que sont la lutte contre les bas salaires et le temps partiel subi. La seconde renvoie davantage à la protection sociale d’entreprise dans laquelle les syndicalistes se retrouvent dans une logique d’aide sociale, souvent d’ailleurs en grande proximité avec les services sociaux d’entreprise. À côté de ces démarches, les auteurs s’intéressent aux jonctions qui s’opèrent entre les syndicats et les associations nationales de lutte contre la pauvreté, associations réunies dans le collectif Alerte. Enfin, quelques dimensions plus marginales sont examinées, par exemple, le rôle des comités de précaires ou les comités de chômeurs. 1488