Informations sociales
CNAF

I.S.B.N.sans
138 pages

p. 23 à 24
doi: en cours

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Partie 1 : Réseaux sociaux : diversité des approches

n° 147 2008/3

2008 Informations sociales Partie 1 : Réseaux sociaux : diversité des approches

... en contrepoint - Économie des industries de réseau

Paule Paillet

Jean-Pierre Angelier, 2007, ... en contrepoint - Économie des industries de réseau, Presses universitaires de Grenoble, 13 euros

Les structures de l’économie changent selon les époques, elles sont obligées d’intégrer les avancées technologiques et scientifiques, qui elles-mêmes modifient les demandes des clients. Si l’on considère la période qui s’étend de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à nos jours, on constate que la structure des industries de réseau a évolué. Se pose ainsi la question fondamentale : de quelle manière les gérer pour optimiser leurs résultats, satisfaire au mieux les exigences du client ? Le monopole dévolu à un État centralisateur est-il plus efficace que l’introduction de la concurrence qui permet le jeu d’un marché libéral ?
Toute industrie de réseau comporte trois strates. L’infrastructure, plus immatérielle donc moins coûteuse dans le domaine de l’audiovisuel que dans celui des transports (aéroports, routes, voies ferrées, etc.). L’”infostructure”, c’est-à-dire la manière dont l’infrastructure sera mise en Å“uvre. Et enfin au bout de la chaîne, le produit final offert aux utilisateurs, donc aux clients. Il importe que la relation entre l’offre et la demande, en situation de dépendance latérale, soit la plus harmonieuse possible, que les industries de réseau assurent leur équilibre financier, envisagent d’augmenter leur profit, ce qui implique qu’elles fidélisent les demandeurs. Le schéma qui prévaut, après 1945 et dans la période des Trente Glorieuses, montre le plus souvent une structure verticale intégrée et des industries de réseau qui apparaissent comme la norme institutionnelle, avec une intervention directe de l’État. Le phénomène s’explique tout d’abord par la situation historique : il faut reconstruire ce qui a été détruit durant le conflit, donc investir dans des travaux onéreux. L’État est bien placé pour le faire : il dispose, grâce à l’impôt, de réserves qui peuvent s’accommoder d’une rentabilité sur le long terme. Une autre raison, plus générale, tient au fait qu’il doit être le garant du bien-être des citoyens, responsable de ce qu’on nomme “le service public”. Il prend en charge les premiers réseaux, les routes, les canaux, les ponts, la distribution de l’énergie, etc. Il vise l’égalité de tous à leur accession.
Peu à peu, les choses se modifient, le marché s’ouvre à la concurrence. La vente à des entreprises privées apparaît comme une façon de réduire la dette publique. Avec cependant des agences de régulation qui ont pour but de surveiller des sociétés concessionnaires. En 1952, les radios libres signent la fin du monopole public de l’information. Le capital d’EDF est ouvert en 2005. C’est vrai aussi pour les transports routiers depuis 1982.
Les industries de réseau se développent, rachètent en amont et en aval, dans des activités complémentaires de leur vocation d’origine, voire différentes. Matra, par exemple, rachète Hachette. Cette mutation économique, souligne Jean-Pierre Angelier, fortement engagée, n’empêche, pour le moment, ni la crise ni le chômage. Les soubresauts sont nombreux de la lutte entre monopole d’État et tendance à la libéralisation.
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